Saint Jean Damascène
Ce n’est pas la matière que j’adore mais le créateur de la matière qui, à cause de moi, s’est fait matière, a choisi sa demeure dans la matière. Par la matière, il a établi mon salut. En effet, « le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente parmi nous » […] Cette matière, je l’honore comme prégnante de l’énergie et de la grâce de Dieu.
Saint Ignace d’Antioche, Actes du martyre (Chapitre VI)
Il n’est resté que les plus durs de ses saints os qui ont été reportés à Antioche et renfermés dans une châsse comme un trésor inestimable laissé à la sainte Église en considération de ce martyr.
Pape Saint Grégoire II, Lettre à l’empereur Léon III
Tu affirmes que nous nous prosternons devant des pierres, des murs et des planches de bois. Il n’en est rien, ô empereur ; nous y trouvons un rappel et un stimulant : ils élèvent vers le ciel notre esprit lourd et épais, ce qui est la raison d’être de leurs noms, de leurs titres inscrits, de leurs traits distinctifs ; mais nous n’en faisons pas des dieux, comme tu le prétends – et puisse cela ne pas arriver ! – car nous ne mettons pas notre espérance en eux. Et si c’est une image du Seigneur, nous disons : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, secours-nous et sauve-nous. Si c’en est une de sa sainte Mère, nous disons : Toi qui as porté Dieu, sainte Mère du Seigneur, intercède auprès de ton fils, notre vrai Dieu, pour le salut de nos âmes. Et pour un martyr : saint Étienne, premier martyr, toi qui as versé ton sang pour le Christ, puisque tu peux lui parler librement, intercède pour nous. Et pour tous ceux qui dans le martyre ont témoigné de leur foi, voilà ce que nous disons, voilà les prières que nous adressons par leur intercession ; et il n’est pas vrai, comme tu le prétends, ô empereur, que nous appelions « dieux » les martyrs.
Saint Jérôme, Contre Vigilance (Chapitre II)
Si les reliques des saints ne méritent aucune vénération, il a donc eu grand tort l’évêque de Rome, qui, sur les ossements de Pierre et Paul, vénérables suivant nous, vils et abjects d’après toi, offre le sacrifice du Christ au Seigneur, et regarde leurs tombeaux comme les autels de Christ.
Saint Athanase, Réponse au prince Antiochus
Nous autres chrétiens, loin d’adorer les images comme des dieux, à la manière des Grecs, nous nous bornons à témoigner notre affection et notre amour pour l’original dont la figure nous est présentée. Et c’est pourquoi, lorsque les traits de l’image sont effacés, nous ne faisons nulle difficulté de brûler comme inutile le bois qui l’avait reçue.
Saint Grégoire le Grand, Lettre IX à Sévérus
Ce n’est pas sans raison que l’antiquité a permis de peindre dans les églises la vie des saints. Si vous aviez défendu qu’on les adore, nous n’aurions qu’à vous louer; mais nous vous blâmons de les avoir brisées. Dites-moi, mon frère, avez-vous ouï dire que jamais quelque prêtre ait fait ce que vous avez fait ? A défaut de toute autre considération, vous deviez être retenu par celle de ne pas vous estimer seul sage et seul saint parmi vos confrères; autre chose est d’adorer la peinture et autre chose d’apprendre par elle ce qu’on doit adorer. Ce que l’Écriture montre a ceux qui savent » lire, la peinture le montre aux idiots qui ne savent que regarder.
Saint Basile de Césarée, Traité sur le Saint-Esprit
L’honneur rendu à l’image remonte au prototype.
Saint Jean Damascène, Troisième discours apologétique contre ceux qui rejettent les images saintes
Les apôtres ont donc vu corporellement le Christ, ses souffrances et ses miracles, et ils ont entendu ses paroles ; et nous aussi nous désirons voir, entendre et être proclamés heureux. Ils l’ont vu face à face, puisqu’il était présent corporellement ; mais pour nous, il n’est pas présent corporellement. Cependant, si nous écoutons ses paroles dans les livres et si notre ouïe est sanctifiée et par elle notre âme, si nous sommes alors proclamés heureux et si nous vénérons et honorons ces livres qui nous ont permis d’écouter ses paroles, nous pouvons aussi, grâce au dessin des images, contempler la représentation de sa figure corporelle, de ses miracles et de ses souffrances ; nous sommes alors sanctifiés, remplis de certitude et nous nous réjouissons, nous sommes proclamés heureux et nous vénérons, nous honorons sa figure corporelle et nous prosternons devant elle.
2ème concile de Nicée
Les représentations de la Croix précieuse et vivifiante, aussi les vénérables et saintes images, qu’elles soient peintes, en mosaïque ou de quelque autre matière appropriée, doivent être placées dans les saintes églises de Dieu, sur les saints ustensiles et les vêtements, sur les murs et les tableaux, dans les maisons et les chemins, aussi bien l’image de Dieu notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ que celle de notre Dame immaculée, la sainte Mère de Dieu, des saints anges, de tous les saints et les justes. Plus on regardera fréquemment ces représentations imagées, plus ceux qui les contempleront seront amenés à se souvenir des modèles originaux, à se porter vers eux, à leur témoigner, en les baisant, une vénération respectueuse, sans que ce soit une adoration véritable selon notre foi, qui ne convient qu’à Dieu seul. Mais comme on le fait pour l’image de la Croix précieuse et vivifiante, pour les saints Évangiles et pour les autres monuments sacrés, on offrira de l’encens et des lumières en leur honneur, selon la pieuse coutume des anciens.
Léonide Ouspensky, Théologie de l’icône (Page 103)
Si l’existence même de l’icône se fonde sur l’Incarnation de la deuxième Personne de la Sainte Trinité, cette Incarnation, à son tour, est affirmée et prouvée par l’image. Autrement dit, l’icône est un gage de la réalité non illusoire de l’Incarnation divine. C’est pourquoi, aux yeux de l’Église, la négation de l’icône du Christ équivaut à la négation de son Incarnation, à la négation de toute l’économie de notre salut. Voilà pourquoi, en défendant les images sacrées, ce n’est pas seulement leur rôle didactique ni leur aspect esthétique que défendait l’Église. C’est la base même de la foi chrétienne.
Catéchisme de la doctrine chrétienne
Le premier Commandement interdit-il de faire des images ? – Le premier Commandement n’interdit pas de faire des images, mais de faire des idoles ; c’est-à-dire qu’il interdit de faire des images que l’on adore ou honore comme des dieux.
Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels
Louer en outre la décoration des églises et leur ornementation, et aussi les images, en tant qu’on les vénère à bon droit à cause de ce qu’elle représentent. »Hugues de Saint-Victor, Commentaire sur la hiérarchie céleste « Tous les objets visibles nous sont offerts de façons visibles pour éveiller notre sens symbolique, c’est-à-dire qu’il nous sont proposés, à travers leur transmission figurée, en vue d’une signification des objets invisibles.
Bibliographie
- Saint Jean Damascène, Contra imaginum calumniatores orationes tres