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Confirmation

Monseigneur de Ségur, La Confirmation

La grâce de la Confirmation est à l’extrême opposé de cette ignoble faiblesse qu’on appelle le respect humain. Le respect humain, c’est la peur de paraître chrétien, de paraître bon, pieux, obéissant. Ceux qui se laissent dominer par le respect humain sont de misérables petits lâches, qui sacrifient leur conscience à la peur d’une moquerie, d’un coup, quelquefois même d’un simple sourire. Ils ont peur de tout et de tous. Ils ont peur qu’on les voie faire leurs prières ; ils ont peur qu’on les surprenne à genoux devant Dieu ; comme si prier n’était pas le premier devoir, le premier honneur d’un homme sur la terre ! Comme si la prière n’était pas ce qui distingue souverainement l’homme de la bête ! Ils n’osent pas faire maigre en public ; enfin ils n’osent pas dire qu’ils vont à confesse et qu’ils communient. Ils rougissent de Jésus-Christ, de la foi, de la pureté, de ce qu’il y a de plus grand et de plus excellent au monde. Que c’est misérable !

Saint Ambroise de Milan, Des Mystères

Ainsi donc rappelle-toi que tu as reçu le signe spirituel, l’Esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de force, l’Esprit de connaissance et de piété, l’Esprit de sainte crainte, et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t’a marqué de son signe, le Christ Seigneur t’a confirmé et il a mis dans ton cœur le gage de l’Esprit, comme tu l’as appris par la lecture de l’apôtre.

Saint Fauste de Riez, Homélie de Pentecôte

L’Esprit Saint, qui descend sur les eaux baptismales pour leur assurer sa présence salutaire, au Baptême donne la plénitude quant à l’innocence, et à la Confirmation accorde un accroissement quant à la grâce. Au Baptême nous sommes régénérés pour vivre, après le Baptême nous sommes confirmés pour la lutte. Dans le Baptême nous sommes lavés, après le Baptême, nous sommes fortifiés.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Histoire d’une âme (Pages 64-65)

Peu de temps après ma première communion, j’entrai de nouveau en retraite pour ma confirmation. Je m’étais préparée avec beaucoup de soin à la visite de l’Esprit-Saint ; je ne pouvais comprendre qu’on ne fit pas une grande attention à la réception de ce sacrement d’amour. Comme les Apôtres, j’attendais avec bonheur le Consolateur promis, je me réjouissais d’être bientôt parfaite chrétienne, et d’avoir sur le front, éternellement gravée, la croix mystérieuse de ce sacrement ineffable. Je ne sentis pas le vent impétueux de la première Pentecôte ; mais plutôt cette brise légère dont le prophète Elie entendit le murmure sur la montagne d’Horeb. En ce jour, je reçus la force de souffrir, force qui m’était bien nécessaire, car le martyre de mon âme devait commencer peu après.

Pape saint Clément, Décret pontifical

Tous doivent se hâter, de se régénérer en Dieu, et de se faire marquer par l’Évêque, c’est-à-dire de recevoir la Grâce et les sept Dons du Saint-Esprit ; autrement, si on néglige de recevoir ce Sacrement, non par nécessité, mais par mépris et volontairement, il est impossible que l’on soit parfait Chrétien, comme nous l’apprenons de Saint Pierre et des autres Apôtres, qui le tenaient de Jésus-Christ Lui-même.

Actes des Apôtres VIII, 14-19

Quand les apôtres, qui étaient à Jérusalem, eurent appris que les habitants de Samarie avaient reçu la parole de Dieu, ils envoyèrent Pierre et Jean, qui, étant venus, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent l’Esprit-Saint : car il n’était encore descendu sur aucun d’eux, mais ils avaient été seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils leur imposaient les mains, et ils recevaient l’Esprit-Saint.

Concile de Trente

La Confirmation perfectionne la grâce du Baptême. Ceux qui sont devenus Chrétiens par le Baptême demeurent encore faibles et sans énergie, comme des enfants nouvellement nés, mais ensuite le sacrement du saint Chrême les rend plus forts pour résister aux attaques de la chair, du monde et du démon ; il fortifie la foi dans leurs cœur, pour qu’ils puissent confesser et glorifier le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ; et c’est pour cela sans doute que ce Sacrement a reçu le nom de Confirmation. Car il ne faut pas croire, comme quelques-uns l’ont supposé avec autant d’ignorance que d’impiété, que ce mot de Confirmation vienne de ce qu’autrefois ceux qui avaient été baptisés dans leur enfance étaient conduits à l’âge adulte devant l’Évêque pour confirmer en sa présence la profession de Foi qu’ils avaient faite au Baptême ; autrement il faudrait dire qu’il n’y avait aucune différence entre la Confirmation et l’instruction que l’on faisait aux Catéchumènes ; ce qui ne peut se soutenir par aucun témoignage certain. Non ; la Confirmation tire son nom de ce que Dieu, par la vertu de ce Sacrement, confirme en nous ce que le Baptême a commencé d’y produire, et nous conduit à la perfection de la Vie chrétienne. Et non seulement ce Sacrement confirme en nous la Grâce, mais il l’augmente encore. Le Pape Melchiade nous l’assure en ces termes : « L’Esprit-Saint, en descendant sur les eaux du Baptême, les rend salutaires, et leur communique la plénitude de la Grâce pour réparer l’innocence de l’homme ; mais par la Confirmation Il donne une augmentation de grâce. » Et non seulement Il l’augmente, mais II l’augmente d’une manière admirable. C’est ce que l’Écriture a parfaitement exprimé par l’image d’un vêtement nouveau, dans ces paroles de notre Sauveur à ses Apôtres : Demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la Vertu d’en haut.

Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies (Pages 947-949)

Aussi, comme à de petits enfants, le Pain parfait du Père se donna-t-il à nous sous forme de lait — ce fut sa venue comme homme — pour que nourris pour ainsi dire à la mamelle de sa chair et habitués par une telle lactation à manger et boire le Verbe de Dieu, nous puissions garder en nous-mêmes le Pain de l’immortalité qui est l’Esprit du Père. Et c’est pourquoi Paul dit aux Corinthiens : « Je vous ai donné du lait à boire, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas encore la supporter ». Ce qui veut dire : Vous avez bien été instruits de la venue du Seigneur comme homme, mais l’Esprit du Père ne repose pas encore sur vous à cause de votre faiblesse. De même donc que l’apôtre avait le pouvoir de leur donner la nourriture solide — car tous ceux à qui les apôtres imposaient les mains recevaient l’Esprit-Saint, qui est nourriture de vie — mais qu’ils étaient incapables de la recevoir, parce que faibles et inexercées étaient encore les facultés leur permettant de tendre vers Dieu.

Lionel Lindsay, Catéchisme de controverse

Nous voyons dans les Actes des Apôtres que saint Pierre et saint Jean furent chargés d’aller vers les habitants de Samarie qui avaient reçu la parole de Dieu. « Ces deux Apôtres, étant arrivés, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit. Aucun des Samaritains n’avait encore reçu l’Esprit-Saint, attendu qu’ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils imposaient les mains sur eux, et ils recevaient le Saint-Esprit. » On voit par là qu’il s’agit d’un sacrement distinct du baptême, puisque les personnes qui le reçoivent ont déjà été baptisées. Le signe sensible existe dans l’imposition des mains ; la grâce est produite par la réception du Saint-Esprit, et les ministres de ce sacrement ne sont pas les disciples qui avaient baptisé les Samaritains, mais les Apôtres eux-mêmes.

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique (IIIa, Question 72, Article 9)

Dans ce sacrement l’homme reçoit l’Esprit Saint pour être fort dans le combat spirituel, et confesser courageusement la foi du Christ même au milieu des adversaires de la foi. Aussi convient-il qu’il soit marqué avec le chrême du signe de la croix sur le front, et cela pour deux raisons. D’abord parce qu’il est marqué du signe de la croix comme le soldat est marqué du signe de son chef, signe qui doit être apparent et visible. Or, de toutes les parties du corps humain, c’est certainement le front qui est le plus visible, puisqu’il n’est presque jamais couvert. Ainsi le confirmé reçoit l’onction de chrême sur le front, pour manifester ouvertement qu’il est chrétien, comme les Apôtres, qui d’abord cachés au cénacle, se montrèrent publiquement après avoir reçu le Saint-Esprit. En second lieu, parce qu’il y a deux choses qui empêchent l’homme de confesser librement le nom du Christ, la crainte et la honte. Or l’une et l’autre se manifestent particulièrement sur le front, à cause du voisinage de l’imagination, et parce que les esprits animaux montent directement du cœur au front ; de là vient que « les honteux rougissent et que les peureux pâlissent » dit Aristote. Aussi le confirmé est-il marqué du chrême sur le front, pour que ni la crainte ni la honte ne l’empêchent de confesser le nom du Christ.

Adolphe Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique (Page 108)

La Confirmation fait de nous les soldats du Christ ; elle ajoute à la grâce du Baptême une grâce spéciale de force pour professer généreusement notre foi contre tous les ennemis, et surtout contre le respect humain, qui empêche un si grand nombre d’hommes de pratiquer leurs devoirs religieux. C’est pour cela que les dons du Saint Esprit, qui nous avaient été déjà communiqués au Baptême, nous sont en ce jour conférés d’une façon plus spéciale pour éclairer notre foi, la rendre plus vive et plus pénétrante, et fortifier en même temps notre volonté contre toutes les défaillances. D’où la nécessité de cultiver les dons du Saint Esprit, surtout celui de virilité chrétienne.