Jean-Yves Le Gallou, Nouveau dictionnaire de novlangue
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La novlangue repose sur l’inversion du sens qui reflète l’inversion des valeurs sur laquelle se fonde justement l’idéologie du Système. Ainsi, par exemple, le mot « République » ne désigne-t-il plus de nos jours la souveraineté du peuple mais son contraire : la soumission à l’idéologie cosmopolite, au gouvernement des juges et à la loi des marchés.
Mathieu Bock-Côté, L’Empire du politiquement correct
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Lorsque la langue devient novlangue, certaines zones de la réalité deviennent inaccessibles. Les mots pour la saisir ne sont plus disponibles ou sont décrétés radioactifs. Pire encore : on ne peut y faire référence qu’à la manière d’un scandale moral.
Jean-Yves Le Gallou, La société de propagande – Manuel de résistance au goulag mental
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Propagande dans les pays totalitaires, “communication” dans les pays occidentaux. Communication ? Un terme de novlangue pour désigner des stratégies d’influence et de contrôle des esprits.
Désiré Dutonnerre, La marée noire de la pornographie
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C’est aussi l’orthographe qui est attaquée. Pourquoi? Parce que le but du pouvoir est de bouleverser la langue, donc la pensée. Vouloir casser la langue française, c’est vouloir casser notre identité. En effet, si l’on considère que la maîtrise de la langue naturelle, de la nôtre, est un signe de classe, tout l’enseignement doit être fait pour détruire cette langue. Si la maîtrise de la langue est l’indice d’une supériorité, d’une minorité oppressive, autant que tout le monde se mette à un franc charabia où le plus grand nombre utilise le même jargon. La perte de la langue naturelle entraîne le fléchissement de la compréhension dans tous les domaines. À propos de la bataille de l’orthographe, il est caractéristique que Jack Lang, notre ministre de la Culture (?!) estime « la querelle en elle-même réjouissante, jubilatoire ». En effet, puisque la gauche veut qu’une « critique de l’ordre social passe par une déconstruction de la syntaxe ». Le même personnage avait d’ailleurs déclaré, à la conférence de l’UNESCO, à Mexico, en juillet 1989 : « Inutile de se voiler les yeux et de se réfugier dans l’angélisme. La réalité est là et incontestable : la lutte des classes nationales et internationales affecte l’art et même la culture ». Nous avons un autre aveu. Le 28 août 1982, Fidel Castro recevant Jack Lang, déclare : « Si nous sommes des subversifs, c’est de la faute de la France. Car les premières idées subversives nous sont venues des encyclopédistes, des révolutionnaires. J’ai été moi-même fortement influencé par la Révolution française ». La réforme de l’orthographe est en fait la lamination de l’orthographe, et vise à la soviétisation de l’enseignement ; ainsi que le disait récemment une institutrice : « Les fautes d’orthographe personnalisent la dictée » (!) et vers 1975-1976, lors d’une réunion au ministère, présidée par Jacques Delors, un des participants déclara : « Exiger des élèves un langage correct, une orthographe correcte et des phrases convenables, c’était le début du fascisme », sans que le président ne bronche. Pourquoi insistons-nous ? Parce que « La décadence de la langue annonce toujours une décadence des mœurs et du pays qui la subit ».
George Orwell, 1984 (Pages 79-81)
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“Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? À la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. […] Le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts. Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n’y a plus, dès maintenant, c’est certain, d’excuse ou de raison au crime par la pensée. C’est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte.
Gustave Le Bon, Aphorismes du temps présent
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Déguiser sous des mots bien choisis les théories les plus absurdes, suffit souvent à les faire accepter.
Adrien Arcand, Du communisme au mondialisme
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Il faut d’abord mettre de côté tous les axiomes de pure propagande si l’on ne veut pas perdre de vue les faits et la réalité des choses. Les bobards éperdument répétés, les mots d’ordre mitraillés sans trêve, tels que « paradis sur terre », « fraternité universelle », « justice intégrale », « égalité sociale », « liberté démocratique », « progrès de l’humanité », « citoyenneté du monde », « paix perpétuelle » ,et leurs corollaires ne sont que des miroirs aux alouettes et les chefs de la conspiration mondiale n’y croient pas eux-mêmes. Les forces subversives ne s’en servent que comme substituts au vocabulaire du lexique chrétien que l’on veut effacer du cerveau humain, et comme contrepartie aux seuls préceptes qui peuvent assurer un minimum de bonheur à l’humanité : foi, espérance, charité, humilité, pureté, esprit d’abnégation, sens du devoir, ordre, discipline, piété, modération, patience, etc. Dans sa lutte gigantesque contre le spiritualisme, la horde matérialiste doit nécessairement présenter son catalogue de « vertus », et elle en a accumulé tout un arsenal pour détruire la Vertu elle-même.
Abel Bonnard, Ce monde et moi (Page 48)
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Chaque matin, les journaux lâchent un vol immense de mots, qui viennent étourdir un peuple que la vie des villes séparait déjà de l’univers. Observons que, parmi ces mots, les termes abstraits deviennent de plus en plus nombreux, et que ceux-ci, quand il ne résument pas l’essence des choses, ne contiennent même plus cette honnête quantité de réalité que le moindre mot concret porte jusqu’à nous.
Harold Covington, La brigade
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C’est de la novlangue. Du contrôle mental. Comme quand on doit dire Afro-Américain au lieu de nègre. Avec une société totalitaire qui contrôle la langue, qui contrôle les mots que les gens emploient couramment et les punit quand ils emploient une autre terminologie que celle qui est commandée, la population va avoir si peur qu’elle commencera à employer les termes politiquement corrects jusque dans ses propres pensées, pour s’assurer qu’aucun de ces mots ne soient lâchés, qui vous feraient perdre votre travail ou arrêter pour incitation à la haine. Alors l’État ne contrôlera pas uniquement leur comportement et leur discours, mais finira par façonner et contrôler leurs pensées intimes. Et toute remise en question de l’orthodoxie politiquement correcte devient alors littéralement impensable, parce qu’on ne saura plus comment faire. Nous n’aurons plus les mots pour ça.
George Orwell, Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais
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Les discours et les écrits politiques sont aujourd’hui pour l’essentiel une défense de l’indéfendable. Des faits tels que le maintien de la domination britannique en Inde, les purges et les déportations en Russie, le largage de bombes atomiques sur le Japon peuvent sans doute être défendus, mais seulement à l’aide d’arguments d’une brutalité insupportable à la plupart des gens, et qui ne cadrent pas avec les buts affichés des partis politiques. Le langage politique doit donc principalement consister en euphémismes, pétitions de principe et imprécisions nébuleuses. Des villages sans défense subissent des bombardements aériens, leurs habitants sont chassés dans les campagnes, leur bétail est mitraillé, leurs huttes sont détruites par des bombes incendiaires : cela s’appelle la « pacification ». Des millions de paysans sont expulsés de leur ferme et jetés sur les routes sans autre viatique que ce qu’ils peuvent emporter : cela s’appelle un « transfert de population » ou une « rectification de frontière ». Des gens sont emprisonnés sans jugement pendant des années, ou abattus d’une balle dans la nuque, ou envoyés dans les camps de bucherons de l’Arctique pour y mourir du scorbut : cela s’appelle l’« élimination des éléments suspects ». Cette phraséologie est nécessaire si l’on veut nommer les choses sans évoquer les images mentales correspondantes.
Abel Bonnard, Les Modérés (Page 22)
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Le premier réalisme, en politique, est de connaître les démons qui sont cachés dans les mots.
Julien Langella, Catholiques et identitaires (Pages 324-325)
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Il est vital de ne rien lâcher sur la sémantique et d’imposer nos formules amenées à devenir des labels : identité, reconquête, vérité, racines, communauté, patrie, honneur, fidélité, héritage, maîtres chez nous, les nôtres avant les autres… En sens inverse, il faut désigner l’ennemi et ses méfaits sans la moindre ambiguïté: la tyrannie des valeurs républicaines, le rouleau-compresseur du mondialisme, la religion du métissage, la destruction des frontières par le libéralisme, le poison consumériste qui tue notre peuple à petit feu, l’immigration-invasion et les vagues de clandestins, l’islam conquérant et la racaille. Mais il faut aussi reconquérir les mots abandonnés à l’ennemi depuis les années soixante, comme des laissés pour morts sur le champ de bataille idéologique : justice, liberté, amour, fraternité. Nos adversaires ont traîné ces mots dans la boue en leur faisant dire exactement le contraire de leur sens original : laxisme et impunité criminelle pour « justice », nihilisme et décadence pour « liberté », haine des nôtres pour « amour », racket organisé pour « fraternité ». Alors que ces mots sont les nôtres : la justice, c’est la consolation des victimes et la tolérance zéro pour le mal ; la liberté, c’est vivre conformément à notre nature et non selon leurs fantasmes d’homme nouveau sans race ni sexe ; l’amour, c’est être prêt à mourir pour ce à quoi nous tenons ; la fraternité, c’est faire passer le bien commun avant son petit intérêt personnel. Nous devons concevoir, diffuser et marteler en permanence des mots-obus destinés à briser le statu quo imposé par nos ennemis. Les grandes phrases sont des bombes : elles marquent leurs temps et en inspirent d’autres, semant des révoltes et des colères jusqu’à des siècles de distance. Elles bâtissent des visions du monde et entretiennent la flamme par leur seule invocation. Nous chrétiens connaissons la puissance du verbe, embrassons-la.
Bibliographie
- Maurice Pergnier, La désinformation par les mots
- Jean-Yves Le Gallou, Dictionnaire de novlangue
- Jean-Yves Clouzet, La guerre des mots : du vocabulaire à la subversion
- Geoffroy de Vries, Le hold-up des mots
- François-Bernard Huyghe, La bataille des mots