Père Roger-Thomas Calmel, Lettre (22 janvier 1971)
Même sans De Gaulle la résistance existait, même sans De Gaulle il y avait une armée de la résistance, justement une armée préparée en Afrique par celui que De Gaulle haïssait : l’homme de guerre et l’homme politique éminent que fut Pétain. Il avait fait préparer cette armée d’Afrique par Weygand. Donc abattre l’imposture de De Gaulle « initiateur de la résistance » qui sans lui, eût gardé le nom honnête de « revanche ». Qu’est-ce que De Gaulle a ajouté à la résistance ? Il y a ajouté la haine comme mobile dominant, il y a ajouté une division inexpiable entre Français, comme réalisation politique, il a confisqué la revanche à son profit et il l’a tournée contre toute l’immense fraction de Français qui refusaient de se faire ses sectateurs. La résistance existait sans lui, lui est venu pour la confisquer, l’empoisonner et la salir. […] Peut-être aussi vaudrait-il la peine de souligner que dans cette vie toute en exhibition on ne relève pas un seul trait de miséricorde et de grandeur d’âme. Envers qui a-t-il été miséricordieux, lui qui faisait parade d’être catholique pratiquant ? Une gerbe de fleurs sur la tombe de Pétain vingt ans après. C’est peut-être tout, mieux dire rien. S’il y avait une seule parole qui manifeste la grandeur d’âme dans les Mémoires, il vaudrait la peine de la citer. Il est mort sans souffrance, il est mort repu de santé, repu de richesse et de confort, repu d’honneurs et sans un acte de contrition. C’est quand même cela la mort des damnés. C’est ainsi qu’a dû mourir le mauvais riche de l’Évangile ; les prières universelles du cardinal Marty n’y feront rien du tout.
Roger Holeindre, Ça suffit !
Tout est à revoir, à réécrire ! On s’apercevra alors que des milliers, des dizaines de milliers de jeunes français patriotes sont morts à cause de trahisons de tout un tas de salauds et que monsieur De Gaulle , général à titre provisoire quelques semaines en 1940, n’était aucunement un prophète ni un visionnaire. La lecture de l’Histoire réelle de notre pays prouve que : – Sans lui, un autre général serait rentré vainqueur à Paris, grâce aux Alliés et à l’armée d’Afrique, qui vénérait Pétain et que reforma Weygand. – Sans lui, nous n’aurions pu eu les communistes au pouvoir. – Sans lui, « l’Épuration » n’aurait pas été une tuerie sans nom. – Sans lui, les fonctionnaires continueraient à prendre les responsabilisés dues aux ordres reçus. – Sans lui, nous aurions gardé l’Algérie et le Sahara. – Sans lui, la France de l’an 2000 ne connaîtrait pas l’immigration-invasion. En un mot comme en cent : – Sans lui, la France serait toujours la France, debout, fille aînée de l’Église catholique et romaine, fière de son passé.
Éric Brunet, Revue des Deux Mondes (Avril 2017)
Cette proximité entre le gaullisme historique et le communisme intéresse peu les historiens, qui ont pris l’habitude d’évacuer le sujet par une formule passe-partout : « À l’époque le PCF était incontournable. » Certes. Mais de Gaulle n’est-il pas allé trop loin en laissant les communistes élaborer les fondements de la nouvelle France retrouvée ? Car la connivence entre de Gaulle et le communisme stalinien est bien antérieure au CNR. Il apparaît que, dès le mois de juin 1941, le Général demanda à ses proches d’engager des relations diplomatiques avec l’URSS de Staline. De Gaulle insista : surtout pas un mot aux alliés de la France. Staline n’avait-il pas mené quelques mois plus tôt une politique d’annexions brutales et sanglantes ? Une partie de la Pologne, la Finlande, les trois États baltes, la Bessarabie, la Bucovine du Nord… Le 25 juin 1941, sans en parler aux Britanniques donc, De Gaulle fit passer un message secret à l’ambassadeur soviétique en Turquie, dans lequel il affirmait vouloir « nouer des relations directes avec le gouvernement soviétique ». De Gaulle proposa un accord politique à Staline. Il mena ces tractations dans le dos de Winston Churchill, qui n’envisageait alors qu’une alliance de circonstance avec l’URSS. […] Staline posera plusieurs conditions à cet accord avec de Gaulle. Notamment la réautorisation du PCF, dissous en 1939 par le gouvernement de la IIIe République pour cause de pacte germano-soviétique. En janvier 1942, alors qu’il était installé à Londres, de Gaulle eu le toupet d’écrire au général Catroux : « Nous sommes actuellement plus proches de la Russie que d’aucune autre puissance et j’espère que nous le montrerons bientôt par des actes diplomatiques et même militaires. » Le 4 décembre 1942, de Gaulle déclara à Ivan Maïsky, ambassadeur de l’URSS à Londres : « J’espère que les Russes seront à Berlin avant les Américains. » En 1943, de Gaulle appelle Fernand Grenier à Londres. Cet ancien député PCF de Saint Denis est un communiste dur. Il a séjourné en URSS, il a animé l’Association des amis de l’URSS, qui comptait 70 000 adhérents en 1936, et sa revue Russie d’aujourd’hui tirait à plus de 100 000 exemplaires avant la guerre. Il s’exprime une première fois sur la BBC le 15 janvier 1943. Il représente dès lors les communistes auprès des différentes instances de la France libre, mais il refuse un poste de commissaire du Comité français de la libération nationale (CFLN) proposé par de Gaulle car il n’a pas l’aval de Jacques Duclos, alors responsable clandestin du Parti communiste dans la France occupée. Le symbole est fort. […] Le 31 août 1944, alors que le territoire français n’était pas entièrement libéré, le gouvernement provisoire, dirigé par le général de Gaulle, s’installa à Paris. Feignant de craindre une prise de pouvoir des puissantes milices communistes qui régnaient sur une vaste partie du pays (et alors que les chars russes étaient à « deux étapes du Tour de France » de nos frontières), de Gaulle décida d’autoriser le retour en France du chef du Parti communiste, Maurice Thorez, interdit de séjour pour avoir déserté à l’automne 1939 et s’être réfugié à Moscou pour la durée de la guerre. À l’automne 1944, le Général amnistia Thorez. Fin novembre, il se rendit à Moscou et rencontra Staline pour signer le pacte franco-soviétique. Parallèlement, le leader communiste fit son grand retour en France. Le 30 novembre, Thorez prononça un discours décisif. Alors qu’un électeur sur trois était communiste, beaucoup redoutaient qu’il donne à son meeting une inflexion révolutionnaire. Il n’en fut rien : contre toute attente, le patron du PCF ratifia la dissolution des milices communistes et lança le parti dans le redressement économique du pays. Il est aisé de comprendre ce qui venait alors de se jouer : Staline avait renoncé à instaurer en France un régime communiste… En contrepartie, le pouvoir gaulliste acceptait la mise en place, en partenariat avec le PCF, d’un État-providence. Le pacte gaullo-communiste, qui allait structurer la vie politique française pendant des décennies, venait de naître. […] Les élections législatives du 21 octobre 1945, premières élections nationales depuis la fin de la guerre, consacrèrent le PCF, qui devint le premier parti de France, obtenant 26,23 % des voix, soit plus de 5 millions de suffrages. De Gaulle forma alors un second gouvernement dans lequel on comptait désormais cinq ministres communistes : François Billoux à l’Économie nationale, Charles Tillon à l’Armement, Marcel Paul à la Production industrielle et Ambroise Croizat au Travail, ainsi que Maurice Thorez qui, à peine rentré d’Union soviétique, fut bombardé ministre d’État. Même Léon Blum s’était gardé de nommer des communistes dans le gouvernement de Front populaire. Ces nominations n’avaient rien d’anodin car le PCF de l’époque était sans doute le plus stalinien des partis communistes étrangers. Pour l’anecdote, la divulgation des archives soviétiques apportera la preuve, des années plus tard, que même le portier du siège du Parti communiste à Paris, place Kossuth, avait été choisi par Moscou. Quoi qu’il en soit, en comptant une vingtaine de personnes par cabinet ministériel, c’est une centaine de membres du Komintern qui sont propulsés au sommet de l’État. Un cadeau que de Gaulle fait à Staline. Une machine de guerre qui ne jouera le jeu de la France que lorsque ce jeu fera celui de Moscou. Après la démission de De Gaulle, le 20 janvier 1946, les communistes restèrent dans l’appareil d’État. Selon les renseignements généraux, les infiltrés dans la fonction publique furent au nombre d’un millier.
Fred Zeller, Maître du Grand-Orient de France de 1971 à 1973,
C’est le général De Gaulle qui nous a rendu force et vigueur.
Jacques Laurent, Année 40 : Londres, De Gaulle, Vichy
Ce livre n’a d’autre ambition que de traiter de la naissance du gaullisme, c’est-à-dire du désastre, de l’appel du 18 juin, de l’armistice et des six mois qui le suivirent. Parmi les critiques les plus lucides du gaullisme, il en est beaucoup pour épargner cette période, non seulement l’épargner mais la vénérer, même, la consacrer. Ils veulent distinguer l’homme historique et providentiel du 18 juin 1940 de l’homme du 13 mai 1958, insouciant de sa parole. Ce qui ressort d’abord de cette étude, c’est la ressemblance de l’homme du 13 mai avec l’homme du 18 juin. Et si tel candidat à la présidence de la République, qui met en doute le sérieux, la loyauté et la sincérité républicaines du chef de l’État, s’est tenu dans le même discours de célébrer le sérieux, la loyauté et la sincérité du « chef des Français Libres », c’est parce qu’il prend de Gaulle pour le fondateur de la résistance. Or s’il est une évidence qui surgit avec force des pages qui précèdent, c’est bien que la résistance a été fondée en France par des fonctionnaires, des hommes publics, des particuliers, les uns directement liés à Pétain ou à des membres de son gouvernement, les autres indépendants mais bénéficiant à l’occasion du soutien du pouvoir, certains hostiles à ce pouvoir mais également hostiles au gaullisme. Le bilan a d’ailleurs été esquissé par Passy qui, dans ses Mémoires, a rappelé que pendant l’hiver 40-41 le gaullisme n’en était encore « qu’à l’époque des balbutiements », que des missions organisées en France les résultats pratiques avaient été « presque nuls », que s’il existait en France des mouvements de résistance civile, aucun d’eux « n’avait envoyé d’agent de liaison auprès du général de Gaulle ». Encore Passy se garde-t-il d’exposer ce que le lecteur de ce livre aura pu constater, à savoir l’ampleur du mouvement de résistance qui avait pris sa source à Vichy en août 40 et dont les moyens avaient vite été considérables. Il est exact que, par la suite, après 1942, de Gaulle devait confisquer à son profit cette résistance. Mais il n’en a pas été l’inventeur, sauf dans l’acception juridique du terme, lorsqu’il est employé pour désigner celui qui, ayant trouvé un trésor, se l’approprie. Non seulement de Gaulle ne créa pas la résistance française, mais encore les opérations qu’il inspira (notamment Mers-el-Kébir et Dakar) provoquèrent dans l’opinion un ressentiment contre l’Angleterre qui, exploité par quelques pamphlétaires, Béraud, Mauriac, enfanta de futurs miliciens, poussa bien des marins, dont Darlan, vers des velléités de collaboration. Cela, les premiers résistants le sentirent si vivement qu’ils refusèrent les contacts avec de Gaulle et que Loustaunau-Lacau, lors même qu’il souhaitait recevoir pour nourrir sa lutte contre l’Allemagne de l’argent gaulliste, tenait à préciser dans un tract – et c’était une allusion voyante à Dakar – que ses camarades et lui « n’avaient pas de sang français sur les mains ». Quant à l’Empire, où se forgeaient les futures armes de la France, de Gaulle s’est efforcé de le précipiter dans un combat qui, prématuré, eût été mortel. On voit que la naissance du gaullisme et la naissance de la résistance n’ont guère de points communs. Il ne pouvait en être autrement. Ce n’est pas que la situation d’un officier qui choisit Londres le mît obligatoirement en lutte plutôt contre ses compatriotes que contre l’ennemi ; mais cet officier était de Gaulle. Il avait apporté à Londres son âge mur, la susceptibilité où l’avait mis son impuissance à s’élever au-dessus d’une carrière banale, la certitude de posséder des qualités qui jamais ne seraient assez appréciées. D’abord il ambitionna moins d’agir que de se ménager une place dans le gouvernement que Reynaud, Mandel, Herriot se préparent à former quelque part. Puis, avec un début de désarroi, il en vient à solliciter son avancement d’un Weygand, d’un Noguès. Enfin, il se retrouve seul, mais soutenu par le chef du plus grand empire du monde, inclus dans un système dont Paul Reynaud lui a donné les clés et où, nul ne venant le retrouver, il goûte enfin l’ivresse d’être sans rival. Maurras a soutenu que ni la société, ni la patrie ne paraissaient à la troisième République aussi précieuses que la République elle-même. Rien n’était plus précieux à de Gaulle que de Gaulle, il considéra le pays qu’il a quitté comme une pépinière de rivaux sous les coups desquels risque de tomber finalement sa fragile monarchie de Carlton Gardens. Hitler n’étant pas un rival, de Gaulle n’a que faire de l’abattre, prêt même à lui offrir l’Afrique du Nord en prime pour peu qu’il le débarrasse de Pétain et de Weygand. Le parallèle est facilement exemplaire entre l’accueil que fit Pétain à un Dungler qui ne se disait pas pétainiste, qui critiquait même Vichy avec colère, qui n’était qu’un Alsacien fidèlement anti-allemand, et l’accueil que Fourcaud reçut d’un de Gaulle, tout irrité qu’un de ses lieutenants osât lui offrir une association avec le Maréchal, c’est-à-dire le risque d’une subordination. Si de Gaulle avait été plus patriote que gaulliste, il aurait sauté sur la double occasion qui lui était offerte d’entreprendre, avec l’appui du gouvernement de Vichy, une véritable action anti-allemande et d’exercer sur le Maréchal la pression qui lui était nécessaire pour défendre le vieillard contre ses faiblesses. Les Français y auraient gagné de ne pas être obligés plus tard de se mentir à eux-mêmes. Parce qu’en 40 ils avaient, dans leur immense majorité, approuvé Pétain – et Guy Mollet soutient qu’en 44 ils étaient encore pétainistes à 80 % – il leur a fallu, dès qu’il fut entendu que le Maréchal était un vieux traître et Vichy une succursale nazie, refouler une part d’eux-mêmes, s’inventer un passé convenable, bref s’aliéner. Comment de Gaulle ne mépriserait-il pas un peuple à qui il fait admettre qu’en juin 40 un seul homme eut l’honneur et 40 millions d’hommes en manquèrent, à ce point que, pour retrouver l’estime d’eux-mêmes, ils sont obligés de feindre, même à leurs propres yeux, d’avoir été gaullistes dès la première heure – ce qui est faux, même pour ceux qui luttaient déjà contre l’occupant. […] Un peuple adulte a le droit de connaître vraiment son histoire et même si, dans son exactitude, elle contredit la fable qu’un homme croit utile à sa gloire.
Henri Amouroux, Valeurs actuelles (13 décembre 1993)
Le gaullisme a imposé l’idée qu’il ne fallait pas signer cet armistice et que Vichy était illégitime. C’est fabuleux ! Mais, ce n’est pas sérieux.
Jacques Laurent, Mauriac sous De Gaulle
Le grand mensonge se craquelle. Le jour n’est pas loin où les Français sauront que lorsque De Gaulle envoya en France ses trois premiers missionnaires, Rémy, Fourcaud, Duclos (alias Saint-Jacques), ils trouvèrent comme appui en terre françaises les services vichyssois, des agents du maréchal Pétain, des morceaux de l’armée déjà structurés pour résister par ordre du général Huntziger. Ce que les spécialistes savent, les Français finiront par le savoir : le premier mouvement de résistance civile est le mouvement d’Alsace et son chef, qui vit toujours, sait mieux que personne que le premier appui qu’il rencontra fut celui du maréchal Pétain qui lui fournit l’argent et le matériel qui lui étaient nécessaires. L’un des missionnaires de De Gaulle, Fourcaud, à son retour de Londres, mangea le morceau : la résistance, c’était Vichy. […] Entre 40 et 44, l’œuvre de De Gaulle consista à s’adjuger des victoires qu’il n’avait pas gagnées, à s’attribuer des mouvements qu’il n’avait pas suscités, à prendre en main une turbulence héroïque à laquelle il n’avait pas participé. Car, dès que le drame eut été annoncé par les trois coups fatidiques, De Gaulle était à l’abri.
Henri de Kérillis, De Gaulle dictateur
Regardons la vérité du regard froid et dur de l’historien. Il a prononcé un discours et accompli un acte admirable en juin 1940, c’est tout ; il est entré sous les acclamations à Brazzaville où une poignée de fonctionnaires coloniaux et de soldats avaient fait le coup d’État avant son arrivée ; plus tard, en 1941, il est entré à Beyrouth en triomphateur, après que les Anglais et une poignée de Français commandés par Larminat eurent remporté la victoire sans lui ; plus tard, il est entré à Tunis en triomphateur, après que les Américains et Giraud eurent libéré l’Afrique du Nord sans lui ; plus tard, il est entré à Ajaccio sous une pluie de fleurs, après que des contingents de l’armée d’Afrique eurent libéré la Corse sans lui ; plus tard, il a débarqué en Normandie, après que les Américains et les Anglais eurent pris d’assaut les plages, les villages et les villes, toujours sans lui. Une nuée de propagandistes et de politiciens de sac et de corde le précédaient et l’accompagnaient. Il s’est fait acclamer par les malheureuses populations libérées et a commandé un banquet à Bayeux où les morts américains n’étaient pas encore enterrés. Plus tard, il est entré à Paris derrière les tanks de Eisenhower et ceux de la division Leclerc. Il s’y est fait proclamer « premier résistant de France », et il est allé passer sous l’Arc de triomphe élevé en l’honneur de Napoléon, le géant des épopées militaires françaises. La défaite de la France, les victoires des Alliés, et l’héroïsme d’une poignée de Français lui avaient fourni l’occasion miraculeuse de bâtir une légende et d’édifier une étonnante carrière politique.
René Rieunier, Réquisitoire contre le mensonge
Est-ce une fable si le financier Jean Laurent, de la Banque d’Indochine, sous contrôle Lazard-Rothschild, héberge De Gaulle à Londres en 1940 ? Est-ce une fable si, dès 1943, figurent au Comité de Libération national d’Alger : René Mayer, allié par sa mère aux Rothschild et fondé de pouvoir de leur banque, Jean Monnet, conseiller financier auprès de Washington ? Est-ce une fable si, à cette même époque, prennent déjà place dans l’entourage immédiat de De Gaulle : Jacquinot, gendre du banquier Lazard, Georges Pompidou, fondé de pouvoir à la banque Rothschild ? Est-ce une fable si entrent au gouvernement : Mendès, de chez Lazard, et tous les agents politiques de la haute finance, Reynaud, Edgard Faure, Pleven, Joxe, Mitterrand, Soustelle, Frey ? Est-ce un hasard si la loi du 2 décembre 1945, qui nationalise le crédit, ne frappe que les quatre établissements dont les actions sont détenues par le public (Société générale, Crédit lyonnais, CNEP et BNCI) sans toucher à aucune des banques privées et des banques d’affaires, cela sur l’insistance du général De Gaulle, précisera Jean Amiel. Est-ce donc un simple hasard si, en même temps, un décret pris par le gouvernement provisoire de Charles De Gaulle accorde à onze de ces banques d’affaires le privilège quasi-incroyable de ne pas publier leur bilan ? Est-ce un hasard si ces onze banques ont les noms suivants : Rothschild, Lazard, Worls, Goudchaux, Stern, Seligman, Odier-Bungerer, de Lubersac, Danon, Papineau, Mirabaud ? Est-ce un hasard si aucun gouvernement de la Quatrième (et plus tard de la Cinquième) ne touche jamais à ce privilège ? La haute finance, dès 1940, a compris qu’un État présidé par le Maréchal Pétain risquait, après la guerre, d’exiger des comptes. Elle a soutenu De Gaulle tout en le surveillant ; elle a même accepté provisoirement son alliance avec les communistes. Cependant certains côtés du personnage lui déplaisent et son caractère autoritaire et versatile l’inquiète. Il n’a été qu’une étape provisoire permettant à la Synarchie d’obtenir la défaite de la Révolution nationale et anticapitaliste de Vichy. Le but atteint, les hommes d’argent abandonnent le général De Gaulle. Ils préfèrent revenir au régime des partis si favorable à leurs combinaisons. Le gaullisme a donc permis au capitalisme de garder le contrôle efficace de la politique française.
Journal Officiel de la République Française (24 juin 1940)
Ministère de la Défense Nationale et de la Guerre. État Major Général. Par décision ministérielle du 22 juin 1940, la promotion au grade de Général de Brigade à titre temporaire de M. le colonel d’infanterie breveté de Gaulle (Charles, André, Joseph, Marie) est annulée.
José Castano, Rivarol n°2957
Roosevelt détestait De Gaulle et le considérait comme un dictateur en puissance, « un arriviste ». Il disait de lui : « De Gaulle se prend de temps en temps pour Clemenceau, de temps en temps pour Jeanne d’Arc. » Par contre, il estimait Giraud qui, arrivé à Alger fin 1942, n’avait qu’une idée en tête : recomposer une armée française pour continuer la guerre… d’où l’animosité sans borne que De Gaulle vouait à ce dernier. Churchill n’estimait pas davantage De Gaulle et dira du personnage : « De toutes les croix que j’ai portées, la plus lourde a été la Croix de Lorraine ». Un jour, il lui fit cette remarque qui le glaça : « Votre pire ennemi, c’est vous-même. Vous avez semé le désordre partout où vous êtes passé ! » Et le désintérêt – voire l’antipathie – qu’ils vouaient à De Gaulle amenèrent Churchill et Roosevelt à le tenir à l’écart de leurs projets concernant le débarquement du 8 novembre 1942 en AFN, si bien que l’homme de Colombey s’exclama : « J’espère que les gens de Vichy vont les refoutre à la mer ! » Tenu à l’écart, il le sera aussi lors du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, date à laquelle l’Armée d’Afrique défilait dans Rome qu’elle venait de libérer sous les ordres des généraux Juin et Monsabert. Cependant, cette mise à l’écart, au lieu de provoquer chez lui un sentiment d’humilité, aiguisera au contraire son orgueil démesuré et, désormais, sa seule devise sera : « Moi, De Gaulle ! » Cette paranoïa, cette ambition amèneront les catastrophes qui détruiront l’unité nationale. Dans ses principales destructions : l’empire et l’armée qu’il a toujours méprisée. On lui reprochera entre autres sa complicité dans la destruction de la flotte française par l’aviation anglaise, le 3 juillet 1940 à Mers-El-Kébir et le massacre de près de 1 600 marins ; dans l’attaque de Dakar, le 25 septembre 1940, par cette même armada anglaise, dans la guerre franco-française de Syrie dont il fut le principal responsable. À cet effet, en janvier 1941, le colonel Monclar, commandant la 13e DBLE et futur commandant du fameux bataillon de Corée, éprouvant quelques scrupules à l’idée de devoir tirer sur d’autres soldats français, s’adressa à De Gaulle en ces termes : « Mon général, en face il y a la Légion… La Légion ne tire pas sur la Légion… d’ailleurs vous nous avez affirmé que nous ne nous battrions jamais contre des Français… » Et le « chef de la France libre » de répliquer : « Monclar ! Les Français, c’est moi ! La France, c’est moi ! ». On lui reprochera aussi l’épuration de l’armée d’Afrique à qui il ne pardonna pas d’avoir « gagné sans lui » ; son opposition à la libération de la Corse par Giraud ; sa mise à l’écart de De Lattre et de Juin, généraux victorieux qui pouvaient lui faire de l’ombre. Son égocentrisme sera exacerbé quand le général américain Clarck rendra au général Alphonse Juin, après que l’armée d’Afrique se couvrit de gloire en Italie, un vibrant hommage en ces termes : « Sans vous et vos magnifiques régiments, nous ne serions pas là ! ». De Gaulle saura s’en souvenir…
Charles de Gaulle, Déclaration à Alger (1943)
Je vais redonner la République à la France et il n’y a aucune raison que je ne lui redonne pas aussi les francs-maçons
Antoine de Saint-Exupéry
J’aurais suivi De Gaulle avec joie contre les Allemands, mais je ne pouvais le faire contre les Français. Il me semblait qu’un Français de l’étranger devait se faire le témoin à décharge, et non à charge de son pays. Si je n’étais pas gaulliste, c’est que leur politique de haine n’était pas pour moi la vérité.
Colonel Louis-Christian Michelet, La légende gaullienne
Il est « politiquement correct », au XXIème siècle, de dire que la France, en 1944, a été libérée par de Gaulle, par les Forces françaises libres et par la Résistance. Délibérément ou pas, on oublie l’Armée d’Afrique ! Si de Gaulle n’avait pas existé ? Il importe de rassurer tout de suite le lecteur : la deuxième guerre mondiale se serait quand même terminée, et aux mêmes dates, par la défaite de l’Allemagne et du Japon. La France aurait quand même été libérée, ni plus tôt, ni plus tard, par l’action cumulée des armées alliées, britanniques, soviétiques et américaines, et d’une armée française de 750 000 hommes et femmes, l’Armée d’Afrique, celle de Weygand, de Juin, de Giraud et de De Lattre, qui ne devait rien à de Gaulle, bien au contraire. Issue de « l’Armée de transition stationnée en Afrique du nord et en Afrique occidentale » de 1940 à 1942, cette armée a écrasé l’ennemi en Tunisie (1942-43), puis en Italie (1943-44). Elle a libéré le tiers de la France, sauvé l’Alsace et poursuivi l’ennemi à travers l’Allemagne jusqu’en Autriche. Bir Hakeim, c’était 3500 combattants pendant 16 jours. La Tunisie c’est 80 000 hommes pendant six mois, l’Italie, c’est 120 000 hommes pendant huit mois. La Première Armée française, c’est 260 000 hommes pendant neuf mois. La 2è division blindée du général Leclerc, elle-même, a été prélevée, à 90% dans les rangs de l’Armée d’Afrique. Si de Gaulle n’avait pas existé, les relations du Gouvernement de Vichy avec la Grande-Bretagne auraient été beaucoup moins conflictuelles, plus proches de ce qu’elles étaient avec les États-Unis du temps de l’amiral Leahy. Churchill a déclaré : « Je n’ai jamais dit que le Gouvernement de Vichy, en signant l’armistice, avait commis un acte de trahison, mais j’ai trouvé à Londres quelqu’un qui le prétendait. C’était un général français : je m’en suis servi ! » De même, la propagande gaulliste s’est ingéniée à répandre dans toutes les parties du monde libre, Empire britannique, États-Unis, Amérique latine, etc., l’image d’une France dévoyée, abandonnant ses alliées en plein combat, et qui s’était mise spontanément au service du IIIè Reich. Cette image dégradée persiste encore de nos jours dans certains pays, Russie, Australie, Nouvelle-Zélande. Si de Gaulle n’avait pas existé, on n’aurait pas pour autant évité Mers-el-Kébir, ni probablement Dakar. Mais à coup sûr il n’y aurait eu ni affaire du Gabon, ni affaire du Levant, avec tous ces morts inutiles, tant chez nous que chez nos alliés. De Gaulle n’a jamais rien fait pour établir et maintenir des relations harmonieuses avec nos Alliés. Il n’a rien fait non plus pour doter la France libre d’un potentiel militaire efficace. Il faut bien dire que ses agressions contre la France, Dakar, le Gabon, la Syrie, ont détourné de lui, sinon les meilleurs combattants, du moins un bon nombre d’entre eux. Il n’a jamais eu que des effectifs dérisoires, sans grande efficacité, en dépit de leur vaillance. Sa perpétuelle animosité envers les Alliés a dissuadé ceux-ci de lui procurer l’armement le plus moderne. Bien plus, il est allé jusqu’à torpiller sciemment une partie de l’effort de réarmement de l’Armée d’Afrique. A cause de lui, le programme de réarmement consenti par les Américains, dit « programme d’Anfa », a été réduit de onze divisions à huit. Pourquoi ? Parce que la préoccupation de De Gaulle n’a jamais été de contribuer à la victoire des Alliés, à la défaite de l’Allemagne, à la libération du sol national, mais de s’emparer du pouvoir par tous les moyens et de le conserver à tout prix, pour éviter que qui que ce soit, Darlan, Giraud, Flandin, Chautemps ou un autre, vienne lui en disputer tout ou partie. Oui, de Gaulle voulait le pouvoir, et ne voulait rien d’autre, peu importe dans quelle direction et dans quel but, même au prix du sang versé, même si ce sang était celui des Français. Contre l’Allemagne, de Gaulle n’a pratiquement rien fait, pas même vitupéré : il a vitupéré contre Vichy, contre les Britanniques, contre les Américains, et surtout contre l’Armée française. Contre l’Allemagne, pratiquement rien.
Pierre-Antoine Cousteau, Après le déluge
Qu’adviendra-t-il de la France dans la confusion qui suivra la défaite allemande ? C’est la question que se posent avec angoisse tous ceux qui conservent le sens national. Or les appels quotidiens de la B.B.C, ont créé en France un climat de guerre civile. Et les communistes entendent bien profiter des circonstances pour s’emparer du pouvoir. Il ne s’en cachent pas. Ils sont armés. Ils sont organisés. Comment s’opposer à leurs entreprises ? D’abord, en s’abstenant de leur concéder l’auréole patriotique qu’ils revendiquent. Et aussi en s’abstenant de saper l’autorité des ministres et des fonctionnaires qui assurent, sur le territoire national, la permanence de la France. Or que fait le général du 18 juin ? Il s’acharne, derrière son micro surélevé de la B.B.C, à décerner des brevets de patriotisme français aux patriotes russes de langue française qui luttent pour l’Union Soviétique. Ces manifestations verbales nuisent-elles aux Allemands ? Pas le moins du monde. Mais elles préparent pour les bolcheviks des lendemains qui chantent. Des émissaires de Vichy tentent de prendre contact avec le Comité de Londres pour qu’en cas de défaite allemande la passation des pouvoirs s’effectue sans crise révolutionnaire. C’est l’intérêt évident de la France. Mais ça n’est pas l’intérêt de l’U.R.S.S. Le général français du 18 juin n’hésite pas : il repousse ces offres avec hauteur. Sitôt les alliés débarqués en Afrique du Nord, toutes les conditions sont réunies, grâce à Darlan, grâce à Juin, grâce aussi à Giraud (dans la mesure où ce militaire à la compréhension limitée peut avoir une influence) pour procéder à la répétition générale d’une succession pacifique. C’est ce que craignent par-dessus tout les communistes. Alors, le général français du 18 juin s’emploie à provoquer l’irréparable. Il donne aux communistes une place prépondérante dans son assemblée consultative. Il fait fusiller Pucheu, dont le ralliement était le symbole même de la réconciliation. Il promulgue les ordonnances qui vont légaliser les futurs carnages de la libération. Toutes choses dont la France souffrira mais dont l’U.R.S.S. profitera. Il était inévitable que le départ des Allemands du territoire français s’accompagnât d’excès de toutes sortes. Mais ces excès pouvaient être limités. Un homme, en tout cas, avait seul le prestige nécessaire pour y parvenir : le général français du 18 juin. Ses partisans les plus honnêtes ne doutaient pas qu’il s’y emploierait de toutes ses forces, qu’il continuerait la tradition des grands pacificateurs de l’histoire de France, qu’il promulguerait sans attendre l’Édit de Nantes. Mais, loin de rien tenter de semblable, le général français du 18 juin lâche la bride aux F.T.P. : quartier libre pour les assassins. Dans tout le pays on se met à tuer énormément. Qui tue-t-on ? En principe, les collabos. Mais les véritables collabos ont fui. Pratiquement, on tue des notables, au petit bonheur la chance, des curés, des industriels, des membres de la Légion des Combattants, tous ceux qui pourraient par la suite faire obstacle à la bolchevisation de la France. À qui profite cette sanglante « dékoulakisation » ? À l’U.R.S.S., exclusivement. À qui profite, ensuite, l’épuration « légale » (si l’on peut dire) des cours de justice dont presque toutes les victimes sont choisies parmi les adversaires du bolchevisme ? Et lorsque le général français du 18 juin blanchit le déserteur Maurice Thorez, lorsqu’il en fait son vice-président du Conseil, est-ce l’intérêt de la France ou l’intérêt de l’U.R.S.S. ? Lorsque le général du 18 juin se précipite à Moscou en 45 pour signer avec Staline un pacte qui n’apporte rien à la France, mais qui brise la solidarité des Occidentaux (espoir suprême du Kremlin), à qui cela sert-il ? Si, à cette époque-là, les bolcheviks n’ont pas pris le pouvoir en France, c’est uniquement parce qu’ils ne l’ont pas voulu. Ou plutôt parce que leurs maîtres de Moscou le leur ont interdit. La Russie était trop épuisée pour entreprendre tout de suite une nouvelle guerre contre l’Amérique dont les forces étaient intactes et qui possédait seule la bombe atomique. Staline redoutait que la bolchevisation de la France (et de toute l’Europe occidentale) ne provoquât une réaction américaine. Alors les communistes français n’ont pas bougé. Mais ils avaient le pouvoir à portée de la main. L’armée et la police étaient sous leur contrôle. Leurs troupes de choc des F.T.P. étaient prêtes à l’action. Ils détenaient plusieurs ministères, de nombreuses préfectures, des milliers de mairies. Un coup de téléphone et la révolution bolchevique eût été un fait accompli. L’homme du 18 juin avait tout fait pour que le successeur du maréchal Pétain fût Maurice Thorez. Et s’il n’avait tenu qu’à lui, il en eût été ainsi. Le coup étant raté, la prise de pouvoir étant remise à des temps meilleurs, l’homme du 18 juin ne reste cependant pas inactif. Écarté de la présidence du Conseil, il fonde un rassemblement qui pourrait être, avec quelque retard — mais mieux vaut tard que jamais — le rassemblement des Français réconciliés. L’homme du 18 juin s’en garde bien. Malgré quelques vagues concessions verbales aux vichyssois, malgré quelques traits mouchetés décochés aux « séparatistes », le rassemblement demeure un instrument de division dont les véritables bénéficiaires restent les communistes. Puis, lorsque ce rassemblement se réduit après une période d’euphorie aux dimensions d’un classique parti de droite (R.P.F. – U.R.A.S., Républicains Sociaux peu importe), un jeu plus subtil s’engage. Il consiste à obtenir qu’au Parlement quelques douzaines de députés élus par les nationaux votent, dans les grandes circonstances, dans l’affaire de la C.E.D.. par exemple, ou des crédits militaires, avec les députés communistes, qu’ils fournissent, sur les bancs de la réaction, un appoint décisif à l’extrême-gauche. Ce qui est évidemment le fin du fin. En matière coloniale c’est tout aussi net. Le discours de Brazzaville et l’abandon de la Syrie préfigurent la liquidation de l’Empire dont les héritiers ne peuvent pas être les indigènes mais les bolcheviks. En pleine guerre d’Indochine, le général du 18 juin n’a-t-il d’ailleurs pas tenu à affirmer devant la presse parisienne qu’il ne considérait pas comme une « agression » l’action des communistes (russes, chinois ou français) contre nos soldats du Corps Expéditionnaire. Aucune hargne contre l’U.R.S.S. Toute la hargne contre les Américains « trop nombreux en Europe ». L’Huma ne parle pas autrement : « U.S. go home ! » Ce bref rappel de l’action politique de l’homme du 18 juin ne laisse place à aucune équivoque. Cet individu a servi plus utilement, plus constamment l’Union Soviétique que n’auraient jamais pu le faire M. Thorez ou M. Duclos. Et s’il était affilié au parti communiste (secrètement bien sûr, mais les bolcheviks sont familiers de ces sortes de subterfuges), il n’eût pas fait mieux, il ne ferait pas mieux. Une seule objection à cette hypothèse : la stupidité congénitale, éclatante du personnage. Pour servir la cause soviétique avec autant de bonheur, de constance et de duplicité, il faut un minimum d’intelligence. On peut toujours, il est vrai, suppléer à la débilité mentale par la docilité. Il suffit d’être bien « conseillé ». Et de suivre les « conseils » sans hésitation ni murmures, le petit doigt sur la couture du pantalon et le regard sur la ligne bleue de l’Oural. Mais au fait, ne trouvez-vous pas étrange que M. Malraux, qui est, lui, de toute évidence, extrêmement intelligent, demeure depuis tant d’années, dans le sillage d’un militaire dont les facultés intellectuelles sont si consternantes ? Officiellement, M. Malraux n’est plus communiste. Mais qui en jurerait ? Et s’il avait reçu l’ordre de se « salir les mains » pour diriger l’opération De Gaulle ? C’est une simple supposition. Mais c’est la seule supposition satisfaisante pour l’esprit. De Gaulle, agent soviétique, tout s’explique lumineusement, tout s’enchaîne avec une logique implacable. Sinon, comment imaginer qu’un général français ait pu servir pendant tant d’années avec autant d’application et de zèle la cause des ennemis de la civilisation ? Oui, si De Gaulle n’est pas un agent soviétique, le mystère reste entier. Et nous sortons de la politique pour plonger dans la psychopathologie.
Philippe Ploncard d’Assac, La Politique (Juin 2008)
Il est bon de rappeler qui fut en réalité Charles De Gaulle. C’est à partir de 1916 que l’on commence à parler d’un certain De Gaulle. Légèrement blessé au genou au début de la guerre, « cela lui évitera de participer à la bataille de la Marne […] une chance, car celle-ci s’est traduite par une hécatombe d’officiers subalternes dont il eût fort risqué d’être victime ». « De même restera-t-il étranger à la bataille du Nord. Les fonctions qu’il occupe dans l’État major régimentaire vont le tenir à l’arrière des premières lignes ». Derrière la prudence d’Yves Amiot se dessine déjà le jeune De Gaulle : éviter les coups et rester près de l’autorité supérieure. Tel est l’homme qui arrivera finalement en première ligne le 1er mars 1916, son 33ème régiment prenant la position défendue victorieusement par le 92ème, puis par le 110ème régiment d’infanterie en dépit du pilonnage des Allemands. Or, dès le lendemain de son arrivée, suite à un nouveau pilonnage, le capitaine De Gaulle hisse le drapeau blanc… Contrairement aux autres officiers français, les Allemands ne lui rendirent pas son épée et De Gaulle qui s’en étonnait, s’entendit répondre froidement, « c’est parce que vous vous êtes rendu sans combattre » … ! Ce « détail » du parcours de De Gaulle, je l’avais entendu avec mon père, une première fois au Portugal de la bouche d’un commandant de l’armée française. Plusieurs années plus tard le comte Aymer de la Chevalerie, le généreux donateur des locaux de Chiré-en-Montreuil, nous donnait les mêmes détails, sans que ces deux hommes se connaissent. Tel était le personnage dont les lobbies antinationaux allaient faire un héros. Sans la protection du général Pétain, parrain de son fils Philippe, la carrière du jeune De Gaulle se serait arrêtée là. L’ambition maladive de son protégé allait l’amener à s’approprier une étude d’État-major sur l’avenir de l’arme blindée en le publiant sous son seul nom. Réprimandé, De Gaulle allait lui vouer une haine tenace comme à l’ensemble de l’armée française qui le méprisait. La guerre de 40 allait lui donner la chance dont il rêvait. Les Anglais qui avaient besoin d’un képi pour contrer le prestige et l’action du Maréchal, envoyèrent le général Spears de l’Intelligence service débaucher le vaniteux De Gaulle ulcéré de ne pas avoir été pris dans le gouvernement Pétain. Tel fut le début de la légende du « glorieux résistant » De Gaulle. Là encore l’Histoire officielle est menteuse, car De Gaulle n’a jamais été général. La saga résistantialiste occulte que ce fut Albert Lebrun, président de la République, qui signa le 23 juin 1940, le décret de mise à pied de De Gaulle pour cause de désertion : Au Journal Officiel, 24 juin 1940, paraissait ce texte du Ministère de la Défense : – « Par décision ministérielle du 22 juin 1940, la promotion au grade de général de brigade à titre temporaire, de M. le colonel d’infanterie breveté De Gaulle (Charles-André-Joseph-Marie) est annulée ». – « M. le colonel d’infanterie breveté d’état-major De Gaulle (Charles-André-Joseph-Marie) est admis d’office à la retraite, par mesure de discipline ». La « Libération-Épuration » sera pour De Gaulle allié aux responsables de la Débâcle, l’occasion de régler ses comptes. Les crimes de la Résistance gaullo-communistes étaient tels que le Père Panicci dénonçait « ce régime d’abattoir » dans son sermon du dimanche des Rameaux 1945, à Notre Dame de Paris. Des documents médicaux de l’époque, permettent de mesurer l’horreur des tortures infligées par les « patriotes », FFI, FTP, et autres « milices patriotiques » : « Poils brûlés au briquet, bougies allumées dans l’anus, pointes des seins coupées, dents cassées, brûlures électriques dans le vagin, l’anus, la plante des pieds, coups de barre de fer, sections des doigts, arrachages d’ongles, lésions de marche ou reptation sur du verre, brûlures pour « cautériser » les plaies, aspersion d’essence et mise à feu, enfoncement de la cage thoracique, du crâne, avec lésions méningées, cérébrales, de la moelle épinière – c’est ainsi qu’allait mourir dans d’atroces souffrances le constructeur Louis Renault – lésions de l’œil, viol de femmes et de fillettes, promenées nues ». Il faut rappeler le martyre de l’amiral Platon, chargé par le maréchal Pétain de surveiller les sociétés secrètes interdites par Vichy qui, renvoyé par Laval dans sa propriété du sud-ouest, y fut torturé et mis à mort par des résistants en l’écartelant entre des tracteurs. Avec celui du comte Christian de Lorgeril, héros de la guerre de 1914, on atteignait les sommets de la barbarie. Le quotidien MRP, L’Aube (16 novembre 1950), quelque peu gêné du comportement de ses alliés, rapportait les faits : « Arrêté pour ses idées monarchistes le 22 août 44, complètement nu, le malheureux dut s’asseoir sur la pointe d’une baïonnette, puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés, le thorax et le dos transpercés par une baïonnette rougie au feu, puis on le réanima pour lui verser du pétrole enflammé sur les plaies. Il ne devait mourir que 55 jours plus tard dans des souffrances de damné ». C’était le temps où le démocrate-chrétien P.H. Teitgen, Garde des Sceaux de De Gaulle, répondait aux communistes qui trouvaient l’Épuration insuffisante : « Messieurs, par rapport à nous, les Grands Ancêtres étaient des enfants de cœur » … et à ceux qui déploraient la guerre civile, De Gaulle répondait : « Messieurs, la guerre civile où est la guerre civile ?! » Fred Zeller, ancien Grand Maître du Grand Orient, rapportait dans Europe Parlement le « mot » de De Gaulle, à la Libération : « Je vais redonner la République à la France, il n’y a aucune raison pour que je ne lui redonne pas aussi les francs-maçons » et Zeller reconnaissait : « Il nous a redonné force et vigueur ». Tel est l’individu pour lequel tant de « nationaux », de Rivarol , à Tixier-Vignancour et à Le Pen, entre autres, ont voté au référendum de 1958 et dont la suite de sa « carrière », allait confirmer l’ignominie. Dès son arrivée au pouvoir à Alger, il rétablissait, le décret Crémieux abrogé par Vichy. Ce décret redonnait unilatéralement et en bloc la nationalité française aux seuls Juifs, alors que comme en 1870 les musulmans venaient de se battre pour la France. Les conséquences ne se firent pas attendre et François d’Orcival rappelle (Valeurs actuelles, 13 mai 2005) que « le 1er mai 1945, les manifestants à Alger, Oran, Mostaganem, criaient « À bas la France, à bas les Juifs », tandis que la police tire sur eux ». Lors des émeutes du 9 au 14 mai, les émeutiers criaient de façon révélatrice : « À bas De Gaulle, serviteur de la juiverie », « À bas Churchill et les Juifs ». Comme en 1870 les marxistes Adrien Texier ministre de l’Intérieur, Charles Tillon, ministre de l’Air, massacreront des milliers de civils musulmans, traités d’ « hitlériens » ! C’est dire si le facteur juif était fondamental dans l’insurrection contre la France, devenue aux yeux des musulmans, un occupant au service de la communauté juive. Cela aucun des nostalgiques de l’Algérie française ne le rappelle. Ils n’ont toujours rien compris aux causes de la perte de l’Algérie. La férocité de la répression des gaullo-marxistes, comme celle du gouvernement Thiers tenu par les Rothschild, en 1870, est suspecte, comme si, comme en 1870, les dirigeants de 1945 avaient voulu créer l’irréparable avec la communauté musulmane, pour la dresser contre la France. On connaît la suite : La trahison de De Gaulle rappelé en « sauveur » par les Français d’Algérie, l’armée française et applaudit par les « nationaux » d’alors. Aussi est-il bon de rappeler comment il se vante dans ses Mémoires d’Espoir, de les avoir trompés : « Si de but en blanc j’affichais mes intentions, une vague de stupeur(s) et de fureur(s) eut fait chavirer le navire ». « Sans jamais changer de cap, il me faudrait donc manœuvrer », p. 60-61. Ayant réussi à amener l’armée à capituler, l’autre ignominie, avec le mitraillage des Français par le général Katz aux origines sémites, sera de livrer les harkis. Le télégramme secret du 16 mai 1962, N° 125/IGAA, ordonnait : « Le ministre d’Etat Louis Joxe demande au Haut commissariat de rappeler que toutes les initiatives individuelles tendant à l’installation (en) Métropole (de) Français musulmans sont strictement interdites ». Une nouvelle directive de Joxe, du 15 juin 1962, enjoignait : « Vous voudrez bien rechercher, tant dans l’armée que dans l’administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement et de faire prendre des sanctions appropriées ». « Les supplétifs débarqués en Métropole seront renvoyés en Algérie ». « Je n’ignore pas que ce renvoi peut être interprété comme un refus d’assurer l’avenir de ceux qui sont restés fidèles, il conviendra donc d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure ». Alain Rollat reconnaissait, Le Monde (7 août 1991) : « Dès le mois de juillet 1961, l’armée française commence à désarmer les harkis ». « Leur désarmement avait été promis au FLN par les autorités Françaises ». « Ils seront exécutés avec leurs femmes et leurs enfants ». Ces massacres « varient selon les sources, de 30.000 à 150.000, les harkis et leurs familles ont été victimes d’atrocités en tous genres, avant même la proclamation de l’indépendance, sans que les autorités françaises interviennent » … Les Musulmans comme les Français ont été victimes du même complot mondialiste cosmopolite. On juge de la déliquescence de la « mouvance nationale » par son silence et son adulation d’un Le Pen qui se présente comme « seul héritier du gaullisme », Rivarol ,(29 janvier 1999) et qui, avant même son discours d’Argenteuil, prônait « une France multiculturelle et multiconfessionnelle », Ouest-France (2 septembre 1999). Or, toute la politique française actuelle découle des conséquences de cette politique gaulliste aux ordres du mondialisme. Voilà pourquoi, il urge de faire le ménage dans les rangs de cette pseudo droite nationale et de tirer les leçons de l’Histoire.
Pierre Guyon et Bruno Hirout, Combat pour la France (Pages 87-90)
L’armistice avec l’Allemagne a été signé le 22 juin 1940, or de Gaulle se trouvait à Londres dès le… 17 juin 1940 ! En effet la guerre bat son plein quand de Gaulle fuit en Angleterre, le gouvernement français le sommera même de rentrer en France sous peine d’être jugé comme déserteur. Le 2 aout 1940, de Gaulle fut condamné à mort par contumace pour « trahison, atteinte à la sûreté extérieure de l’État, désertion en temps de guerre », même si tout cela est resté une condamnation de principe. À la fin de la guerre, de Gaulle prendra le pouvoir en France avec l’aide de ses alliés communistes. Les gouvernements de Charles de Gaulle comprenaient de très nombreux communistes, Charles Tillon, René Capitant, Ambroise Croizat, Marcel Paul ou encore Maurice Thorez qui partage avec de Gaulle un triste point commun : celui d’avoir été condamné pour désertion. Avec de Gaulle, les rouges avaient le champ libre pour appliquer leur politique marxiste et la spoliation pouvait commencer. Louis Renault, le fondateur de l’entreprise du même nom, sera arrêté et son entreprise nationalisée. En février 1945, de Gaulle signe deux ordonnances pour instituer les comités d’entreprise et les livrer aux mains des syndicats de gauche. Economiquement, le gouvernement de Vichy, malgré l’occupation, avait réussi à éviter aux Français l’extrême misère en gardant un franc fort à 6,17 centimes or. En quelques mois, de Gaulle et ses alliés marxistes firent perdre au franc trois fois sa valeur ! Le 20 janvier 1946 le général, après avoir ruiné la France en seulement dix-huit mois, démissionnera. La désertion devient une habitude pour cet homme. En 1830, l’Algérie qui ne s’appelait pas encore comme cela (son nom officiel ne lui sera donné que neuf ans plus tard par la France), était composée de différents peuples (berbères, arabes, juifs) et peuplée de moins d’un million de personnes. La France y assécha les marécages, creusa des mines, construisit des barrages, des routes, des lignes de chemin de fer, des hôpitaux, des écoles, aménagea des ports… La France a construit l’Algérie. Le Sahara, qui ne faisait pas partie de l’Algérie, lui sera même rattaché par la France. Tout en Algérie a été fait par la France. Jusqu’à son nom lui-même, l’Algérie c’est la France. Le 1er juin 1958, de Gaulle est investi pour sauver l’Algérie, le 4 juin il fera son fameux discours : « Je vous ai compris […] Tous les habitants d’Algérie sont des Français à part entière. » Le 6 juin il en rajoute une couche et déclare en Algérie : « Il n’y a plus ici et je vous en donne ma parole, que des Français à part entière. » Il n’y a dans ses discours aucune ambiguïté, aucun doute, pour lui l’Algérie est française. La guerre d’Algérie est une lutte d’une minorité de rebelles terroristes contre la France et qui aurait pu être très vite écrasée sans l’intervention du général qui écartera les uns après les autres les officiers français victorieux sur le terrain contre les rebelles, comme le général Challe trop bon et efficace pour le pleutre de Gaulle… Le 18 mars 1962, les accord d’Evian seront signés, les pieds-noirs devront s’exiler, les harkis fidèles à la France seront abandonnés et livrés à leur triste sort, 80 000 harkis seront assassinés par le FLN et de Gaulle ne lèvera pas le petit doigt pour les sauver. L’OAS, dont l’action avait pour but de s’opposer à l’abandon d’une partie du territoire de la France et de protéger les Français d’Algérie contre le FLN, fut victime de la haine de Charles de Gaulle, et des membres de l’OAS seront fusillés sur ordre du général. Charles de Gaulle, après s’être parjuré, livrera une partie de la France au FLN et sera complice de l’extermination de milliers de Français. Charles Pasqua, l’un de ses plus fidèles partisans, avouera un jour : « Nous avons commis la plus belle escroquerie du siècle : nous avons fait croire aux Français que nous étions de droite. »
Bibliographie
- Henri de Foucaucourt, Naissance du mythe gaulliste
- Colonel Louis-Christian Michelet, La légende gaullienne
- Guy Forzy, Ça aussi, c’était De Gaulle
- Jean-Baptiste Geffroy, Charles de Gaulle – Une tragédie française en trois tableaux
- Gilles Buscia, Et De Gaulle créa « DE GAULLE »
- Manuel Gomez, J’accuse De Gaulle / De Gaulle, sa face cachée
- André Figueras, Pour en finir avec le Général
- Hervé Ronzyé, Gaullisme ou gaulchévisme
- Vidéothèque
- Philippe Ploncard d’Assac – Le faux patriotisme gaulliste et la destruction de la France
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