Jean-Jacques Stormay, Le combat d’aujourd’hui et l’État de demain
Ajouter à
On ne saurait accuser le chrétien de charrier une pensée orientale incompatible avec le génie indo-européen ; l’homme occidental, gréco-latin et celto-germanique, n’est nullement contraint de se trahir pour s’approprier à ce que l’antichrétien blanc tient pour le réquisit sémitique d’une religion venue de l’Orient. Le judaïsme est au christianisme ce qu’est la chrysalide à l’égard du papillon ; quand ce dernier survient, il ne reste rien d’elle. Le christianisme est surnaturel, religieux et non politique, vérité religieuse du politique, surnature magnifiant et transfigurant la nature sans lui enjoindre de renoncer à son excellence mais au contraire en exaltant cette dernière. Il fallait bien que le christianisme, dont les dogmes trouvent dans les catégories grecques de la pensée philosophique l’instrument adéquat de leur explicitation, s’anticipât dans quelque chose de non occidental pour que ce quelque chose eût raison de chrysalide ; si le christianisme s’était préfiguré dans une religion grecque, c’est la pensée grecque qui eût dû renoncer à elle-même pour faire advenir le christianisme qui n’eût pas, de ce fait, été véritablement chrétien.
Yeshayahou Leibowitz, Le Nouvel Observateur (24 décembre 1992)
Ajouter à
II n’y a [entre Juifs et chrétiens] ni héritage commun ni dialogue. Le christianisme est issu de sources juives, mais c’est une religion grecque. […] Pour nous, du point de vue de la foi, le christianisme n’a aucune importance. Mais, pour les chrétiens, depuis l’an 33, le fait même de l’existence d’un judaïsme est impensable. […] La base de la foi chrétienne est la négation de la légitimité du judaïsme. Le christianisme se considère comme le seul judaïsme authentique. […] Les papes [d’avant Vatican II] accomplissaient ce qui devait être accompli : la liquidation du judaïsme
Jean-Jacques Stormay, Idées portraiturées et fantaisies quodlibérales
Ajouter à
La cité antique n’a pas attendu le christianisme pour dégénérer ; les poisons qu’elle secrétait en son propre sein y suffisaient largement, et c’est le christianisme qui a sauvé ce qu’elle avait conservé de sain et d’intemporellement bon ; quand une religion coexiste avec une autre sans prétendre l’absorber, c’est qu’elle n’est pas à prétention universaliste, mais de ce fait elle convient à la culture et à l’histoire particulières de cet homme et non à l’homme en tant qu’homme qui palpite en chaque homme, elle n’épuise pas la quintessence de l’homme et donc elle ne prétend pas sublimer l’humanité dans l’homme ; il en résulte qu’elle est religion, effort de mise en relation avec le divin, mais au profit de l’homme en sa finitude, dans les intérêts de l’homme seulement homme, selon le caractère commun à tout ce qui relève de la magie et de la superstition, irrationnelle et hédoniste ; peut-on encore parler d’authentique religion, entendue comme mise en relation avec l’absolu, lequel ne peut être invoqué que pour être servi ? Et si le christianisme est né en Orient, c’est précisément parce qu’il se voulait sublimation de ce dont il se faisait procéder, achèvement qui parfait en exténuant ; il ne reste rien de l’esprit oriental dans le christianisme, en tant même que celui-ci se fait procéder de celui-là ; s’il était né en Occident, il ne se fût accompli en aspiration authentiquement religieuse qu’en se faisant oriental, ou bien il fût demeuré une religiosité particulière, laquelle, privée d’universalité, n’aurait pu prétendre au statut de vraie religion, mise en relation avec l’absolu, parce que, un et simple par définition, l’absolu est transcendant à toutes les manières particulières dont les hommes, par leurs seuls forces, s’efforcent à l’exprimer, afin de convenir à toutes en même temps.
Hervé Ryssen, La guerre eschatologique
Ajouter à
On ne peut douter de la sincérité d’Alain de Benoist dans sa défense de l’identité européenne et son opposition au mondialisme unificateur. Cependant, l’homme a une fâcheuse tendance à associer le judaïsme et l’Église catholique, de manière parfaitement inepte. La vérité est que le “judéo-christianisme” qu’il évoque n’existe guère que dans la bouche des intellectuels juifs ou des goys judaïsants, imprégnés de cosmopolitisme médiatique. Il est évident que la civilisation européenne, depuis deux mille ans, est helléno-chrétienne, et certainement pas “judéo”. Il nous suffit de constater que ce sont les juifs qui, depuis des décennies, portent les coups les plus rudes à notre identité européenne, et non les chrétiens. Ce sont les financiers juifs, en premier lieu, qui soutiennent les politiques d’immigration en Europe ; ce sont les producteurs juifs d’Hollywood qui déversent des cataractes de propagande cosmopolite et des tombereaux d’ordures sur nos écrans ; ce sont les intellectuels juifs, qui n’ont eu de cesse, depuis des lustres, de railler la religion catholique, de promouvoir l’égalité de tous et les droits de “l’Homme”, de nous culpabiliser par tous les moyens afin de dissoudre nos nations et notre culture commune helléno-chrétienne. Mais de Benoist porte des lunettes filtrantes : il ne voit pas les juifs.
Joseph Mérel, Fascisme et Monarchie
Ajouter à
Même un observateur non éclairé par la lumière divine de la foi est à même, par sa simple raison, de découvrir que le christianisme, en son essence catholique et à ce titre pleinement chrétienne, a trouvé dans les catégories gréco-latines de la pensée rationnelle, c’est-à-dire universelle ou catholique, les instruments adéquats de formulation de ses dogmes. Cette disposition native et cette rencontre ne sont pas le fait du hasard. Si le christianisme trouve en une certaine culture les éléments de son explicitation, c’est que cette culture constitue le cadre naturel de sa diffusion et par là réalise, dans l’ordre naturel, le terreau idéal et la disponibilité potentielle qu’en tant que vérité surnaturelle le christianisme contient superlativement et actuellement tout en le dépassant : pas d’accès à la grâce sans une nature pour la recevoir, pas de foi sans raison, pas de christianisme sans une culture pour l’exprimer ; le christianisme contient analytiquement l’ordre naturel comme le terminus a quo dont il se fait provenir en tant qu’il le pose comme son sujet et comme l’instrument de son explicitation, et le sublime.