Saint Ambroise de Milan, Traité sur l’Évangile de Saint Luc
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Pour les autres animaux, naturellement dépourvus de raison, Dieu a ordonné à la terre d’assurer leur pâture ; pour l’homme seul et afin qu’il exerce la raison dont il est doué, le travail devient la loi de la vie. Puisqu’il ne se contente pas de la pâture des autres animaux, puisqu’il ne lui suffit pas des espèces fruitières, nourriture commune assurée à tous, mais qu’il recherche les mets délicats et variés, fait venir ses délices des pays d’outre-mer, glane ses délices dans les flots, il ne doit pas refuser, demandant sa vie au travail, d’endurer un moment de travail pour la vie éternelle.
Révérend Père Félix, Le travail
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Il n’y a rien, dans l’ordre des choses humaines, de plus nécessaire, de plus décisif et de plus fécond que ce que nous désignons par ce mot : le travail. La paresse, au contraire, verse sur l’homme des maux incalculables. Elle blesse son enfance, elle flétrit sa jeunesse, elle brise sa virilité, elle attache à toutes ses puissances le déshonneur de la stérilité. Nos générations tournent à la mollesse. Un je ne sais quoi, qui est dans l’air qu’on respire, détend les ressorts de l’âme, abaisse les caractères et diminue les hommes. Tout le mouvement qui nous emporte tend à supprimer l’effort ; et l’on ne s’aperçoit pas que supprimer l’effort de l’homme, c’est affaiblir l’énergie humaine. Aussi, comme on devait s’y attendre, l’éducation toujours plus ou moins pénétrée de l’atmosphère contemporaine perd de sa vigueur généreuse et de son austérité salutaire : amollie au contact du siècle, elle forme des générations qui lui ressemblent. […] Suivez sur la route des siècles ces vestiges éclatants qu’a laissés dans l’histoire l’élite de l’humanité : tout ce qu’il y a de grand, de fort, de beau, d’illustre, demande au travail la grandeur, la force, la beauté, l’illustration. Les créations du génie sont marquées à ce signe, auquel on reconnaît la postérité d’Adam et les œuvres de l’homme. Le souffle de l’inspiration les conçoit, et les conçoit avec bonheur ; seul le travail les enfante, et les enfante dans la douleur. Mystère de cette sympathie profonde que l’homme garde pour tout ce qu’il a produit. L’homme sent dans ses œuvres, avec le germe de sa vie, le tressaillement de ses douleurs.
Père Rémy, Courtes lectures et méditations pour le Carême
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Joseph fut ouvrier, dépourvu des richesses de ce monde. Le descendant des rois dut gagner son pain à la sueur de son front dans l’humble métier de charpentier. Il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à Jésus et Marie pour la nourriture et le vêtement. Lorsqu’il fut devenu adolescent, Jésus voulut être l’apprenti de Joseph pour venir en aide à son père nourricier. Imaginons quel amour brûlait dans le cœur de Joseph lorsqu’il voyait Jésus, son divin Maître, le servir comme simple ouvrier, tantôt ouvrir et fermer l’atelier, tantôt l’aider à scier le bois, manier la hache et le rabot. Les fatigues et les sueurs d’un travail accompli sous le regard de Jésus et de Marie ont dû en être adoucies. Comme le divin Sauveur a voulu travailler, nous devons, nous aussi, travailler, soit pour développer « les talents » que Dieu a mis en notre nature ; soit pour gagner notre pain ; soit pour nous rendre utiles en nous occupant des autres. Personne ne doit se soustraire à la sainte loi du travail. Le repos, même mérité, n’est pas le but de toute activité, mais le moyen d’être plus disponible pour faire la Volonté de Dieu. La vie n’a pas pour objectif la conquête des loisirs. Notre devoir d’état nous préserve des tentations qui harcèlent celui qui est oisif. Sachons offrir notre travail à Jésus, par Joseph. Nous avons à notre disposition ce moyen tout simple d’expier une partie de nos péchés et d’augmenter nos mérites éternels.
Jacques Monsabré, Gouttes de vérité (Page 262)
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Appliquons-nous à bien faire, sans trop nous inquiéter de la réussite. Si nous réussissons, attribuons tout à Dieu, et effaçons-nous. Si nous ne réussissons pas, nous pourrons dire avec plus de vérité : Je suis un serviteur inutile.
Guillaume Faye, Pierre Freson et Robert Steuckers,
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Le Travailleur qui s’oppose radicalement au Bourgeois comme figure historiale, symbolise un type d’homme créateur, dont la personnalité se constitue par la participation au travail – en tant que volonté de puissance collective – qui donne ainsi un sens à son existence. Dans la société contemporaine, taraudée par le modèle du loisir et du non-travail, le travail est moralement dévalorisé du fait de son organisation individualiste et marchande, et de la platitude de ses finalités (bien-être et profit). Il s’agit donc pour nous de redonner au travail son véritable sens, en insistant sur le fait que, par son travail le Travailleur se transforme, se façonne, se construit lui-même.
Saint Thomas d’Aquin, Questions quodlibétiques
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Le travail manuel se trouve être utile à trois choses. Premièrement, à écarter l’oisiveté. Ainsi, Jérôme [écrit-il] au moine Rusticus : « Occupe-toi toujours à quelque chose ; que le Diable te trouve occupé ! » Qu’il l’entende du travail manuel, cela est clair par ce qu’il ajoute par la suite : « Ou bien tresse une corbeille de jonc ! » Et il ajoute plus loin : « L’oisif s’abandonne à ses désirs. » Deuxièmement, [le travail manuel est utile] pour dompter le corps. Aussi, en 2 Co 6, 5, est-il associé à d’autres macérations de la chair, là où il est dit : Par les travaux… La Glose [dit] : « Les travaux, parce qu’il travaillait de ses mains » ; et [Paul] ajoute : Par les jeunes, les veilles, etc. Troisièmement, [le travail manuel est utile] dans la recherche de ce qui est nécessaire à la vie, Ac 20, 34 : Ces mains ont servi pour ce qui m’était nécessaire et pour ceux qui étaient avec moi.
Bibliographie
- Arnaud de Ledinghen, Les catholiques français et le monde du travail