Créer votre espace personnel

Connectez-vous avec Google afin de synchroniser vos favoris et vos futures collections.

Nouvelle collection

Ex. Conciles · Ex. À lire · Ex. Histoire

Renommer la collection

40 caractères maximum. Le nom doit être unique.

Nouvelle sous-collection

Changer l'icône

Changer la couleur

Supprimer la collection

Collection
Ressources

Eucharistie

Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur Jean

La manne dont se nourrissaient les Hébreux ne leur procurait pas la vie éternelle, mais tout au plus un rassasiement momentané. Ce n’était donc pas là le pain véritable, le vrai pain venu du ciel. Au lieu que le corps sacré de Jésus-Christ nous alimente pour l’immortalité et la vie éternelle : ainsi ce divin Sauveur l’a-t-il déclaré lui-même. Mais les Hébreux ont bu de l’eau qui coulait du rocher. Eh ! Quel avantage en ont-ils retirés puisqu’ils sont morts ? Cette eau n’était donc pas non plus le véritable breuvage ; mais le véritable breuvage, c’est le sang de Jésus-Christ, par la vertu duquel est ruiné dans ses fondements l’empire de la mort. Car ce sang n’est pas simplement du sang humain, mais le sang de celui qui, uni à la vie substantielle, est devenu notre vie. Ainsi donc nous sommes le corps et les membres de Jésus-Christ, parce que nous recevons le Fils de Dieu lui-même en participant à ce mystère.

Première Épître de Saint Paul aux Corinthiens X, 16

Le calice de bénédiction, que nous bénissons, n’est-il pas la communion au sang du Christ ? Et le pain que nous rompons n’est-il pas la communion au corps du Christ ?

Saint Jean Damascène, Foi orthodoxe

Que si « la parole de Dieu est vivante et efficace » (Heb. 5-12) et si « tout ce que veut le Seigneur, il le fait » (Ps. 134-6) ; s’il dit : que la lumière soit, et elle fut, qu’il y ait un firmament et il fut ; si « les cieux ont été affirmés par la parole de Dieu et par le souffle de sa bouche toute leur puissance » (Ps. 32-6) ; si le ciel, la terre, l’eau, le feu, l’air et toute leur ordonnance ont été accomplis par la parole de Dieu, et par dessus tout cet être dont on a tant parlé, l’homme ; si le Dieu Verbe a voulu se faire homme et s’est donné sans semence une chair avec le sang très pur et intact de la Sainte toujours Vierge ; si donc tout cela, ne peut-il faire du pain son corps, et du vin et de l’eau son sang ? Il dit au commencement « que la terre produise une herbe verte », et jusqu’à présent, la pluie venue, elle pousse ses jets par le précepte divin qui fait jaillir et fortifie. Dieu dit : ceci est mon corps, et : ceci est mon sang, et : faites ceci en mémoire de moi, et cela se produit par son précepte tout-puissant jusqu’à ce qu’il revienne ; car ce sont ses paroles : jusqu’à ce qu’il revienne. Et la pluie, dans cette nouvelle culture, vient par l’épiclèse, c’est la puissance adombrante du Saint-Esprit. De même que tout ce que Dieu a fait, il l’a fait par l’opération du Saint-Esprit, de même aujourd’hui encore l’opération du Saint-Esprit opère-t-elle ce qui est au-dessus de la nature et que ne peut saisir que la foi. « Comment cela m’arrivera-t-il, dit la Sainte Vierge, puisque je ne connais point d’homme. » L’ange Gabriel répond : « L’Esprit Saint descendra sur toi et la puissance du Très-Haut t’adombrera. » (Luc. 1-30). Et tu demandes encore comment le pain devient corps du Christ, et le vin et l’eau sang du Christ ? moi je te dis : le Saint-Esprit fait irruption et accomplit cela qui surpasse toute parole et toute pensée.

Saint Jean de la Croix, Nuit obscure

Ces gens-là s’emploient tout, en la communion, à procurer quelque sentiment et goût, plutôt qu’à révérer et louer humblement Dieu en soi. Et ils s’approprient tellement cela que, s’ils ne reçoivent quelque goût ou sentiment sensible, ils pensent n’avoir rien fait, jugeant très bassement de Dieu et n’entendant pas que le moindre des profits que fait ce très saint Sacrement, c’est celui qui touche au sens, et que l’invisible de la grâce qu’il donne est plus grand, et c’est afin qu’on y jette les yeux de la foi que Dieu prive souvent des goûts et autres saveurs sensibles. Et ainsi, ils veulent sentir Dieu et Le goûter, comme s’Il était compréhensible et accessible, non seulement en ceci, mais aussi en les autres exercices spirituels.

Saint Cyrille de Jérusalem, Les Catéchèses

Ne regardez pas le pain et le vin comme uniquement cela, car ils sont, selon la déclaration du Maître, le corps et le sang du Christ. Même si vos sens vous suggèrent le contraire, laissez la foi vous affermir. Ne jugez pas de cette question selon votre goût mais soyez pleinement assurés par la foi, ne doutant pas que vous avez été jugés dignes du corps et du sang du Christ. […] Le Christ lui-même ayant donc déclaré et dit du pain : ceci est mon corps, qui désormais osera hésiter ? Et quand lui-même a déclaré et dit : ceci est mon sang qui osera douter que ce soit son sang ? Donc avec une entière conviction, participons au corps et au sang du Christ.

Sainte Catherine de Sienne, Le Dialogue

Dans la sainte communion, l’âme plus doucement resserre les liens entre elle et Dieu et connaît mieux sa vérité, puisqu’alors l’âme est en Dieu et Dieu dans l’âme, comme le poisson est dans la mer et la mer dans le poisson.

Saint Ambroise de Milan, Des Mystères (Chapitre IX)

Peut-être diras-tu : « Mais je vois autre chose, comment m’affirmes-tu que je vais recevoir le corps du Christ ? » Il nous reste donc à le prouver. Prouvons que ce n’est pas là une œuvre naturelle, mais une consécration opérée par une bénédiction. Or la puissance de la bénédiction dépasse celle de la nature, puisque par la bénédiction la nature elle-même est changée. Ce sacrement que tu reçois est fait par la parole du Christ. Si la parole d’Elie a pu faire descendre le feu du ciel, la parole du Christ ne pourra-t-elle pas changer la nature des éléments. La Parole du Christ a pu créer ce qui n’était pas, et elle ne pourrait changer ce qui est en ce qui n’était pas ? Ce corps que nous rendons présent, conficimus, c’est le corps né de la Vierge. Pourquoi chercher ici, dans le corps du Christ, l’ordre de la nature, alors que le Seigneur Jésus lui-même est né de la Vierge Marie, en dehors des lois de la nature ?

Saint Irénée de Lyon, Contre les Hérésies (Chapitre IV)

Nous lui offrons ce qui est sien, proclamant d’une façon harmonieuse la communion et l’union de la chair et de l’Esprit: car de même que le pain qui vient de la terre, après avoir reçu l’invocation de Dieu, n’est plus du pain ordinaire, mais Eucharistie, constituée de deux choses, l’une terrestre et l’autre céleste, de même nos corps qui participent à l’eucharistie ne sont plus corruptibles, puisqu’ils ont l’espérance de la résurrection.

Lionel Lindsay, Catéchisme de controverse

La plupart des sectes protestantes ont nié la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie ; ils prétendent n’y trouver qu’un signe, qu’une figure, qu’un souvenir du Sauveur, ou une vertu émanant de la divinité. Les Ritualistes et quelques autres peut-être croient encore en la présence réelle, mais ils rejettent ordinairement la transsubstantiation ; suivant eux Jésus-Christ devient présent dans le pain ou avec le pain. Pour constater la fausseté de ces doctrines protestantes, il suffit de remarquer que le Sauveur n’a pas dit : « Ceci est le signe, ou la figure ou le souvenir de mon corps et de mon sang » il n’a pas dit non plus : « Avec ce pain et ce vin se trouvent mon corps et mon sang » mais il a prononcé ces paroles bien claires et éternellement vraies : « Ceci est mon corps ; ceci est mon sang. » Les Saintes Écritures démontrent la vérité de la doctrine catholique concernant la présence réelle.

Saint Cyprien de Carthage, Lettre

En effet, comme le Christ nous portait tous, qu’il portait nos péchés, nous voyons que l’eau figure le peuple, le vin le Sang du Christ. Quand donc dans le calice l’eau se mêle au vin, c’est le peuple qui se mêle avec le Christ, et la foule des croyants qui se joint et s’unit à celui en qui elle croit. Ce mélange, cette union du vin et de l’eau dans le calice du Seigneur est indissoluble. De même l’Église, c’est-à-dire le peuple qui est dans l’Église et qui fidèlement, fermement, persévère dans la foi, ne pourra jamais être séparée du Christ, mais Lui restera attachée par un amour qui des deux ne fera plus qu’un. Mais quand on consacre le calice du Seigneur on ne peut offrir l’eau seule, pas plus qu’on ne peut offrir le vin seul. Car si l’on offre le vin seul, le Sang du Christ est présent sans nous ; si l’eau est seule, voilà le peuple sans le Christ. Au contraire quand l’un est mêlé à l’autre et que, se confondant, ils ne font plus qu’un, alors le mystère spirituel et céleste est accompli. Le calice du Seigneur n’est donc pas plus la seule eau ou le vin seul, sans mélange des deux, que le Corps du Seigneur ne peut être la farine seule ou l’eau seule sans le mélange des deux et sans leur union pour composer du pain. Par là encore se trouve figurée l’unité du peuple chrétien : de même que des grains multiples réunis, moulus et mêlés ensemble, font un seul pain, ainsi dans le Christ qui est le pain du ciel, il n’y a, sachons-le bien, qu’un seul corps, avec lequel notre pluralité est unie et confondue.

Monseigneur Georges Chevrot, Notre messe

Par cette communion, notre terre ressemblera un peu plus à votre ciel.

Saint Curé d’Ars, Sermon sur L’Eucharistie

Sainte Catherine de Sienne s’écriait dans ses transports d’Amour : « Ô mon Dieu ! Ô mon Sauveur ! Ah ! Quel excès de Charité et de Bonté pour les créatures de vous donner avec tant d’empressement ! Et, en vous donnant, vous donnez tout ce que vous avez et tout ce que vous êtes ! Mon tendre Sauveur, Lui disait-elle, je vous en conjure, arrosez ma pauvre âme de Votre Sang précieux, nourrissez mon corps de Votre Corps adorable, afin que mon corps et mon âme ne soient que pour Vous, et n’aspirent uniquement qu’à Vous plaire et à Vous posséder. » Sainte Magdeleine de Pazzi nous dit qu’il ne faudrait qu’une seule Communion, faite avec un amour tendre et un cœur bien pur, pour nous élever à la plus haute perfection. La bienheureuse Victoire disait à ceux qu’elle voyait languir dans le chemin du ciel : « Ô mes enfants, pourquoi est-ce que vous vous traînez dans les voies du Salut ? Pourquoi est-ce que vous avez si peu de courage pour travailler, pour mériter le grand bonheur d’aller vous asseoir à la Table sainte et d’y manger le pain des anges qui donne tant de force aux faibles ? Oh ! Si vous saviez combien ce pain céleste adoucit les misères de la vie ! Oh ! Si une fois vous aviez goûté combien Jésus-Christ est bon et bienfaisant pour celui qui le reçoit dans La Sainte Communion ! Allez, mes enfants, mangez ce pain des forts, et vous reviendrez remplis de joie et de courage. Vous ne désirerez plus que la souffrance, les tourments et les combats, pour plaire à Jésus-Christ. » Sainte Catherine de Gênes était si affamée de ce pain céleste, qu’elle ne pouvait le voir entre les mains du prêtre sans se sentir mourir d’Amour, tant était grand le désir qu’elle avait de Le posséder elle s’écriait : « Ah ! Seigneur, venez en moi ! Je ne peux plus y tenir ! Ah ! Mon Dieu, venez, s’il vous plait, dans le fond de mon cœur. Vous êtes toute ma joie, tout mon bonheur et toute la nourriture de mon âme !

Jacques-Bénigne Bossuet, Élévations sur les Mystères

Dans cette sainte action, il faut mêler ensemble ces deux sentiments : une profonde humilité, par laquelle nous nous sentons indignes de recevoir Jésus-Christ, avec une ardeur extrême de s’unir à lui pour ne s’en séparer jamais.

Saint Jean Damascène, Foi orthodoxe

C’est de pain et de vin que l’on se sert parce que Dieu connaît la faiblesse de l’homme (la plupart repoussant, comme trop difficiles à admettre, les choses qui sortent de l’ordinaire) et se servant de sa coutumière condescendance, il fait par le coutumier de la nature ce qui est surnaturel. Puisque l’homme a coutume de manger du pain et de boire du vin et de l’eau, il leur a joint sa divinité et les a faits son corps et son sang, afin que, par l’accoutumé et le naturel, nous parvenions au surnaturel.

Saint Jean Chrysostome, Homélie

Le manteau que reçut Elisée était à ses yeux un très-riche héritage ; et c’en était en effet un très-grand, et plus précieux même que tout l’or du monde. Et à partir de ce moment il y eut deux Elies, l’un transporté en-haut, l’autre resté sur la terre. Je sais que vous béatifiez ce juste en vous-mêmes, et qu’il n’est aucun de vous qui ne voulût être à sa place. Que direz-vous, si je parviens à vous démontrer qu’en participant à l’Eucharistie, vous avez, tous tant que vous êtes reçu beaucoup plus que ce saint prophète ? Car si Elie à laissé son manteau à son disciple, le Fils de Dieu en montant au ciel nous a laissé à nous sa propre chair. Encore faut-il admettre qu’Elie en laissant son manteau à son disciple s’en est dépouillé lui-même, au lieu que Jésus-Christ, tout en nous laissant sa chair ici-bas, l’a enlevé dans le ciel avec lui. Gardons-nous donc de perdre courage, ou de nous chagriner, ou de déplorer le malheur des temps : car celui qui n’a pas dédaigné de verser son sang pour tout le monde, et qui nous rend encore aujourd’hui participants de son corps et de son sang, que refuserait-il de sacrifier pour notre salut ?

Saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Romains

Je ne me plais plus à une nourriture de corruption ni aux plaisirs de cette vie ; c’est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ, de la race de David (Jean 7.42 ; Rom 1.3), et pour boisson je veux son sang, qui est l’amour incorruptible.

Saint Justin Martyr, Première Apologie

Nous appelons cet aliment Eucharistie, et personne ne peut y prendre part, s’il ne croit la vérité de notre doctrine, s’il n’a reçu l’ablution pour la rémission de ses péchés et sa régénération, et s’il ne vit selon les enseignements du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain ordinaire et une boisson commune. Mais de même que, par la parole de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, ayant été fait chair, a pris sang et chair pour notre salut ; de même aussi cet aliment, qui par l’assimilation doit nourrir nos chairs et notre sang, est devenu, par la vertu de l’action de grâces, contenant les paroles de Jésus-Christ lui-même, le propre sang et la propre chair de Jésus incarné : telle est notre foi.

Clément d’Alexandrie, Le pédagogue

Le sang du Seigneur est, de deux natures, l’un charnel qui nous rachète de la mort, l’autre spirituel, qui nous purifie. Boire le sang de Jésus, c’est participer à l’incorruptibilité du Seigneur. L’esprit est la force du Verbe, comme le sang est la force de la chair. Comme le vin se mêle à l’eau, l’esprit est mêlé avec l’homme. Ce mélange de l’un et de l’autre, je veux dire du Verbe et de la boisson, s’appelle Eucharistie, qui signifie de grâces ; et ce sacrement sanctifie l’âme et le corps.

Jean VI, 51-58

Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour le salut du monde. Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant : Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger ? Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. C’est là le pain qui est descendu du ciel : il n’en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et sont morts ; celui qui mange de ce pain vivra éternellement.

Théodore de Mopsueste, Homélie de Catéchèses

Quand Christ tendit le pain, il n’a pas dit : « ceci est le symbole de mon corps » mais « ceci est mon corps ». De même, lorsqu’il donna la coupe de son sang, il n’a pas dit : « ceci est le symbole de mon sang » mais « ceci est mon sang » car il voulait que nous regardions les éléments eucharistiques, après la réception de la grâce et la venue du Saint-Esprit, non pas en fonction de leur état naturel, mais pour les recevoir comme ils sont : le corps et le sang de notre Seigneur.

Saint Curée d’Ars, Homélie

Lorsque Dieu voulut donner une nourriture à notre âme pour la soutenir dans le pèlerinage de la vie, il promena ses regards sur la création et ne trouva rien qui fût digne d’elle. Alors il se replia sur lui-même et résolut de se donner. Ô mon âme ! Que tu es grande, puisqu’il n’y a que Dieu qui puisse te contenter ! La nourriture de l’âme, c’est le corps et le sang d’un Dieu ! Ô belle nourriture ! Il y a de quoi, si l’on y pensait, se perdre pour l’éternité dans cet abîme d’amour !

Thomas a Kempis, Imitation de Jésus-Christ (Livre IV, Chapitre II)

Plein de confiance en votre bonté et votre grande miséricorde, je m’approche de vous, Seigneur ; malade, je viens à mon sauveur, consumé de faim et de soif, je viens à la source de la vie, pauvre je viens au roi du ciel, esclave je viens à mon Maître, créature je viens à Celui qui m’a fait.

Catéchisme du concile de Trente, Chapitre XXI

Il peut arriver que certains Chrétiens montrent de la négligence, et même de la lâcheté, à recevoir ce Sacrement, sous prétexte que la préparation qu’il demande est trop pénible et trop difficile. Il est donc nécessaire de rappeler aux Fidèles que l’obligation de communier atteint tout le monde. Il y a plus ; car l’Église a décrété que celui qui ne s’approche pas de la sainte table au moins une fois chaque année dans le temps de Pâques, doit être excommunié. Mais n’allons pas croire qu’il suffit d’obéir à ce Commandement et de recevoir une fois seulement chaque année le Corps de Notre-Seigneur. Soyons bien persuadés au contraire qu’il faut renouveler très souvent la sainte Communion. Mais faut-il communier tous les mois, toutes les semaines ou tous les jours ? On ne saurait établir là dessus une règle précise et générale. Ce que l’on peut prescrire de mieux : « Vivez de manière à pouvoir communier tous les jours ! »

Saint Jean Chrysostome, Commentaire sur la première épître de Paul aux Corinthiens

Qu’est-ce que le pain ? le corps du Christ. Que deviennent ceux qui communient ? le corps du Christ ; non pas une multitude de corps, mais un corps unique. De même que le pain, composé de tant de grains de blé, n’est qu’un pain unique, de telle sorte qu’on n’aperçoit pas du tout les grains, de même que les grains y subsistent, mais impossible d’y voir ce qui les distingue dans la masse si bien unis ; ainsi, nous tous ensemble, et avec le Christ, nous ne faisons qu’un tout. En effet, ce n’est pas d’un corps que se nourrit celui-ci, d’un autre corps que se nourrit celui-là ; c’est le même corps qui les nourrit tous. Aussi l’apôtre a-t-il ajouté : « Parce que nous participons tous à un même pain ». Eh bien, maintenant, si nous participons tous au même pain, et si tous nous devenons cette même substance, pourquoi ne montrons-nous pas la même charité ? Pourquoi, par la même raison, ne devenons-nous pas un même tout unique ? C’est ce que l’on voyait du temps de nos pères : « Toute la multitude de ceux qui croyaient n’avaient qu’un cœur et qu’une âme. » (Actes des Apôtres IV, 32) Il n’en est pas de même à présent ; c’est tout le contraire. Des guerres innombrables, et sous toutes les formes, ne montrent que trop que nous sommes plus cruels que les bêtes féroces, pour ceux dont nous sommes les membres, et qui sont les nôtres. Et pourtant, ô homme, c’est le Christ qui est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s’unir à toi ; et toi, tu ne veux pas t’unir à ton frère ?

Élisabeth Leseur, Journal et Pensées de chaque jour

L’Eucharistie agit vraiment en nous et nous transforme presque à notre insu, comme le pain et le vin, aliments terrestres, fortifient sans que nous en ayons conscience notre sang et tout notre corps. Le Christ nous fait, par son contact et par la grâce qu’Il laisse en nous, une santé morale et nous crée une autre âme. Ce n’est pas en vain que l’on repose un instant sur ce Cœur et qu’on Lui confie son fardeau de souffrances, de faiblesses et d’angoisses.

Monseigneur de Ségur, La confirmation

L’Eucharistie est la nourriture du chrétien. Notre-Seigneur nous la donne pour entretenir, développer, nourrir, fortifier, féconder la vie divine que nous avons reçue au Baptême et la force divine que nous recevons à la Confirmation.

Père Roger-Thomas Calmel, Théologie de l’histoire (Page 103)

Ce qu’il ne faut pas oublier quand nous parlons de la célébration des sacrements et avant tout de l’Eucharistie ou de l’illumination par la saine doctrine, c’est que de telles venues du Seigneur, qui sont visibles et sensibles, sont ordonnés à la venue invisible dans nos âmes. Tout l’appareil visible de l’Église, qui est divin et indispensable, les pouvoirs hiérarchiques avec leurs fonctions déterminées et nécessaires, sont ordonnés à la grâce invisible (mais qui se traduira par des œuvres bien visibles) à l’accroissement de la foi, de l’espérance, de la charité.

Bienheureux Pierre-Julien Eymard, La divine Eucharistie

Pour bien adorer, il faut se rappeler que Jésus-Christ, présent dans l’Eucharistie, y glorifie et y continue les mystères de toutes les vertus de sa vie mortelle. Il faut se rappeler que l’Eucharistie, c’est Jésus Christ, passé, présent et futur ; que l’Eucharistie est le dernier développement de l’incarnation et de la vie mortelle du Seigneur ; que Jésus Christ nous y donne toutes les grâces ; que toutes les vérités aboutissent à l’Eucharistie, et qu’on a tout dit en disant Eucharistie, puisque c’est Jésus Christ. Que la très Sainte Eucharistie soit donc notre point de départ dans la méditation des mystères, des vertus et des vérités de la religion. Elle est le foyer ; ses vérités ne sont que des rayons. Partons du foyer et nous rayonnerons. Quoi de plus simple que de trouver le rapprochement de la naissance de Jésus dans l’étable, avec sa naissance sacramentelle sur l’autel et dans nos cœurs ? Qui ne voit que la vie cachée de Nazareth se continue dans la divine Hostie du tabernacle, et que la Passion de l’Homme-Dieu sur le calvaire se renouvelle au saint Sacrifice à chaque moment de la durée et dans tous les lieux du monde ? Notre Seigneur n’est-il pas doux et humble au sacrement comme pendant sa vie mortelle ? N’est-il pas toujours le bon Pasteur, le Consolateur divin, l’Ami du cœur ? Heureuse l’âme qui sait trouver Jésus en l’Eucharistie, et en l’Eucharistie toutes choses !

Adolphe Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique (Page 108)

L’Eucharistie nourrit notre âme qui, comme le corps, a besoin de s’alimenter pour vivre et se fortifier. Or, pour alimenter une vie divine, il ne faut rien moins qu’une nourriture divine : ce sera le corps et le sang de Jésus-Christ, son âme et sa divinité, qui nous transformeront en d’autres christs, en faisant passer en nous son esprit, ses sentiments et ses vertus, et surtout son amour pour Dieu et pour les hommes.

Laurent Scupoli, Le combat spirituel

On peut s’approcher de ce divin Sacrement par plusieurs motifs. De-là vient que pour en recueillir le fruit, il y a plusieurs choses à observer en trois divers temps : avant que de communier, lorsqu’on est sur le point de communier, et après la communion. Avant que de communier, quel que puisse être notre motif, nous devons toujours purifier notre âme par le Sacrement de la Pénitence, si nous nous sentons coupables de quelque péché mortel. Nous devons ensuite nous offrir de tout notre cœur et sans réserve à Jésus-Christ et lui consacrer tout notre âme avec ses puissances ; puisque dans le Sacrement il se donne toute entier à nous, son sang, sa chair, sa divinité avec le trésor infini de ses mérites. Et comme ce que nous lui offrons est peu de chose ou presque rien en comparaison de ce qu’il nous donne, il faut que nous souhaitions d’avoir tout ce que les créatures et du Ciel et de la terre ont jamais pu lui offrir, afin que nous en fassions tout d’un coup une oblation agréable à sa divine Majesté. Que si nous voulons communier dans le dessein de remporter quelque victoire sur nos ennemis, nous commencerons dès le soir du jour précédent, ou le plus tôt que nous pourrons, à considérer combien le Sauveur désire d’entrer par ce Sacrement dans notre cœur, afin de s’unir à nous, et nous aider à vaincre nos appétits déréglés. Ce désir est si ardent, qu’il n’y a point d’esprit humain capable de le comprendre. Pour nous en former quelque idée, tâchons de bien concevoir deux choses. L’une est le plaisir extrême que la sagesse incarnée prend à demeurer avec nous, puisqu’elle en fait ses délices. L’autre est la haine infinie qu’elle porte au péché mortel, tant parce que c’est un obstacle à l’union intime qu’elle veut avoir avec nous, que parce qu’il est directement opposé à ses divines perfections : car Dieu étant un bien souverain, une lumière toute pure, une beauté sans aucune tache, pourrait-il ne pas haïr le péché, qui n’est que malice, que ténèbres, qu’horreur et que corruption ? Il le hait jusqu’à un tel point, que tout ce qu’il a jamais fait, soit dans l’ancien Testament, soit dans le nouveau, et tout ce que son Fils a souffert durant tout le cours de sa Passion ne tendait qu’à le détruire. Les Saints, même les plus éclairés, assurent qu’il consentirait que ce Fils qui lui est si cher, souffrit encore mille morts, s’il était besoin, pour l’expiation de nos moindres fautes. Ayant reconnu par ces deux considérations, quoique assez imparfaitement, combien le Sauveur désire d’entrer dans nos cœurs, afin d’en exterminer pour jamais nos ennemis et les siens, nous désirerons aussi de le recevoir, et nous lui témoignerons pour cela une ardeur et une impatience extrêmes. L’espérance de sa venue relèvera notre courage, nous déclarerons de nouveau la guerre à cette passion dominante que nous voulons vaincre, et nous ferons le plus d’actes que nous pourrons de la vertu qui lui est contraire. Ce sera là notre principale occupation, et le soir et le matin, avant que de nous approcher de la sainte Table. Quand nous serons près de recevoir le corps du Sauveur, nous nous remettrons un moment devant les yeux toutes les fautes commises depuis la dernière Communion jusqu’à celle-ci, et afin d’en concevoir de la douleur, nous songerons que nous les avons commises avec autant de liberté, que si Dieu n’était point mort sur une croix pour notre salut ; nous nous remplirons de confusion et de crainte, voyant que nous avons préféré un petit plaisir, une légère satisfaction de notre propre volonté, à l’obéissance que nous devons à notre souverain Maître ; nous reconnaîtrons notre aveuglement et détesterons notre ingratitude : mais venant ensuite à considérer que quelque ingrats et infidèles que nous soyons, ce Dieu plein de charité veut bien se donner à nous, qu’il nous invite à le recevoir, nous irons à lui avec confiance, nous lui ouvrirons notre cœur, afin qu’il y entre et qu’il s’en rende le maître, et après cela nous le fermerons de crainte qu’il ne s’y glisse quelque affection impure. Dès que nous aurons communié, nous nous recueillerons en nous-mêmes ; nous adorerons humblement notre Seigneur, et nous lui dirons : Vous voyez, ô Dieu de mon âme, l’inclination violente que j’ai au péché ; vous voyez l’empire que cette passion a sur moi ; et que de moi-même je n’ai pas la force d’y résister. C’est donc à vous principalement à la combattre, et s’il faut que j’aie quelque part au combat, c’est de vous seul que je dois attendre la victoire ; puis nous adressant au Père éternel, nous lui offrirons ce cher Fils qu’il lui a donné ; et que nous aurons alors au-dedans de nous ; nous le lui offrirons en action de grâces de ses bienfaits, et pour obtenir avec son secours quelque grande victoire sur nous-mêmes. Nous prendrons enfin la résolution de combattre courageusement contre l’ennemi qui nous fait le plus de peine ; et nous espérerons de le vaincre, parce que faisant de notre côté ce que nous pourrons, Dieu ne manquera pas tôt ou tard de nous secourir.

G.K.Chesterton, La Chrétienté à Dublin

Le mot eucharistie n’est qu’un symbole verbal, on pourrait presque dire un frêle masque verbal, posé sur une réalité si formidable que son affirmation et sa négation ont également paru assez blasphématoire pour que le monde en fût ébranlé deux mille ans.

Jean-Nicolas Grou, Manuel des âmes intérieures (Pages 311-314)

Le démon, qui n’ignore point combien la communion fréquente est nécessaire aux âmes intérieures, met en œuvre toutes les ressources imaginables pour les en détourner. 1° Il leur inspire une frayeur vague de la communion sacrilège ; je dis une frayeur vague, parce qu’elle ne porte sur aucun fondement, et qu’elle ne réside que dans l’imagination. La conscience ne reproche rien de particulier ; on n’a manqué volontairement à rien ; et néanmoins on se sent troublé, agité, comme si l’on allait manger son jugement et sa condamnation. Il faut passer hardiment par-dessus cette frayeur, et s’approcher de la sainte table sans y avoir aucun égard. La preuve qu’elle ne vient pas de Dieu, et par conséquent qu’il faut la mépriser, c’est qu’à peine a-t-on communié, qu’on se trouve en paix et que ces vaines craintes disparaissent. 2° Il leur fait accroire qu’elles ne tirent aucun profit de leurs communions, et il use de cet artifice lorsque l’âme, sevrée des douceurs spirituelles, n’éprouve plus rien de sensible en communiant. L’unique moyen de résister à celte tentation est de s’en tenir à l’obéissance, et de prendre le parti de communier uniquement pour Dieu, et non pour soi-même. 3° Il leur suggère, au moment de la communion, des pensées d’impureté, de blasphème, d’impiété ; il leur inspire des doutes sur la présence réelle ; il les jette dans le trouble : en sorte qu’elles ne sont plus à elles, et ne savent plus ce qu’elles font. Dieu permet même quelquefois que le démon fasse alors de fâcheuses impressions sur les sens, soit par lui-même, soit par le moyen de l’imagination. Tous les maîtres de la vie spirituelle sans exception décident qu’il faut mépriser ces pensées, et qu’elles sont une raison de communier plutôt que de s’abstenir de la communion : car il est évident que ce sont des tentations dont l’objet est de nous éloigner de la sainte table, et par conséquent qu’on doit y résister et les vaincre en s’en approchant ; car, si l’on y succombe, le démon a ce qu’il prétendait. Mais si je communie mal ? Je réponds que ce n’est pas à vous d’en juger ; que vous n’avez pas à craindre de communier mal lorsque vous le faites sur l’ordre d’un confesseur instruit de tout ce qui se passe en votre âme ; que si vous vous retirez de la communion toutes les fois que le démon vous fera accroire que vous communiez mal, il viendra à bout de vous empêcher de communier, et de vous priver par là des forces dont vous avez besoin pour vous soutenir. Ainsi, loin d’avancer, vous reculerez, et, en quittant la communion, vous ne tarderez pas à abandonner tout le reste. Puisque l’effet de la communion est de nous attacher à la croix, et de nous aider à y mourir, il s’ensuit que nos dispositions en communiant, et les effets que la communion produit en nous, sont toujours relatifs aux différents étals de mort où nous nous trouvons, parce que la communion opère toujours selon nos dispositions actuelles, et que son objet est de nous faire avancer dans notre état présent. Ainsi, la communion est tantôt accompagnée de suavité, tantôt froide et insensible, tantôt crucifiante, tantôt enfin morte et nulle, pour ainsi dire, quant à ses effets apparents. C’est au confesseur à juger de tout cela ; et la règle est que la communion est telle qu’elle doit être, lorsqu’elle est du même genre que l’état où l’âme se trouve actuellement. En un mot, comme l’état d’oraison change successivement à mesure qu’on avance, l’état de communion change de même. La communion est d’abord active : l’âme y produit des actes avant et après ; ensuite elle devient passive ; l’âme n’y agit plus, Jésus-Christ y agit seul, selon le degré où l’âme est alors.

Jacques-Bénigne Bossuet, Élévations sur les Mystères, Méditations et autres textes

Lisez les paroles de l’institution de la cène, en saint Matthieu, XXVI, 26, 27, 28 : en ajoutant les paroles des autres auteurs sacrés, qui sont du même sujet. Pendant qu’ils soupaient ; comme ils mangeaient encore (suivant le grec), Jésus prit du pain, le bénit et après avoir rendu grâces, le rompit, et le donna à ses disciples, en leur disant : Prenez, mangez ; ceci est mon corps, donné pour vous : faites ceci en mémoire de moi. Et prenant la coupe après le souper, il rendit grâces, et la donna à ses disciples, en leur disant : Buvez-en tous ; c’est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour plusieurs en rémission de leurs péchés ; toutes les fois que vous le boirez, faites-le en mémoire de moi. Voilà tout ce qui regarde l’institution. Seulement au lieu que saint Luc fait dire au Sauveur : Ceci est mon corps donné pour vous ; saint Paul lui fait dire : Ceci est mon corps rompu pour vous : toujours dans le même sens ; il est livré à la mort, il est froissé de coups, percé de plaies, violemment suspendu à une croix : en ce sens rompu et brisé : voilà le corps que Jésus nous donne, le même corps qui allait bientôt souffrir ces choses, qui les a maintenant souffertes. Encore un mot sur le texte. Au lieu que la Vulgate traduit : le sang qui sera répandu pour vous ; l’original porte : qui est répandu : qui se répand ; en temps présent, dans saint Matthieu et dans saint Marc ; et sur le corps, le même original porte, dans saint Paul : le corps qui est rompu ; qui se rompt, pareillement en temps présent. Et, en effet, dans saint Luc, la version porte, aussi bien que l’original : qui est donné, qui se donne : QUOD DATUR, et non pas au futur, sera donné ; dans le même sens que Jésus disait : Pâque sera dans deux jours, et le Fils de l’homme sera livré ; est livré, selon le grec : il le va être ; l’ouvrage est en train, on tient déjà le conseil pour trouver le moyen de le prendre et de le faire mourir : Et le Fils de l’homme s’en va, comme il a été écrit de lui : mais malheur à celui par qui le Fils de l’homme sera livré : est livré, selon le grec. Il parle toujours en temps présent, à cause que sa perte était résolue, tramée pour le lendemain, et qu’on allait dans deux heures commencer à procéder à l’exécution ; et afin aussi qu’en quelque temps que nous recevrions son corps et son sang, nous regardassions sa mort comme présente. Chrétien, te voilà instruit : tu as vu toutes les paroles qui regardent l’établissement de ce mystère : quelle simplicité ! quelle netteté dans ces paroles ! il ne laisse rien à deviner, à gloser : et s’il y faut quelque glose, c’est seulement en remarquant que selon la force de l’original, il faudrait traduire : Ceci est mon corps, mon propre corps ; le même corps qui est donné pour vous : Ceci est mon sang, mon propre sang ; le sang de la nouvelle alliance : le sang répandu pour vous en rémission de vos péchés. Car c’est aussi pour cette raison que le syrien, aussi ancien que le grec, et fait du temps des apôtres, dit : Ceci est mon propre corps : et que dans la liturgie des Grecs il est porté, que ce qu’on nous donne, ce qu’on fait de ce pain et de ce vin, c’est le propre corps de Jésus, son propre sang. Voilà la glose s’il en faut. Quelle simplicité, encore un coup ! quelle netteté ! quelle force dans ces paroles ! S’il avait voulu donner un signe, une ressemblance toute pure, il aurait bien su le dire : il savait bien que Dieu avait dit, en instituant la circoncision : Vous circoncirez votre chair : ce sera le signe de l’alliance entre vous et moi. Quand il a proposé des similitudes, il a bien su tourner son langage d’une manière à le faire entendre ; en sorte que personne n’en doutât jamais : Je suis la porte : celui qui entre par moi, sera sauvé. Je suis la vigne, et vous les branches : et comme la branche ne porte de fruits qu’attachée au cep : ainsi vous n’en pouvez porter, si vous ne demeurez en moi. Quand il fait des comparaisons, des similitudes ; les évangélistes ont bien su dire : Jésus dit cette parabole ; il fit cette comparaison. Ici, sans rien préparer, sans rien tempérer, sans rien expliquer, ni devant, ni après, on nous dit tout court : Jésus dit : Ceci est mon corps ; Ceci est mon sang : mon corps donné ; mon sang répandu : voilà ce que je vous donne. Et vous, que ferez-vous en le recevant ? Souvenez-vous éternellement du présent que je vous fais en cette nuit : Souvenez-vous que c’est moi qui vous l’ai laissé, et qui ai fait ce testament ; qui vous ai laissé cette pâque, et qui l’ai mangée avec vous, avant que de souffrir. Si je vous donne mon corps, comme devant être, comme ayant été livré pour vous ; et mon sang comme répandu pour vos péchés ; en un mot, si je vous le donne comme une victime, mangez-le comme une victime et souvenez-vous que c’est là un gage qu’elle a été immolée pour vous. Ô mon Sauveur ! pour la troisième fois, quelle netteté ! quelle précision ! quelle force ! Mais en même temps, quelle autorité et quelle puissance dans vos paroles ! Femme, tu es guérie : elle est guérie à l’instant. Ceci est mon corps ; c’est son corps : Ceci est mon sang ; c’est son sang. Qui peut parler en cette sorte, sinon celui qui a tout en sa main ? Qui peut se faire croire, sinon celui à qui faire et parler c’est la même chose ? Mon âme, arrête-toi ici, sans discourir : crois aussi simplement, aussi fortement que ton Sauveur a parlé, avec autant de soumission, qu’il fait paraître d’autorité et de puissance. Encore un coup, il veut, dans ta foi, la même simplicité qu’il a mise dans ses paroles. Ceci est mon corps ; c’est donc son corps : Ceci est mon sang ; c’est donc son sang. Dans l’ancienne façon de communier, le prêtre disait : Le corps de Jésus-Christ ; et le fidèle répondait : Amen, il est ainsi. Le sang de Jésus-Christ ; et le fidèle répondait : Amen, il est ainsi. Tout était fait, tout était dit, tout était expliqué par ces trois mots. Je me tais, je crois, j’adore : tout est fait, tout est dit.

Bibliographie

  • Mgr de Ségur, La communion
  • R.P. Avrillon, Méditations et sentiments sur la sainte communion
  • Bienheureux Pierre-Julien Eymard, La divine Eucharistie
  • Mgr Charles Journet, Entretiens sur l’Eucharistie
  • Vincent Ermoni, L’Eucharistie dans l’Église primitive (Lien)