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Identitarisme

Julien Langella, Catholiques et identitaires

L’éradication des différences culturelles par un vaste métissage planétaire, outre que ce soit de la science-fiction, ne supprimerait en rien la conscience identitaire des gens. Et pour cause : cette conscience découle du besoin d’appartenance qui caractérise l’humanité. Comme le rappelle Aristote, cette aspiration communautaire est caractéristique de la nature humaine : « celui qui n’est pas capable d’appartenir à une communauté, ou qui n’en a pas besoin parce qu’il se suffit à lui-même, n’est en rien [un homme], c’est soit une bête soit un dieu. » En effet, seul un chat de gouttière ou un être absolument parfait peuvent se passer de la chaleur du groupe. Plus on nie cette soif d’identité, plus elle revient sous une forme agressive : c’est le retour du refoulé. Cette volonté de purger la loi naturelle du besoin identitaire est antichrétienne. Le christianisme ne procède pas ainsi avec la nature humaine. Le christianisme supprime les mauvaises herbes envahissantes, mais il ne rase pas les jeunes pousses anarchiques, il les discipline pour qu’elles grandissent conformément à leur nature et pour le bien de tous. D’où au Moyen Âge, sous l’inspiration de l’Église, la purification de la force brute par l’idéal de la chevalerie, fondé sur le sens du devoir et le don de soi. Sans le modèle chevaleresque, beaucoup de seigneurs se seraient entre-tués. De la même façon, si on refoule le besoin identitaire, la revanche de l’identité bafouée sera incontrôlable. Les Docteur Maboul de l’idéologie du métissage nous préparent bien des massacres, ils auront du sang sur les mains.

Laurent Dandrieu, Église et immigration

L’Église n’a jamais confondu son universalisme constitutif avec le mépris des frontières et des identités particulières. S’il n’y a plus, comme le dit saint Paul, « ni Juif ni Grec » (Galates 3, 28), c’est au regard de la dignité et de l’amour de Dieu, pas au regard de la nature et de l’histoire : la meilleure preuve en étant que la suite de sa phrase affirme qu’au regard de l’unité en Jésus-Christ il n’y a « ni homme ni femme » – or l’Église n’est pas suspecte de nier la réalité et encore moins la dignité de l’altérité sexuelle.

Julien Langella, Catholiques et identitaires

Une identité, ce n’est pas 52 % de ceci, 38 % de cela et 10% d’autre chose. Une identité, c’est un mystère où s’entremêlent des réalités appartenant à des catégories tellement différentes que tout compte d’apothicaire est impossible : une foi, des paysages, un drapeau, un visage, des recettes de cuisine, un certain climat, une langue, etc. Une identité, c’est une subtile alchimie du sang, du sol et du Ciel. On ne peut en retrancher une partie sans dénaturer et affaiblir le tout.

Hildegarde, Radio Franche (Face au Péril Jaune : Souveraineté ou Identité ?)

L’identité, on peut la comprendre de deux manières. On peut la rapprocher étymologiquement du mot « identique », donc de ce qui va unir des personnes sur la base de choses communes. Cela peut être la religion, une identité chrétienne ; cela peut être une identité nationale, culturelle : on est français, européen. Cela peut être aussi une identité historique ; cela rejoint le concept de nation. Mais une identité, c’est aussi ce qui va nous séparer des autres. Si nous avons des choses en commun avec certaines personnes, il y a des personnes qui n’ont rien à voir avec nous ; cela peut être le cas des musulmans, etc. L’identité sera à la fois quelque chose d’« inclusif », entre guillemets, puisqu’elle va inclure des personnes qui se ressemblent, qui partagent des valeurs et des histoires communes. Et puis cela va être aussi exclusif, c’est-à-dire que cela va exclure des personnes qui ne font pas partie d’un même groupe. L’identité est un marqueur à la fois personnel et collectif, d’appartenance mais aussi de non-appartenance : on n’appartient pas à toutes les communautés qui existent sur Terre. L’identité, c’est donc ce qui va nous permettre de faire la délimitation entre eux et nous. L’identité fait la nation ; donc, si on perd son identité, la souveraineté n’a plus lieu d’être, puisque la souveraineté est le prolongement politique de l’identité, tout comme le nationalisme est le prolongement politique du patriotisme.