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Gauchisme

Andrew M. Lobaczewski, La ponérologie politique

Essayons de dresser la liste des tendances qui déforment le plus la réalité, et des autres insuffisances de la vision humaine du monde. Les émotions, qui sont des composantes naturelles de la personnalité humaine, ne sont jamais très appropriées à l’expérience de la réalité. Cela est dû tant à nos instincts qu’à des erreurs dans notre éducation. C’est pourquoi, les meilleures des traditions philosophiques et religieuses conseillent de maîtriser les émotions pour obtenir une vue plus exacte de la réalité.

Jacques-Bénigne Bossuet, Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même

Le plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses, parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet.

Oswald Mosley, Du fascisme au nationalisme européen (Page 584)

J’ai toujours condamné les atrocités, quel qu’en soit l’auteur. Certains de mes opposants condamnent les atrocités seulement quand ils n’aiment pas la politique de ceux qui les commettent : ils ne disent jamais un mot sur celles commises par leurs amis. Les communistes russes ont été coupables en temps de paix d’au moins autant d’atrocités que les Allemands ont commises en temps de guerre. Ils se donnent à peine la peine de le nier. Mais la gauche dans ce pays dit à peine un mot là-dessus. Vous ne les entendez pas beaucoup parler des atrocités des Rouges durant la guerre civile espagnole ou des atrocités noires au Congo, ou du groupe Stern en Palestine, ou du meurtre de sang-froid d’opposants par leurs amis à Cuba. Mais ils ont fait un boucan de tous les diables quand quelques policiers sud-africains ont ouvert le feu à Sharpeville pour échapper au sort de neuf de leurs camarades, qui avaient été coupés en morceaux par des émeutiers à Cato Manor quelques semaines avant. La gauche ne semble pas se préoccuper le moins du monde des atrocités de leurs amis. Ils ne se préoccupent pas d’atrocités, seulement de politique. Un tyran de leur camp peut massacrer les gens par millions. Mais un chef de police qui doit faire face à l’une de leurs émeutes organisées ne doit pas ordonner une charge à la matraque. C’est de la fumisterie – de la fumisterie malhonnête, mensongère.

Roger Scruton, De l’urgence d’être conservateur (Page 73)

Prenez n’importe quel aspect de l’héritage occidental dont nos ancêtres étaient fiers, et vous trouverez des cours, à l’université, consacrés à sa déconstruction. Prenez n’importe quel caractère positif de notre héritage politique et culturel, et vous trouverez des efforts concertés, à la fois dans les médias et l’université, pour le placer entre guillemets et lui donner l’air d’une imposture ou d’une supercherie. Or un important segment de l’opinion politique, à gauche, cherche à promouvoir ces critiques et à les transformer en actions politiques.

Simone Weil, L’Enracinement (Pages 116-117)

Le déracinement est de loin la plus dangereuse maladie des sociétés humaines, car il se multiplie lui-même. Des êtres vraiment déracinés n’ont guère que deux comportements possibles : ou ils tombent dans une inertie de l’âme équivalente à la mort ou ils se jettent dans une activité tendant toujours à déraciner, souvent par les méthodes les plus violentes, ceux qui ne le sont pas encore ou ne le sont qu’en partie.

Greg Johnson, Manifeste nationaliste blanc (Page 54)

Les gauchistes blancs ont pris la tête pour promouvoir la dépossession blanche, donc ce sont eux qui résisteront le plus à la politique identitaire blanche. Mais même eux retrouveront leurs esprits à la fin. La stratégie libérale est de vaincre les conservateurs en les remplaçant par des immigrants non-blancs qui voteront pour la gauche. Dès que le remplacement démographique blanc créera une majorité de gauche permanente, les gauchistes croient qu’ils pourront assurer le triomphe final de la tolérance religieuse, des droits des femmes, de la légalisation de la drogue, du droit à l’avortement, des droits des gays, des soins médicaux gratuits, du financement des arts, de l’environnementalisme, de la nourriture biologique, des droits des animaux, des petites communautés, etc. Mais aucune de ces valeurs n’est visible en Amérique Latine, en Afrique, en Inde, ou dans le monde musulman, qui sont les principales sources de l’immigration de remplacement racial. Les gauchistes blancs pensent-ils vraiment qu’ils pourront éternellement dicter une politique à ces gens, même après que les non-Blancs seront devenus la majorité ? C’est une hypothèse hautement douteuse. En fait, cela subodore une forme inconsciente de suprémacisme blanc. Pourquoi une majorité non-blanche montante continuerait-elle à défendre les valeurs des gauchistes blancs, qui ont abandonné leurs sociétés ? La nouvelle majorité ne tiendrait-elle pas au contraire les gauchistes blancs en mépris et ne chercherait-elle pas à refaire les nations anciennement blanches à l’image de leurs patries, où les valeurs gauchistes blanches n’ont aucune place ? Si c’est le cas, les choses que les gauchistes aiment disparaîtront aussi avec la majorité blanche.

Jean-Jacques Stormay, Doctrine du Fascisme Catholique en abrégé (Page 13)

Est de gauche tout esprit qui fait reposer l’identité humaine sur la pure subjectivité prise pour fin, privilégiant la liberté absolue au détriment du souci de vérité de ce fait reléguée au rang d’une opinion toujours relative, évolutive, révisable et contestable.

Pierre-Antoine Cousteau, Après le déluge

Je voudrais, pour une fois, — et, certes, je sais bien que ça n’est pas très commode — me mettre dans la peau d’un honnête militant de base du Parti Communiste. De préférence, un militant d’un certain âge qui ait eu le temps de vivre, depuis ses origines, — ne serait-ce que par la seule lecture de son Huma — l’exaltante aventure soviétique. C’est une aventure qui commence merveilleusement. Des intellectuels barbus, moustachus et binoclards ont traversé l’Europe ensanglantée dans un wagon plombé afin de venir à Pétrograd infléchir d’un coup sec le cours de l’Histoire. D’autres, tout aussi barbus, moustachus et binoclards sont venus de Finlande. D’autres de Sibérie. Ils ne sont pas nombreux, mais ils sont la super-élite du prolétariat, la fine fleur de la conscience marxiste, l’espoir suprême de la révolution. Et avec eux, les choses ne traînent guère. Un froncement de sourcils, quelques coups de pieds au cul, deux ou trois salves bien ajustées et les saltimbanques du gouvernement Kerensky rentrent sous terre. Voici changée la face du monde. Près de quarante ans ont passé maintenant. Et je ne suppose pas que mon militant de base puisse en être ébranlé pour autant dans la confiance qu’une fois pour toutes il avait accordée aux pèlerins barbus, moustachus et binoclards du wagon plombé. L’U.R.S.S. reste pour lui le sol sacré de l’espérance, le phare d’où vient toute lumière. Mais si le principe est sauf, l’estime inconditionnelle de mon militant pour les géants d’octobre a fatalement subi un certain nombre de retouches successives dont j’aimerais qu’il éprouvât au moins quelque trouble. Au début, la révolution, c’était Lénine et Trotsky. Et les traîtres — ce qui est bien naturel — c’étaient les agités, les instables, les utopiques, qui n’avaient pas su s’imbriquer dans l’orthodoxie bolcheviste, nommément les mencheviks et les anarchistes. Lénine et Trotsky eurent vite fait de leur mettre, sans littérature, un peu de plomb dans la tête. Malheureusement, le doux Lénine était d’une santé délicate et il ne tarda pas à être enlevé à l’affection de tous les déshérités de la planète. C’est alors qu’on s’aperçut que Trotsky n’était pas du tout le génie bienfaisant que l’on pensait. Ou plus exactement, c’est Staline qui s’en aperçut. Staline n’avait joué jusque-là, dans l’ombre des binoclards du wagon plombé, qu’un rôle modeste. Mais il occupait ses loisirs à se renseigner et dès que le regretté Wladimir eut cassé sa pipe, il n’hésita pas à faire profiter les camarades de ce qu’il avait appris : Trotsky n’était nullement le créateur de l’armée rouge, il était un homme de main des capitalistes, un agent des ploutocrates, une sorte de grand-duc ivre de sueur prolétarienne. C’était une première déception : une vipère galeuse s’était glissée dans l’éblouissante cohorte des rouges colombes de la révolution. Hélas, cette consternante révélation ne devait pas être la dernière. Quelques années plus tard on apprenait que Zinoviev et Kamenev, dont l’action avait paru si décisive en octobre 17, étaient, eux aussi, de vils provocateurs. Puis on apprit que Piatakov (ministre de l’industrie lourde) dont Lénine avait dit : « Il est un des meilleurs espoirs de la révolution », était en réalité (je cite l’acte d’accusation) « un des plus redoutables agents de la Gestapo ». Et que Radek, dont M. Édouard Herriot disait qu’il était « intelligent, clairvoyant, spirituel » (Orient, p. 398) n’était (je cite les Izvestia) qu’un « reptile rampant plein d’hypocrisie et cachant dans un sourire cajoleur des dents venimeuses ». Et que Sokolnikov, signataire du traité de Brest-Litovsk et ambassadeur à Londres, était un « espion allemand ». Et que Yagoda, ministre de la Police et liquidateur de Zinoviev et de Kamenev, était l’assassin de Gorki. Et que le maréchal Toukhatchevski, grand chef de l’armée rouge, était « au service de l’espionnage militaire d’une nation étrangère ». Et que Rikov, président du Conseil des commissaires du peuple de 1924 à 1930, qui avait « beaucoup plu à Lénine », était « un espion polonais ». Et que Boukharine, président de la IIIe Internationale et théoricien N° 1 du bolchevisme, « qu’on ne pouvait ne pas aimer », « travaillait depuis 1918 à la restauration du capitalisme et nourrissait une haine bestiale contre le socialisme ». Et que Krestinsky, ministre des Affaires étrangères, était « un espion allemand ». Et que Rakovsky, ambassadeur d’U.R.S.S. à Paris et à Londres, était « un espion anglais depuis 1924 et un espion japonais depuis 1934 ». Et que Grinko, ministre des Finances, avait dévalué le rouble pour « ruiner volontairement la puissance financière de l’U.R.S.S. », parce qu’il travaillait « pour l’Allemagne et pour la Pologne ». Et que Zelinski, secrétaire de l’Union des coopératives, avait « mélangé au beurre des clous et du verre pilé ». Et que Charangovitch, secrétaire du P.C. de Russie Blanche, avait « inoculé des bacilles aux bestiaux et détruit le cheptel ». Et caetera… jusqu’à Beria, « agent des impérialistes occidentaux »… et Staline, dont on admet aujourd’hui la mégalomanie, les erreurs « historiques » et — dans une certaine mesure, mais seulement dans une certaine mesure — qu’il épura un peu lourdement. Cela fait, en dépit de quelques réhabilitations (qui intéressent surtout les démocraties populaires), un terrible déchet. Tant de traîtres dans cette phalange immaculée des purs de la révolution d’octobre ! Et aussi tant de bourreaux. Staline, bien sûr, au premier chef. Mais aussi les traîtres eux-mêmes : Rakovsky, qui disait des zinovievistes : « Pas de pitié, qu’on les fusille ! » Radek, qui renchérissait sur les réquisitoires de Vichinsky, jusqu’au jour où il se trouva lui-même dans le box des accusés. Et également les survivants repus qui font aujourd’hui des mines dégoûtées, devant le cercueil de Staline après avoir tenacement approuvé tous ses crimes. Alors, grands dieux ! À qui pourrait-on encore se fier parmi les géants qui ébranlèrent le monde ? À Lénine, bien sûr. Celui-là a eu le bon goût de mourir assez tôt pour que ses forfaits — bien réels pourtant — restassent exclus des controverses entre bolcheviks et qu’il fût assuré de conserver ses privilèges de fétiche sacré. Mais les autres ? Les autres qui ne doivent leurs mines rebondies qu’à la souplesse de leurs échines, qui furent tout à la fois, à un moment ou à un autre, les complices des traîtres et les complices des bourreaux, les autres, Boulganine, Kroutchtchev, Malenkov, Mikoyan, Molotov… Êtes-vous vraiment certain, cher militant de base, qu’on ne va pas vous révéler à l’improviste leur indignité et leur infamie ? Ils vous inspirent confiance, ces bonshommes ? Vous me répondrez qu’il n’importe guère et que, selon la formule de M. Sartre, « le parti ne peut pas se tromper ». Faut-il alors que ses voies soient impénétrables pour qu’il n’ait trouvé d’autres truchements qu’une pareille collection de canailles. Pauvre militant de base…

Stepinac, Politique et religion, immanence et transcendance (Page 60)

Est de gauche tout homme qui refuse l’objectivité des valeurs morales destinées à servir de norme à la subjectivité par là tenue pour absolue et créatrice des valeurs dont la vocation coercitive sera toute dépendante du bon vouloir de la volonté humaine supposée souveraine. Autant dire que l’esprit de gauche est celui du subjectivisme et de la déification de la personne humaine.

Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être

L’idée de la Grande Marche […] est le kitsch politique qui unit les gens de gauche de tous les temps et de toutes les tendances. La Grande Marche, c’est ce superbe cheminement en avant, le cheminement vers la fraternité, l’égalité, la justice, le bonheur, et plus loin encore, malgré tous les obstacles, car il faut qu’il y ait des obstacles pour que la marche puisse être la Grande Marche. La dictature du prolétariat ou la démocratie ? Le refus de la société de consommation ou l’augmentation de la production ? La guillotine ou l’abolition de la peine de mort ? Ça n’a pas d’importance. Ce qui fait d’un homme de gauche un homme de gauche ce n’est pas telle ou telle théorie, mais sa capacité à intégrer n’importe quelle théorie dans le kitsch de la Grande Marche.

Paul-François Paoli, Quand la gauche agonise

Contrairement à une idée aussi tenace que répandue, la gauche n’aime pas les débats d’idées. Ce qu’elle appelle « débat d’idées » est généralement un débat interne : on discute en famille, de la gauche à la gauche. Vu de gauche, il est plus ou moins entendu que la droite a des intérêts ou des passions sordides, qui peuvent engendrer le nationalisme ou le racisme, mais qu’elle n’a pas d’idées. Quand un débat de civilisation la dérange, la gauche botte en touche au nom des sacro-saintes « valeurs républicaines » […]. Ainsi gagne-t-elle sur les deux tableaux : elle s’accorde une sorte de supériorité intellectuelle – on ne débat pas avec ceux qui ne sont pas dignes de débattre avec nous car ils n’ont pas de pensée digne de ce nom – tout en s’attribuant une supériorité d’ordre moral fondée sur l’idée que, par définition, l’homme de gauche est noble et généreux tandis que l’homme de droite est égoïste et mesquin. La gauche française exprime ces deux tendances depuis Robespierre : le dogmatisme des valeurs, les fameuses « égalité » et « fraternité », principes canoniques qu’elle est du reste incapable de définir et la tyrannie des bons sentiments, puisqu’elle prétend, depuis toujours, avoir le monopole du cœur et de la compassion.

Guillaume Faye, L’Archéofuturisme

Une évidence que nous devons toujours garder à l’esprit est le fait que, depuis le milieu du XXème siècle, la gauche s’est nourrie du mythe de la révolution et de la réforme. Il se fait passer pour étant contre le système, alors qu’il est le système. Il se fait passer pour l’opprimé, quand il opprime. Les réformes promues par la gauche socialiste, qui renforcent le statu quo, ne servent qu’à renforcer l’influence de sa propre idéologie. Quant à l’extrême gauche, qui semble actuellement en pleine renaissance, son rôle (comme celui des Verts et du Parti communiste) – maintenant que le projet d’instauration d’une société communiste apparaît ridicule – n’est qu’une forme plus prononcée de la gauche socialiste : renforcer l’idéologie et les structures de la machine égalitaire, en particulier dans son domaine de prédilection : l’immigration. L’extrême gauche sert à accentuer, accélérer et absolutiser les tendances de la société contemporaine, en les transformant en quelque chose de définitif. Il ne s’agit plus – comme c’était le cas en mai 68 – de « changer la société », mais de pousser la société égalitaire jusqu’à ses limites. L’extrême gauche a renoncé à l’idée d’élaborer des plans pour une autre société. Il ne se livre plus à des tirades anticapitalistes et anti-bourgeoises ; il n’a même pas assez de puissance d’imagination pour développer une nouvelle version du communisme (comme l’École de Francfort a tenté de le faire). Son discours se limite à la même vieille complainte : « Avançons sur la voie de l’égalitarisme ! » Tout en critiquant l’exclusion, il ne parvient pas à suggérer un modèle social ou économique alternatif. Il a recentré de manière obsessionnelle sa ligne doctrinale sur une question morale : l’aide aux immigrés – qui sont faussement considérés comme les seuls exclus – et la promotion de la déseuropéanisation sur le plan ethnique et culturel. Les réformes promues par la gauche sont des réformes fictives : rien n’est réformé et rien n’est résolu ; ce qui existe n’est que renforcé – en particulier notre crise actuelle.