Pape Saint Pie X, Notre charge apostolique (Encyclique)
La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelques sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel.
Pape Pie XII, Allocution du 6 décembre 1953
Ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action.
Abbé Baudrand, L’âme affermie dans la foi
La religion catholique est intolérante, dit-on ; mais envers qui est-elle intolérante ? Envers les erreurs, envers les sectes, envers les hérésies, envers toutes les nouveautés dangereuses ; elle doit l’être, et elle ne serait pas sainte et digne de Dieu, si elle tolérait ce que Dieu déteste. Elle est intolérante, mais son intolérance n’est point sanguinaire ; elle consiste qu’à déclarer que hors de son sein il n’y a point de salut ; à retrancher du nombre de ses enfants les esprits rebelles et obstinés. […] Après tout, quand les ennemis de la religion, quand surtout les nouveaux philosophes prêchent si hautement la tolérance, ils ont souvent leurs raisons : ils veulent vivre tranquilles dans la licence de leurs pensées et dans le dérèglement de leurs passions. Pour tranquilliser sa conscience, on ne veut pas être on paraître sans religion ; on s’en fait une à sa mode, on trouve bonnes toutes les autres : et pour vivre en paix dans ses égarements, on laisse vivre et penser les autres comme ils veulent vivre et penser.
Adrien Arcand, À bas la haine !
Le mensonge, dont Satan lui-même est le père, est d’autant plus temporaire, local, opportuniste, compromettant et tolérant que la vérité est éternelle, universelle, intégrale, intransigeante et intolérante.
Cardinal Pie, Sur l’intolérance doctrinale
Quoi de plus intolérant, par exemple, que cette proposition : 2 et 2 font 4 ? Si vous venez me dire que 2 et 2 font 3, ou que 2 et 2 font 5, je vous réponds que 2 et 2 font 4. Et si vous me dites que vous ne contestez point ma façon de compter, mais que vous gardez la vôtre, et que vous me priez d’être aussi indulgent envers vous que vous l’êtes envers moi ; tout en demeurant convaincu que j’ai raison et que vous avez tort, à la rigueur je me tairai peut-être, parce qu’après tout il m’importe assez peu qu’il y ait sur la terre un homme pour lequel 2 et 2 font 3 ou 5. Sur un certain nombre de questions, où la vérité serait moins absolue, où les conséquences seraient moins graves, je pourrai jusqu’à un certain point composer avec vous. Je serai conciliant, si vous me parlez de littérature, de politique, d’art, de sciences agréables, parce qu’en toutes ces choses il n’y a pas un type unique et déterminé. Là le beau et le vrai sont, plus ou moins, des conventions; et, au surplus, l’hérésie en cette matière n’encourt d’autres anathèmes que ceux du sens commun et du bon goût. Mais s’il s’agit de la vérité religieuse, enseignée ou révélée par Dieu lui-même ; s’il y va de votre avenir éternel et du salut de mon âme, dès lors plus de transaction possible. Vous me trouverez inébranlable, et je devrai l’être. C’est la condition de toute vérité d’être intolérante ; mais la vérité religieuse étant la plus absolue et la plus importante de toutes les vérités, est par conséquent aussi la plus intolérante et la plus exclusive.
Monseigneur Henri Delassus, L’américanisme et la conjuration antichrétienne
Tolérance : mot d’ordre maçonnique, fait pour énerver toutes les résistances au mal, toutes les oppositions à l’erreur.
Révérend M. Raymond, Discours sur la tolérance
Nous, catholiques, nous croyons à notre religion comme étant révélée de Dieu même ; nous croyons que la foi à ses dogmes et la pratique de sa morale sont d’une nécessité absolue pour le salut des hommes, du moins lorsqu’on est appelé à les connaître ; nous croyons que l’Église à laquelle nous appartenons a seule le droit d’enseigner la vérité en matière religieuse, que c’est en elle que les hommes trouvent les moyens de leur sanctification, et que quiconque la combat attaque Dieu même qui l’a établie. Je le demande, comment nous serait-il possible avec une foi semblable de ne pas nous opposer, avec toute la force qui serait en notre pouvoir, à toute dénégation de nos doctrines, à toute tentative faite pour affaiblir le respect à l’autorité de l’Église toute erreur qui, en faisant perdre aux hommes la foi, les mettrait en dehors de la voie du salut et serait aussi la cause de perturbations sociales ? Quoi ! Nous croyons qu’un Dieu est venu sur la terre pour nous enseigner les vérités nécessaires à notre bonheur éternel, que ce même Dieu fait homme a donné son sang pour attirer à lui les esprits et les cœurs ; qu’il a prononcé l’anathème contre quiconque ne croit pas à son enseignement et n’obéit pas à la loi qu’il a donnée aux hommes, et qu’il a imposé à ses ministres le devoir d’enseigner toutes les nations : « Docete omnes gentes. » Nous voyons les apôtres parcourir le monde au milieu des plus pénibles fatigues, affronter la mort pour répandre les doctrines de leur maître et faire cesser l’empire que les démons exerçaient par l’idolâtrie ; nous voyons douze millions de martyrs confesser, prêcher, défendre la foi du Christ en répandant leur sang au milieu des plus atroces tortures ; nous voyons les missionnaires quitter leurs parents, leur patrie, tout ce qui leur est cher, pour aller dans les contrées les plus lointaines, dans les îles perdues de l’océan, faire connaître Jésus-Christ à de pauvres sauvages, et cela au milieu des plus pénibles travaux, des périls les plus menaçants et souvent en s’exposant à une mort cruelle. Nous voyons la longue suite des Pères, des Docteurs, des apologistes, défendre toutes les vérités catholiques avec un zèle, une science et une éloquence admirable. Nous voyons l’Église veillant sans-cesse à la conservation du dépôt qui lui est confié ne jamais laisser apparaître une hérésie sans chercher à la détruire, et donner à ses pontifes l’ordre de préserver avec le plus grand soin les fidèle soumis à leur autorité de toute doctrine propre à affaiblir la foi et les mœurs. Quoi, nous, catholiques, nous connaissons tout ce qu’a fait et souffert le divin auteur de notre religion pour l’établir, et le zèle des apôtres, des martyrs, de l’Église entière pour la propager et la défendre ; et nous serions indifférents aux erreurs qui contredisent les enseignements, objets de notre foi ; nous nous déclarerions tolérants pour les doctrines qui sont opposées à celles que nous croyons ! Nous laisserions les ennemis plus ou moins déclarés de notre religion, répandre des principes erronés, énoncer des assertions mensongères, attaquer l’Église dans son sacerdoce et ses institutions, insinuer, sinon émettre directement, des idées en opposition aux dogmes, à la morale, au culte que nous professons ; et de crainte d’être accusés de fanatisme, nous donnerions libre cours à ces atteintes diverses à notre foi ; nous ne leur opposerions pas une résistance énergique ; nous ne leur ferions pas une guerre ouverte, en réfutant toutes les erreurs, démasquant toutes les intrigues et mettant en garde nos frères contre les divers moyens de perversion employés contre eux ? Non, non, il n’en peut être ainsi. Pour un catholique qui comprend ce qu’est sa religion et connaît les devoirs qu’elle lui impose, la tolérance de l’erreur n’est pas possible. Partout où il la rencontre il doit la combattre, s’il le peut.
Père Garrigou-Lagrange, Dieu, son existence et sa nature
Miséricorde et fermeté doctrinale ne peuvent subsister qu’en s’unissant ; séparées l’une de l’autre elles meurent et ne laissent plus que deux cadavres : le libéralisme humanitaire avec sa fausse sérénité et le fanatisme avec son faux zèle. On a dit : « L’Église est intransigeante en principe parce qu’elle croit, elle est tolérante en pratique parce qu’elle aime ». Les ennemis de l’Église sont tolérants en principe parce qu’ils ne croient pas, et intransigeants en pratique parce qu’ils n’aiment pas.
Monseigneur de Ségur, Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion
On confond d’ordinaire deux choses essentiellement distinctes : l’intolérance en fait de doctrine et l’intolérance en fait de personnes ; et, après avoir tout mêlé, on fait l’indigné, on crie à la dureté, à la barbarie ! Si l’Église enseignait ce qu’on prétend qu’elle enseigne, oui, elle serait dure et cruelle, et l’on aurait grand peine à la croire. Mais il n’en est rien. L’Église n’est intolérante que dans la mesure juste, vraie, nécessaire. Pleine de miséricorde pour les personnes, elle n’est intolérante que pour les doctrines. Elle fait comme Dieu, qui, en nous, déteste le péché et aime le pécheur. L’intolérance doctrinale est le caractère essentiel de la vraie religion. La Vérité, en effet, qu’elle est chargée d’enseigner, est absolue, est immuable. Tout le monde doit s’y adapter ; elle ne doit fléchir devant personne. Quiconque ne la possède point, se trompe. Il n’y a point de transactions possibles avec elle ; c’est tout ou rien. Hors d’elle, il n’y a que l’erreur. L’Église catholique seule a toujours eu cette inflexibilité dans son enseignement. C’est la preuve la plus frappante peut-être de sa vérité, de la divine mission de ses Pasteurs. Indulgente pour les faiblesses, elle ne l’a jamais été, elle ne le sera jamais pour les erreurs. « Si quelqu’un ne croit point ce que j’enseigne, dit-elle dans les règles de foi formulées par ses conciles, qu’il soit anathème ! ». C’est-à-dire, retranché de la société chrétienne. La vérité seule parle avec cette puissance.
Pape Léon XIII, Sapientiae christianae (Encyclique)
Il en est qui pensent qu’il n’est pas opportun de résister de front à l’iniquité puissante et dominante, de peur, disent-ils, que la lutte n’exaspère davantage les méchants. De tels hommes sont-ils pour ou contre l’Église ? On ne saurait le dire. Car, d’une part, ils prétendent professer la doctrine catholique, mais, en même temps, ils voudraient que l’Église laissât libre cours à certaines théories qui lui sont contraires. Ils gémissent de la perte de la foi et de la perversion des mœurs ; mais, à de tels maux, ils n’ont aucun souci d’apporter aucun remède, et même il n’est pas rare qu’ils en augmentent l’intensité, soit par une indulgence excessive, soit par une pernicieuse dissimulation.
Capitaine Alphonse Magniez, Répliques du bon sens aux attaques et objections modernes contre la Religion
Si quelqu’un venait chez vous, mettait la main sur vos enfants, sur votre bourse, et disait : « C’est à moi ». Que feriez-vous ? Je crois que vous défendriez vos enfants et votre trésor, à moins que vous ne soyez lâche. Or, l’Église n’est pas lâche ; elle défend les Chrétiens ses Enfants, et aussi son trésor, la Vérité, dont elle est gardienne, et chasse les vilains qui veulent la détruire. Elle n’a pas le droit de se montrer faible dans cette défense de la foi et de la morale, car si elle était faible en un point, bien vite on lui enlèverait, morceau à morceau, tout le reste de la Vérité. Mais elle est forte, forte de son infaillibilité, elle est donc intransigeante lorsqu’on touche à la Vérité dont elle a garde. Si, témoin en justice, après vous avoir fait jurer de dire la vérité, quelqu’un voulait vous faire parjurer en disant un mensonge, le feriez-vous ? Non, n’est-ce pas ? Eh bien, l’Église est le témoin de Dieu, elle se refuse à mentir, à se laisser enlever la vérité, et elle a raison, puisqu’elle est là pour nous la conserver tout entière.
Pape Léon XIII, Libertas Præstantissimum (Encyclique)
Le droit est une faculté morale, et, comme nous l’avons dit et comme on ne peut trop le redire, il serait absurde de croire qu’elle appartient naturellement, et sans distinction ni discernement, à la vérité et au mensonge, au bien et au mal.
Lionel Lindsay, Catéchisme de controverse
L’Église a été intolérante contre le culte des faux dieux du paganisme, contre les impures doctrines des Gnostiques, des Manichéens, des Vaudois et des Albigeois, contre les nouveautés sacrilèges des chefs du protestantisme ; mais n’avait-elle pas mille fois raison ? Où en serait le monde si elle ne s’était pas opposée comme un mur d’airain à l’invasion de tous les vices et de mille erreurs monstrueuses ? Pourquoi serait-elle en cela plus blâmable que la société civile qui condamne à la déportation ou à la mort les malfaiteurs et les assassins ? On dit : la société civile est de droit naturel, et par conséquent les moyens de pourvoir à sa conservation sont aussi de droit naturel. Mais l’Église est de droit divin : c’est donc Dieu lui-même qui lui ordonne de veiller à sa conservation par l’emploi des moyens nécessaires à cette fin : c’est pourquoi elle repousse l’erreur partout où elle la rencontre et cherche à se protéger contre les attaques de son ennemie. […] Oui, l’Église a été intolérante envers l’erreur et la fausse morale. C’est pourquoi elle s’est élevée avec tant de force contre le dévergondage de la mauvaise presse, contre les mauvais livres et les mauvais journaux qui empoisonnent les âmes en s’attaquant à la foi chrétienne, aux bonnes mœurs, et à tous les principes de justice et d’honnêteté. L’Église s’est toujours montrée intolérante contre les cabarets, qui sont la ruine de la fortune et du bonheur des familles, le fléau de la société, la voie du vice et du déshonneur pour les individus. Elle l’a été également contre le luxe effréné, source intarissable de tant de misères de toute espèce ; contre les coupables divertissements du monde où la modestie, la piété et la simplicité chrétienne viennent faire un si triste naufrage. Mais l’Église n’a-t-elle pas eu raison d’en agir ainsi ? Ne devrait-on pas la bénir mille fois de ses efforts au lieu de lui en faire un crime ? […] L’Église n’a jamais fait de concessions touchant le dogme et la morale ; éternellement vrais, ils ne peuvent subir de changement. L’Église, comme son divin Fondateur, n’admet pas qu’on puisse servir deux maîtres à la fois, ni qu’on puisse concilier le oui et le non, la vérité et l’erreur, la lumière et les ténèbres. Dieu a créé l’intelligence de l’homme pour la vérité et son cœur pour aimer le bien et y tendre ; la volonté divine est expresse sur ce sujet et l’homme, créature de Dieu, est obligé de s’y soumettre. D’où il suit que l’homme n’est pas libre de choisir le mal et l’erreur ; s’il le fait, il résiste à Dieu, il s’insurge contre l’Église chargée de défendre les droits de Dieu ici-bas.
Cardinal Pie, Sur l’intolérance doctrinale
La religion qui vient du ciel est vérité, et elle est intolérante envers les fausses doctrines. C’est la condition de toute vérité d’être intolérante ; mais la vérité religieuse, étant la plus absolue et la plus importante de toutes les vérités, est par conséquent aussi la plus intolérante et la plus exclusive. Rien n’est exclusif comme l’unité. Or, entendez la parole de saint Paul : Un Dieu, une Foi, une Église. Je l’avoue, il n’y a pas là de subtilité, c’est l’intolérance, l’exclusion la plus positive, la plus franche. Et encore, Jésus-Christ a envoyé ses Apôtres prêcher toutes les nations, c’est-à-dire, renverser toutes les religions existantes pour établir l’unique religion catholique par toute la terre.
Abbé Baudrand, L’âme affermie dans la foi
Le tolérantisme est un assemblage de tous les monstres, de sectes contradictoires et toutes opposées ; la vérité et le mensonge, les ténèbres et la lumière, la nuit et le jour, quel monstre ! Quelle horreur !