Antonino Zichichi, physicien au CERN, président de la Société européenne de physique et de la Fédération mondiale des scientifiques,
Sans la science, nous n’aurions aucune riposte face à la culture athée qui voudrait que nous ne fussions que les fils du hasard.
Robert Jastrow, astrophysicien, professeur à l’université de Columbia, directeur à la NASA,
Quelle cause a produit cet effet ? Qui, ou quoi, a mis la matière et l’énergie dans l’Univers ? […] Pour le scientifique qui a vécu en fondant sa foi sur le pouvoir de la raison, l’histoire se termine comme un mauvais rêve. Il a gravi les montagnes de l’ignorance ; il est sur le point de conquérir le plus haut sommet ; alors qu’il se hisse sur le rocher final, il est accueilli par une poignée de théologiens qui sont assis là depuis des siècles.
Arno Allan Penzias, prix Nobel de physique 1978,
Pour être cohérents avec nos observations, nous devons comprendre que non seulement il y a création de la matière, mais aussi création de l’espace et du temps. Les meilleures données dont nous disposons sont exactement celles que j’aurais pu prédire si je n’avais eu que les cinq livres de Moïse, les Psaumes et la Bible dans son ensemble. Le Big Bang a été un instant de brusque création à partir de rien.
Alfred Kastler, Prix Nobel de physique,
Il est pour moi, physicien, absurde de penser que l’univers se soit fait par hasard. […] Je ne conçois pas le monde sans un créateur donc un Dieu. Pour un physicien, un seul atome est si compliqué, si riche d’intelligence que l’univers matérialiste n’a pas de sens. […] Je ne peux croire, pour parler net, que le hasard et la nécessité soient les seuls responsables de l’évolution. Des cosmonautes qui découvriraient, sur la face cachée de la lune, une usine automatique d’aluminium en plein fonctionnement n’arriveraient pas à se persuader que cette usine s’est trouvée constituée par le seul jeu fortuit des réactions physico-chimiques entre les différents éléments présents sur la surface de notre satellite. Ils se croiraient plutôt victimes d’une hallucination. Or, la moindre bactérie est une usine physico-chimique bien plus complexe et d’une organisation bien plus ingénieuse qu’une usine automatique d’aluminium.
Baruch Aba Shalev, 100 years of Nobel prizes
Entre 1901 et 2000 il révèle que 654 lauréats du prix Nobel appartiennent à 28 religions différentes. La plupart (65,4 %) ont identifié le christianisme sous ses diverses formes comme leur préférence religieuse. Plus précisément sur les prix scientifiques liés, les chrétiens ont remporté un total de 72,5 % de l’ensemble de la chimie, de 65,3 % en physique, 62 % en médecine, et 54 % dans tous les prix économiques. Les Juifs ont gagné 17,3 % des prix en chimie, 26,2 % en médecine, et 25,9 % en physique. Les athées, les agnostiques, et Freethinkers ont gagné 7,1 % des prix en chimie, 8,9 % en médecine, et de 4,7 % en physique. Les musulmans ont remporté 13 prix (trois étaient dans la catégorie scientifique).
Antony Hewish, astronome, professeur à Cambridge, prix Nobel 1974,
Je crois en Dieu. Cela n’a aucun sens pour moi de supposer que l’Univers et notre existence ne sont qu’un accident cosmique, que la vie a émergé en raison de processus physiques aléatoires dans un environnement qui s’est avéré avoir les bonnes propriétés.
Charles de Linné, Système de la nature
Le Dieu éternel, immense, celui qui sait tout et qui peut tout, je L’ai vu en passant et par derrière, et mon âme réveillée en sursaut a été frappée de stupeur. J’ai lu quelques-unes de Ses empreintes dans les œuvres de la création, et en chacune d’elles, même dans les plus petites et celles qui touchent presque au néant, quelle force ! quelle sagesse ! quelle insondable perfection ! J’ai observé comment les êtres vivants se superposent et s’enchaînent au règne végétal, les végétaux eux-mêmes aux éléments terrestres et ceux-ci à la terre ; comment la terre à son tour roule dans un ordre invariable autour du soleil, auquel elle emprunte la vie ; comment enfin le soleil en tournant sur son axe, et avec lui tout le système stellaire, incommensurable par la grandeur et le nombre de ses astres, se meuvent dans le vide des espaces, tenus en suspens par l’incompréhensible premier moteur, l’Être des êtres, la Cause des causes, le Gardien et le Gouverneur de l’univers, le Maître et l’Ordonnateur de tout l’ouvrage de ce monde… Voulez-vous lui donner le nom de Providence ? Vous aurez raison ; car c’est bien par Son conseil que se développe l’activité du monde… Il est juste de croire que c’est un Dieu éternel, immense, qui n’a été ni engendré, ni créé. Sans Lui rien n’existe ; c’est Lui qui a tout créé, tout disposé ; Il remplit nos yeux de Sa lumière, et pourtant Il échappe à nos yeux ; à la pensée seule il est donné de Le voir ; car dans le sanctuaire inviolable où se cache une si grande Majesté, Il ne donne accès qu’à la seule intelligence… Tous les êtres créés sont les témoins de la sagesse et de la puissance divine, en même temps que le trésor de la félicité humaine ; leur utilité fait connaître la bonté du Créateur ; leur beauté manifeste Sa sagesse ; l’économie de leur conservation, leurs proportions, leur rénovation perpétuelle, font éclater la puissance de Sa souveraine majesté.
Richard Smalley, prix Nobel de chimie 1996,
Bien que je pense que je ne comprendrai jamais tout à fait, je pense maintenant que la réponse est très simple : c’est vrai. Dieu a créé l’Univers il y a environ 13,7 milliards d’années et, par nécessité, il s’est impliqué dans sa création depuis lors. Le but de cet Univers est quelque chose que seul Dieu connaît avec certitude, mais il est de plus en plus clair pour la science moderne que l’Univers a été réglé de façon très fine pour permettre la vie humaine.
Isaac Newton, Philosophiæ Naturalis Principia Mathematica
La gravité explique les mouvements des planètes, mais elle ne peut pas expliquer qui a mis les planètes en mouvement. C’est Dieu qui régit toutes les choses et qui sait tout ce qui existe ou peut exister.
Robert Andrews Millikan, prix Nobel de physique 1923,
Après avoir consacré toute ma vie à la recherche scientifique, je suis convaincu de l’existence d’une divinité qui préside au destin de l’humanité.
Charles Townes, physicien, professeur à Berkeley, prix Nobel de physique 1964, ancien directeur de la NASA,
Je crois fermement en l’existence de Dieu, en me basant sur l’intuition, les observations, la logique et aussi les connaissances scientifiques.
Abbé Auguste Boulenger, Manuel apologétique
Objection. — Les rationalistes prétendent qu’entre la foi et la science le conflit est non moins irréductible et plus apparent encore qu’entre la foi et la raison. Et ils en cherchent généralement la preuve dans les récits scientifiques de la Bible qu’ils s’efforcent de mettre en contradiction avec les données de la science. Réponse. — Nous distinguerons deux points dans l’objection rationaliste : — A) la thèse qui affirme, d’un point de vue général, l’existence d’un soi-disant conflit entre la foi et la science, et — B) les applications qu’on en fait à la Bible. A) Les rationalistes pensent qu’entre la foi et la science le conflit est irréductible de ce fait que la science a pour conditions le libre examen et la libre recherche de la vérité, tandis que la foi n’est libre ni dans sa méthode ni dans ses conclusions. « Nous ne pouvons trouver un procédé scientifique, dit Gunkel, que là où il s’agit de chercher la vérité et où le résultat n’est donné au préalable ni dans le détail ni dans l’ensemble, par quelque autorité que ce soit. » Ainsi, disent les rationalistes, de ce que le libre examen est la condition de toute recherche scientifique, il s’ensuit que le catholique, qui n’a pas le droit de commencer par douter de ses dogmes, sans cesser d’être catholique, ne peut fournir une démonstration scientifique ni de ses raisons de croire ni des choses qu’il croit. Pour répondre à la thèse rationaliste, il importe de distinguer entre le domaine exclusif de la science et le domaine mixte de la science et de la foi : – a) S’agit-il du domaine exclusif de la raison et de la science, s’agit-il des sciences qui n’ont rien de commun avec la foi, il est clair que le savant catholique jouit de la même liberté que le savant protestant ou rationaliste. Qu’importe pour la liberté d’esprit nécessaire au savant électricien qu’il croie au Coran, à la Bible, ou bien à l’infaillibilité du Pape. À moins qu’on essaie de soutenir que l’électricien qui croit à l’infaillibilité du Pape doit par là même professer qu’il est obligé de croire ce que le Saint-Père lui ordonnera, même en matière d’électricité. À quoi on ne peut répondre qu’en renvoyant le libre penseur au catéchisme, où il verra nettement délimitées les matières sur lesquelles l’infaillibilité peut porter. – b) S’agit-il des questions mixtes où les conclusions de la foi peuvent s’opposer aux conclusions d’une certaine philosophie et d’une certaine science, le savant catholique ne semble pas, au premier abord, pouvoir faire œuvre de science, parce que, lié par sa foi, il reste toujours apologiste, parce que, ses conclusions lui étant commandées par ses croyances, il est obligé d’ordonner les faits et les textes dans le sens de ses idées préconçues. Mais l’antinomie entre la foi et la science, même sur ce domaine mixte, est moins grand qu’on ne le prétend. Pourquoi celui qui croit en Dieu, en la Providence, au miracle, à l’existence d’une âme spirituelle et libre, serait-il moins apte à comprendre les faits biologiques et les réalités historiques que l’athée, le matérialiste et le déterministe ? S’il y a préjugé d’un côté, il y en a aussi de l’autre, et, s’il y a préjugé des deux côtés, en quoi celui de l’athée est-il plus conforme à la science, à la libre recherche de la vérité que celui du croyant ? Par ailleurs, quel que soit le point de départ du croyant, et même s’il était vrai que sa méthode de démonstration fut moins scientifique, de quel droit pourrait-on rejeter ses conclusions, s’il n’a fait appel qu’à la science pour défendre ou démontrer une vérité qu’il possède par une autre voie, si ses arguments sont tirés de sa raison, et non de sa foi ? Nous pouvons donc conclure : — 1. qu’il y a tout un domaine où le croyant, tout en restant croyant, est capable de véritable esprit scientifique ; et — 2. un autre domaine où, en dépit d’une méthode moins libre, il peut arriver à des conclusions qui sont scientifiques, parce qu’elles s’appuient sur la science et nullement sur les données de la foi. B) Pour prouver qu’il y a antagonisme entre la foi et la science, les rationalistes citent de nombreux passages de la Bible où les données de la révélation semblent en opposition avec les données de la science. L’on pourra se faire une idée du soi-disant conflit par les trois exemples suivants tirés des descriptions cosmographiques, de la cosmogonie mosaïque et du récit du déluge. a) Descriptions cosmographiques. — Les termes que les écrivains sacrés emploient pour décrire le ciel, la terre et les divers éléments du globe, sont parfois en opposition avec les termes employés par les sciences de la nature. Prenons quelques exemples : — 1. La voûte céleste est représentée comme une enveloppe solide, et il est dit dans la Genèse (I, 6-7), que le firmament « sépare les eaux supérieures des eaux inférieures qui sont sur la terre », que « les écluses du ciel s’ouvrirent » (Gen., VII, 11) et laissèrent tomber des pluies torrentielles, alors que la science moderne a démontré qu’il n’y a pas de voûte céleste et que les pluies ne proviennent nullement de réservoirs placés au-dessus de nos têtes. — 2. Les astres sont décrits comme des points fixes placés « dans l’étendue du ciel pour éclairer la terre et pour présider au jour et à la nuit » (Gen., I, 17-18). — 3. La manière dont il est parlé, à certains endroits, du soleil, suppose qu’il tourne autour de la terre (Jos., X, 13 ; Ecclé., XLVIII, 23). L’Ecclésiaste (I, 6) nous le montre qui « se lève », « se couche », « se hâte de retourner à sa demeure, d’où il se lève de nouveau ». — 4. La terre est conçue comme une surface convexe, creusée en forme de cuvette, pour contenir les mers dont les eaux sont retenues par des barrières dressées par Dieu à cette fin, alors qu’elles sont simplement retenues par la pesanteur qui les attache à l’écorce terrestre. — 5. Le lièvre que les naturalistes classent parmi les rongeurs, est désigné comme ruminant dans le Deutéronome (XIV, 7). b) Cosmogonie mosaïque. — Les deux premiers chapitres de la Genèse où l’écrivain sacré nous raconte les origines des choses, dépeignent Dieu organisant le monde en six jours, par des actes immédiats, par la toute-puissance de sa parole et sans recourir à une action des causes secondes. Au contraire, l’hypothèse de Laplace suppose que les mondes se sont formés peu à peu, par une lente et progressive évolution. Qu’il s’agisse des descriptions cosmographiques ou de la cosmogonie mosaïque, y a-t-il vraiment opposition entre la Bible et la Science ? Bien certainement, il y aurait conflit entre les deux si la Bible devait être regardée comme un livre de science. Or il n’en est rien. Les auteurs sacrés ne poursuivent pas un but scientifique, mais un but religieux. Les choses de la science étant pour eux un point secondaire, ils parlent des phénomènes de la nature et de la formation du monde, selon les apparences et d’après les données de la science de l’époque où ils écrivent. Dans ces conditions, l’on ne saurait voir un conflit entre leur langage et celui de la science actuelle. c) Le Déluge. — Le récit biblique du déluge (Gen., VI et VII) a été combattu au nom de l’histoire naturelle, de l’ethnographie et de la géologie. Contre la thèse d’un déluge universel, qui aurait inondé toute la terre et englouti tous les hommes et tous les animaux, on objecte : — 1. Qu’il n’y a pas sur la terre une masse d’eau assez considérable pour s’élever jusqu’au sommet des plus hautes montagnes dont l’altitude dépasse 8.000 mètres, que Dieu aurait dû donc la créer et la faire disparaître ensuite ; — 2. Que Noé ne pouvait faire entrer dans l’arche un couple de tous les animaux existants ; — 3. Que, si tous les hommes avaient péri à l’exception de la seule famille de Noé, on ne saurait expliquer la différenciation des races, blanche, noire et jaune qui, d’après les documents de l’histoire, était déjà un fait accompli trois mille ans avant Jésus-Christ ; — 4. Que la terre ne porte aucune trace d’une telle inondation. Au contraire, les géologues constatent, par exemple sur les montagnes de l’Auvergne, des monceaux de cendre et de scories qui proviennent de volcans éteints avant l’apparition de l’homme et qui, dans l’hypothèse d’un déluge universel, auraient été certainement emportés par les eaux. Les difficultés que nous venons de signaler n’embarrassent guère l’apologiste, pour cette bonne raison que l’universalité absolue du déluge n’a jamais été enseignée par l’Église comme article de foi, et que dès lors les opinions ont libre cours. L’universalité du cataclysme décrit dans la Genèse peut donc s’entendre : — 1. Dans ce sens que les eaux inondèrent seulement la terre habitée ; — 2. Ou même dans ce sens plus restreint qu’elles ne firent périr que la race de Seth, et non l’humanité tout entière. Ces deux systèmes, qui supposent que l’universalité du déluge fut relative, tout en s’accordant avec les sciences naturelles, ne sont nullement en contradiction avec le texte de la Genèse. Car l’écrivain sacré n’a pu vouloir parler des contrées, telles que l’Amérique et l’Australie ou autres, dont il y a tout lieu de croire qu’il ignorait l’existence. Du reste, il arrive souvent dans la Sainte Écriture que les expressions « la terre » et même « toute la terre » ne sont pas employées dans un sens absolu. Ainsi il est dit dans l’histoire de Joseph qu' »il y eut famine sur toute la terre » (Gen., XXI, 57). De même, saint Luc nous montre réunis à Jérusalem, le jour de la Pentecôte, « des hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel » (Act., II, 5). Rien ne nous empêche donc, ni au point de vue de la foi, ni au point de vue de l’exégèse, de nous rallier à l’opinion d’un déluge restreint, contre la réalité duquel la science ne peut élever d’objection sérieuse. Conclusion générale. —Ainsi, les difficultés soulevées contre l’Église, au nom de la raison et de la science, pas plus que les nombreuses objections que nous avons rencontrées déjà au cours de ce long travail, ne sont de nature à ébranler le bien-fondé de nos dogmes, ni la valeur de nos raisons de croire. Et pourtant, l’on voudra bien nous rendre cette justice que, à aucun moment de notre démonstration, nous n’avons cherché à affaiblir les arguments de nos adversaires. Nous avons mis plutôt un certain scrupule à les présenter dans toute leur force. Si nous avons cru que c’était là une affaire de conscience vis-à-vis d’adversaires dont nous n’avons pas le droit de suspecter la bonne foi et la loyauté, il nous semblait aussi que c’eût été faire injure à la vérité que de la défendre par des moyens inavouables.
Max Planck, un des fondateurs de la mécanique quantique, prix Nobel de physique 1918, découvreur de la structure quantique du rayonnement,
Toute la matière trouve son origine et existe seulement en vertu d’une force. Nous devons supposer derrière cette force l’existence d’un esprit conscient et intelligent.
Lothar Schäfe, professeur de chimie-physique quantique à l’université d’État de l’Arkansas,
Aux fondements des choses ordinaires, nous trouvons des entités élémentaires qui possèdent des qualités rudimentaires de conscience. […] Il y a là une promesse de message venue du tréfonds de l’Univers. […} On ne peut plus se servir de la science pour fonder l’athéisme, c’est fini.
Roger Sperry, neurologue, prix Nobel de médecine 1981, Science and moral priority
Il me paraît indispensable de contester avec la dernière rigueur la conception matérialiste et réductionniste de la nature et de l’esprit humain, conception issue semble-t-il de l’attitude objective et analytique aujourd’hui prédominante dans les sciences du cerveau et du comportement. […] Je soupçonne que nous avons été dupés, et qu’à la société et à elle-même la science n’a fourgué que de la camelote.
Francis Collins, généticien, directeur de l’Institut américain de santé, spécialiste du séquençage du génome humain,
La croyance en Dieu peut être un choix tout à fait rationnel et les principes de la foi sont, en fait, complémentaires avec les principes de la science.
Alexander Polyakov, mathématicien, professeur à Princeton,
Nous savons que la nature est décrite par la meilleure de toutes les mathématiques possibles, parce que Dieu l’a créée.
Jean-Michel Maldamé, Science et religion
Amos Funkenstein apporte une lumière originale, capitale dans le débat sur la naissance de la science en lien avec les concepts venus des religions. Funkenstein s’attache à la naissance de la science classique ; il met en évidence une relation de fécondité mutuelle entre la science et la théologie universitaire au XVIIe siècle. Son étude porte sur les concepts qui fondent la culture européenne. Ceux-ci sont aujourd’hui strictement distingués les uns des autres, au risque d’un cloisonnement, mais à cette époque, ils n’étaient pas séparés. Funkenstein étudie minutieusement ces échanges entre universitaires, ainsi que la démarche de pensée des érudits – dont Leibniz est une figure exemplaire. Ces savants étaient unis dans une recherche ouverte sur l’universel. La théologie et l’étude scientifique avaient un même souci : rendre raison de ce qui se donne à observer et à penser. Il fallait conduire une étude systématique utilisant des concepts précis : les concepts d’être, d’unité, d’infinité, d’action, de prévision ou « providence »… S’ils relèvent de la philosophie, ils ont été utilisés en théologie. Les théologiens les ont scrutés avec d’autant plus de rigueur qu’ils les utilisaient pour dire Dieu. Les concepts étaient la clef de voûte du « discours commun », qu’Amos Funkenstein appelle « théologie séculière ». Cet oxymore est provocateur. Il souligne que l’usage de ces concepts n’était pas le monopole des institutions religieuses (facultés de théologie, couvents d’étude ou monastères) ; ils étaient utilisés par des « laïcs » : Galilée, Descartes, Leibniz, Newton, Hobbes, Vico… Leur usage des concepts était rigoureux. Ils étaient conscients de la spécificité de leur démarche ; mais ils reconnaissaient la valeur de la clarification de ces termes faite par les théologiens. Ils distinguaient clairement entre « théologie naturelle » et « science de la nature ». Mais ils ne méprisaient pas les réflexions qui utilisaient des concepts précisés et affinés par les débats entre « scientifiques » et « théologiens » où quatre questions jouent un rôle décisif.
- L’omniprésence de Dieu. Cette notion ouvre sur le concept d’espace homogène et absolu, concept présupposé dans les débats du XIXe et du XXe siècle sur l’éther et le vide et toujours présent en cosmologie.
- Le concept de toute-puissance divine rend possible l’usage formel de lois de la nature et donc la mathématisation
- La notion de providence, qui dit comment l’action de Dieu se fait particulière, est matricielle pour les images et concepts des sciences politiques ou économiques : comme celles de « ruse de la raison » ou de « main invisible »
- L’idée de création introduit à une connaissance rigoureuse de la nature à partir de la phrase de la Bible qui stipule que la Sagesse créatrice a tout réglé « avec mesure, nombre et poids » (Sg 11, 25) La fécondité des concepts mûris dans les facultés de théologie et scrutés ensuite sans faire référence à l’autorité d’une révélation, est aujourd’hui avérée, même si les domaines sont distincts. Loin d’être contraires à la science, ces débats théologiques ont été à la source de travaux qui, en raison de l’usage rigoureux de la raison, forment un tout cohérent, matriciel pour la naissance de la science moderne.
Mgr Édouard Devoghel, La question romaine sous Pie XI et Mussolini
Le 31 octobre, le président du Conseil se rendait à Bologne et, a terme des fêtes organisées pour célébrer le IVème anniversaire de la Marche sur Rome, il ouvrait le Congrès de la Société italienne pour le progrès des sciences. Il saisit cette occasion pour aborder franchement la question des relations entre la science et la foi : « Il n’y a pas de doute, dit M. Mussolini, que la science tende aux fins les plus hautes. Il n’y a pas de doute que la science, après avoir expliqué le « comment » des phénomènes, cherche fiévreusement à en expliquer le « pourquoi ». Mon humble avis est celui-ci : je ne crois pas que la science puisse expliquer le « pourquoi » des phénomènes et, par conséquent, il restera toujours une zone de mystère, un mur fermé devant lequel l’esprit humain doit plier les genoux et sur lequel il doit écrire un seul mot : « Dieu ». Donc à mon avis, il ne peut exister de conflit entre la science et la foi. Cela, ce sont les polémiques d’il y a vingt ou trente ans, que l’on peut rappeler, mais je crois que nous, les hommes de cette génération, nous sommes déjà au delà de ces choses. La science a son domaine : celui de l’expérience ; la Foi a l’autre domaine, celui de l’esprit. Quelqu’un a dit : Que vaut toute la philosophie du monde si elle ne m’enseigne pas à souffrir un mal ? Il y a une zone réservée, plutôt qu’à la recherche, à la méditation des fins suprêmes de la vie.
Bibliographie
- Jean-Michel Maldamé, Science et religion