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Voltaire (François-Marie Arouet)

Abbé Nonnotte, Erreurs de Voltaire

On peut observer que Voltaire ne fait guère plus de cas de la nation, que de la Religion. On trouve dans ses écrits une affectation continuelle à rabaisser les Français, et à les mettre au-dessous des étrangers ; il ne nous représente la plupart de nos plus grands hommes et de nos plus beaux génies, que comme il nous a représenté les héros chrétiens et les Pères de l’Église. Est-ce par un mépris véritable qu’il a pour sa nation ? Est-ce pour se mettre lui seul dans un rang particulier, et au-dessus de tous les autres auteurs Français ? Quel qu’ait été le but de M. de Voltaire, l’homme équitable sera toujours offensé de la manière dont sont ordinairement traités les Français : il verra avec peine, qu’ils ne sont presque jamais que dans le fond des tableaux, et comme des ombres qui ne servent qu’à relever les traits brillants, sous lesquels il fait paraître les étrangers : il se fera un devoir de rendre justice au génie de Newton ; mais il ne traitera pas du philosophe Descartes, l’homme à qui, malgré ses erreurs, la Philosophie raisonnable a le plus d’obligation, et qui a mis tous ceux qui sont venus après lui, dans la route des véritables connaissances et des découvertes les plus intéressantes ; il estimera Locke, sans mépriser Malebranche ; il ne comparera pas Prior à la Fontaine; il admirera les talents militaires de Marleborough, sans affecter d’obscurcir ceux du grand Turenne ; il se croira obligé d’être , pour le moins, aussi équitable envers sa nation, que le font les Anglais eux-mêmes, malgré leur rivalité.

Charles Barthélémy, Erreurs et mensonges historiques

Voltaire a menti, toute sa vie, au monde entier ; le mensonge semblait s’être incarné en lui. Dès 1736, il écrivait à Thieriot, un de ses dignes suppôts : « Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal ; c’est une très grande vertu quand il fait du bien, soyez donc plus vertueux que jamais. Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. »

Jean Sévillia, Historiquement correct

Voltaire est le héraut le plus illustre de cet anticatholicisme militant. « Écrasons l’Infâme » : la formule claque comme un cri de guerre. Maniant tour à tour l’ironie ou l’érudition, le patriarche de Ferney décortique la Bible, jouant sur les contradictions des textes sacrés pour alléguer de leur imposture. Jésus n’étant qu’un homme, les dogmes chrétiens – l’Incarnation, la Résurrection – sont des mensonges destinés à maintenir l’emprise des prêtres sur des hommes à l’esprit faible. Mais Voltaire n’est pas athée. « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer » : c’est ce qu’il répond à d’Holbach. En réalité, si ce grand bourgeois tient à une religion d’État, c’est dans l’intention de maintenir l’ordre social. « Philosophez tant qu’il vous plaira entre vous, écrit-il dans son Dictionnaire philosophique. Mais gardez-vous d’exécuter ce concert devant le vulgaire ignorant et brutal. Si vous avez une bourgade à gouverner, il faut qu’elle ait une religion. » Toujours la peur du peuple… Le grand spécialiste de Voltaire, René Pomeau, reconnaît que « mesquin et généreux à la fois, il est capable du pire et du meilleur ». Les indignations de l’écrivain, paladin de la liberté, sont en effet sélectives. Lui parle-t-on de la persécution des catholiques anglais, il sort une réponse de sa manche : « Il ne s’agissait point d’une doctrine théologique. La loi de l’État ordonnait de regarder le souverain et non le pape comme chef de religion : c’était là une institution purement civile, à laquelle toute désobéissance devait être regardée du même œil qu’une révolte contre le pouvoir législatif » (Traité sur la tolérance). Admirant (de loin) la Russie, Voltaire ne voit pas les ombres du règne de Pierre I er ou de Catherine II. Admirant (de près) la Prusse, il ne s’offusque pas de l’intolérance de Frédéric II à l’encontre des fidèles de l’Église romaine. Au temps où il réside à Cirey, Mme de Grafigny souligne que Voltaire peut être « plus fanatique que tous les fanatiques qu’il hait ».

Mgr Ricard, Les chefs-d’oeuvre oratoires de l’abbé Combalot

Voyez donc Voltaire, cet apôtre de l’égoïsme, ce cynique du VXIIIème siècle, l’ennemi personnel de Jésus-Christ, lui qui disait un jour, juste ciel ! « Croyez-vous que Jésus-Christ ait eu plus d’esprit que moi ? » Il a empoisonné la France depuis cinquante ans. Le venin de ses livres circule dans l’Europe, dans le monde entier. Combien d’âmes il a corrompues ! Il est mort, mais le poison sur vit et propage ses erreurs. C’est comme un péché originel légué aux générations futures, ce sont des flots impétueux qui vont porter à tous les âges leur écume dégoûtante. Que d’âmes perverties par ces empoisonneurs publics crieront vengeance un jour !

Bibliographie

  • Abbé Nonnotte, Erreurs de Voltaire (Lien)