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Schisme d’Orient

R. P. Édouard Hugon, Études sociales et psychologiques, ascétiques et mystiques (Pages 30-42)

Nous ne parlerons pas des sectes orientales séparées du centre de la catholicité à cause de leurs erreurs christologiques, pour avoir nié l’unité de personne ou la dualité des natures dans le Christ, comme les nestoriens et les monophysites, mais seulement des Églises dites Orthodoxes qui admettent l’enseignement des conciles œcuméniques avant Photius. Les divergences dogmatiques qui les éloignent de Rome ne sont pas présentées d’une manière uniforme et invariable. Philarète, métropolite de Moscou, en comptait dix-neuf ; Jean Verhowski, une quarantaine ; Antoine de Volhyni, une cinquantaine. Mais toutes peuvent se ramener aux dix points fondamentaux énumérés par Anthime VII, patriarche œcuménique, dans sa célèbre Encyclica patriarchalis et synodalis epistola, publiée en 1895. Voici ces dix articles, qui, pour lui, sont essentiels, parce qu’ils atteignent les dogmes divins de la foi et la constitution divine de l’Église : 1° la doctrine selon laquelle le Saint-Esprit procède du Fils ; 2° l’addition du Filioque dans le Symbole ; 3° le baptême par aspersion ; 4° la confection de l’Eucharistie avec le pain azyme ; 5° la négation de l’efficacité de l’épiclèse ; 6° la communion sous une seule espèce ; 7° le feu du purgatoire, les indulgences, la récompense des justes avant la résurrection et le jugement dernier ; 8° la définition de l’Immaculée Conception de la Sainte Vierge ; 9° la primauté romaine, regardée comme la différence radicale entre les deux Églises ; 10° la définition de l’infaillibilité pontificale. Puisque tous les points en litige sont contenus équivalemment dans les dix que nous venons de signaler, il suffira d’examiner ceux-ci. Est-il possible de s’entendre au moyen d’une transaction ? Impossibilité absolue pour l’Église catholique de renoncer au premier point. Que le Saint-Esprit procède aussi du Fils, c’est un dogme explicite de l’Écriture et la Tradition. Les Saintes Lettres l’enseignent, lorsqu’elles disent que l’Esprit est envoyé par le Fils, qu’il reçoit de ce qui est du Fil, qu’il est l’Esprit du Fils. Les conciles et les papes, l’ont expressément rappelé chaque fois qu’il a été question du rapprochement des Églises Orientales : témoin le second concile de Lyon, en 1274, la profession de foi de Michel Paléologue devant le même concile, le concile de Florence dans son décret pour les Grecs et son décret pour les Jacobites, Grégoire XIII dans la profession de foi qu’il prescrit aux Grecs. L’Église Romaine ne pourrait donc pas, sans donner un démenti à son passé et sans manquer à sa mission, garder le silence sur cet article. Les Orientaux ne peuvent le nier sans contredire leurs premiers et leurs plus illustres docteurs : saint Athanase, qui appelle le Fils la source de l’Esprit-Saint ; saint Epiphane, qui déclare que le Saint-Esprit vient de tous les deux, c’est-à-dire du Père et du Fils, comme d’une source commune et unique ; saint Cyrille d’Alexandrie, qui affirme expressément que le Saint-Esprit vient à la fois et du Père et du Fils. Toutefois, dans l’expression du dogme, les Orientaux restent toujours libres de choisir les termes, d’employer de préférence le verbe propre, procéder, pour signifier l’origine tirée du Père, et le verbe provenir, pour signifier l’origine tirée du Fils, pourvu qu’ils affirment la même réalité, c’est-à-dire que le Saint-Esprit sort à la fois du Père et du Fils comme d’un seul principe et par une seule spiration. Quant au second article, il faut maintenir que l’addition du Filioque a été légitime, ainsi que l’affirment les documents cités. Mais, comme il s’agit d’une question disciplinaire, il appartiendrait au Saint-Siège de déterminer si les Orientaux doivent faire l’insertion dans leur antique symbole ou s’il suffit qu’ils émettent une profession de foi où le Filioque serait explicitement affirmé. Pour le troisième article, les Orientaux n’auraient rien à objecter si on leur expliquait et s’ils voulaient comprendre que le baptême par aspersion ou par infusion ne diffère pas essentiellement du baptême par immersion, puisque c’est dans tous les cas une ablution sensible, le lavacrum aquae in verbo vitae, de saint Paul ; et que la primitive Église a baptisé plus d’une fois de cette manière : saint Thomas cite, comme exemples, le baptême conféré par saint Laurent sur son gril et les baptêmes conférés par les Apôtres eux-mêmes lorsque se produisirent en un jour trois mille conversions. Le quatrième point a été tranché définitivement par le concile de Florence : « Le corps du Christ est consacré véritablement avec le pain de froment, soit azyme, soit fermenté, et chacun doit suivre la coutume de son Église, Occidentale ou Orientale. » Le cinquième article concerne l’épiclèse. On désigne sous le nom d’épiclèse (epiclesis, invocation) une prière qui se trouve dans toutes les liturgies orientale, et dans bon nombre d’anciennes liturgies d’Occident, au canon de la messe, après le récit de l’institution et qui se poursuit même après la consécration et dans laquelle le prêtre demande que le Saint-Esprit descende sur le pain pour le changer au corps du Christ. D’après la théorie des Orthodoxes, soutenue récemment encore par le prince Max de Saxe, dans le rite oriental les paroles de la consécration n’ont pas d’effet tant que n’est pas achevée l’épiclèse. Les déclarations du Magistère suprême ne laissent subsister aucun doute, Benoît XIII, dans sa lettre du 8 juillet 1729 au patriarche Cyrille, lui enjoint de confesser que la transsubstantiation est faite, non par l’invocation du Saint-Esprit, mais par les paroles de la consécration : « Non per invocationem Spiritus Sancti, sed per verba consecrationis fieri transsubstantiationem » (Pie X condamne sévèrement l’article de la Revue « Roma e Oriente » dans lequel le prince Max de Saxe soutenait ce sentiment. La lettre de Pie X, faisant écho à celle de Benoît XIII, est une décision sans appel ; la question est tranchée pour tout catholique. Il est vrai que ce n’est pas encore une définition et qu’on ne saurait l’imposer déjà comme un dogme aux Orientaux ; mais ceux-ci doivent être disposés à l’accepter dans le sens où l’Église Romaine la propose et même si elle vient à la définir. En réalité, comme l’explique le P. Sévérien Salaville dans son excellente étude sur l’épiclèse, nous pouvons conclure, en déclarant aux Orientaux : entendue comme nous croyons qu’elle doit l’être, l’épiclèse, au lieu de nous diviser, nous unit. Elle nous unit dans la tradition catholique dont nous avons vu l’identité à travers les siècles, tant en Orient qu’en Occident, et nous pouvons terminer cette étude par la phrase suivante empruntée à Photius qui l’écrivait précisément à propos de l’Eucharistie : « Les diversités liturgiques n’empêchent pas, de part et d’autre, la vertu déifiante du Saint-Esprit. » Au sujet du sixième article, citons tout d’abord le canon du concile de Trente : « Anathème à qui dirait que la Sainte Église catholique n’a pas été amenée, par des causes et des raisons légitimes, à communier sous la seule espèce du pain les laïques et même les clercs qui ne consacrent pas, ou qu’elle a erré en cela. » Il suffirait, d’ailleurs, de rappeler aux Orientaux, comme aux protestants, que cette pratique de la communion sous une seule espèce n’était pas inouïe dans la primitive Église. A l’époque des persécutions, les fidèles conservaient l’Eucharistie sous l’espèce du pain dans de petites boîtes appelées arca ou arcula, et l’on prenait le pain consacré avant toute autre nourriture. Les anachorètes communiaient, au désert, sous la seule espèce du pain, ainsi que l’affirment saint Basile et Ruffin. Les malades étaient communies habituellement sous la seule espèce du pain. Eusèbe atteste que cet usage existait au troisième siècle et que l’Eucharistie fut portée à un vieillard par un enfant avec la permission du prêtre. Pourquoi donc chercher un prétexte de désaccord là où l’antique Orient eut le même usage que l’Église Romaine ? Le septième article demande un examen attentif. Voici comment le célèbre Marc d’Ephèse expose la différence entre Grecs et Latins au sujet du purgatoire : « Les Grecs admettent la peine, le chagrin, le lieu de peine, mais non le feu ; les Latins enseignent la peine, et la purification par le feu. » Ainsi, Grecs et Latins sont d’accord pour confesser l’existence d’un purgatoire, dans lequel les âmes sont purifiées par la souffrance ; le désaccord porte sur la nature de la peine du sens, les Latins croyant à l’expiation par le feu, les Grecs se refusant d’aller jusque-là. Le concile de Florence laissa le différend sans conclusion. On ne saurait donc imposer aux Orientaux notre doctrine comme un dogme, bien que des théologiens de marque la regardent comme presque certaine ; mais on pourrait faire observer aux Orientaux que plusieurs Pères grecs l’avaient déjà enseignée, notamment saint Basile, qui parle du feu purificateur. Impossible également une transaction sur la doctrine des indulgences, expressément affirmée dans la profession de foi du concile de Trente : « In dulgentiarum etiam potestatem a Christo in Ecclesia relictam fuisse, illarumque usum christiano populo maxime salutarem esse affirmo. » Le silence n’est pas, non plus, possible sur le dogme de la rétribution immédiate, défini par Benoît XII et par le concile de Florence ; il est de foi que les âmes pures ou entièrement purifiées sont reçues sans délai dans le ciel et qu’elles y jouissent de la vision béatifique, ininterrompue et inamissible, de même que les âmes de ceux qui meurent dans le péché mortel, selon la loi commune établie par Dieu, descendent en enfer aussitôt après leur mort. Bien que certains écrivains ecclésiastiques se soient montrés hésitants avec saint Irénée, cette vérité est enseignée très clairement par saint Paul, lequel préfère être séparé de son corps pour être présent devant Dieu et désire la dissolution de son être pour vivre avec le Christ ; et par les premiers représentants de la tradition soit latine, soit orientale : Clément de Rome assure que Pierre et Paul, après avoir subi le martyre, sont entrés déjà dans le lieu saint, le lieu de la gloire ; saint Polycarpe dit de même que les saints Ignace, Zosime, Rufus, comme Paul et les autres apôtres, sont dans le lieu qui leur est dû, auprès du Seigneur avec lequel ils ont souffert ; saint Grégoire de Nazianze aime à contempler déjà son père dans la gloire, et il compte sur la protection de celui qui est maintenant devant Dieu et qui a obtenu la dignité et la sécurité des anges. C’est déjà l’enseignement des Pères grecs, complété plus tard par saint Augustin et condensé par saint Thomas, que Notre-Seigneur, en descendant aux limbes, délivra les âmes des justes et leur donna la vision béatifique. Il est donc établi que l’Église Grecque des premiers siècles a été d’accord sur ce point avec l’Église Romaine. Le dogme de l’Immaculée Conception ne devra pas non plus choquer les Orientaux, s’ils veulent bien considérer qu’il était contenu implicitement dans certaines assertions des premiers Pères. Ainsi, saint Hippolyte atteste la croyance de l’antiquité chrétienne lorsqu’il affirme l’incorruptibilité et l’impeccabilité de la Vierge Marie. Son témoignage sur l’absence de toute faute en Marie est d’autant plus remarquable que, venant comme une simple observation incidente, il exprime plus naïvement la foi de l’Église. Les deux derniers articles sont tellement essentiels que l’on ne saurait y toucher sans ébranler du coup la constitution même de l’Église. La primauté romaine doit être proposée explicitement aux Orientaux désireux de l’union et de l’unité, telle que le concile du Vatican l’a définie ; mais on leur montrera que cette vérité fut prêchée et défendue par leurs grands docteurs, surtout par saint Jean Chrysostome, la lumière et l’oracle de tout l’Orient : le grand orateur affirme la primauté universelle de juridiction des Pontifes Romains et par des témoignages formels et par la preuve tangible des faits, dont les deux plus frappants sont la cessation du schisme d’Antioche et l’appel au pape Innocent. Tel est le sujet du bel ouvrage publié récemment par le regretté cardinal Marini, secrétaire de la Sacrée-Congrégation pro Ecclesia Orientali, et qui établit aussi que cette doctrine fut commune aux plus célèbres docteurs orientaux avant Photius. Tous ceux qui veulent rentrer dans l’unique bercail devront professer explicitement l’infaillibilité pontificale, et, d’une manière universelle, le Magistère de l’Église Romaine, tant pour les définitions dogmatiques du passé que pour les autres définitions que ce Magistère, toujours vivant et toujours doué de la même autorité, pourrait porter dans l’avenir. Telles sont, au point de vue dogmatique, les conditions essentielles de l’union. Il suffirait de proposer aux Orientaux la profession de foi que Benoît XIV prescrivit aux Maronites dans sa Constitution Nuper, du 16 mars 1743, en y ajoutant les définitions postérieures, relatives à l’Immaculée Conception et au Pontife Romain.

Père Walter Devivier

Sous le nom générique d’Église grecque schismatique, on comprend les fractions religieuses issues du grand schisme d’Orient commencé au IX siècle par Photius, patriarche de Constantinople, mais réellement consommé, au XIe siècle, par l’ambition de Michel Cérulaire, l’un de ses successeurs (1054). Avant que Constantin eût choisi Byzance pour sa nouvelle capitale, le siège épiscopal de cette ville dépendait du métropolitain d’Héraclée. Dès que cette cité eut reçu du Grand Empereur le titre de « seconde Rome, fille aînée et chérie de l’ancienne », l’ambition s’éveilla dans le cœur de ses évêques. Fiers de la faveur dont ils jouissaient à la cour, et abusant du Canon 3 du concile de Constantinople (381), qui conférait à l’évêque de Byzance « la primauté d’honneur après l’évêque de Rome », ils ne tardèrent pas à revendiquer sur l’Orient la primauté de juridiction qui avait toujours appartenu aux pontifes romains. Prétendant que Constantinople devait être aussi élevée dans les affaires ecclésiastiques, qu’elle l’était dans les affaires politiques, Jean le Jeûneur (583) prit, le premier, le titre de patriarche œcuménique ou universel, et il le conserva, malgré les protestations énergiques et les adjurations de Pélage II et de S. Grégoire le Grand. Déjà au V siècle, le pape S. Léon, qui avait eu à réclamer contre l’usurpation des droits de l’Eglise romaine, faisait observer avec grande raison que a la présence de l’empereur peut faire un séjour royal, mais qu’elle ne peut créer un siège apostolique : les choses divines ne se réglant point sur les dispositions des choses humaines. Il est évident que si on devait introduire des changements dans l’ordre hiérarchique de l’Église chaque fois qu’un changement politique survient dans un pays, on serait logiquement forcé de dire que Jésus-Christ a fondé son Église sur un sable mouvant, et non, comme il l’affirme, sur un roc que les portes de l’enfer ne sauraient ébranler. Il suffirait, en effet, d’une poignée de soldats ou du caprice d’un souverain, pour ruiner par la base cet édifice divin. Malgré l’ambition toujours croissante des évêques de Constantinople, la confirmation par le pape de tout nouveau Patriarche continua, avant et après Photius, à être considérée, sinon comme indispensable, du moins comme d’une grande importance pour le nouvel élu, comme une preuve de son orthodoxie. Aussi Photius lui-même, bien qu’il eût usurpé le siège de Constantinople, ne manqua pas d’envoyer à Rome une ambassade pour demander sa confirmation au pape Nicolas Ier. La lettre du nouvel élu au Souverain Pontife contenait une profession de foi orthodoxe, qui lui valut les éloges du chef de l’Eglise. Toutefois la confirmation fut refusée, et, dans un concile romain, l’usurpateur fut excommunié. Ce ne fut qu’après une réconciliation, suivie d’une nouvelle excommunication fulminée par le pape Jean VIII, que Photius leva le masque et secoua ce qu’il appelait le joug de Rome. Alors, pour donner à sa révolte un semblant de raison, il prétendit que les papes étaient devenus hérétiques, parce que, disait-il, ils avaient toléré l’addition du mot Filioque au symbole Nicéo-Constantinopolitain. La protestation arrivait plus de quatre cents ans après l’addition ! Encore ne fût-ce que plus tard, après la séparation définitive, que la contestation sur l’opportunité de l’addition du mot Filioque dégénéra en controverse dogmatique sur la procession elle-même du Saint-Esprit, le clergé de Constantinople prétendant que le Saint-Esprit ne procède que du Père seul. Après Photius, les deux Églises continuèrent à rester unies jusqu’à Michel Cérulaire, qui renouvela les griefs formulés par Photius contre l’Église romaine, et qui consomma la séparation d’avec l’Église universelle. Plus tard, la réconciliation fut opérée et solennellement proclamée au concile de Florence tenu en 1439, sous le pontificat d’Eugène IV ; mais la mauvaise volonté du clergé de Constantinople rendit presque nul l’effet de cette réunion. Le schisme grec est répandu en Turquie, en Grèce, en Autriche et en Russie ; mais l’importance de la nation russe demande que nous fassions une remarque au sujet de l’introduction du schisme en ce pays. On se tromperait grandement si l’on pensait que la Russie a été gagnée au schisme en même temps qu’elle se convertissait au Christianisme. Lorsque, à la fin du x siècle, cet immense pays reçut d’une manière stable et définitive le bienfait de la foi catholique, les Églises d’Orient et d’Occident n’étaient pas séparées. La Russie dut surtout sa conversion à la princesse Olga, régente du royaume de 945 à 955 ; mais le mouvement vers le Christianisme ne fut définitif et complet que sous le règne de son petit-fils, Vladimir le Grand ou l’Apostolique. Ce prince zélé fit venir des prêtres grecs pour enseigner au peuple russe les principes de la religion chrétienne. On s’explique dès lors la grande influence dont jouit dès l’origine le clergé byzantin chez ce peuple néophyte, influence qui, plus tard, amena l’introduction du schisme dans cette puissante nation. En réalité, la religion actuelle des Russes n’est pas plus grecque, que prussienne ou anglicane. Si, à l’époque où elle embrassa le schisme, elle eut un métropolitain immédiatement dépendant du patriarche de Constantinople, elle a depuis longtemps brisé ce lien qui la rattachait au centre du grand schisme d’Orient. En 1589, le métropolitain de Moscou fut élevé à la dignité patriarcale ; mais Pierre le Grand supprima le patriarcat, et depuis ce temps, l’Eglise russe est gouvernée par le soi-disant Saint-Synode, qui fonctionne au nom et par l’autorité de l’empereur. Ainsi séparée, non seulement de Rome et de Constantinople, mais de tout patriarcat quelconque, intimement unie au gouvernement autocratique qui gouverne toutes les Russies, elle est simplement la religion nationale de la Russie, et devrait s’appeler Moscovitisme. Que l’Église de Russie s’appelle elle-même orthodoxe, il n’y a en cela rien d’étonnant. Est-il une secte schismatique ou hérétique qui n’ait pas la prétention de professer la vraie doctrine ? Nous aimons d’ailleurs à le reconnaître : l’Église grecque tout entière, bien différente en cela des sectes protestantes, a toujours conservé et conserve encore inaltérés presque tous les dogmes de la foi, tels qu’elle les avait avant la séparation, et tels que l’Eglise de Rome les professe. C’est ce qui ressort à l’évidence des institutions mêmes de cette Église, des écrits des Pères les plus révérés par elle, des prières et des cantiques qu’on chante chaque jour aux offices et cérémonies de son culte, des pratiques religieuses et des traditions du peuple.

  1. L’Église grecque ne possède ni l’unité de croyance, ni l’unité de ministère. A. Pour que l’unité de croyance soit possible, il faut nécessairement une autorité, un tribunal qui décide infailliblement en matière de foi. Or, l’Église grecque est dépourvue d’un pareil tribunal. Dira-t-on que c’est le patriarche de Constantinople ? Mais d’abord, de quelle source ce patriarche tire-t-il son autorité ? Jésus-Christ n’a donné qu’un chef à son Église, et ce chef, nous le démontrerons bientôt, c’est S. Pierre, et après lui, les évêques de Rome. Qu’est-ce donc qui a pu dépouiller les successeurs de S. Pierre de leur autorité divine, reconnue par tous durant plus de huit siècles, pour la transférer au patriarche de Constantinople ? Assurément ce n’est pas le choix que Constantin a fait de Byzance pour la capitale de son nouvel empire. L’autorité que l’Église romaine a reçue immédiatement de Jésus-Christ lui appartient tellement en propre, qu’elle ne peut être modifiée ni altérée par aucun concile. D’ailleurs le 3ème décret du premier concile de Constantinople (381), qui a élevé le patriarche de cette ville au dessus de ceux d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, ne lui donne que le second rang après l’évêque de Rome. Or, l’Eglise grecque reconnaît l’autorité des sept premiers conciles. Les grecs schismatiques admettent en principe, que lorsqu’il s’élève un doute relatif à la foi, les patriarches réunis en concile ont le droit de porter des décisions doctrinales ; mais en réalité, pareille réunion n’a jamais eu lieu depuis Michel Cérulaire. En cas de doute relativement à un dogme, on interroge les sept premiers conciles généraux. Mais qui donc oserait affirmer que tous les points concernant le dogme et la morale ont été fixés dans ces conciles des premiers siècles, et qu’on y trouve la solution de toutes les controverses qui pourront surgir jusqu’à la fin des temps ? S’il est vrai que les sept premiers conciles fournissent la réponse à toutes les questions controversées, qu’ils nous citent le concile œcuménique qui a défini que le Saint-Esprit procède du Père seul ! B. Quant à l’unité de gouvernement, elle est loin d’exister dans l’Eglise grecque, car elle professe l’indépendance des grandes Eglises, et n’a nulle prétention à l’unité de gouvernement. Il y a, d’une part, asservissement des patriarches et des évêques au chef de l’empire turc ; de l’autre subordination complète du Synode russe au Czar : tel est le déplorable état de cette Église orientale. Qui pourrait y reconnaître l’Eglise, une et libre, que Jésus-Christ a fondée sur Pierre, l’unique bercail soumis à un seul et même pasteur ? Est-ce à chacun de ces princes que Jésus-Christ a dit : Pais mes agneaux, pais mes brebis ?!
  2. L’Église grecque schismatique n’a pas la sainteté. Nous admettons volontiers que, parmi les millions de schismatiques qui sont nés et ont été élevés au sein de l’Eglise grecque dans une entière bonne foi ; qui professent à peu de choses près les mêmes dogmes que nous, qui ont, comme nous, la grâce des sacrements, le saint Sacrifice de la messe, le culte de la Sainte Vierge, il se trouve bien des âmes agréables au Seigneur. Mais combien compte-t-on de Saints produits par cette Église depuis sa séparation, de ces hommes aux constantes et héroïques vertus, authentiquement constatées, et dignes d’être mis en parallèle avec les Saints de l’Eglise romaine ? Par quels miracles éclatants et absolument incontestables Dieu a-t-il manifesté l’héroïsme de la vertu des personnages que l’on propose, en Russie, à la vénération des masses populaires ? Nous nous abstenons de parler de l’abaissement moral et des vices que l’on reproche à une partie considérable du clergé russe. Si c’est là un effet de la fragilité humaine subsistant dans le ministre des autels, on serait au moins en droit d’attendre, de la part de l’autorité ecclésiastique, des efforts plus sérieux et plus constants pour le tirer de cet état d’ignorance et d’avilissement, et pour le rendre moins indigne du respect du peuple.
  3. L’Église schismatique n’a pas la catholicité. Depuis qu’elle a cessé, par sa révolte, de faire partie de l’Eglise catholique romaine, elle est confinée dans les limites de quelques contrées de l’Orient et dans la Russie. Encore est-elle loin d’être partout la même. Quant à l’Église russe en particulier, sa dénomination même montre clairement qu’elle ne se rattache pas à Jésus-Christ, car le Sauveur n’a point établi d’Églises nationales ; il a voulu, au contraire, qu’il n’y eût qu’un seul troupeau sous la houlette d’un seul pasteur. L’Église schismatique, malgré les bornes immenses de l’Empire qui la protège, n’a du reste point la catholicité du nombre. D’après une statistique récente, les slaves schismatiques sont au nombre d’environ 100 millions. Mais nous l’avons dit, l’unité religieuse est loin de régner parmi ces populations, unies surtout par un esprit de nationalité poussé jusqu’aux dernières limites. Malgré la main de fer de l’autocratie qui s’efforce d’empêcher de nouveaux schismes de faire irruption dans le schisme, on voit pulluler des sectes de toutes sortes, connues sous le nom de Raskolniks, et dont la principale est celle des Starovères ou Vieux-Croyants. C’est par millions que l’on compte le nombre de ces dissidents qui ont brisé avec le Saint-Synode, comme le Saint-Synode avait brisé avec le patriarche de Constantinople, et celui-ci avec Rome. Que serait-ce, si le pouvoir temporel, qui tient debout tant bien que mal ce corps religieux, venait à l’abandonner à sa propre destinée ? Ajoutons que l’esprit de prosélytisme, enfanté par la parole du divin Maître : « Allez, enseignez toutes les nations », n’existe guère dans l’Eglise russe. Chaque année, il est vrai, le procureur du Synode soumet à l’Empereur, et publie un rapport dans lequel la propagande a un chapitre spécial. Nous ne nions pas que le nombre des recrues s’accroît à mesure que reculent les frontières de l’empire ; mais ce n’est point là l’effet du dévouement apostolique de ses missionnaires, ni du sang de ses martyrs. La Russie en est encore à la première page de son martyrologe, mais en revanche elle peut compter par milliers le nombre des malheureux enfants de la catholique Pologne, auxquels elle s’est efforcée depuis 1762, et elle s’efforce encore chaque jour d’enlever leur foi par la violence et la ténacité de la persécution.
  4. L’Eglise schismatique n’a pas l’apostolicité. D’abord elle ne se rattache pas aux apôtres par la doctrine puisque sa doctrine a varié. Durant les neuf, disons mieux, les onze premiers siècles de l’Eglise catholique, l’Orient comme l’Occident a cru à la primauté du Pape de Rome. Or, l’Église schismatique n’admet plus ce dogme : elle a donc varié. Elle enseigne que le Saint-Esprit procède du Père seul, et qu’il repose dans le Fils ; elle fait consister la distinction personnelle du Fils et du Saint-Esprit dans le mode de recevoir l’existence divine, l’un par la génération, l’autre par la procession, tout en niant que cette différence vienne de la relation d’origine. Elle n’a pas davantage conservé l’apostolicité de ministère, puisque sa révolte contre l’autorité à laquelle elle avait été respectueusement soumise durant si longtemps, a brisé la chaine qui la rattachait aux apôtres par la transmission légitime de la juridiction pastorale.

Capitaine Alphonse Magniez, Répliques du bon sens aux attaques et objections modernes contre la Religion

Notre-Seigneur, en s’adressant à saint Pierre, premier Pape, lui a dit : « Simon, fils de Jean, tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église. » Or, Notre-Seigneur dit mon Église, non mes Églises ; donc, il n’y a qu’une seule vraie Église de Jésus-Christ, non deux ou davantage. De plus, il s’est adressé à Pierre tout seul : « Simon, fils de Jean, tu es… » et non aux Apôtres en général. Donc, là où est Pierre, là est l’Église, la vraie, celle de Jésus-Christ. Écoutons encore la volonté de Jésus-Christ lorsqu’il dit : « …Et il n’y aura qu’un seul troupeau et un seul pasteur. » Et à qui dit-il d’être le pasteur ? « Pierre… pais mes agneaux, pais mes brebis… confirme tes frères. » C’est clair, cela ! Et tout cela est dans l’Évangile, en toutes lettres ! Or les grecs se sont séparés d’eux-mêmes de l’Église, justement parce qu’ils ne voulaient pas reconnaître le Pape comme la pierre sur laquelle est bâtie l’Église ; et un évêque de Constantinople, voulant être l’égal du Pape, entraîna le schisme, la séparation d’avec Pierre.

Abbé Auguste Boulenger, Manuel d’apologétique

Sous le nom d’Église grecque nous comprenons toutes les Églises qui, à la suite du schisme commencé par Photius au IXème siècle et consommé par Michel Cérulaire au XIème, se sont séparées définitivement de Rome. Ces Églises, que les catholiques désignent sous le nom « d’Église grecque schismatique », et qui s’intitulent elles-mêmes « Église orthodoxe », portent encore les noms d’Église orientale, Église gréco-russe ou gréco-slave, Églises autocéphales ou indépendantes. Nées du schisme de Photius, elles seraient dénommées plus justement Églises photiennes. Le schisme grec A. SES CAUSES : L’on attribue généralement l’origine du schisme grec à des causes multiples. Parmi les principales, les unes sont d’ordre général, les autres d’ordre particulier. a) Cause générale. Les historiens voient dans l’antagonisme de race entre les Orientaux et les Occidentaux une des causes les plus importantes qui ont préparé le schisme grec. La sujétion à un même pouvoir civil et à une même autorité religieuse, en donnant à ces deux peuples de fréquentes occasions de contact, n’avait fait qu’aviver leur antipathie réciproque, au lieu de l’atténuer. b) Causes particulières. Parmi les causes particulières nous ne signalerons ici que les doux principales, à savoir : l’ingérence du pouvoir civil dans les affaires religieuses et l’ambition des Évêques de Constantinople. – 1) Ingérence du pouvoir civil. Quelque étrange que la chose puisse paraître, il faut aller chercher le germe du schisme grec dans la conversion même de Constantin. C’est qu’en effet le passage d’une religion à une autre, surtout quand il est déterminé par le sentiment et, a fortiori, par l’intérêt politique, n’entraîne pas avec soi l’évolution des idées ; et c’est ainsi que les empereurs païens, tout en adhérant à la nouvelle doctrine, gardaient au fond d’eux-mêmes, et presque inconsciemment, les préjugés, les habitudes et les mœurs de leur passé. Or c’était précisément une idée païenne que les pouvoirs, civil et spirituel, devaient résider dans la même main ou, tout au moins, que le pouvoir spirituel était entièrement subordonné au pouvoir civil. Partant de ce principe, les empereurs se firent à la fois les protecteurs et les maîtres du christianisme. N’osant pas aller jusqu’à vouloir jouer le rôle de pape, Constantin prit le titre d' »évêque du dehors », s’attribua des fonctions qui auraient dû être réservées à l’autorité religieuse, comme celles de convoquer, de présider et de confirmer les conciles, de poursuivre les hérétiques et de surveiller les élections épiscopales. L’on comprend dès lors l’influence que purent avoir les empereurs soit pour l’union, soit pour le schisme. – 2) Ambition des Évêques de Constantinople. Lorsque l’empereur Constantin, après sa victoire sur Licinius (323), transporta son siège de Rome à Byzance qui, depuis lors, s’appela Constantinople, l’ambition des évêques de la nouvelle résidence impériale ne connut plus de bornes. Déjà, en 381, le canon 3 du concile de Constantinople décrétait que « l’évêque de Constantinople devait avoir la prééminence d’honneur après l’Évêque de Rome, parce que Constantinople était la nouvelle Rome ». Plus tard (451), le 28e canon du concile de Chalcédoine affirmait à nouveau le même principe en proclamant que « c’est avec raison que les Pères avaient accordé la prééminence au siège de l’ancienne Rome, parce que cette ville était la ville impériale ». Les Papes ne manquèrent pas de protester, non pas absolument contre la prétention des Évêques de Constantinople à une certaine prééminence, mais contre le principe invoqué, car, comme le faisait remarquer le pape saint Léon, ce n’est pas l’importance d’une ville qui fait le rang élevé d’une Église, mais seulement son origine apostolique, c’est-à-dire sa fondation par les Apôtres. Du reste, si le principe avait été strictement appliqué, Rome ne pouvait plus prétendre au premier rang, du jour où, par suite de l’invasion des barbares, elle avait perdu son sénat et ses empereurs. Mais en dépit de la résistance des Papes, le 28e canon du concile de Chalcédoine fut sanctionné par l’autorité civile, et même, par le concile in Trullo en 692. Conformément au principe posé, les Évêques de Constantinople prirent d’abord le titre de patriarche, puis s’arrogèrent le pouvoir sur tous les Évêques d’Orient ; à la fin du VIème siècle, Jean IV le Jeûneur prit même le titre de patriarche œcuménique. Constamment soutenus par les empereurs, les patriarches se conduisirent en vrais papes de l’Orient et bientôt se posèrent en rivaux de l’Évêque de Rome. B. SES AUTEURS : Préparé, par plusieurs siècles de discordes, le schisme eut pour auteurs deux patriarches célèbres : Photius et Michel Cérulaire. a) Photius. Appelé à remplacer le patriarche Ignace que le régent Bardas avait relégué dans l’île de Térébinthe, Photius, laïque encore, mais rapidement investi du pouvoir d’ordre et sacré par un évêque interdit, Grégoire Asbesta, prenait possession d’un siège qui n’était pas vacant et dont le prédécesseur n’entendait pas se laisser déposséder par la force. Bien que sa promotion fût, de ce fait, frappée de nullité, Photius s’efforça de la faire confirmer par le pape. N’ayant pu obtenir ce qu’il demandait, avec une souplesse extrême, il tourna la difficulté. Au lieu de heurter de front l’autorité pontificale et d’attaquer en face la primauté romaine, alors trop bien établie pour être sérieusement contestée, il mit la question sur un autre terrain, et il prétendit que les Papes étaient hérétiques parce qu’ils avaient admis l’addition du mot Filioque au symbole de Nicée. b) Michel Cérulaire. La controverse sur le mot Filioque laissait les esprits trop indifférents pour causer une cassure complète et définitive entre les Orientaux et les Occidentaux. Aussi, après la mort de Photius, la réconciliation fut-elle relativement facile, et l’entente put durer tant bien que mal jusqu’en 1054, époque où Michel Cérulaire consomma le schisme. Homme d’une ambition démesurée et d’une énergie peu commune, il aspira, dès le jour où il monta sur le trône patriarcal (1048), à concentrer dans ses mains tous les pouvoirs, ou mieux, à subordonner à son autorité suprême et le pape et le basileus lui-même. Laissant de côté la question doctrinale du Filioque qui intéressait peu, il porta la discussion sur un terrain plus capable de passionner la masse des fidèles et de la soulever contre le Pape et l’Église latine. Il feignit donc d’ignorer la primauté de l’Évêque de Borne, et il accusa les Latins de judaïser en alléguant qu’ils employaient le pain azyme comme matière de l’Eucharistie et qu’ils jeûnaient le jour du sabbat. Puis, conformant ses actes à ses paroles, il somma les clercs et les moines latins de suivre les coutumes grecques et, sur leur refus, il les anathématisa et fit fermer leurs églises. Alors intervint le pape Léon IX. Avec une très grande habileté, il replaça la question sur son véritable terrain, celui de la primauté de l’Évêque de Rome. Pour arriver à un accord, il envoya des légats avec mission de traiter avec Michel Cérulaire, L’entente n’ayant pu se faire, les légats, avant de partir, déposèrent sur l’autel de Sainte-Sophie une bulle d’excommunication qui atteignait le patriarche et ses adhérents (1054). Malheureusement l’excommunication ne fit que hâter le triomphe de Michel Cérulaire. Celui-ci réunit en effet un Synode de douze métropolitains et de deux archevêques qui, à leur tour, excommunièrent les Occidentaux sous prétexte que ces derniers avaient ajouté le Filioque au Symbole, qu’ils enseignaient que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils et qu’ils se servaient de pain azyme pour la célébration de l’Eucharistie. Doctrine : Nous allons indiquer les points essentiels qui différencient l’Église grecque de l’Église romaine. A. AU POINT DE VUE DU DOGME, tous les théologiens de l’Église grecque reconnaissent comme règle de foi les définitions des sept premiers conciles œcuméniques, dont le dernier eut lieu à Nicée en 787. a) L’Église grecque s’accorde donc avec l’Église romaine sur les mystères de la Trinité, de l’Incarnation, de la Rédemption, sur les sept Sacrements sauf certains détails que nous signalerons plus loin, sur le culte de la sainte Vierge, des saints et des images. À propos cependant du mystère de la Trinité, elle enseigne que le Saint-Esprit ne procède que du Père et reproche aux Latins d’avoir ajouté le Filioque au symbole de Nicée. b) Elle n’admet pas le dogme de l’Immaculée Conception ; elle professe en effet que la sainte Vierge est née avec le péché originel et qu’elle n’en a été délivrée que le jour de l’Annonciation. c) Elle rejette le dogme du Purgatoire. Ceux qui ont encore des peines à expier passent par l’enfer d’où ils sont tirés par la miséricorde divine, et grâce au sacrifice de la messe, aux prières et aux bonnes œuvres des vivants. d) Tout en reconnaissant l’existence des sept Sacrements, les schismatiques grecs ont, sur un bon nombre de points, une doctrine opposée à celle des catholiques. C’est ainsi qu’ils enseignent la nécessité de la rebaptisation lorsque le baptême a été conféré par les hétérodoxes. De même, ils renouvellent la Confirmation aux fidèles qui ont apostasie, mais ils ne sont pas d’accord entre eux sur les cas auxquels s’étend l’apostasie. Pour l’Eglise russe, sont apostats ceux qui ont passé du Christianisme soit au judaïsme, soit au mahométisme, soit au paganisme ; pour l’Église du Phanar, sont encore apostats ceux qui ont embrassé le catholicisme. À propos du sacrement de Pénitence, les Grecs prétendent que l’absolution remet, non seulement la peine éternelle, mais même la peine temporelle, de sorte que les pénitences imposées par le confesseur n’ont qu’un caractère médicinal et que les indulgences n’ont plus leur raison d’être et sont même nuisibles, étant causes de relâchement dans la vie chrétienne. L’Extrême-Onction, d’après l’Église grecque proprement dite, doit être conférée, même aux personnes bien portantes, pour les préparer à la communion ; d’après l’Église russe, elle ne doit être administrée qu’à ceux qui sont atteints d’une maladie sérieuse. L’Ordre, n’imprime point de caractère ineffaçable ; aussi la déposition prive-t-elle de tout caractère sacerdotal, et les clercs déposés ne peuvent plus exercer validement aucune des fonctions ecclésiastiques. D’après les théologiens orthodoxes, le consentement mutuel des époux est la matière du sacrement de Mariage, tandis que la bénédiction du prêtre en est la forme ; le prêtre est donc ministre de ce sacrement. Le droit canonique oriental admet aussi de nombreux cas de rupture du lien matrimonial. e) Sur la question de l’Église. Les théologiens grecs considèrent la véritable Église comme une agglomération d’Églises nationales autonomes reconnaissant Jésus-Christ comme seul chef. Les Évêques, comme les Apôtres du reste, sont égaux en droit. Mais, en fait, et d’institution ecclésiastique, les Évêques sont soumis aux métropolitains et ceux-ci aux patriarches. Il ne faut donc pas parler de primauté : saint Pierre ne reçut de Notre-Seigneur qu’une simple préséance d’honneur, laquelle a été transmise d’abord à l’Évêque de Rome, puis à l’Évêque de Constantinople. L’Église enseignante est infaillible, mais le sujet de l’infaillibilité c’est seulement le corps épiscopal pris dans son ensemble. B. AU POINT DE VUE DE LA DISCIPLINE ET DE LA LITURGIE, il y a, entre les deux Églises, grecque et romaine, de nombreuses divergences. Voici les principales : a) Nous avons déjà dit que l’Église grecque admet le mariage des prêtres ; cependant les Évêques sont toujours choisis parmi les prêtres célibataires. b) Les Grecs observent des jeûnes rigoureux pendant le carême et avant les principales fêtes. c) L’Église grecque confère le baptême par immersion et n’admet pas la validité du baptême par infusion ; elle rejette l’usage du pain azyme dans la consécration de l’Eucharistie et la communion des laïques sous une seule espèce ; elle communie les enfants qui n’ont pas encore l’âge de raison. Les schismatiques condamnent la célébration des messes basses et ils enseignent que le changement du pain au corps et du vin au sang de Notre-Seigneur se produit au moment de l’épiclèse ou invocation au Saint-Esprit qui est placée après les paroles de l’institution. Ils suivent en outre en grande partie les rites et cérémonies de l’antique liturgie orientale établie au IVème et au Vème siècle. État actuel : Le schisme grec s’est propagé dans la Turquie d’Europe, la Grèce, les îles de l’Archipel, on Russie, dans une partie de la Pologne et de la Hongrie, et en Asie-Mineure. Si l’on considère la langue liturgique, l’Église grecque se divise en quatre groupes : a) Le groupe grec pur avec trois centres autonomes : le patriarcat de Constantinople, l’Église du royaume hellénique et l’archevêché de Chypre ; b) Le groupe gréco-arabe avec les patriarcats d’Antioche, de Jérusalem et d’Alexandrie, l’archevêché de Sinaï ; c) Le groupe slave avec l’Église russe et ses 75 millions de fidèles, l’Église bulgare, l’Église serbe ayant à sa tête un synode d’évêques présidé par l’archevêque de Belgrade ; d) Le groupe roumain avec huit évêques dont deux, ceux de Bucarest et de Jassy, portent le titre de métropolite, et l’Église roumaine de Transylvanie. En tout environ 120 millions d’orthodoxes. Depuis la rupture provoquée par Michel Cérulaire, de nombreuses tentatives d’union furent faites pour ramener l’Église grecque dans le sein de l’Église catholique. Entre le XIème et le XVème siècle, il n’y en eut pas moins de vingt, qui ne furent couronnées d’ailleurs d’aucun succès. Malgré ces échecs, Grégoire XIII, au XVIème siècle, tenta de nouveau l’entreprise : il fonda à Rome le collège grec de Saint-Athanase destiné à former un clergé grec catholique. Au XVIIème siècle, Grégoire XV créa la Sacrée Congrégation de la Propagande, pour s’occuper des Églises séparées. Au XIXème siècle, Pie IX, en 1848 et en 1870, Léon XIII en 1894, firent à l’Église schismatique de chaleureux appels qui ne furent pas entendus. Au XXème siècle, la mission de la S. C. de la Propagande fut attribuée par Benoît XV à une nouvelle congrégation : la S. C. des Églises Orientales. Ce n’est plus avec Rome, mais avec l’Église protestante que, depuis le XVIème siècle, les Grecs ont repris ces éternels essais d’union qui n’aboutissent jamais… Dans la première moitié du XVIIème siècle, le calvinisme faillit s’implanter dans la grande Église par les soins de Cyrille Lucar, et au début du XVIIIème siècle, la secte anglicane des Non-jureurs tenta vainement un rapprochement avec l’Église phanariote et l’Église russe. Depuis 1867, les relations amicales, avant-coureuses de l’union, ont repris entre Anglicans et Orthodoxes, auxquels sont venus se joindre, et non sans doute pour augmenter l’harmonie, les Vieux-Catholiques de Dôllinger, Herzog et Michaud. Les bouleversements actuels de la Russie, la crise très grave du bolchevisme qui ébranle la société jusque dans ses fondements, ne nous permettent guère de faire des pronostics sur l’avenir religieux de ces populeuses contrées. Peut-être la grande épreuve de l’heure présente est-elle la voie par laquelle la Providence se propose de ramener les brebis égarées au bercail de l’orthodoxie ! REMARQUES : 1. Outre l’Église grecque dont il a été uniquement question jusqu’ici, les Églises séparées d’Orient comprennent : — 1) l’Église copte (Haute et Moyenne Egypte) dirigée par le patriarche d’Alexandrie et le métropolite d’Abyssinie ; — 2) l’Eglise arménienne gouvernée par des patriarches et des évêques ; — 3) l’Eglise chaldéenne (Mésopotamie); et — 4) l’Église jacobite (Syrie et Mésopotamie). Ces différentes Églises, de minime importance, puisque ensemble elles ne comptent que quelques millions de fidèles, suivent soit l’hérésie de Nestorius qui niait l’unité de personne en Jésus-Christ, soit celle d’Eutychès qui niait la dualité de natures. 2. Bien que les efforts des Papes aient été infructueux sur la masse des Églises séparées, ils ont cependant réussi à faire rentrer dans l’unité catholique quelques groupes qu’on désigne sous le nom d’Uniates. On appelle donc uniates les communautés de grecs, de monophysites et de nestoriens qui ont reconnu et accepté la suprématie du Pape. Il y a, parmi eux, des grecs-unis, des chaldéens-unis, des coptes-unis, etc. Le Saint-Siège leur a permis de garder leurs liturgies nationales et leur discipline qui, entre autres règles, autorise le mariage des prêtres. L’Église grecque n’a pas les notes de la vraie Église. Les apologistes catholiques sont loin d’être d’accord sur l’application des notes à l’Église grecque. a) Les uns (P. Palmieri, P. Usban), estimant que l’Église grecque n’est pas dépourvue totalement des quatre notes, sont d’avis que la démonstration de la vraie Église se fait mieux par des arguments directs qui établissent l’institution divine de la primauté romaine. b) Les autres pensent, au contraire, que l’Église grecque n’a pas les quatre notes, et que la démonstration de la vraie Église peut toujours se faire par cette voie. C’est la manière de voir de ces derniers que nous allons exposer. 1° L’Église grecque n’a pas la sainteté. a) L’Église grecque possède sans doute la sainteté des principes puisqu’elle a gardé au moins les points essentiels de la doctrine et des institutions de la primitive Église. b) Sainte dans ses principes, l’Église grecque l’est-elle aussi dans ses membres ? Elle ne l’est certainement pas dans ses fondateurs : Photius et Michel Cérulaire sont assurément plus remarquables par leur ambition que par leur piété et leurs vertus. Quant à la sainteté des autres membres en général, l’on ne saurait dire qu’elle y brille d’un vif éclat. Malgré l’existence des ordres religieux, les œuvres d’apostolat et de charité y sont plutôt rares. Il est vrai que les Églises orientales ont canonisé un certain nombre de leurs fidèles ; mais leurs procès de canonisation n’impliquent pas une enquête rigoureuse sur l’héroïcité des vertus et ne requièrent aucun miracle proprement dit : l’enquête ne porte que sur quelques Bignes extérieurs tels que l’état de conservation du corps. Et alors même qu’il y aurait des miracles authentiques, il faudrait prouver qu’ils ont été faits, non pas uniquement pour récompenser les mérites et la vie sainte d’hommes vertueux, mais pour prouver la vérité de leur doctrine. 2° L’Église grecque n’a pas l’unité L’unité, c’est-à-dire, la subordination de tous les fidèles à une autorité suprême et à un magistère enseignant, n’est pas chose possible dans l’Église grecque. Sans doute, les schismatiques professent que l’autorité infaillible appartient au concile œcuménique. Mais c’est là un organe qui demeure atrophié depuis le VIIIème siècle. Déjà, s’il fallait réunir tous les Évêques orientaux appartenant aux différents groupes que nous avons signalés, la chose serait irréalisable. Combien le serait-elle davantage si l’on voulait obtenir l’adhésion des Occidentaux : Église latine et confessions protestantes ! 3° L’Église grecque n’a pas la catholicité Elle n’a : a) ni la catholicité de fait, la chose est évidente ; b) ni la catholicité de droit. Chaque groupement de l’Église grecque forme une confession indépendante qui ne dépasse pas les limites d’un pays. Aucun lien n’existe entre les différentes Églises autocéphales, et l’Église russe qui l’emporte de beaucoup sur les autres par le nombre des fidèles, est une Église nationale, administrée par le Saint-Synode, et qui, hier encore, était entièrement soumise à l’autorité du czar. L’Église du royaume de Grèce est également détachée du patriarcat de Constantinople, de sorte que l’ambition des Évêques de Constantinople n’a abouti qu’à un émiettement de nombreuses Églises, non seulement séparées de Rome, mais n’ayant plus entre elles le moindre trait d’union. Et quand bien même toutes ces Églises en feraient une seule, elles ne posséderaient pas encore la catholicité relative et morale, puisqu’elles restent confinées en Orient. 4° L’Église grecque n’a pas l’apostolicité Apparemment l’Église grecque possède une succession continue dans son gouvernement. Dans l’Église russe, en particulier, les évêques exercent l’épiscopat à titre de successeurs des apôtres. Il s’agit donc de vérifier si leur titre est authentique, et si cette continuité matérielle dont nous constatons l’existence est en même temps une succession légitime. Il faut donc que la note d’apostolicité soit contrôlée par les autres notes, et spécialement, par celles d’unité et de catholicité. Or, comme nous venons de voir qu’elle, n’a pas celles-ci, nous pouvons conclure, par le fait, qu’elle n’a pas davantage celle-là, que son apostolicité, matériellement continue, n’est pas une succession légitime, et que, si elle a toujours le pouvoir d’ordre, elle a perdu désormais le pouvoir de juridiction. Application des notes à l’Église romaine L’Église romaine, ainsi appelée parce qu’elle reconnaît pour chef suprême l’Évêque de Rome, c’est-à-dire le Pape, possède les quatre notes de la vraie Église. 1° L’Église romaine possède la noté de sainteté a) Elle est sainte dans ses principes. Puisque nous faisons l’application comparative des notes de la vraie Église aux diverses confessions chrétiennes, il y aurait lieu de mettre ici en parallèle tous les points de doctrine sur lesquels le protestantisme et le schisme grec sont en divergence avec le catholicisme. Comme ce travail a été fait précédemment, nous n’avons pas à nous y arrêter. Nous rappellerons cependant que, à rencontre du protestantisme, l’Église romaine enseigne que la justification requiert, non seulement la foi, mais encore la pratique des bonnes œuvres. Par ailleurs, elle ne se borne pas à exiger de l’ensemble de ses fidèles, l’observation des commandements de Dieu et la pratique des vertus communes, elle porte plus haut son idéal, elle recommande les vertus supérieures et même les vertus héroïques. Dans tous les temps elle a favorisé l’institution de nombreux Ordres religieux, où les âmes d’élite tendent, par la contemplation, par les œuvres de charité et par la pratique des conseils évangéliques, au plus haut degré de l’amour de Dieu, à ce qu’on appelle la Perfection chré­tienne. b) Elle est sainte dans ses membres. Loin de nous la pensée de prétendre que tout est parfait dans l’Église catholique, que jamais il n’y a eu de défaillances dans son sein et que son histoire n’a que des pages immaculées. Nous avons déjà dit le contraire. Il ne nous en coûte donc pas de reconnaître que la sainteté de la doctrine ne fait pas toujours la sainteté des individus. S’il y a eu des époques où le clergé, — prêtres, Évêques et même Papes, — aussi bien que les simples fidèles, n’ont pas eu des mœurs conformes à l’idéal du Christ, que pouvons-nous conclure de là, sinon que les instruments dont Dieu se sert, restent toujours des instruments humains, et que, si l’Église est indéfectible, malgré la faiblesse de ses instruments, c’est qu’elle est divine ? Cependant toute critique qui veut être impartiale, ne doit pas s’arrêter là. On ne juge équitablement une société que si on la considère dans son ensemble et dans tout le cours de son existence. Or tout homme de bonne foi est forcé d’admettre qu’il y a toujours eu dans l’Église, et même aux époques les plus tourmentées de son histoire, une riche floraison de saints. Il suffit, pour s’en convaincre, d’ouvrir son Martyrologe. Là voisinent les noms les plus illustres et les plus divers : ceux de nombreux ascètes qui, renonçant à tous les biens terrestres, se sont consacrés à la vie contemplative ou aux œuvres de bienfaisance, à côté de laïques, — car les vertus héroïques ne sont pas le privilège exclusif d’un genre de vie, — qui ont mené dans le monde une vie sainte et austère, et tous pour mettre en pratique la doctrine enseignée par l’Église, et pour obéir à l’appel du Christ. 2° L’Église romaine possède l’unité L’Église romaine est une : a) Dans son gouvernement. Bien qu’il y ait de nombreuses Églises locales qui jouissent d’une certaine autonomie, l’unité de ces groupements est assurée par l’obéissance des fidèles aux Évêques et des Évêques au Pape ; b) Dans sa foi. De l’unité de gouvernement découle l’unité de foi. C’est en effet un des principes les mieux observés du catholicisme qu’il y a obligation stricte pour tous les fidèles de se soumettre à l’autorité infaillible qui les enseigne. Conformément à ce principe, l’Église romaine rejette de son sein ceux qui se séparent de sa foi par l’hérésie ou s’affranchissent de sa discipline par le schisme. Tous ses sujets professent donc la même foi, admettent les mêmes sacrements et participent au même culte. Mais naturellement l’unité de foi et de culte se concilie avec les discussions théologiques sur les points de doctrine non définis, avec les divergences accidentelles des règles disciplinaires ou des rites liturgiques, divergences qui peuvent être commandées par les convenances spéciales des pays, des races et des temps. 3° L’Église possède la catholicité Pas plus que les autres confessions, l’Église romaine n’est catholique de fait. Nous avons vu que cette catholicité n’est pas requise. Tout au moins possède-t-elle une catholicité de droit, puisqu’elle s’adresse à tous, qu’elle envoie ses missionnaires dans toutes les régions, puisqu’elle n’est l’Église d’aucune nationalité ni d’aucune race et qu’elle sait s’adapter aux peuples les plus divers. En dehors de cette catholicité de droit, l’Église romaine possède l’universalité morale et relative, elle s’étend à la majeure partie du monde, et le nombre de ses fidèles est supérieur à celui des autres sociétés chrétiennes. 4° L’Église romaine possède l’apostolicité a) L’Église romaine est apostolique dans son gouvernement. Elle possède une continuité successorale moralement ininterrompue : du Pape actuel elle peut remonter à saint Pierre. Il s’agit donc de savoir si la juridiction apostolique a été légitimement transmise. La chose apparaît évidente, puisque l’Église romaine possède les trois autres notes. Les adversaires objectent, il est vrai, qu’il fut un temps où les Papes résidaient à Avignon, qu’il y eut des interrègnes, qu’il y eut surtout le grand schisme d’Occident. — La résidence momentanée des Papes à Avignon n’a nullement interrompu la succession apostolique : il est de toute évidence que la juridiction n’est pas attachée à l’endroit de la résidence, mais dépend uniquement de la légitimité de la succession et du titre. Les Papes pouvaient donc résider à Avignon comme ailleurs et rester les Évêques légitimes de Rome. On allègue d’autre parties interrègnes et le grand schisme d’Occident. Rappelons brièvement les faits. À la mort de Grégoire XI, septième Pape d’Avignon (1378), Urbain VI fut élu à Rome par seize cardinaux, dont onze français. Après l’élection, quinze des cardinaux déclarèrent l’élection nulle sous prétexte qu’elle avait eu lieu sous la pression du peuple romain qui avait réclamé un Pape italien, et ils élurent Robert de Genève qui prit le nom de Clément VII et s’établit à Avignon. La chrétienté se divisa alors en deux parties, l’une obéissant au Pape de Rome, et l’autre, au Pape d’Avignon. Ainsi commença ce qu’on appelle le grand schisme d’Occident qui devait durer trente-neuf ans (1378-1417). Faut-il conclure de là que l’Église romaine ne possède plus la juridiction d’origine apostolique ? Certainement non. Les trois règles suivantes nous donneront du reste la clé de cette difficulté : 1. Si deux élections se font en même temps ou successivement, l’apostolicité appartient au Pape légitimement choisi. 2. S’il y avait doute, comme c’était le cas pour le grand schisme d’Occident, l’apostolicité n’existerait pas moins, quand bien même la chose ne serait connue que tardivement. 3. Enfin si deux ou plusieurs élections se faisaient simultanément et d’une manière irrégulière, elles seraient toutes nulles ; le siège pontifical resterait vacant jusqu’à une élection légitime, laquelle continuerait la série apostolique des Papes. b) L’Église romaine est apostolique dans sa doctrine. Les protestants accusent les catholiques d’avoir introduit des dogmes nouveaux dans l’enseignement apostolique. Sans doute, le Credo actuel est plus développé que celui des Apôtres, mais il ne contient pas des différences essentielles. L’Église enseignante n’a jamais défini une vérité de foi qu’elle ne l’ait tirée soit de l’Écriture Sainte, soit de la Tradition il y a donc eu développement du dogme, mais non point changement de la doctrine apostolique. Conclusion L’Église romaine ayant les quatre notes indiquées par le concile de Nicée-Constantinople, nous sommes donc en droit de conclure qu’elle est la vraie Église.

Bibliographie

  • Père Jean-Dominique, Lettre à un ami orthodoxe