Monseigneur Lefebvre, Ils l’ont découronné
La majorité ne fait pas la vérité, c’est la vérité qui doit faire la majorité.
Léon Bloy, Article du journal La Flamme (20 mai 1910)
C’est admirable. L’urne baille pour tout le monde, sans exception. Soyez Chinois, apache ou Groenlandais ; soyez du bagne, du ministère de l’Instruction publique, du bureau des Longitudes ou de la maison Dufayel ; soyez académicien ou aviateur ; soyez cocu, si cela vous chante : vous êtes inscrit, tout est au mieux. Il ne tient qu’à vous assurer le salut de la République et le bonheur du genre humain. Car ces deux objets seront le résultat nécessaire et tangible de votre vote. […] Aux âges de ténèbres où on ne connaissait pas plus le suffrage universel que la poudre à canon ou la pomme de terre, il était généralement et obscurément admis qu’un idiot devait être jugé tout à fait inapte à quoi que ce fût. Quelques-uns, il est vrai, furent monarques ou princes de l’Église et, quelquefois non des moindres, mais plutôt par naissance que par élection. Le suffrage, alors plus restreint, n’allait pas spontanément et de plain-pied aux crétins non plus qu’aux hydrocéphales. Autant que possible, on choisissait en haut. Aujourd’hui, on choisit en bas et telle est la victoire de la raison humaine démaillotée de ses vieux langes. […] Le suffrage universel, c’est l’élection du père de famille par les enfants. C’est donc l’extrémité de la démence, c’est l’immolation frénétique, systématique et mille fois insensée de la qualité par la quantité ; et par conséquent la course de plus en plus enragée vers l’inqualifiable.
Paul Morand, Journal inutile 1968-1972
« On » est un con. Admirable et profond. C’est tout le suffrage universel.
Gustave Thibon, Discours à Montmajour
La fatalité de la démocratie c’est de cultiver et de dilater jusqu’à l’éclatement le coté quantitatif du réel par le suffrage universel. Je n’ai pas à insister sur la loi du nombre ; la loi du nombre où le vrai, l’utile, le bien sont livrés aux caprices d’une foule, où l’individu manié par des propagandes est appelé à décider non ce qui le concerne -et directement, là où il a compétence-, mais sur des programmes abstraits, lointains, qui, par le fait même qu’ils s’adressent à tout le monde, ne concernent plus personne.
Herman de Vries de Heekelingen, Le fascisme et ses résultats
La conception libérale de la démocratie était d’ailleurs théoriquement assez sympathique. Elle était très simple et très nette : le peuple, sans aucune restriction, des plus humbles aux plus puissants, sans aucune distinction de rang ou de catégorie, devait choisir ses représentants. Ceux-ci étaient institués comme les exécuteurs suprêmes de la volonté du peuple, du Peuple Souverain ! Le suffrage universel devenait ainsi un dogme sacré, auquel personne n’osait plus toucher. Mais, dès que le chemin qui y menait avait été parcouru, et que les doctrines avaient passé de la théorie à la pratique, les défauts du système libéral sautaient aux yeux de tous ceux qui voulaient se donner la peine de réfléchir. Le Peuple Souverain est composé, en grande partie, de médiocrités, qui nomment ceux qui flattent leurs instincts, ou dont ils attendent quelque profit. Bon à être gouverné, il est incapable de choisir ses gouvernants. Les élus quand ils ne sont pas des affairistes, opérant pour eux-mêmes, ignorent à peu près tout des rouages compliqués de la société moderne, et ne mettent au service de la cause populaire que des formules creuses et une phraséologie d’avocats.
Nicolás Gómez Dávila, Carnets d’un vaincu
La démocratie ignore la différence entre vérités et erreurs ; elle ne distingue qu’opinions populaires et opinions impopulaires.
Louis Le Carpentier, Catholique et fasciste toujours
La nature a horreur du vide. Dieu étant mort pour nos penseurs modernes, il a bien fallu Le remplacer par autre chose. Certains se sont faits les chantres de la Raison ; d’autres, de la Liberté ; d’autres encre, de l’Égalité ; ils ont fini par choisir la Démocratie, qui, à elle seule, résumait toutes ces « valeurs ». À l’idée de Dieu s’est, finalement, substituée l’idée démocratique. Ses défenseurs inconditionnels croient fermement que la démocratie est la Justice même, ainsi seul moyen, pour les peuples, d’accéder au Bonheur ; et avec un tel apriori, la corruption, l’abus de pouvoir, voire le terrorisme auquel nous sommes actuellement confrontés, sont antidémocratiques plutôt qu’injuste ou immoraux. Ce qui est véritablement juste, proprement moral, c’est ce qui est démocratique. C’est pourquoi ceux qui s’opposent à la démocratie moderne – qu’ils soient royalistes ou fascistes, favorables à une contre-révolution ou partisans d’une révolution contraire – sont considérés par les bien-pensants comme des adversaires de la Justice et du Bonheur des peuples. Ce sont des ennemis dont les idées ne sont pas, et ne peuvent être, objet de « tolérance ». « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » disait Saint-Just ; traduisez : pas de démocratie -de liberté d’expression- pour les ennemis de la démocratie.
Joseph de Maistre, Lettre à M. Le Chevalier de Saint-Réal
Il faut peser les voix, et non les compter.
Corneliu Zelea Codreanu, La Garde de Fer
Or, il n’y a rien qui épouvante plus les juifs que l’unité parfaite, l’unité morale d’un mouvement ou d’un peuple. S’ils ont toujours été partisans de la démocratie, c’est qu’elle ne présente d’avantages que pour l’ennemi d’une nation. Car la démocratie brise l’unité et divise l’âme d’un peuple. Et l’intérêt des juifs exige que devant l’unité parfaite et le bloc solide des juifs de notre pays et du monde entier, une nation soit divisée en partis démocratiques pour se présenter désunie et être ainsi facilement conquise.
Julius Evola, Les Hommes au milieu des ruines
Le système qui s’est établi en Occident avec l’avènement de la démocratie – le système majoritaire à suffrage universel – impose d’emblée la dégradation de la classe dirigeante. En fait, la majorité, libre de toute restriction ou clause qualitative, ne peut être que du côté des classes sociales les plus basses ; et pour gagner de telles classes et être porté au pouvoir par leurs votes, il faudra toujours parler la seule langue qu’elles comprennent, celle qui met en avant leurs intérêts prédominants, les plus grossiers, matériels et illusoires, celle qui promet et jamais n’exige. Ainsi toute démocratie est, dans son principe, inscrite à l’école de l’immoralité ; Elle est une offense à la dignité et à la stature qui convient à une véritable classe politique.
Simone Weil
Un ancien exemple de décision démocratique : la demande populaire de libérer Barabbas, et de crucifier Jésus.
Bienheureux Anacleto Gonzales Flores, El plebiscito de los martires
[…] Et ce peuple éreinté par les farces électorales, aujourd’hui, dans le sursaut de la dernière chance, se dresse comme un seul homme sur les cendres de sa désillusion pour la démocratie des votes, il se jette avec une confiance aveugle dans les bras de la démocratie des martyrs. Désormais, nous ne voterons plus avec des morceaux de papier frappés du mensonge municipal. Désormais, nous voterons avec nos vies.
Pape Pie IX, Allocution à des pèlerins français (5 mai 1874)
Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but de les voir d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle ; et quand les sociétés secrètes s’en emparent, comme il arrive souvent, celui de mensonge universel.
Georges Bernanos, La liberté pour quoi faire ?
Le mot démocratie a déjà tellement servi qu’il a perdu toute signification, c’est probablement le mot le plus prostitué de toutes les langues. Dans presque tous les pays, la démocratie n’est-elle pas d’abord et avant tout une dictature économique ?
Louis de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, démontrée par le raisonnement et par l’Histoire
Des hommes dont toute la métaphysique est l’obscurité d’un esprit faux, et toute la politique les désirs effrénés d’un cœur corrompu, ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple. C’est là une proposition générale ou abstraite ; mais lorsqu’on veut en faire l’application à l’histoire ou par l’histoire, il se trouve que le peuple n’a jamais été et qu’il ne peut jamais être souverain : car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l’on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu’il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle part le peuple n’a fait des lois, qu’il est même impossible qu’un peuple fasse des lois, et qu’il n’a jamais fait, et qu’il ne peut jamais faire autre chose qu’adopter des lois faites par un homme appelé par cette raison législateur : or, adopter des lois faites par un homme, c’est lui obéir ; et obéir n’est pas être souverain, mais sujet, et peut-être esclave.
Nicolas Berdiaev, Le nouveau Moyen-Âge
La démocratie ignore la vérité, c’est pourquoi elle abandonne la découverte de la vérité au suffrage de la majorité. Il n’est possible de reconnaître le pouvoir quantitatif, de vénérer le suffrage de la multitude, qu’à la condition de ne pas avoir foi en la vérité, d’ignorer la vérité. Celui qui a foi en la vérité, et qui connaît la vérité, ne l’abandonnera pas aux violences de la majorité quantitative. La démocratie a toujours un caractère séculier, et elle est opposée à toute société de type sacré, car elle est formaliste, dépourvue de substance et sceptique. La vérité est de nature sacrée, et la société fondée sur la vérité ne peut être une société exclusivement séculière. Démocratie séculière veut dire séparation d’avec les bases ontologiques de la société, scission de la société humaine et de la Vérité.
Monseigneur Pierre-Louis Parisis, La démocratie devant l’enseignement catholique
Pour que la démocratie ait le droit de prétendre accorder plus de liberté aux hommes que les autres forme de gouvernement, il faudrait donc qu’elle donnât plus qu’elles à la société des garanties de sûreté, d’ordre et de paix. Or, qui oserait le soutenir ? ou plutôt, qui ne sait, qu’en appelant, à des époques rapprochées les unes des autres, une grande nation à se reconstituer du sommet à la base, on la jette dans un état fébrile, qui se prolonge longtemps encore après les opérations électorales, pour se renouveler ensuite, et sans fin. S’il se rencontre néanmoins des peuples qui vivent heureux et libres sous ce régime agité, c’est parce qu’ils se trouvent dans des conditions qui remédient à ce inconvénient, mais ce n’est certainement pas, et ce ne peut pas être le résultat naturel d’un système qui, par sa nature, est si remuant, si changeant, si inquiétant, que sous son empire la liberté individuelle est toujours plus ou moins en alarmes, et que dans cette mobilité perpétuelle les projets, quels qu’ils soient, ne peuvent se faire qu’à très courte échéance. Le besoin de changer ses chefs à des époques déterminées est encore, pour une autre raison, peu favorable à la liberté d’un peuple.
Cardinal Tommaso Maria Zigliara, Jus naturae
La forme du gouvernement représentatif est, de toutes, la plus imparfaite.
Maurice Bardèche, Les Temps modernes
Les régimes que nous appelons démocratiques sont une comédie au même titre que les démocraties populaires. La volonté nationale y est escamotée. Une caste de privilégiés s’y est emparée de la nation. Son pouvoir a pour condition la libre pénétration du pouvoir de l’étranger qui aboutit à notre division politique, à notre impuissance, à notre domestication. Finalement, sous prétexte de liberté, nous ne sommes plus maître de rien chez nous, ni de nos économies, ni de nos territoires, ni de notre destin. Nous ne sommes plus rien dans nos nations. Les temps modernes, c’est le temps de l’expropriation.
Monseigneur Freppel, La Révolution française
Ce qui est inadmissible, au regard du bon sens, c’est que, sous prétexte d’égalité, le nombre seul opérant par sa vertu arithmétique et en dehors de toute autre considération, devienne la loi suprême d’un pays ; que ni le talent, ni la fortune, ni la moralité n’entrent pour rien dans un calcul qui se réduit à une simple addition de voix ; qu’il soit indifférent au point de vue du droit, de représenter les intérêts de toute une famille, d’une corporation entière ou de n’avoir souci que de sa personne, et qu’en un jour d’élection, où se posent, dans le choix d’un représentant, que dis-je ? d’une forme de gouvernement, les questions les plus difficiles de droit constitutionnel, de relations avec l’étranger, des questions de vie ou de mort pour un peuple, le suffrage d’un individu sachant à peine lire et écrire, ou recueilli dans un dépôt de mendicité, pèse d’un même poids dans la balance des destinées nationales que celui d’un homme d’État rompu aux affaires par une longue expérience. Il n’est pas de sophisme qui puisse colorer d’un prétexte spécieux une pareille absurdité.
Syllabus de Pie IX Proposition condamnée :
L’autorité n’est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles.
Paul Bourget, Lettre à M. le Comte Aymer de la Chevalerie (10 juin 1904)
Ce mot magique de démocratie ne représente que des principes de régression, la plus complète méconnaissance des lois partout inscrites dans la nature; il est parfaitement faux que le mérite individuel puisse arriver à un développement utile s’il n’est pas appuyé sur des éléments familiaux. Il est parfaitement faux que les majorités créent le droit national, car un peuple n’est pas composé que des vivants, il est composé de ses morts et de ceux qui viendront, en sorte que les vivants ne sont que des usufruitiers dont, par suite, la gérance est limitée. Il est parfaitement faux que 1789 ait marqué pour la France une ère de régénération, et tout au contraire, si notre pays a présenté des signes de recul devant les nations concurrentes, c’est depuis lors.
Ezra Pound, Le travail et l’usure
La nature du régime démocratique est la suivante : deux ou plusieurs partis à la solde de l’usurocratie s’affichent aux yeux du public. Par souci pratique, et pour apaiser la conscience des niais, on laisse aux bonnes gens, à l’idéaliste solitaire, le soin de faire un peu de travail honnête, aussi longtemps qu’ils ne percent pas les machinations des divers rackets. Les plus épouvantables rackets sont ceux du cartel de la finance, par le biais de combinaison de monopoles, contrôlant la création ou l’émission de la monnaie à l’intérieur d’une nation, de concert avec les différentes monnaies étrangères. Lorsque se fait jour la possibilité d’abondance d’une ou de presque toutes les denrées, l’usurocratie ou consortium de l’usure déchaîne une guerre pour diminuer le pouvoir d’achat.
Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre
La démocratie partout et toujours, n’est jamais que le paravent de la dictature juive.
Stepinac, Politique et religion, immanence et transcendance
La plus radicale des perversions est celle qui substitue le bien privé de chacun au bien du tout, et cette perversion est réalisée dans la démocratie qui se propose pour fin, en proclamant la souveraineté de chaque individu, la somme et la coexistence des biens privés dont chaque détenteur sera supposé capable de définir infailliblement le contenu moralement légitime. Ce qui revient à avaliser le principe de la tyrannie de tous sur tous, parce que si chacun est pour lui-même sa propre fin, il est dieu, mais l’idée d’une pluralité de dieux est contradictoire, car il faudrait que chacun fût cause première et fin dernière de tous les autres en tant qu’il est un dieu, dans le moment où il lui faudrait accepter d’être effet et instrument des autres en tant qu’ils sont aussi des dieux ; d’où I’hostilité radicale exercée entre des hommes qui se savent dépendants les uns des autres et ne poursuivent d’autre fin que de s’en rendre indépendants pour les dominer, cependant qu’ils savent en même temps que la prétention de chacun à se vouloir divin présuppose l’acceptation de la prétention de l’autre à le vouloir aussi. La démocratie à souveraineté populaire est un bagne dans lequel sont enchaînés les uns aux autres des hommes qui au mieux s’ignorent, mais qui veulent s’ignorer parce qu’ils se méfient les uns des autres, qui vivent donc leur dépendance réciproque obligée dans la haine. Mais ce bagne est plébiscité par ses victimes, qui jouissent en cet enfer – comme dans l’autre qui les attend – du sentiment de liberté infinie parce que « libérée » du magistère d’une fin qu’elle n’aurait pas choisie. Et la masse, qui n’est plus un peuple, célèbre et entretient ce sentiment dans la recherche indéfinie des plaisirs matériels dont elle se masque la bassesse par l’invocation incantatoire de la « dignité de la personne humaine ».
Édouard Berth, Les méfaits des intellectuels
La démocratie, comme l’anarchisme et le “marxisme orthodoxe”, sont des mouvements abstraits, des systèmes d’idées abstraites, se mouvant dans la sphère traditionnelle des classiques antinomies de l’individu et de l’État, de la liberté et de l’autorité, de la science et de l’action, de la force et du droit, et impuissants à les dépasser ; la démocratie, qui, originellement, est un mouvement libertaire de limitation du pouvoir absolu, s’érige elle-même en pouvoir absolu et verse dans le plus complet des étatismes.
Edward Bernays, Propaganda
La manipulation consciente et intelligente des actions et des opinions des masses est un élément important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme invisible de la société, constituent un gouvernement invisible qui est le vrai pouvoir dans notre pays. Nous sommes gouvernés, nos esprits sont formés, nos goûts éduqués, nos idées suggérées, en grande partie par des hommes dont nous n’avons jamais entendu parler.
Adrien Arcand, La République Universelle
Pour faire oublier la funeste chose, on donne un nom populaire au système politique auquel elle préside : D É – M O – C R A – T I E ! Y a-t-il aujourd’hui en ce monde un mot plus propagé que celui-là, soit de ce côté-ci, soit de l’autre côté du « rideau de fer » ? C’est un mot qu’on ne définit jamais parce qu’aucune définition n’en peut se prouver par la réalité des faits concrets. Pourtant, c’est le mot qu’on vénère le plus, qu’on respecte le plus, qu’on encense le plus. C’est le mot initial et final, l’alpha et l’oméga qui comprend tout, qui renferme tout en lui-même. Si vous vivez, si vous respirez, si vous pouvez manger, travailler, chanter, rêver, être parfois heureux, si la machine à vapeur fonctionne, si l’électricité donne ses services, si le microscope grossit les objets, si nous avons des théâtres et des hôpitaux, si le soleil luit et le blé pousse, si les rivières coulent et le vent souffle, si même vous pouvez croire à quelque chose et ériger des temples, il n’y a qu’une explication à tout cela : DÉMOCRATIE ! Éliminez la démocratie, c’est la fin du monde, c’est le néant. Écoutez nos libéraux, nos socialistes et nos communistes hurler le mot, s’en gargariser avec des trémolos hystériques, voyez-les rouler des yeux extasiés quand ils le déclament, la bouche pâteuse, écumeuse, et vous comprendrez l’importance donnée à cette idole, ce fétiche des temps modernes, que le libéralisme nous fait adorer à la place du Dieu qu’il a détrôné parmi les hommes en niant ses droits publics sur les hommes. Cette idolâtrie, la plus stupide de toutes puisqu’elle ne repose sur rien du tout, explique pourquoi la partisannerie politique exerce sur les foules ignorantes une autorité plus forte qu’un culte religieux et, par voie de conséquence, que la matière a plus de prix que les choses de l’Esprit. Là encore, on ne peut blâmer ces pauvres foules, brebis dociles qui ont suivi les bergers mais ont commencé, d’instinct, à les déserter, devant le danger. Cependant on ne saurait acquitter les chefs, les bergers, qui ont trahi leur mission de conduire le troupeau vers des pâturages plantureux et des terres pacifiques pour le lancer dans des précipices et des torrents dangereux, exposé aux pires intempéries et aux menaces des bêtes fauves. Non seulement les chefs de la société ont conduit le troupeau sur le bord même de l’abîme, mais encore ils ont laissé usurper autorité, direction, contrôle, avec ce résultat que ce sont les éléments de destruction et de carnage qui aujourd’hui, dans la moitié du genre humain, règnent sans partage tandis que dans l’autre moitié, les mêmes éléments se préparent à compléter une conquête déjà commencée.
Maurice Bardèche, Nuremberg ou la Terre promise
L’État démocratique ne distribue de tâche à personne, il ne donne qu’une voix creuse, une liberté sans contenu, sans visage, qu’on dilapide en jouissances miteuses. Chacun est enfermé dans son égoïsme. Et chacun voit avec dégoût chez son voisin sa propre image et l’image de son triste bonheur. Et ils regardent avec haine ces miroirs de leurs misères.
Gustave Thibon, Retour au réel
Arrêtons-nous par exemple un instant sur le mythe démocratique du “peuple souverain”. Tous les bons esprits ont vu là depuis longtemps une formidable supercherie : d’une main, on donne au peuple un pouvoir pour lequel il n’est pas fait et qui, par conséquent, reste toujours quelque chose de spectral et de platonique, et, de l’autre, on lui enlève les droits qui conviennent à son rôle exact dans la cité. Le bulletin de vote a fleuri sur la tombe des libertés communales et corporatives.
Pape Léon XIII, Diuturnum (Encyclique)
Bon nombre de nos contemporains, marchant sur les traces de ceux qui, au siècle dernier, se sont décernés le titre de philosophes, prétendent que tout pouvoir vient du peuple ; que, par suite, l’autorité n’appartient pas en propre à ceux qui l’exercent, mais à titre de mandat populaire, et sous cette réserve que la volonté du peuple peut toujours retirer à ses mandataires la puissance qu’elle leur a déléguée. C’est en quoi les catholiques se séparent de ces nouveaux maîtres ; ils vont chercher en Dieu le droit de commander et le font dériver de là comme de sa source naturelle et de son nécessaire principe. […] En effet, refuser de rapporter à Dieu comme à sa source le droit de commander aux hommes, c’est vouloir ôter à la puissance publique et tout son éclat et toute sa vigueur. En la faisant dépendre de la volonté du peuple, on commet d’abord une erreur de principe, et en outre on ne donne à l’autorité qu’un fondement fragile et sans consistance.
Jules Barbey d’Aurevilly, Sensations d’histoire
La démocratie, qui semble être la règle du monde moderne, et qui n’en est que la punition.
François Furet, Penser la Révolution française
Il y a dans tout pouvoir démocratique une oligarchie cachée, à la fois contraire à ses principes et indispensable à son fonctionnement.
Arcand Adrien, Exposé des principes et du programme du Parti National Social Chrétien
Il ne s’agit pas de détruire la représentation populaire, mais de l’améliorer, de la pousser à sa plus haute perfection. Le fascisme ne comporte pas, suivant l’erreur ou le mensonge délibéré qui se sont répandus à son sujet, l’abolition d’aucune prérogative du peuple. Au contraire, il concilie tous les privilèges accordés par la démocratie avec une autorité réelle et permanente, et tient le gouvernement en contact constant avec le désir populaire, ce qui a toujours été impossible sous les autres régimes. Le système corporatif détruit ce qui divise le peuple et construit un mode gouvernemental qui unifie toutes les forces vives du peuple, les tient en éveil et en action, les fait coopérer ensemble et tendre vers un but commun. Le système démocratique actuel, ou régime des partis politiques, est à la base de la division nationale, le pire obstacle à l’unité nationale. Ce manque d’unité est cause d’instabilité économique, de bouleversements à chaque changement de régime, par l’oscillation des groupes d’influences. Un parti prend le pouvoir, aussitôt l’influence principale retombe dans le groupe des financiers ; un autre parti le remplace, aussitôt c’est la grande industrie qui prend les guides ; avec un autre, c’est le groupe du haut commerce ou des groupes étrangers. Mais, avec le système corporatif, aucun groupe : ni de l’intérieur ni de l’extérieur du pays, ne peut prendre plus d’influence qu’un autre ou commander la politique nationale à suivre, ou faire des pressions indues sur le gouvernement. C’est l’État qui mène, avec une autorité indivise, par l’instrument de son gouvernement, qui est en consultation permanente avec les grandes fédérations. Avec le système démocratique que nous avons. aujourd’hui, un gouvernement ne peut jamais être un gouvernement national. C’est le gouvernement d’un parti et il ne peut rien faire dans un sens contraire aux intérêts de son parti, même si l’intérêt national l’exige. Pendant qu’il est au pouvoir, les grands talents des autres partis, humiliés .dans l’opposition, s’acharnent à entraver par toutes sortes de moyen l’action du gouvernement, alors, que ces talents devraient se manifester de façon positive pour l’avancement de la cause nationale. Avec le corporatisme, tout doit être avec et dans l’État : rien ne peut être contre l’État. On discute, on critique, mais de façon positive, dans l’intention de faire quelque chose de bien plutôt que d’empêcher de faire quelque chose. À cause de son mécanisme, le système des parts politiques n’est qu’une occasion et une pratique permanentes de la corruption sous ses formes les plus immorales et les plus dégradées. Pour obtenir la majorité, qui n’est toujours qu’une affaire de puissance financière, on achète les consciences, on trafique sur les électeurs comme on trafique sur des veaux, on intimide, on salit, on corrompt. Ce serait un mal peut-être excusable si, comme résultat, chaque classe pouvait obtenir dans la représentation populaire un nombre de députés proportionné à son importance dans la vie nationale. Mais jamais cela n’a été permis. Il y a eu, dans nos parlements, des ouvriers., des cultivateurs, des commerçants, mais il n’y ont jamais été comme ouvriers, cultivateurs ou commerçants, mais comme libéraux ou conservateurs, à titre de partisans, chargés avant tout de faire triompher les intérêts des partis. Ce système du « parti avant tout », exigeant plus d’éloquence et de qualités oratoires qu’autre chose, a mis nos parlements à la merci d’avocats, qui y ont toujours eu une influence disproportionnée, alors qu’il aurait fallu surtout des hommes expérimentés dans la vie et les travaux des grandes classes industrieuses.
Charles Maurras, Mes idées politiques
Qui dit démocratie dit un double gouvernement : l’apparent, celui du nombre, le réel, celui des oligarchies et de l’or.
Jean Daujat, La face interne de l’histoire
Dans les débuts de la IIIème République des hommes qui étaient connus et estimés des électeurs dans leur circonscription pouvaient se faire élire sans être rattachés à un « parti politique » (le cas le plus frappant fut peut-être celui d’Albert de Mun) et par là des hommes d’expérience et de valeur politique authentique purent encore jouer un rôle important et souvent même influent, à quoi on peut aussi ajouter que les hommes portés au pouvoir par la IIIème République débutante avaient évidemment eu leur formation avant elle. Mais « le programme républicain » comportait la souveraineté absolue et sans limite de l’opinion et l’on devait aboutir à ce que les hommes ne soient plus choisis d’après leur valeur humaine mais d’après leur opinion, donc d’après leur appartenance à des « partis » qui s’unissent sur des courants d’opinion : les opinions ne sont pas issues de la compétence qui ne peut appartenir qu’à une élite – qui dans la masse peut être au courant de toutes les données de problèmes politiques très complexes ? – mais des courants d’intérêts ou de passions, et par là d’idéologies. La représentation populaire ne représentera plus les besoins et aspirations réels des hommes mais se divisera selon les idéologies en partis rivaux : on ne votera plus pour un homme mais pour un parti et nul ne pourra être élu sans avoir été choisi par l’état-major de son parti et présenté par lui aux électeurs, c’est ainsi qu’arriveront à régner les états-majors des partis. Et comme il sera fort rare qu’un parti ait à lui seul la majorité, il faudra des alliances entre les partis, alliances précaires et provisoires selon les intérêts du moment, d’où l’instabilité ministérielle et l’absence de continuité politique. Enfin les campagnes électorales et les journaux les préparant dans l’opinion exigeront de gros moyens financiers et par là les partis et la vie politique dépendront de groupes financiers plus ou moins occultes et c’est ainsi que se maintiendront facilement en place les maîtres du capitalisme.
Joaquín Torres Asensio, Le droit des catholiques de se défendre
Comment fixer l’objet de la vérité et de la justice ? Par le vote du plus grand nombre ? La loi des majorités est une théorie brutale qui établit la prédominance de la force, représentée par le nombre. Comme il y aura toujours dans le monde beaucoup plus d’ignorants que de savants, et plus de gens ambitieux que de gens désintéressés, la loi des majorités confère un privilège à l’ignorance et à l’improbité sur le savoir et l’honnêteté, et cela relativement au gouvernement de l’État, qui exige tant de connaissances et éveille tant d’ambitions ; elle établit enfin l’odieuse tyrannie des ignorants et des méchants sur les hommes instruits et vertueux.
José Antonio Primo de Rivera, Textos de doctrina politica
Les Partis doivent disparaître. Personne n’est jamais né membre d’un parti politique ; par contre, nous sommes nés membres d’une famille; nous sommes tous voisins dans une municipalité ; nous peinons tous dans l’exercice d’un travail. Or, si ce sont là nos unités naturelles, si la famille, la municipalité et la. corporation sont les cadres dans lesquels nous vivons, pourquoi aurions-nous besoin de l’instrument intermédiaire et pernicieux des partis qui, pour nous unir en des groupements artificiels, commencent par nous désunir dans nos réalités authentiques ?
Oliveira Salazar, Discours et notes politiques
L’esprit de parti corrompt ou avilit le pouvoir, déforme la vision des problèmes, sacrifie l’ordre naturel des solutions, se superpose à l’intérêt national, entrave – quand il ne s’y oppose pas complètement – l’utilisation des valeurs nationales au service du bien commun. Cet aspect de la question est, quant à moi, un des plus graves.
Abel Bonnard, Les Modérés
Pour garder quelques valeur de sincérité, il faudrait au moins que les élections eussent lieu le plus brusquement possible, et que chacun de ceux qui ont à voter fût transporté assez vite de sa vie ordinaire à son action politique pour n’avoir pas le temps de perdre sa sagesse en route ; les meilleures élections sont assurément les moins préparées. Mais il n’en va pas ainsi : ce n’est pas l’homme de la vie qui entre pour un jour dans la politique, c’est l’homme factice de la politique qui, tous les jours et dans chaque individu envahit, supplante et détruit l’homme du réel. L’agitation frénétique de la période électorale ne fait que brocher sur l’irritation permanente qu’entretiennent les partis et les journaux. Ainsi on dénature les hommes à qui l’on s’adresse ; avant de leur demander leur avis, on a déterminé leur réponse. La démocratie fabrique le peuple qu’elle consulte. Il n’y a pas de chemin du bon sens à l’urne ; il n’y a pas de voie ouverte à des vœux profonds, dans ce tumulte où toutes les passions jettent leur cri.
Oswald Mosley, Du fascisme au nationalisme européen
Certainement dans le fascisme nous éliminons complètement la conception de classe sociale, parce quelle repose sur le hasard de l’hérédité ; mais nous disons que certains hommes sont bons par nature pour faire certaines choses, et que d’autres ne le sont pas. Et dès que vous adoptez cette base de pensée, vous contestez toute la conception de la démocratie. Vous contestez la croyance que chaque question dans le monde, si compliquée soit-elle, peut être résolue par n’importe qui, si inexpérimenté soit-il ; et de fait, vu sous cet angle, c’est une chose absurde qu’un spécialiste du gouvernement ou de n’importe quoi d’autre puisse recevoir des instructions de gens qui examinent le sujet environ cinq minutes dans l’année. Si j’entrais dans un magasin technique, que je regardais l’ingénieur faire son travail, et que je commençais à lui expliquer comment faire, il me dirait à juste titre que je suis un pauvre prétentieux. De même, qu’on attende d’un homme qui n’a fait aucune étude des problèmes du pays pose sa chope de bière et aille voter pour donner des instructions détaillées sur la manière dont le pays doit être gouverné durant les quatre prochaines années nous semble être une idée absurde. « Tous les hommes sont égaux et tous les hommes sont également qualifiés pour donner un avis sur n’importe quel sujet, tant que c’est un sujet aussi compliqué que le gouvernement d’un pays », c’est l’interprétation des écrits de Rousseau par la social-démocratie et cette conception est manifestement absurde. C’est pourtant la base philosophique de tout le système démocratique. Nous contestons donc cette conception fondamentale selon laquelle tous les hommes sont égaux pour juger de tous les problèmes. Nous faisons nôtre la conception de l’égalité des chances, et nous nous opposons – et devons nous opposer – à la conception de l’hérédité privilégiée. Lorsqu’un homme a fait ses preuves, il peut s’élever jusqu’aux plus hautes positions dans le pays, et tout notre système éducationnel doit être conçu pour cela. Mais il ne doit pas être au sommet simplement parce que son père ou son grand-père était là avant lui. Donc d’une part nous contestons le privilège de la droite, et d’autre part nous contestons la doctrine absurde de la gauche selon laquelle tous les hommes sont égaux par nature.
Maurice Bardèche, Qu’est-ce que le fascisme ?
L’État démocratique n’a pas d’autre fonction que d’assister à ce qui se passe et de compter les coups en s’assurant seulement qu’ils sont joués conformément à une certaine règle. Il ne dirige pas le destin de la nation, il contemple le développement des forces de destruction et attend paisiblement qu’elles aient achevé de détruire la nation et la démocratie elle-même, satisfait seulement de constater que tout se passe selon une procédure réglementaire.
Joseph Goebbels, Combat pour Berlin
Le peuple ne veut se gouverner lui-même que si le système au pouvoir est malade et corrompu. Le peuple n’éprouve ni le besoin d’un certain droit de vote, ni celui d’une constitution soi-disant démocratique aussi longtemps qu’il est pénétré de la conviction que ses dirigeants poursuivent une bonne et honnête politique.
Édouard Berth, Les méfaits des intellectuels
La démocratie, on l’a dit bien souvent, ne connaît que l’individu, l’individu abstrait, la monade individuelle ; la société démocratique n’est que la juxtaposition de ces unités individuelles abstraites que sont les citoyens ; et le suffrage universel n’est que le moyen d’en faire la sommation.
Nicolas Berdiaev, De l’inégalité
Une démocratie pure, abstraite et autocrate, est la tyrannie la plus terrible ; elle tue l’homme. Le pouvoir illimité de tous est plus effrayant que le pouvoir despotique d’un seul.
Corneliu Zelea Codreanu, La Garde de fer
Avec la meilleure volonté du monde, l’homme politique devient, en régime démocratique, l’esclave de ses partisans. Ou il s’occupe de satisfaire leurs appétits personnels ; ou son groupe se désagrège. L’homme politique vit sous la tyrannie, sous les menaces permanentes de ses agents électoraux. Mis dans l’alternative de choisir entre l’anéantissement du parti, œuvre de toute sa vie, et les réclamations de sa clientèle, l’homme politique choisit de satisfaire ses partisans. Seulement ce n’est pas de sa poche qu’il paie ; c’est de celle du pays. Il crée des postes, des fonctions, des missions, des sinécures, aux dépens du budget de l’État qui pèse sans cesse plus lourdement sur les épaules du peuple, de plus en plus épuisé.
Abel Bonnard, Je suis partout (13 avril 1941)
Proclamer qu’on respecte la volonté du peuple, après s’être arrangé pour la fabriquer, c’est tout le secret de la démocratie.
Gustave Le Bon, Psychologie des foules
Les inconvénients du suffrage universel sont évidemment trop visibles pour être méconnus. On ne saurait contester que les civilisations furent l’œuvre d’une petite minorité d’esprits supérieurs constituant la pointe d’une pyramide, dont les étages, s’élargissant à mesure que décroît la valeur mentale, représentent les couches profondes d’une nation. La grandeur d’une civilisation ne peut assurément dépendre du suffrage d’éléments inférieurs, représentant uniquement le nombre. Sans doute encore les suffrages des foules sont souvent bien dangereux. Ils nous ont déjà amené plusieurs invasions ; et avec le triomphe du socialisme, les fantaisies de la souveraineté populaire nous coûteront sûrement beaucoup plus cher encore.
Joseph de Maistre, De la souveraineté du peuple
Mais de tous les monarques, le plus dur, le plus despotique, le plus intolérable, c’est le monarque peuple.
Charles Maurras, Mes idées politiques
Il est sûr que de quelque façon qu’on s’y prenne, c’est l’Argent qui fait le pouvoir en démocratie. Il le choisit, le crée et l’engendre. Il est l’arbitre du pouvoir démocratique parce que sans lui ce pouvoir retombe dans le néant ou le chaos. Pas d’argent, pas de journaux. Pas d’argent, pas d’électeurs. Pas d’argent, pas d’opinion exprimée. L’argent est le géniteur et le père de tout pouvoir démocratique, de tout pouvoir élu, de tout pouvoir tenu dans la dépendance de l’opinion.
Benito Mussolini, La Doctrine du fascisme
Le fascisme nie que le nombre, par le seul fait d’être le nombre, puisse diriger la société humaine ; il nie que ce nombre puisse gouverner au moyen d’une consultation périodique ; il affirme l’inégalité irrémédiable, féconde et bienfaisante des hommes, qui ne peuvent devenir égaux par un fait mécanique et extrinsèque tel que le suffrage universel.
Oswald Spengler, Années décisives
Les vieilles et dignes formes de l’État sont aujourd’hui en ruines. Elles ont été remplacées par le parlementarisme amorphe, décombres de l’autorité, de l’art de gouverner et de la sagesse politique de jadis, où les partis, ces hordes de politiciens-hommes d’affaires, se disputent le butin. La souveraineté héréditaire a été remplacée par des élections qui mettent au pouvoir des foules toujours nouvelles d’incapable.
Stepinac, Politique et religion, immanence et transcendance
Le seul régime politique susceptible de convenir au subjectiviste est la démocratie entendue dans la perspective de la souveraineté populaire. Or la démocratie ainsi entendue est contre nature et impraticable, pour cette raison simple que la souveraineté populaire, concrètement, se réduit et ne peut que se réduire à la tyrannie de la majorité sur la minorité. En croyant obéir à tous afin de n’obéir à personne et par là de n’obéir qu’à lui-même, le citoyen obéit à quelques-uns n’ayant d’autre légitimité à gouverner que celle du nombre, c’est-à-dire celle de la force, laquelle ne saurait faire droit puisque le propre du droit est de régir la force dont il est en demeure, pour être droit, de se distinguer. Puis donc que la démocratie est un régime inapplicable, elle ne peut être exercée qu’en se trahissant, et cette trahison ne peut être consommée que par le mensonge. Il en résulte que la démocratie est le régime qui convoque la falsification des faits, des décisions et des responsabilités en vue de conférer à la force les apparences du droit. Cette falsification opère à tous les niveaux de la vie sociale : politique, historique, scientifique, médiatique, culturel, militaire, économique, juridique et judiciaire. En tant qu’elle requiert le mensonge comme condition de possibilité absolument incontournable de son exercice, la démocratie ne peut pas se dispenser d’avoir presque systématiquement recours aux ressources des complots. Ressortit au complot toute entreprise collective dirigée par une minorité, agissant secrètement ou très discrètement, et visant à nuire à un groupe social ou à la société entière, en faisant croire à un danger imaginaire par exemple, afin de provoquer des réactions populaires qui servent les intérêts de la minorité agissante, réactions que cette dernière n’eut pas obtenues sans mentir. Le premier des complots, consubstantiel à l’idée démocratique, est le fait de faire croire à tous que la majorité est libre et assez bien informée pour s’estimer souveraine. Tous les autres complots procèdent du premier, lesquels, tous, visent à manipuler l’opinion pour lui faire choisir ce que la minorité décide de lui faire embrasser. Toute démocratie est une oligarchie plus ou moins masquée. Cela même est inévitable. En effet, la démocratie est le régime induit par la déification de l’homme, mais l’égalité entre des petits dieux n’est qu’un pis-aller : la condition divine est celle de la Cause première ; s’il y a plusieurs dieux, chacun est cause et effet, ce qui est contradictoire ; j’ai besoin des autres parce que j’ai besoin de la vie sociale, mais les autres sont autant d’offenses à ma dignité puisqu’ils revendiquent autant que moi le statut de dieu ; dans le moment où je plébiscite leur condition divine dans le but d’affirmer la mienne, je nourris sourdement le désir de me les subordonner ; le résultat de ce conflit structurel est la genèse d’une minorité agissante bien décidée à se subordonner la société entière. Il s’agira de forger une majorité donnant à tous ses membres le sentiment d’être souverains, mais de telle sorte que cette souveraineté soit celle d’une minorité inavouable qui manipule la première sans que celle-ci s’en rende jamais compte. Toute démocratie est une tyrannie. Elle est une tyrannie de tous sur tous parce qu’une coexistence de petits dieux ne peut être que conflictuelle. Elle est une tyrannie de quelques-uns sur tous les autres parce que l’individualisme qu’induit la déification de chaque conscience invite cette dernière à tenter de se soustraire au pouvoir des autres et de se le subordonner, et il en résulte que quelques-uns plus rusés, plus menteurs, plus chanceux, plus immoraux et plus démagogues que les autres y parviennent en confisquant à leur profit tous les moyens de conditionner l’information afin de faire vouloir aux consciences ce qu’ils veulent qu’elles veuillent. Ils leur font en particulier plébisciter des institutions conditionnant le mode de production des élites qui servira les intérêts de cette caste inavouable. Parce que toutes ces procédures sont logiquement induites par l’idée démocratique, tout esprit hanté par l’idée démocratique ne peut que les plébisciter, même quand il sait confusément que la machine tourne au profit de ceux qui l’exploitent et le tiennent en servitude. La démocratie est ainsi l’oligarchie plébiscitée par tous, le système par lequel les masses enfiévrées par l’esprit de liberté sans frein en viennent à plébisciter leur propre servitude. On connait les phases paradigmatiques, historiquement confirmées maintes fois, de ce processus d’avènement de la démocratie : une société d’ordre, incarnée en ordres hiérarchisés, immédiatement finalisée par un bien commun politique immanent et, médiatement, par le souci d’un Bien commun religieux transcendant, voit son élite aristocratique se fatiguer ou déchoir de sa vocation naturelle de médiateur entre le roi et le peuple ; le roi se voit contraint d’en appeler à une bourgeoisie pour pallier l’impéritie de l’aristocratie décadente ; pour des raisons diverses, la circulation des élites est compromise ; alors cette bourgeoisie en vient à conspirer contre le régime ; pour ce faire, elle favorise, par le mensonge diffusé grâce au pouvoir de l’argent, l’insurrection populaire afin de balayer l’autorité constituée ; elle laisse se produire des excès et des troubles graves qu’elle se propose de résorber, en pompier pyromane ; puis elle instaure un régime démocratique par lequel, achetant le peuple (après avoir spolié l’aristocratie et l’Église), elle conjure toute velléité de retour aux principes de l’ordre ancien ; mais, tenue pour une chose trop « sérieuse », trop dangereuse pour être confiée au peuple, la démocratie se voit instaurée en étant flanquée d’un pouvoir officieux qui prétend mieux savoir que le peuple ce que ce dernier doit vouloir et est supposé vouloir au fond de lui-même.
Jacques Baugé-Prévost, Le celtisme
Pour Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), plus le nombre est grand, plus il commande le respect. Cette idée a donné naissance à la démocratie moderne et au suffrage universel. On sait que la démocratie représente la forme gouvernementale où la majorité mathématique joue le rôle décisif. Défini de façon simple, on arrive au résultat suivant : cinquante et un individus ont toujours raison par rapport à quarante-neuf. C’est un non-sens. Car cinquante et un imbéciles n’auront jamais raison vis-à-vis de quarante-neuf personnes sensées. Il est parfaitement stupide qu’on recueille pieusement l’avis d’un sot, instruit ou non, sur les questions graves et difficiles que pose aujourd’hui toute politique. Le système politique qui repose sur le vote des « vieilles barbottes » gâteuses, des ivrognes, des débiles mentaux, des bien-pensants infantiles, en est un tellement absurde qu’il n’est pas un parlement moderne où l’on ne triche ouvertement. […] Or, de toutes les absurdités démocratiques, la plus repoussante est celle qui ne prétend à rien moins qu’à unir le démocratisme et le christianisme, pour former ce qui est connu dans l’histoire des insanités modernes sous le nom de « démocratie chrétienne » ou de « christianisme démocrate ». Cette funeste erreur naquit d’un désir exagéré de concilier et de faire vivre en paix des doctrines forcément inconciliables et ennemies, du fait même de leur propre essence. Le retour à l’Unité est la base même de l’enseignement du Christ. La multitude, c’est-à-dire l’addition des têtes, y compris les têtes vides, est le dogme de la démocratie.
Pierre-Antoine Cousteau, Pensées et Aphorismes
Le peuple choisit toujours Barabbas. Le plus simple est donc de ne jamais lui donner l’occasion de choisir.
Charles Danten, Requiem pour la bête
« C’est sur l’égalité absolue qui, par nature, n’existe pas et ne peut exister, insiste Jean Haupt que les démocrates fondent l’institution du suffrage universel. C’est le fameux principe « un homme, un vote ». » Dans ce système, le vote du plus taré, du plus illettré, du plus ignorant, du plus incompétent moralement et politiquement, du plus facilement manipulable par la propagande médiatique a exactement la même valeur que le vote du plus intelligent, du plus instruit, du moins manipulable et du plus compétent moralement et politiquement. Or, comme la majorité de la population appartient au groupe le moins compétent, c’est elle qui élit les candidats. Dans ce système, on présuppose que la majorité à un jugement émergeant meilleur que le jugement des parcelles qui la constitue, le citoyen lambda, et réciproquement, on présuppose qu’une minorité ne peut jamais avoir raison. Ce qui est faux dans les deux cas. Une majorité n’a pas nécessairement raison et c’est souvent l’élite minoritaire la plus compétente. La démocratie est donc l’opinion de la médiocrité.
Pierre Guyon et Bruno Hirout, Combat pour la France
L’abrutissement généralisé nous amène à nous poser des questions sur un autre grand problème majeur : la démocratie. En effet, s’il est acquis que les masses sont de plus en plus abruties et que leurs cerveaux sont anesthésiés par le divertissement et la consommation, comment pouvons-nous laisser le choix aux masses de décider de notre destin ? La démocratie est un véritable suicide. Laisser à des ignares et des incultes le sort de la France, c’est complétement fou. Beaucoup de Français qui ont le droit de vote ne sont pas à même de comprendre les enjeux économiques ou les dangers de l’immigration, ils peuvent tout juste comprendre certaines futilités liées par exemple au « pouvoir d’achat », et encore… C’est Georges Frêche qui nous disait : « Quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents […], je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse, dans deux ans pour être de nouveau élu, je ferai campagne sur des conneries populaires, pas sur des trucs intelligents que j’aurai fait. » Le socialiste avait tout compris (au moins un qui est honnête…) puisqu’il a été élu de nombreuses fois député et maire de Montpellier grâce aux voix des très nombreux « cons » qui ont voté pour lui. Winston Churchill, qu’on ne peut taxer d’extrémisme fasciste, allait dans le même sens : « Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen. » Et la situation ne va pas en s’arrangeant. En quinze ans, de nombreux pays occidentaux ont vu une chute vertigineuse de leur QI moyen due aux écrans ou à l’immigration massive. La France a perdu quatre points de QI en moyenne pour passer sous la barre des 100 points. Au rythme où l’on va, dans quelques années un grand nombre de Français seront à peine plus intelligents que le singe bonobo, mais rassurez-vous, ils pourront toujours voter !
Charles Maignen, Nationalisme, catholicisme, révolution
Le suffrage universel, tel qu’il est établi chez nous, est une institution profondément immorale, corruptrice des mœurs politiques et des idées. Par la force des choses, en vertu de cette inexorable logique qui fait plier à sa guise les hommes et les événements, le suffrage universel est de venu, en fait, pour la société française, la règle souveraine qui détermine les limites du bien et du. mal, de l’erreur et de la vérité. Tout dépendant de lui, tout s’incline ou feint de s’incliner devant lui ; lui-même, prétendant ne dépendre de personne, ne s’incline pas même devant Dieu. Depuis vingt ans, à tous ceux qui sollicitaient sa faveur, il n’a posé qu’une question : Etes-vous clérical ? Et il s’est fait juge de la foi. Maintenant il commence à poser une autre question : Etes vous nationaliste ? Et il se fait juge du patriotisme. Sera-t-il meilleur juge en cette matière ? Peut être, car elle est plus de sa compétence. Malheureusement, par sa composition, le corps électoral comprend cette fraction de la multitude qu’Aristote et saint Thomas d’Aquin s’accordent à appeler : bestiale.
Pape Léon XIII, Immortale Dei (Encyclique)
De ces décisions des Souverains Pontifes, il faut absolument admettre que l’origine de la puissance publique doit s’attribuer à Dieu, et non à la multitude; que le droit à l’émeute répugne à la raison ; que ne tenir aucun compte des devoirs de la religion, ou traiter de la même manière les différentes religions, n’est permis ni aux individus, ni aux sociétés; que la liberté illimitée de penser et d’émettre en public ses pensées ne doit nullement être rangée parmi les droits des citoyens, ni parmi les choses dignes de faveur et de protection.
Jean-Paul II, Centesimus annus (Encyclique)
L’Église apprécie le système démocratique.
Bibliographie
- Christophe Buffin de Chosal, La fin de la démocratie
- Abbé Emmanuel Barbier, Les démocrates chrétiens et le modernisme (Lien)
- Jean Haupt, Le procès de la démocratie
- Mgr Henri Delassus, Vérités sociales et erreurs démocratiques
- Hans-Hermann Hoppe, Démocratie, le dieu qui a échoué
- Dalmacio Negro Pavon, La loi de fer de l’oligarchie
- Nicolás Gómez Dávila, Les Horreurs de la démocratie
- Philippe Ploncard d’Assac, La démocratie contre le peuple
Edmond Demolins, A-t-on intérêt à s’emparer du pouvoir ?