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Existentialisme

Abbé Dominique Bourmaud, Cent ans de modernisme

L’existentialisme voit la liberté absolue – qui serait le tout de l’homme – comme la concurrente de Dieu. Admettre que Dieu existe, c’est perdre sa liberté et s’aliéner, c’est se voir affublé du titre peu honorable de « salaud ». C’est pourquoi les existentialistes les plus radicaux font choix de la liberté et renient Dieu. Et pourtant, cette liberté n’est pas tout de rose : c’est un instinct irrationnel, sans idéal, sans guide et sans but. Cette existence existentialiste est dramatique, c’est l’homme jeté dans une situation concrète, absurde et sans raison, l’homme qui n’a pas demandé à Dieu de naître. C’est l’homme condamné à la liberté, condamné à vivre sans étalon, ni règle du bien ou du mal, condamner à choisir sa destinée en sachant qu’elle ne conduit à rien, en sachant qu’elle conduit au néant. On comprend que le sentiment le plus révélateur de l’existence soit La nausée, titre d’un roman de Sartre. Les existentialistes mettent le point final en disant : « Je suis la source absolue ». L’homme s’érige effectivement en absolu sur les ruines de l’Absolu.