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Satan

Abbé G. Desfossés, Le démon – Cause et principe des maladies (Pages 15-16)

Si Satan n’était qu’un mythe, c’est-à-dire, un être imaginaire. Notre Seigneur ne lui aurait donc pas parlé ? Il n’aurait donc pas été tenté par lui ? Il ne l’aurait donc pas chassé du corps des malades ? Jésus-Christ se serait donc trompé, Lui, la vérité même ? Le récit des saints Évangiles ne serait donc qu’une fable, ou l’œuvre d’un visionnaire, ou d’un imposteur ? Est-ce admissible ? Non, le penser et le croire serait un blasphème, parce que nous lisons dans saint Mathieu (VIII, 29), dans saint Luc (IV, 34 et 41), dans saint Marc (I, 24), que les Démons eux-mêmes s’adressant à Jésus-Christ, lui disaient : « Nous savons qui tu es ; Tu es le Saint de Dieu » et encore : « Tu es le Fils de Dieu, Pourquoi viens-tu pour nous torturer et nous perdre ? » Ainsi, Satan s’avoue vaincu et perdu ; il proclame la Divinité de Jésus-Christ, en l’appelant le Fils de Dieu et il le supplie de ne pas le tourmenter. Les Évangélistes qui nous rappellent ces paroles, peuvent-ils se tromper et nous tromper ? Évidemment, non, puisqu’ils ont écrit sous l’inspiration du Saint-Esprit. Donc, encore une fois, le Démon existe.

Ernest Hello, L’Homme

L’homme médiocre ne croit pas au diable.

Jacques-Bénigne Bossuet, Élévations sur les Mystères, méditations et autres textes

« Comment êtes-vous tombé du ciel, ô bel astre du matin ! Vous portiez en vous le sceau de la ressemblance, plein de sagesse et d’une parfaite beauté ; vous avez été avec tous les esprits sanctifiés, dans le paradis de votre Dieu, tout couvert de pierres précieuses », des lumières et des ornements de grâce. « Comme un chérubin a des ailes étendues, vous avez brillé dans la sainte montagne de Dieu au milieu des pierreries embrasées : parfait dans vos voies dès le moment de votre création, jusqu’à ce que l’iniquité s’est trouvée en vous. » Comment s’y est-elle trouvée, par où y est-elle entrée ? L’erreur a-t-elle pu s’insinuer au milieu de tant de clartés, ou la dépravation et l’iniquité parmi de si grandes grâces ? Vraiment tout ce qui est tiré du néant en tient toujours. Vous étiez sanctifié, mais non pas saint comme Dieu ; vous étiez réglé d’abord, mais non pas comme Dieu, dont la volonté est sa règle, d’un libre arbitre indéfectible. Une de vos beautés était d’être doué d’un libre arbitre ; mais non pas comme Dieu, dont la volonté est sa règle, et dont le libre arbitre est indéfectible. Esprit superbe et malheureux, vous vous êtes arrêté en vous-même admirateur de votre propre beauté, elle vous a été un piège. Vous avez dit : Je suis beau, je suis parfait, et tout éclatant de lumière ; et, au lieu de remonter à la source d’où vous venait cet éclat, vous avez voulu comme vous mirer en vous-même, et c’est ainsi que vous avez dit : « Je monterai jusqu’aux cieux, et je serai semblable au Très-Haut. » Comme un nouveau Dieu, vous avez voulu jouir de vous-même. Créature si élevée par la grâce de votre créateur, vous avez affecté une autre élévation qui vous fût propre, et vous avez voulu « vous élever un trône au-dessus des astres », pour être comme le Dieu, et de vous-même et des autres esprits lumineux que vous avez attirés à l’imitation de votre orgueil. Et voilà que tout à coup « vous êtes tombé » ; et nous qui sommes en terre, nous vous voyons « dans l’abîme » au-dessous de nous. C’est vous qui l’avez voulu, ange superbe, et il ne faut point chercher d’autre cause de votre défection que votre volonté propre.