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Nationalisme catholique

Charles Maignen, Nationalisme, catholicisme, révolution

L’idée nationaliste, ou plutôt l’instinct de l’âme française a groupé tout ce qui reste encore de la vieille nation baptisée ; les uns fidèles à sa foi religieuse et à sa foi politique, les autres gardant au moins l’amour de sa littérature, de ses arts, de ces gloires du sol et de la race qui font la patrie : catholiques, royalistes, antisémites, patriotes, artistes, poètes, écrivains en qui vibre l’âme de la France, soldats fidèles au drapeau ; jamais les éléments restés sains de la nation française ne s’étaient rapprochés dans un élan plus spontané.

Abbé Du Thail, National-socialisme et catholicisme

La République slovaque a pour président un prêtre catholique, Mgr Jozef Tiso (1887-1947) : celui-ci dirigeait en effet le Parti Populaire Slovaque (qui compte 36 000 membres en 1936), défendant au sein de la Tchécoslovaquie les intérêts de la minorité slovaque ; Mgr Tiso succédait au fondateur du parti, un autre prêtre catholique, l’abbé Andrej Hlinka (1864-1938), dont la milice du parti porte le nom en son honneur (la Garde Hlinka). Le président du gouvernement, Vojtech Tuka, qui dirige l’aile radicale du parti, est un catholique pratiquant, hostile à la laïcité et au libéralisme, au judaïsme et au protestantisme ; par ailleurs, le vice-président du conseil d’État est l’évêque de Spis, Mgr Vojtassak, membre du Parti Populaire Slovaque et proche de Mgr Tiso. La République slovaque est donc clairement nationale-catholique, avec pour mot d’ordre « Pour Dieu et la Nation ». Après la guerre, livré par les Américains aux Soviétiques et condamné à mort par les communistes slovaques, Mgr Tiso affirme « je me considère comme le martyr de cette loi divine et ensuite comme le martyr de la défense du christianisme contre le bolchevisme » ; il est pendu à l’aube du 18 avril 1947, un crucifix et un chapelet entre les mains.

G.K.Chesterton, Impressions Irlandaises

Il n’y a rien de plus pratique que l’idée nationale, car il y a énormément de choses nationales qui n’ont rien à voir avec la loi ou la politique. Un homme s’aperçoit qu’il vit en terre conquise qu’il aille au marché ou à l’église, ce qui lui arrive plus fréquemment que d’etre confronté à la loi ; et la récolte générale l’est a ses yeux beaucoup plus que les élections générales. Changez l’apparence du drapeau sur le toit et ce sera comme si vous aviez changé le soleil au milieu du ciel : les cheminées et les lampadaires même paraîtront différents. Pire, après un certain temps d’occupation, ils seront différents.

Chanoine Lionel Groulx, Le nationalisme canadien-français

Le nationalisme n’est pas en soi une réaction artificielle. C’est la réaction vitale, naturelle, donc légitime, de tout peuple ou nation qui veut vivre selon les lois de son intériorité spirituelle ou de son génie profond ; c’est une réaction particulière aux peuples ou groupes ethniques minoritaires ou subjugués, non absolument maîtres de leur vie. Réaction qui occasionnellement peut devenir agressive contre une menace d’oppression. Donc simple volonté de persévérer dans notre être ; rester ce que nous sommes, tels que la Providence et l’histoire nous ont faits ; le rester, non, sans doute, dans des formes inertes ni statiques, mais, comme il va de soi, dans le libre épanouissement de l’être vivant, telle pourrait être la formule du nationalisme canadien-français.

Maurice Barrès, Scènes et doctrines du nationalisme

Un nationaliste, c’est un Français qui a pris conscience de sa formation.

Corneliu Zelea Codreanu, La Garde de fer

Le but final d’une nation n’est pas la vie. C’est la résurrection. La résurrection des nations, selon notre rédempteur Jésus-Christ. La création d’une culture, la civilisation ne sont que des moyens, pour arriver à la résurrection, et non pas des fins en elles-mêmes, comme on a pu le croire. La civilisation est le fruit des talents que Dieu a semés dans une nation et dont celle-ci aura à rendre compte. Le temps viendra où toutes les nations de la terre ressusciteront, avec leurs morts, leurs rois et leurs empereurs. Chaque nation aura sa place devant le trône de Dieu. […] La nation est une entité dont la vie se prolonge au-delà de la terre. Les nations sont des réalité spirituelles : elles vivent non seulement ici-bas mais aussi dans le règne de Dieu.

R.P. Louis Lachance, Nationalisme et religion

Le nationalisme, qui n’est en somme qu’un patriotisme tendant à se munir d’organes durables de protection et d’agression, représente un système lié de moyens appropriés, mis au service d’un groupement d’individus marqués de caractères communs en vue de lui permettre de mieux participer aux valeurs humaines et divines et de mieux atteindre les fins temporelles et éternelles de l’homme.

Charles Maignen, Nationalisme, catholicisme, révolution

il ne suffît pas d’être antisémite, antiprotestant, anti-maçon, il faut affirmer quelque chose pour saisir et entraîner les passions généreuses d’un peuple. Aussi la lutte contre le triple adversaire n’a pris un caractère vraiment populaire et n’a soulevé les foules qu’à partir du jour où s’est dégagée l’idée maîtresse, la formule complète des revendications patriotiques, résumée en ce mot : le nationalisme.

Théotime de Saint-Just, La Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ d’après le Cardinal Pie

Dieu a fait naître d’un seul tout le genre humain : Il lui a donné le monde entier pour demeure. Il a défini le temps d’apparition de chaque peuple et lui a marqué le lieu de son établissement. L’Ordonnateur suprême a fixé l’heure de chacune des nations, assigné leurs frontières, déterminé leur rôle, réglé leur durée et leur part d’action dans l’œuvre générale. Les nations sont voulues de Dieu et conçues dans Votre grâce, Ô Jésus-Christ. En chacune d’elles vit une idée profonde qui vient de Vous, et qui est la trame de ses destinées. […] Dieu fait vivre les nations et les gouverne. Il leur envoie la richesse ou la pauvreté, les victoires ou les défaites, les bénédictions ou les châtiments, suivant qu’elles sont fidèles ou rebelles à Sa loi.

Joseph Mérel, Fascisme et Monarchie

Si l’antiquité s’est tout entière organisée politiquement à partir du fait des réalités nationales (fussent-elles progressivement intégrées à des empires), c’est par un lent processus que, depuis l’avènement du christianisme, l’organisation des multitudes a pris la forme politique, dans l’Occident chrétien, d’entités nationales. Même un observateur non éclairé par la lumière divine de la foi est à même, par sa simple raison, de découvrir que le christianisme, en son essence catholique et à ce titre pleinement chrétienne, a trouvé dans les catégories gréco-latines de la pensée rationnelle, c’est-à-dire universelle ou catholique, les instruments adéquats de formulation de ses dogmes. Cette disposition native et cette rencontre ne sont pas le fait du hasard. Si le christianisme trouve en une certaine culture les éléments de son explicitation, c’est que cette culture constitue le cadre naturel de sa diffusion et par là réalise, dans l’ordre naturel, le terreau idéal et la disponibilité potentielle qu’en tant que vérité surnaturelle le christianisme contient superlativement et actuellement tout en le dépassant : pas d’accès à la grâce sans une nature pour la recevoir, pas de foi sans raison, pas de christianisme sans une culture pour l’exprimer ; le christianisme contient analytiquement l’ordre naturel comme le terminus a quo dont il se fait provenir en tant qu’il le pose comme son sujet et comme l’instrument de son explicitation, et le sublime. C’est ce que n’ont compris ni le judaïsme, ni le protestantisme lequel n’en est que l’hystérèse en climat chrétien dévoyé : les travaux de Luther doivent tout à l’exégèse de cet élève des Juifs que fut Nicolas de Lyra, dont il fut dit : Si Lyra non lyrasset, Luthurus non saltasset (Si Lyra n’avait pas déliré, Luther n’aurait pas dansé). Puis donc que le paganisme gréco-latin est la préparation naturelle du christianisme qui en retour l’intussusceptionne, la diffusion du christianisme requiert la réassomption exhaustive, par les sociétés chrétiennes, des valeurs intègres à elles léguées par le paganisme qu’elles avaient commencé par combattre pour le convertir, comme malgré lui, à la vérité surnaturelle dont il n’était que l’anticipation naturelle incapable d’aller jusqu’au bout d’elle-même dans son ordre naturel, et par là infidèle à son propre concept. Donc ce façonnement historique national des sociétés chrétiennes était conforme aux intérêts du christianisme. Une telle appropriation eut lieu bien avant la Révolution française et au travers même de l’exercice féodal et dynastique du pouvoir, accouchant ainsi de peuples prenant conscience d’eux-mêmes par la promotion en chacun d’une certaine idée de l’homme, d’une culture, d’une sensibilité, d’un corpus de valeurs et d’un destin.

Charles Maignen, Nationalisme, catholicisme, révolution

Le mouvement nationaliste, s’il n’est pas violemment ou perfidement détourné de sa voie, peut être le point de départ d’une réaction puissante, le premier effort des Français pour reconquérir la terre des aïeux et reconstituer ce qui fut la France.

Adrien Arcand, Le malaise qui angoisse le monde actuel est-il voulu

Le nationalisme est l’exercice du droit d’un même peuple de diriger sa destinée, de se conduire lui-même, de prendre ses propres décisions, de jouir physiquement et moralement de tout l’héritage compris sur son sol et dans son sous-sol, de choisir ses alliés, de refuser de se soumettre aux pressions extérieures, d’affirmer ses droits financiers et économiques à l’intérieur de ses frontières, de proclamer le Christ comme Souverain et Législateur si ça lui plaît, de voir à ce que son héritage profite d’abord et avant tout à ses enfants et ses institutions, de repousser tout parasitisme venu du dehors, d’imposer sa Foi et son Espérance comme règles d’Ordre sur son propre territoire.

Jean-Jacques Stormay, Le combat d’aujourd’hui et l’État de demain

Par exemple le concept de nation, à tort méconnu ou méprisé par l’Ancien Régime, a resurgi chez les Jacobins, mais dévoyé, dégénéré en cet esprit nationalitaire qui désigne l’individualisme des peuples, reflet collectif et mise en œuvre historique de l’individualisme des personnes. Subsistant comme confisquée et défigurée par les sophistes, la vérité captive a vocation à être récupérée par les soldats de l’ordre des choses et de la cause de Dieu, afin d’être restituée à sa vérité première et intégrée au corpus de l’héritage des hommes de bonne volonté. De ce fait, n’étant pas partisan d’un retour plat au passé qui, du fait même d’être passé, attestait une carence, le fasciste catholique n’est pas un réactionnaire, et il se dit volontiers révolutionnaire parce que, à ses yeux, la simple réaction, loin de conjurer le surgissement de la décadence, fait renaître les conditions d’avènement de la révolution de gauche ayant balayé l’ordre ancien. C’est ainsi que le héraut de l’anti-jacobinisme, par là l’anti-mondialiste, se déclare et se veut, sans vergogne, nationaliste, quelque tordu que soit l’usage qu’a pu faire de ce concept la progéniture des Jacobins.

G.K.Chesterton, Impressions Irlandaises

Ceux-là voudraient que l’idée de nation, de sacrée, devienne secrète. D’une chose que chacun doit respecter ils veulent faire une chose qu’eux seuls pourraient comprendre. Le nationalisme est plus noble encore que le patriotisme, car le nationalisme suppose une loi des nations, il sous-entend qu’une nation est une chose normale, donc une chose parmi d’autres. Il ne peut exister de nations sans chrétienté, comme il ne peut exister de citoyens sans cité.

Julien Langella, Catholiques et identitaires

La nature et la grâce ne s’opposent pas : la grâce utilise la nature, à l’image des nations, comme un canal. La grâce enveloppe la nature comme un gant sur une main bien faite. Et pour cause : l’homme a été créé à l’image de Dieu. Le christianisme embrasse la nation comme une mère se donne à ses enfants. Si le salut passe par les nations, cela confère à chacune d’entre elles une vocation particulière, une mission. « Les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle, explique le cardinal Eugenio Pacelli, futur Pie XII ; ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu’ils sont dociles ou rebelles à leur vocation ». La vocation de la France est « sa mission religieuse », assumée autrefois par les « plus illustres maîtres ». Quand l’on voit quel point la France a rayonné sur l’Europe, le français étant parlé dans toutes les cours royales du Vieux continent au XVIIIème siècle, et plus généralement le rôle moteur de notre pays dans l’histoire européenne, il est clair que ses qualités ne lui ont pas été données pour rien. Cette notion de vocation nationale s’appuie sur des atouts bien réels. Pour la France, on peut évoquer la subtilité et la précision de la langue française, arme d’évangélisation redoutable. Pour l’Espagne, sa situation atlantique et péninsulaire l’a, comme qui dirait, « configuré » pour son expansion vers l’Amérique. L’Italie, au cœur de tous les courants méditerranéens, joua le même rôle pour l’Europe. L’Autriche et la Hongrie, quant à elles, furent le rempart de la chrétienté européenne face à l’islam conquérant. À chaque nation sa vocation selon les talents octroyés par le Bon Dieu. Reconnaissant la dignité des nations aux yeux de Dieu, et pour les soutenir dans leur mission historique, l’Église leur a donné des saints patrons : la Vierge Marie et sainte Jeanne d’Arc veillent sur la France ; saint Georges le tueur du dragon, sur l’Écosse, l’Angleterre, la Géorgie et l’Éthiopie ; Knut IV, la terreur des pirates, sur le Danemark ; saint Jacques le Majeur, dit Santiago Matamoros (« Tueur de Maures »), sur l’Espagne ; Etienne 1er, le roi fondateur, sur la Hongrie ; saint François-Xavier, le missionnaire explorateur, sur le Japon ; etc. Le Portugal, quant à lui, peut se targuer d’avoir un protecteur peu commun, en plus de saint Antoine de Padoue, en la personne de l’Ange du Portugal, apparu sous ce nom aux trois voyantes de Notre-Dame de Fatima en 1915: Lucie, Jacinthe et François.

Charles Maignen, Nationalisme, catholicisme, révolution

Le plan politique de l’Alliance-Israélite Universelle, c’est de substituer aux anciennes patries les États-Unis d’Europe et d’implanter partout le gouvernement démocratique afin d’exercer plus facilement sur le monde cette tyrannie anonyme des hommes d’argent, qui assure aux juifs la prépondérance et n’est nulle part plus facile que dans les démocraties. Le nationalisme, au contraire, réveille chez le peuple l’amour de ses traditions et de ses gloires. Il préfère ce qui est de sa race, de sa terre et de son sang à ce qui est exotique. Le nationalisme, en France, est nécessairement catholique, parce que le catholicisme est le lien religieux de notre unité nationale ; parce que, à toutes les époques de notre histoire, l’hérésie, le schisme, l’irréligion ont attenté à l’intégrité de la patrie. Le nationalisme, sans susciter entre les peuples de stériles discussions, maintient les séparations nécessaires à leur honneur comme à leur vie. Il abhorre le nivellement et l’uniformité ; il n’a pas de théories politiques ou sociales uniformes sous tous les climats ; il veut, pour chaque peuple, les institutions et les lois conformes à son génie. Le nationalisme est une réaction de la tradition contre l’utopie, des races historiques contre le cosmopolitisme moderne. De même que l’israélitisme libéral et humanitaire a trouvé son champ d’expérience et son paradis terrestre au nouveau monde, dans les Etats-Unis d’Amérique, de même le nationalisme a son foyer en Europe et là surtout où il est plus menacé, dans notre France. Il pourrait sembler, à première vue, que le nationalisme, en creusant les fossés, en relevant les barrières entre les peuples, contrarie l’action du catholicisme. Il n’en est rien cependant. L’Église est catholique, c’est-à-dire universelle, mais elle n’est pas internationale. Les juifs sont la seule véritable puissance internationale du monde parce que, répandus partout, ils sont incapables de s’identifier à aucune nation. L’Église, au contraire, bien qu’elle soit destinée à rayonner sur toute la terre, est susceptible, en même temps, de s’identifier à toutes les nations ; partout où elle baptise un peuple, elle devient le principe de son unité morale ; c’est sa manière d’être catholique en fait, comme elle l’est en droit. L’Église n’est pas internationale parce qu’il n’y a pas une seule partie d’elle-même qui soit sans nationalité. Le nationalisme dans le Pape est de droit divin ; l’homme peut être né français, allemand, italien ; dès qu’il devient Pape, il est romain et même roi de Rome, de cette Rome dont la destinée spirituelle et temporelle est tellement unie à celle du Souverain Pontificat, qu’elle n’en saurait plus être séparée. Si l’on nous permettait un néologisme, nous dirions que l’Église catholique est omninationale ; elle a mission non pas d’absorber, ni de supprimer, mais d’enseigner et de baptiser toutes les nations. Un mouvement vraiment et sincèrement nationaliste ne saurait donc porter ombrage à l’Église, et, s’il s’agit d’un peuple historiquement catholique, ce mouvement ne pourrait cesser d’être favorable au catholicisme que s’il cessait d’être vraiment national. Le cosmopolitisme, au contraire, l’israélitisme religieux et humanitaire, ne sera jamais catholique parce qu’il ne baptise pas les nations, il les désagrège et les dissout.

Bibliographie

  • Michel Berger, Le nationalisme est-il un péché ?