Saint Augustin, La Cité de Dieu (Livre I, Chapitre 21)
La même autorité divine qui a dit : « Tu ne tueras pas » a établi certaines exceptions à la défense de tuer l’homme. Dieu ordonne alors, soit par loi générale, soit par précepte privé et temporaire, qu’on applique la peine de mort. Or, celui-là n’est pas vraiment homicide qui doit son ministère à l’autorité ; il n’est qu’un instrument, comme le glaive dont il frappe. Aussi n’ont-ils aucunement violé le « Tu ne tueras pas » ceux qui, sur l’ordre de Dieu, ont fait la guerre, ou qui, dans l’exercice de la puissance publique, ont, conformément aux lois divines, c’est-à-dire conformément à la décision de la plus juste des raisons, puni des criminels
Pape Innocent III, Ejus exemplo (Lettre)
Le pouvoir séculier peut, sans péché mortel, exercer le jugement du sang, pourvu qu’il châtie par justice et non par haine, avec sagesse et non avec précipitation
Pape Léon X Proposition condamnée :
Brûler les hérétiques est contraire à la volonté du Saint-Esprit
Pape Pie XII, Allocution au Congrès d’histopathologie
Même quand il s’agit de l’exécution d’un condamné à mort, l’État ne dispose pas du droit de l’individu à la vie. Il est réservé alors au pouvoir public de priver le condamné du bien de la vie, en expiation de sa faute, après que, par son crime, il s’est déjà dépossédé de son droit à la vie
Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique (IIaIIae, Question 64, Article 2)
S’il est mauvais en soi de tuer un homme qui garde sa dignité, ce peut être un bien que de mettre à mort un pécheur, absolument comme on abat une bête ; on peut même dire avec Aristote qu’un homme mauvais est pire et plus nuisible qu’une bête.
Romain XIV, 4
Car le prince est pour toi ministre de Dieu pour le bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant ministre de Dieu pour tirer vengeance de celui qui fait le mal, et le punir.
Lactance, La colère de Dieu
C’est nuire que d’épargner celui qui nuit.
Saint Augustin, Traité du libre arbitre
Si l’homicide consiste à tuer un homme, il peut quelquefois n’être pas un péché. Ainsi le soldat qui tue l’ennemi, le juge ou l’exécuteur qui met à mort le criminel, l’homme qui, involontairement et sans s’en apercevoir, laisse échapper un trait meurtrier, me paraissent exempts de péché.
Saint Jean Chrysostome, 4e discours sur la Genèse
Un homme ainsi dégradé, c’est une peste, un fléau public, qu’il ne suffit pas de bannir de la cité, qu’il faut encore faire disparaître de la lumière. Un tel homme, en effet, est un ennemi public, un ennemi particulier, un ennemi commun de tous les hommes, de Dieu, de la nature, des lois, de la société des vivants. Voilà pourquoi nous devons tous participer à l’extermination, afin de purifier la cité.
Saint Augustin, Questions sur le Lévitique (LXVIII, 19)
Quand tu tues un homme justement, c’est la loi qui tue, et non toi.
Saint Jérôme, Commentaire sur l’épître aux Galates
Le commandement fait en vertu d’un droit légitime fait connaître et condamner le péché bien plus qu’il n’en est la cause.
Constitutions apostoliques
Tu ne tueras pas, c’est-à-dire tu ne feras pas périr un homme ton semblable car ce serait détruire la beauté de la création. Ce n’est pas que toute mise à mort soit répréhensible, seule l’est le meurtre de l’innocent, mais la mise à mort légale est réservée aux seuls magistrats.
Catéchisme du Concile de Trente
Il est une autre espèce de meurtre qui est également permise, ce sont les homicides ordonnés par les magistrats qui ont droit de vie et de mort pour sévir contre les criminels que les tribunaux condamnent, et pour protéger les innocents. Quand donc ils remplissent leurs fonctions avec équité, non seulement ils ne sont point coupables de meurtre, mais au contraire ils observent très fidèlement la Loi de Dieu qui le défend. Le but de cette Loi est en effet de veiller à la conservation de la vie des hommes, par conséquent les châtiments infligés par les magistrats, qui sont les vengeurs légitimes du crime, ne tendent qu’à mettre notre vie en sûreté, en réprimant l’audace et l’injustice par les supplices. C’est ce qui faisait dire à David: « Dés le matin je songeais à exterminer tous les coupables, pour retrancher de la cité de Dieu les artisans d’iniquité. » Par la même raison, ceux qui, dans une guerre juste, ôtent la vie à leurs ennemis, ne sont point coupables d’homicide, pourvu qu’ils n’obéissent point à la cupidité et à la cruauté, mais qu’ils ne cherchent que le bien public.
Saint Thomas d’Aquin, Questions quodlibétiques
De même arrive-t-il qu’une chose, considérée dans l’universel, soit mauvaise, mais qu’elle devienne bonne selon certaines circonstances particulières, comme tuer un homme est mal en soi, mais tuer un homme dangereux pour la multitude est bon.
Pape Pie XII, Discours aux curés et prédicateurs de carême de Rome
Sauf les cas de défense privée légitime, de guerre juste menée par des moyens légitimes, de peine de mort infligée par l’autorité publique pour des délits très graves déterminés et prouvés, la vie humaine est intangible.
Saint Bernard de Clairvaux, Sermons sur le Cantique
Il serait mieux sans doute qu’ils fussent punis par l’épée de celui qui ne la porte pas en vain, que de souffrir qu’ils en entraînassent d’autres dans leurs erreurs. Car il est ministre de Dieu, et il doit juger sévèrement celui qui fait mal (Rm 13, 4).
Francisco Suárez, Opus de triplici virtute theologica fide, spe & charitate
Il n’est rien moins que catholique d’affirmer que l’Église peut justement punir de mort les hérétiques. Cette peine n’est pas seulement juste, en tant que vindicative, elle est aussi nécessaire, et peut être dite médicinale en regard du corps de l’Église
Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique (IIa-IIae, Question 64, Article 2)
Si donc quelque individu devient un péril pour la société et que son péché risque de la détruire, il est louable et salutaire de le mettre à mort pour préserver le bien commun ; car « un peu de ferment corrompt toute la pâte »
Saint Alphonse de Liguori, Theologia moralis
En dehors des cas de légitime défense, il n’est permis à personne de tuer des malfaiteurs, sauf à l’autorité publique, et selon les lois.
Grand catéchisme de Saint Pie X
Y a-t-il des cas où il soit permis de tuer son prochain ? – Il est permis de tuer son prochain quand on combat dans une guerre juste ; quand, par ordre de l’autorité suprême, on exécute une condamnation à mort, châtiment de quelque crime, et enfin quand on est en cas de nécessaire et légitime défense contre un injuste agresseur.
Saint Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils
Comme certains font peu de cas des peines infligées par Dieu parce que s’attachant aux choses sensibles, ils n’ont souci que de ce qu’ils voient, la divine Providence a voulu qu’il y eût sur le terre des hommes qui, au moyen de punitions présentes et sensibles, contraignissent les autres à observer la justice. Et il est évident que ceux-là ne pèchent pas lorsqu’ils punissent les méchants. Personne ne pèche en accomplissant la justice. Or il est juste que les méchants soient punis, parce que, comme nous l’avons prouvé, le châtiment fait rentrer la faute dans l’ordre. Donc les juges ne pèchent pas en punissant les méchants. Plus encore, le bien n’a aucun besoin du mal, au contraire. Donc ce qui est nécessaire à la conservation du bien ne peut être mauvais en soi. Or il est nécessaire, pour conserver la concorde parmi les hommes, d’infliger des châtiments aux méchants. Donc il n’est pas mauvais en soi de punir les méchants. Le bien commun est meilleur que le bien particulier de l’individu. Donc il faut sacrifier le bien particulier pour conserver le bien commun. Or, la vie de quelques individus dangereux s’oppose à ce bien commun qu’est la concorde de la société humaine. Donc on doit soustraire par la mort ces hommes de la société humaine. De même que le médecin, dans une opération, recherche la santé, qui consiste dans l’harmonie bien réglée des humeurs, ainsi le chef de cité, par son action, recherche la paix qui consiste dans l’harmonie bien réglée des citoyens. Or le médecin fait une chose bonne et utile en coupant le membre gangrené si celui-ci menace de corruption le reste du corps. Donc le chef de la cité est juste et exempt de péché, lorsqu’il met à mort des hommes dangereux, pour que la paix de la cité ne soit pas troublée.
Saint Jérôme*, *Commentaire de l’Épître aux Galates
Il faut couper les chairs pourries et chasser de la bergerie la brebis galeuse, de peur que tout le troupeau ne souffre, ne se corrompe, ne pourrisse et ne périsse. Arius dans Alexandrie fut une étincelle ; mais parce qu’il n’a pas été aussitôt étouffé, son incendie a tout ravagé.
Bibliographie
- Gérard Guyon, Plaidoyer pour une peine capitale