Adrien Arcand, Du communisme au mondialisme
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C’est Sigmund Freud qui, déterrant un vieux culte familial dont les tisons avaient toujours gardé leur feu sous la cendre, apporta l’explication suprême : la libido. Dans un charabias scientifico-philologique qui remplit nos « intellectuels » d’émoi respectueux et fit béer d’auguste stupeur nos plus illustres universités, Freud déchira le voile du mystère impénétré. D’un seul coup, il fit descendre l’intellect de la tête au bas de la ceinture. Il promulgua que toute pensée, tout acte, tout sentiment, tout réflexe, toute décision humaine à son origine, son mobile, son explication dans l’instinct sexuel. Le phalisme antique fut ressuscité, avec ses dogmes, ses prêtres et confesseurs (psychanalystes). Le monde entier s’était trompé, la psychè n’était pas autre chose que le sexe. Après le dieu-raison, le dieu-nature, le dieu-science, le dieu-machine, le dieu-production, on avait enfin le dieu-argent devant qui restaient prosternés des hommes-sexes qui avaient été des hommes-singes, des hommes-cellules, des hommes-vibration, des hommes-pensée, des hommes-âmes. C’était l’image parfaite du matérialisme intégral dans un monde que devait produire la révolte contre le Dieu personnel par les « immortels principes » du libéralisme, le fatal sophisme qu’on présenta comme une formule, un système, un mode de vie meilleur mais qui n’était que le piège séduisant tendu par des conspirateurs réels, conscients, habiles, tenaces, persévérants, en vue d’aveugler l’humanité, la démoraliser, la faire dégénérer, épuiser toutes ses forces et paralyser tous ses ressorts afin de la conquérir et de l’asservir. Si le vaste complot pivote autour d’idées et de suggestions, ce n’en est pas moins un combat d’hommes, entre hommes et dont les hommes sont l’enjeu.
Michel Clouscard, La Bête sauvage (Page 117)
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Le discours freudien aura fabriqué l’espace anthropologique nécessaire à l’achèvement de l’économie de marché. Le projet initial du libéralisme s’accomplit par la libido.
Adrien Arcand, Le christianisme a-t-il fait faillite ?
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Le freudisme, ou psychanalyse, constitue la matérialisation intégrale de la psychologie telle que nous l’enseigne la scolastique. Son initiateur et prophète est le Juif Sigmund Freud, qui a voulu ramener à l’instinct sexuel toutes les activités conscientes ou inconscientes de l’homme. Pour Freud, ce n’est plus le cerveau ni le cœur qui sont responsables de nos pensées ou nos actes, c’est le sexe. Intelligence et sentiment sont subordonnés à une fonction animale, tête et poitrine sont soumises au ventre ! En nos temps modernes où l’Erreur est gobée d’autant plus vite qu’elle est plus grossière, il n’en fallait pas plus pour que Freud fût proclamé demi-dieu, et que son sophisme fût érigé en système « scientifique ». C’est à ce système qu’il faut remonter pour trouver la principale source de paganisme, d’immoralité et de criminalité qui déferlent aujourd’hui sur notre monde. Car, avant de se répercuter jusqu’au bas de l’échelle sociale, par la voie des publications populaires, livres de vulgarisation, « comics », etc…, le freudisme avait été ingurgité par la tête même du corps social : universités, académies, moralistes, sociologues et juristes. Ce qui distingue le plus le christianisme de toutes les théories religieuses de tous les temps, et cela d’une façon saisissante, c’est sa moralité sexuelle. De toutes les religions dont l’histoire fasse mention, aucune, dans son éthique, n’a plus exalté la virginité et n’a attaché plus de prix à la chasteté, considérée comme vertu héroïque de victoire sur soi-même et de renoncement. Jamais, en même temps, plus que l’Église, une institution religieuse n’a accordé un plus émouvant respect et une plus grande vénération au mariage et à l’amour des époux qu’elle compare à sa propre union avec le Christ. C’est ce qui fait, plus que toute autre chose, la différence entre la civilisation chrétienne et celle qui l’a précédée, la civilisation olympienne ou gréco-latine, porteuse des aberrations et immoralités que lui avaient léguées tous les paganismes précédents.
Francis Parker Yockey, Imperium (Pages 137-145)
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Comme le darwinisme et le marxisme, le freudisme n’a aucune signification culturelle, seulement anti-culturelle. Tous trois sont des produits de l’aspect négatif de la crise de la Civilisation ; l’aspect qui ruine les vieilles valeurs spirituelles, sociales, éthiques et philosophiques, et qui les remplace par un grossier matérialisme. Le principe du criticisme fut le nouveau dieu auquel furent offertes toutes les vieilles valeurs de la Culture occidentale. L’esprit du XIXème siècle est celui de l’iconoclasme. Presque tous les penseurs importants eurent leur centre de gravité dans le domaine du nihilisme : Schopenhauer, Hebbel, Proudhon, Engels, Marx, Wagner, Darwin, Dühring, Strauss, Ibsen, Nietzsche, Strindberg, Shaw. Certains d’entre eux furent aussi, dans une autre partie de leur être, les hérauts du futur, de l’esprit du XXème siècle. La tendance prédominante fut, néanmoins, matérialiste, biologique, économique, scientifique, contre l’âme de l’homme de Culture et de la signification de sa vie reconnue jusqu’alors. D’une manière différente, mais dans la même tradition, agit le système du freudisme. Il s’attaque à l’âme de l’homme de Culture, mais pas de manière oblique, à travers l’économie ou la biologie, mais de front. La « science » de la psychologie est choisie comme véhicule négatif des plus hauts élans de l’âme. De la part du créateur de la psychanalyse, cet assaut fut conscient. Freud parla de Copernic, de Darwin et de lui-même comme des trois grands insulteurs de l’humanité. Sa doctrine portait la marque de son judaïsme, et dans son essai La Résistance à la Psychanalyse, il dit que ce ne fut pas accidentel si c’est un juif qui créa ce système, et que les juifs se « convertissaient » facilement à ce dernier, car ils connaissaient le sort de l’isolement dans l’opposition. Par rapport à la Civilisation occidentale, Freud était spirituellement isolé, et il ne lui restait pas d’autre ressource que l’opposition. Le freudisme est un produit de plus du Rationalisme. Il applique le rationalisme à l’âme, et découvre que celle-ci est purement mécanique. L’âme peut être comprise et les phénomènes spirituels sont tous des manifestations de l’impulsion sexuelle. Cela fut une autre de ces simplifications admirables et grandioses qui garantissent la popularité de n’importe quelle doctrine à une époque de journalisme massif. Le darwinisme fut la vision populaire dont la signification dans la vie du monde était que tout tendait à devenir animal-homme, et que l’animal-homme tendait à devenir darwiniste. Le marxisme : la signification de toute la vie humaine est que l’inférieur doit se transformer en supérieur. Le freudisme : la signification de la vie humaine est la sexualité. Tous trois sont nihilistes. L’homme de Culture est l’ennemi spirituel. Il faut l’éliminer en l’animalisant, en le transformant en quelque chose de purement biologique, en le rendant économique, en le sexualisant, en le diabolisant. Pour le darwinisme, une cathédrale gothique est un produit de l’évolution mécanique ; pour Marx, c’est un piège de la bourgeoisie pour tromper le prolétaire : pour Freud c’est une preuve de sexualité gelée. Réfuter le freudisme est une entreprise aussi inutile qu’impossible. Si tout est sexe, une réfutation du freudisme devrait aussi avoir une signification sexuelle. Le XXème siècle ne considère pas les phénomènes historiques en se demandant s’ils sont vrais ou faux. Pour sa manière de penser l’histoire, une cathédrale gothique est une expression de la jeune Culture occidentale, intensément religieuse, qui s’éveille. Dans sa nécessité d’auto-expression, cette nouvelle perspective doit rejeter la tyrannie matérialiste de la vieille perspective qui l’a précédée. Elle doit aussi se libérer du freudisme. Cette dernière grande tentative d’animaliser l’homme utilise aussi des méthodes critico-rationalistes. L’âme est mécanique : elle consiste en une simple impulsion : l’impulsion sexuelle. Toute la vie de l’âme est le processus de ce mauvais instinct mal dirigé, déformé, retourné contre lui-même. Parce qu’il est élémentaire pour cette « science » que l’instinct ne peut pas fonctionner correctement. Décrire les fonctions mécaniques de l’âme est décrire des maladies. Les divers processus sont névrose, inversion, complexes, refoulement, sublimation, transfert, perversion. Tous sont anormaux, malsains, mal dirigés, antinaturels. L’une des vérités dogmatiques du système prétend que tout le monde est névrosé, et chaque névrosé un perverti ou un inverti. Ceci s’applique non seulement à l’homme de Culture, mais aussi à l’homme primitif. Ici Freud va plus loin que Rousseau, qui au début de la première phase de la Civilisation de l’Occident, affirma la pureté, la simplicité et la bonté du sauvage, par opposition à la méchanceté et à la perversion de l’homme de Culture. Freud amplifie l’attaque : l’ennemi est toute l’espèce humaine. Même si nous ne déduisions pas de tous les autres phénomènes que la première phase de Civilisation du matérialisme et du rationalisme est déjà passée, on pourrait le déduire de ce seul système, parce qu’un nihilisme aussi complet ne peut évidemment pas être dépassé, si on exprime un sentiment anti-culturel jusqu’à ses limites maximales. Le freudisme, plus qu’une psychologie, doit être qualifié de patho-psychologie, puisque tout son arsenal terminologique décrit seulement des aberrations de l’instinct sexuel. La notion de santé est complètement dissociée de la vie de l’âme. Le freudisme est la messe noire de la science occidentale. Une partie de la structure du système est l’interprétation des rêves. Les travaux purement mécaniques de l’« esprit » (puisque l’âme n’existe pas) sont décrits par les rêves. Mais pas clairement décrits, parce qu’on a besoin d’un rituel élaboré pour parvenir à la signification réelle. « Censure de la conscience » – le nouveau nom qui est donné à la raison morale de Kant -, « symbolisme », « répétition-compulsion »… ce sont les formules cabalistiques qui doivent être invoquées. La forme originale de la doctrine spécifiait que tous les rêves étaient des désirs. La psychanalyse expliquait que le rêve de la mort d’une personne aimée était motivé par une haine latente envers le père, symptôme du quasi-universel complexe d’Œdipe. Le dogme était rigide : si le rêve consistait en la mort d’un chien ou d’un chat domestique, cet animal se transformait en foyer du complexe d’Œdipe. Si on rêve qu’on va oublier ce qu’on doit dire en public, cela est dû au fait qu’on souhaite intimement se trouver dans une situation compromettante. Dans le but d’attirer plus de convertis, y compris ceux ayant la foi la plus faible, on modifia légèrement la doctrine, en admettant d’autres interprétations des rêves, comme celle de la « répétition-compulsion », lorsqu’un type de rêve-peur se répète régulièrement. Le monde des rêves, naturellement, reflétait la sexualité universelle de l’âme. Tout objet qui apparaissait dans un rêve pouvait être un symbole sexuel. L’instinct sexuel « réprimé » apparait dans les rêves, symbolisant, transférant, sublimant, investissant et dirigeant toute l’échelle de la terminologie mécanique. Chaque personne est névrosée dans sa vie adulte, et cela n’est pas accidentel, puisque la névrose s’est produite dans son enfance. Les expériences infantiles déterminent – de manière mécanique, puisque tout le processus est anti-spirituel – quelles sont les névroses particulières qui au cours de sa accompagneront la personne en question au cours de sa vie. Rien ne peut être fait pour l’éviter, à part se mettre dans les mains d’un adepte du freudisme. L’un d’entre eux affirma que 98% des êtres humains devraient être soumis traitement des psychiatres. Ce fut la seconde phase de développement du système, parce qu’en principe cela aurait dû être 100%, mais comme cela se produisit avec la secte des Mormons, la pureté originale de la doctrine dut admettre certaines exceptions pour des raisons tactiques. L’homme ordinaire qui effectue son travail joue comédie aux yeux d’un observateur curieux ; il semble faire ce qu’il fait effectivement. Mais, cependant, le freudisme nous dit qu’il le fait seulement en apparence, parce qu’il pense tranquillement à des affaires sexuelles, et tout ce que nous pouvons voir de lui est le résultat de sa fantaisie sexuelle manifestée à travers les filtres mécaniques de la censure de la conscience, de la sublimation, du transfert, etc. Si quelqu’un a des désirs, a peur, rêve, pense abstraitement, recherche, se sent inspiré, a de l’ambition, du dégoût, du respect, il ne fait rien d’autre qu’exprimer ses instincts sexuels. L’art est évidemment sexuel, tout comme la religion, l’économie, la pensée abstraite, la technique, la guerre, L’État et la politique. Freud remporta de cette manière, avec son ainé Marx, L’Ordre de la simplicité. C’était la décoration convoitée pendant l’ère des masses. Avec le décès de l’époque du criticisme, il tomba en discrédit, parce que la nouvelle perspective s’intéresse non pas à placer toutes les données de la connaissance, de l’expérience et de l’intuition dans un moule préfabriqué, mais à voir ce qui était, ce qui est, ce qui doit être. Sur la porte de la nouvelle perspective se trouve l’aphorisme de Leibnitz : « Le Présent fécondé par le Passé engendre le Futur ». L’enfant est le père de l’homme ; cela est une vieille sagesse, et décrit le développement de l’organisme humain depuis l’enfance jusqu’à la maturité, chaque étape étant reliée au passé et à l’avenir parce que la même âme parle à chaque moment. Le freudisme caricature cette profonde vision organique avec un stratagème mécanique par lequel l’enfance détermine la forme de de la maturité, et transforme tout le développement organique en un processus causal, et ce qui est pire, en un processus diabolique, malade. Dans la mesure où il peut être considéré comme occidental. le freudisme est soumis à la spiritualité prédominante de l’Occident. Son mécanisme et son matérialisme reflètent la perspective du XIXème siècle. Ses références à l’inconscient, à l’instinct, à l’impulsion, etc., reflètent le fait que le freudisme est apparu à un point de transition de la Civilisation occidentale, alors que le rationalisme avait déjà épuisé ses possibilités et que l’irrationnel émergeait de nouveau comme tel. Ce n’était pas du tout dans la terminologie ou dans le traitement des éléments nouveaux et irrationnels de la doctrine que le freudisme présageait le nouvel esprit, mais simplement et seulement dans le fait que des éléments irrationnels apparaissaient. C’est en cela que la nouvelle structure peut anticiper quelque chose, se projeter dans le futur ; pour tout le reste, il appartient au passé malthusien-darwiniste-marxiste. Le freudisme ne fut rien de plus qu’une idéologie ; une partie de l’attaque générale rationaliste-matérialiste contre l’homme de Culture. Les éléments irrationnels que reconnaît le système sont strictement subordonnés au plus strict rationalisme de l’adepte, qui peut alors se débarrasser d’eux, en mettant le névrosé malade à la lumière du jour. Ils sont encore plus malades que le reste du complexe mental. Ils peuvent être irrationnels, mais ont une explication, un traitement et une guérison rationnels. Le freudisme, donc, apparait comme la dernière des religions matérialistes. La psychanalyse, comme le marxisme, est une secte : elle a sa confession orale, ses dogmes et ses symboles, ses versions doctrinales ésotériques et exotériques, ses convertis et ses apostats, ses prêtres et sa scolastique, un rituel complet d’exorcisme et une liturgie. Apparaissent les schismes, qui aboutissent à la formation de nouvelles sectes, dont chacune prétend être porteuse de la vraie doctrine. Elle est occulte et païenne avec son interprétation des rêves, démoniaque avec son adoration du sexe. Son image du monde est celle d’une humanité névrosée, tordue et pervertie dans la camisole de force de la Civilisation occidentale, à laquelle le nouveau prêtre de la psychanalyse tend la main libératrice de L’Évangile anti-occidental de Freud.
Bibliographie
- Dr. Jean Gautier, Freud a menti – L’escroquerie du XXe siècle ?
- Collectif, Le livre noir de la psychanalyse
- Michel Onfray, Le Crépuscule d’une idole
- Jacques Bénesteau, Mensonges freudiens
- Louis Jugnet, Rudolf Allers ou l’Anti-Freud
- David Cohen, Freud sous coke
- Dr Dugast-Rouillé, La psychanalyse devant la morale et la religion