Monseigneur de Ségur, La Confirmation
Ajouter à
L’Extrême-Onction est un Sacrement spécial qui ne correspond à rien dans la vie du corps ; la vie du corps est mortelle, tandis que la vie de l’âme est immortelle. Pour le chrétien, la mort du corps, loin d’être la fin de la vie, est le passage à la vie éternelle, l’entrée dans la vie éternelle. L’Extrême-Onction est un secours donné au chrétien malade, soit pour le guérir, si c’est pour le plus grand bien de son âme, soit pour l’aider à souffrir et à mourir saintement et entrer de plain-pied dans l’éternité bienheureuse.
Catéchisme du Concile de Trente
Ajouter à
L’Extrême-Onction est un véritable Sacrement. Et il ne peut y avoir aucun doute sur ce point, si l’on veut faire attention aux paroles dont l’Apôtre Saint Jacques s’est servi pour promulguer la loi de ce Sacrement : « Si quelqu’un est malade parmi vous, dit-il, qu’il fasse venir les Prêtres de l’Église, et qu’ils prient sur lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la Foi sauvera le malade : et le Seigneur le soulagera ; et s’il a des péchés, ces péchés lui seront remis. » Puisque, suivant l’Apôtre, les péchés sont remis par cette Onction, elle a donc la nature et la vertu d’un Sacrement. telle a toujours été d’ailleurs la Doctrine de l’Église catholique sur l’Extrême-Onction ; un grand nombre de Conciles en font foi. Mais celui de Trente l’a déclaré si formellement qu’il prononce l’anathème contre ceux qui auraient la témérité d’enseigner ou de penser le contraire. Le Pape Innocent Ier recommande également ce Sacrement aux Fidèles, avec beaucoup de force.
Lionel Lindsay, Catéchisme de controverse (Pages 67-69)
Ajouter à
Le protestantisme a également répudié ce sacrement, en le chargeant d’épithètes grossières et blasphématoires. Pourtant la Bible en parle d’une manière bien claire. En effet l’Apôtre saint Jacques nous dit dans son Épitre, maintenant reconnue par presque tous les protestants comme inspirée de Dieu : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? qu’il fasse venir les prêtres de l’Église, qu’ils prient sur lui et l’oignent d’huile au nom du Seigneur ; et la prière de la foi sauvera le malade, le Seigneur allégera ses souffrances, et s’il a des péchés sur la conscience, ils lui seront remis. » Certains protestants ont prétendu qu’il ne s’agissait que d’un remède à appliquer aux infirmes. Mais je le demande à tout homme raisonnable, comment cette onction faite avec de l’huile, si elle n’était qu’un remède corporel, pourrait-elle être une panacée, un remède à toutes les maladies et même à celles qui sont assez graves pour occasionner un danger de mort ? Comment cette onction pourrait-elle en même temps produire l’effet qu’on y adjoint, savoir la rémission des péchés ? Pourquoi serait-il nécessaire que ce remède fût administré par un prêtre et non par un laïque ? Cette hypothèse est tout à fait insoutenable. On ne peut pas non plus prétendre que cette onction n’était destinée qu’à opérer des guérisons miraculeuses et devait par conséquent cesser avec les miracles dans l’Église ; car les Apôtres auraient dû en faire usage chaque fois qu’ils guérissaient miraculeusement les maladies : or c’est ce qui n’a pas eu lieu. En outre dans la primitive Église non seulement les Apôtres, les Évêques et les prêtres avaient le don des miracles, mais encore les diacres et les laïques eux-mêmes ; cependant, dans le texte de saint Jacques, ce sont les prêtres de l’Église qui doivent faire cette onction sur les infirmes. D’ailleurs les paroles de saint Jacques nous donnent tous les éléments constitutifs d’un sacrement : le signe sacramentel, c’est fonction avec l’huile des infirmes et la prière du prêtre ; la grâce, c’est le soulagement physique et moral dans la maladie et la rémission des péchés ; le ministre, c’est le prêtre. Il s’agit d’une onction qui est faite au nom du Seigneur ; c’est-à-dire par son autorité et sa vertu : d’où il suit que c’est Jésus-Christ qui a dû établir ce rite productif de la grâce divine ; saint Jacques ne faisait que promulguer un sacrement institué par Dieu même et administré par les Apôtres dans leurs missions. Encore une fois l’Église catholique est donc parfaitement d’accord avec la Bible et avec la tradition des saints Pères qui parlent de cette onction appliquée aux malades et produisant la grâce. Le protestantisme, au contraire, a encore sur ce sujet rompu avec la Bible dans un de ses textes les plus clairs.
Adolphe Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique (Page 108)
Ajouter à
Quand la mort vient frapper à notre porte, nous avons besoin d’être réconfortés au milieu des angoisses et des craintes que nous inspirent nos fautes passées, nos infirmités présentes et les jugements de Dieu. L’Extrême Onction, en versant l’huile sainte sur nos sens principaux, verse en même temps dans notre âme une grâce de soulagement et de réconfort spirituel qui nous délivre des restes du péché, ravive notre confiance, et nous arme contre les suprêmes assauts de l’ennemi, en nous faisant participer aux sentiments de S. Paul, qui, après avoir combattu le bon combat, se réjouissait à la pensée de la couronne qui l’attendait. Il importe donc de demander ce sacrement, à temps, dès qu’on est gravement malade, afin qu’il puisse produire tous ses effets, et, au besoin, si Dieu le juge utile, nous rendre la santé ; et c’est une cruauté pour ceux qui assistent le malade de lui dissimuler la gravité de sa situation et de renvoyer au dernier moment la réception d’un sacrement si consolant.
Pierre Lombard, Les Quatre Livres des Sentences (Quatrième livre, Distinction XXIII, Chapitre III)
Ajouter à
Par qui ce sacrement a-t-il été institué ? – Jacques, dans la Lettre canonique. Ce sacrement de l’onction des malades a été institué, lit- on, par les Apôtres. En effet, Jacques affirme : Quelqu’un est-il malade parmi vous ? Qu’il aille aux presbytres de l’Église, et qu’ils prient sur lui, l’ayant oint d’une huile au nom du Seigneur. Et le Seigneur le soulagera, et s’il est dans les péchés, ils lui seront remis. En quoi on montre que ce sacrement a été institué pour une double raison, à savoir pour la rémission des péchés, et pour le soulagement d’une maladie corporelle. D’où on établit que celui qui reçoit cette onction avec foi et dévotion, est soulagé dans son corps et dans son âme ; s’il est utile, toutefois, qu’il soit soulagé et en l’un et en l’autre. Puisque, même s’il ne lui est peut-être pas utile d’obtenir la bonne santé de son corps, il acquiert en ce sacrement la guérison qui est celle de l’âme. Et, comme pour les autres sacrements, ainsi aussi pour celui-ci : une chose est le signe sacramentel, autre chose la réalité du sacrement. Le signe sacramentel est l’onction extérieure elle-même ; la réalité du sacrement, l’onction intérieure, qui s’accomplit par la rémission des péchés et par un accroissement des vertus. Et si ce sacrement était laissé de côté par mépris ou par négligence, ce serait imprudent et condamnable.