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Avortement

Georges Naughton, Le choc du passé

Le fait que l’avortement détruit un être humain et l’attachement que marque notre civilisation au respect de cet être humain, quels que soient son âge, sa race, sa constitution, avaient d’abord imposé que l’on dissimule cette nouvelle éthique qui remet fondamentalement en cause ce respect. Un texte d’éditorial du CaIifornia Medecine très favorable à l’avortement le dit explicitement en notant que le conflit entre l’éthique médicale hippocratique et l’éthique qu’il propose, ne peut actuellement se résoudre que par la négation des acquis les plus récents de la science : Comme l’ancienne éthique n’a pas encore été complètement rejetée, il a été nécessaire de séparer l’idée d’avortement de celle de tuer, qui continue a être socialement abhorrée. Le résultat a été un curieux recul devant les faits scientifiques, que réellement tout le monde connaît, à savoir que la vie humaine commence à la conception et se poursuit continument, soit intra soit extra utérine, jusqu’à la mort. Les considérables contorsions sémantiques requises pour rationaliser l’avortement comme quelque chose de tout différent de la suppression d’une vie humaine, paraitraient un jeu ridicule si elles n’étaient souvent proférées sous des auspices socialement impeccables. Cela suggère que cet espèce de subterfuge schizophrène est nécessaire parce qu’au moment où une nouvelle éthique est en passe d’être acceptée, l’ancienne n’a pas encore été rejetée.

Code de droit canonique de 1917 (Canon 985)

Sont irréguliers par délit ceux qui volontairement ont commis un avortement de fœtus.

Tertullien, Exhortation à la chasteté

Il ne nous est pas plus permis de faire du mal à un enfant qui va naître qu’à un enfant qui est né.

Claude Tresmontant

Dans les controverses actuelles, les personnes qui désirent obtenir la liberté de l’avortement, déclarent : « mon corps est à moi ». Sans doute, ces personnes sont des corps, et ces corps qu’elles sont, ces organismes vivants que sont ces femmes, sont autonomes, libres. Mais l’erreur, le sophisme, en ce qui concerne l’avortement, consiste à en déduire : « donc j’ai le droit de tuer l’enfant qui est dans mon organisme ». Car l’enfant qui est en train de se développer dans la matrice d’une femme, n’est pas sa propriété. C’est là que se trouve l’erreur. On peut être propriétaire d’une maison. On n’a pas le droit pour autant de tuer les gens qui y passent, les gens qui y viennent ou y séjournent. On n’a pas le droit de tuer un hôte qui est sous votre toit. La loi de l’hospitalité était dans les peuples civilisés une loi sacrée. […] A propos de la question de l’avortement, qui est aujourd’hui soulevée parmi les nations qui se disent elles-mêmes, par dérision, « civilisées », on peut constater que la méthode de l’homicide est toujours la même : c’est d’abord le mensonge. L’homicide et le mensonge sont liés. Dans les guerres coloniales récentes, pour massacrer des hommes de l’Indochine, certains utilisaient une expression abominable : « casser du viet ». Ces hommes du Vietnam étaient transformés, par le langage, par cette expression, en une matière, que l’on casse, une matière indéfinie. Pendant la récente guerre d’Algérie, d’autres osaient utiliser l’expression que l’on ose à peine citer : « crever du raton ». Là encore, la méthode consistait à réduire, par le langage, des hommes créés à l’image de Dieu, au rang d’une espèce animale. De même pour l’avortement. Afin de procéder à ce massacre de millions d’enfants dans le ventre de leur mère, pour justifier ce massacre, pour ne pas avoir à supporter l’angoisse intolérable qui résulte de la conscience que l’on a de tuer un enfant d’homme, on commence par déclarer qu’il ne s’agit pas d’un enfant d’homme. On compare la grossesse à un « empoisonnement ». D’autres ont osé comparer le fœtus d’homme à une « tumeur » cancéreuse. Le procédé est toujours le même. Il s’agit de nier, en parole, par le langage, qu’il s’agisse d’enfants d’homme. Il se trouvera toujours un savant pourvu d’un prix Nobel pour rassurer les consciences en affirmant que l’embryon n’a pas de psychisme ou même qu’il n’a pas de système nerveux ! Or, il suffit de consulter les traités d’embryologie les plus élémentaires pour apprendre que le système nerveux est ce qui se forme en tout premier lieu dans l’embryon. On a même entendu un professeur de médecine déclarer à des millions d’auditeurs que la femme enceinte est en état de « légitime défense » ! L’enfant qu’elle porte en elle est donc comparé à l’assaillant, à l’ennemi qui vient attaquer, à l’assassin ou au voleur qui vous menace !

Clément d’Alexandrie, Le Pédagogue

Ces femmes, qui pour cacher leur inconduite usent de drogues abortives qui expulsent une matière absolument morte, font avorter en même temps que le fœtus leurs sentiments humains.

Athénagoras d’Athènes, Supplique en faveur des chrétiens

Comment pourrions-nous égorger un homme, nous qui traitons d’homicides les femmes qui se font avorter, persuadés comme nous le sommes qu’elles seront sévèrement punies au jugement de Dieu ? Certes, le même homme ne peut regarder l’enfant encore dans le sein de sa mère comme un être dont Dieu s’occupe, et le tuer aussitôt après sa naissance.

Psaume XCIII, 21

On s’attaque à la vie de l’innocent, le juste que l’on tue est déclaré coupable.

Minucius Félix, Octavius

C’est parmi vous qu’il y a des femmes qui, par des breuvages, étouffant dans leur sein le germe destiné à devenir un homme, commettent un infanticide avant d’avoir enfanté.

Désiré Dutonnerre

Dans la désinformation, les auteurs de la loi Veil se sont surpassés : rappelez-vous son article 1er : « La loi garantit le respect de tout être humain, dès le commencement de la vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les modalités définies par la présente loi ». Reconnaissez que c’est diaboliquement pervers, encore que cela ouvre la porte à la contestation. On proclame le respect de la vie, ce qui ferme la bouche à certains, mais on ne précise pas qu’elle commence à la conception. Cependant, on affirme que l’on peut porter atteinte à cette vie ; en fait, il s’agit de suppression pure et simple, c’est-à-dire de mort (toujours cette manie d’atténuer les termes : I.V.G. c’est moins brutal qu’avortement). Or cette mort, on l’inflige à un innocent. Ce qui est une décision inimaginable. On a tout vu, au cours de l’histoire, on a vu des exécutions sommaires, des condamnations injustes ou exagérées, des absurdités juridiques, comme la rétroactivité des lois. On a vu la peine de mort infligée pour des délits qualifiés de crimes pour les besoins de la cause, mais on n’a jamais vu la peine de mort infligée légalement à un incontestable innocent, auquel on n’accorde même pas un avocat pour sa défense.

La Didachè

Tu ne tueras point l’enfant par avortement et tu ne le feras pas mourir après sa naissance.

Tertullien, Apologétique

L’homicide nous étant défendu une fois pour toutes, il ne nous est pas même permis de faire périr l’enfant conçu dans le sein de la mère, alors que l’être humain continue à être formé par le sang. C’est un homicide anticipé que d’empêcher de naître et peu importe qu’on arrache la vie après la naissance ou qu’on la détruise au moment où elle naît. C’est un homme déjà ce qui doit devenir un homme ; de même, tout fruit est déjà dans le germe.

Éphrem le Syrien, Discours sur le Jugement dernier

Celle qui détruit le fruit de sa chair, […] celle qui a fait de son enfant une fausse-couche, son enfant, au Jugement dernier, fera d’elle-même une fausse-couche, et il la privera de la vie et de la lumière de la vie dans l’au-delà. […] C’est le prix que paieront celles qui ôtent la vie à leurs enfants.

Code de droit canonique de 1917 (Canon 2350, Paragraphe 1)

Ceux qui produisent un avortement, sans excepter la mère, encourent, si l’effet a été obtenu, une excommunication.

Concile d’Elvire

Si une femme conçoit par adultère en l’absence de son mari, et que le fruit de son adultère meure après ce forfait, il est décidé qu’on ne doit pas non plus lui donner la communion jusqu’à la fin de sa vie, parce qu’elle a commis un double crime.

Saint Augustin, Du mariage et de la concupiscence

Quelquefois cette cruauté luxurieuse, ou cette cruelle luxure, va jusqu’à demander au poison le moyen de demeurer stériles, et, s’ils ne peuvent y parvenir de la sorte, jusqu’à étouffer comme ils le peuvent, dans le sein même de sa mère, l’enfant déjà conçu, voulant ainsi donner à leur enfant la mort avant la vie, ou s’il vivait déjà, le faire périr avant qu’il ne vienne au monde. Si les deux époux en sont là, ce ne sont plus des époux ; et si telles ont toujours été leurs dispositions, ce n’est plus par le mariage qu’ils se sont unis, mais par la honte et le libertinage. Si l’un des deux seulement nourrit ces pensées criminelles, ou bien la femme n’est plus que la prostituée de son mari, ou bien le mari n’est plus que l’adultère de sa femme.

Saint Basile de Césarée, Correspondance

Celles qui donnent des médicaments abortifs sont des meurtrières de même que celles qui acceptent les poisons qui tuent l’embryon.

Pierre Simon, juif, grand maître de la Grande Loge de France, conseiller ministériel de Simone Veil, co-fondateur du planning familial,

Nous voulons détruire la civilisation judéo-chrétienne. Pour la détruire, nous devons détruire la famille. Pour détruire la famille, nous devons l’attaquer dans son maillon le plus faible : l’enfant qui n’est pas encore né. Donc, nous sommes pour l’avortement. Nous sommes conscients que ce combat n’est pas seulement technique, mais philosophique. La vie comme matériau, tel est le principe de notre lutte.

Saint Jerôme, Lettre à Eustoque

Quelques unes, se rendant compte qu’elles sont restées enceintes du fait de leur péché, prennent des médecines pour provoquer l’avortement, et quand elles meurent en même temps que leur rejeté, elles entrent dans le monde inférieur chargées, non seulement de la faute d’adultère contre Christ, mais aussi celle de suicide et d’assassinat d’enfants.

Saint Césaire d’Arles, Sermon

Aucune femme ne doit absorber des drogues pour se faire avorter, ni tuer ses enfants à naître ou déjà nés, car celle qui fera cela, qu’elle sache qu’elle aura à débattre devant le tribunal du Christ avec ceux qu’elle aura tués.

Pape Pie XI, Casti connubii (Encyclique)

Mais il faut encore, Vénérables Frères, mentionner un autre crime extrêmement grave par lequel il est attenté à la vie de l’enfant encore caché dans le sein de sa mère. Les uns veulent que ce soit là chose permise, et laissée au bon plaisir de la mère ou du père ; d’autres reconnaissent qu’elle est illicite, à moins de causes exceptionnellement graves auxquelles ils donnent le nom d’indication médicale, sociale, eugénique. […] Mais quelle cause pourrait jamais suffire à excuser en aucune façon le meurtre direct d’un innocent ? Car c’est de cela qu’il s’agit ici. […] Enfin, ceux qui dans les nations, tiennent le pouvoir ou élaborent les lois n’ont pas le droit d’oublier qu’il appartient aux pouvoirs publics de défendre la vie des innocents par des lois et des pénalités appropriées, et cela d’autant plus que ceux dont la vie est en péril et menacée ne peuvent se défendre eux-mêmes, et c’est assurément le cas, entre tous, des enfants cachés dans le sein de leur mère. Que si les autorités de l’État n’omettent pas seulement de protéger ces petits, mais que, par leurs lois et leurs décrets, ils les abandonnent et les livrent même aux mains de médecins ou d’autres, pour que ceux-ci les tuent, qu’ils se souviennent que Dieu est juge et vengeur du sang innocent qui, de la terre, crie vers le ciel.

Grégor Puppinck, Discours au Parlement Européen (5 juillet 2022)

L’affirmation selon laquelle l’avortement est un droit repose sur le mensonge. Il y a d’abord le mensonge suivant lequel l’avortement serait un « soin de santé », qu’il serait « sans risque », que sa légalisation réduirait la mortalité maternelle, ou encore que les femmes seraient victimes de « grossesses forcées », comme si la grossesse était une fatalité. Il y a aussi le mensonge suivant lequel il serait impossible de prévenir ni de réduire le recours à l’avortement, ou que l’avortement serait une condition de l’égalité entre les hommes et les femmes. Tous ces mensonges peuvent être aisément dénoncés. Mais le plus gros mensonge sur l’avortement consiste à dénier jusqu’à l’existence de l’enfant victime de l’avortement. C’est sur ce mensonge que repose le prétendu droit à l’avortement. C’est l’ignorance de l’enfant qui permet de présenter l’avortement comme un droit de la femme sur son propre corps ; c’est ce que fit la Cour suprême des États Unis en 1973, et c’était faux, hier comme aujourd’hui. C’est un mensonge grossier car l’avortement est évidemment pratiqué sur un enfant ! C’est lui qui est avorté et non sa mère. Ce mensonge va même plus loin puisque les promoteurs de l’avortement prennent toujours soin d’éviter d’en parler ouvertement : ils utilisent des périphrases telles que « procédure »,  « droit reproductif » ou « IVG » pour ne pas dire « avortement ». Ils n’assument pas la réalité sanglante de ce qu’ils promeuvent. Ce déni de l’enfant est une condition du droit à l’avortement. C’est sur ce déni mensonger que reposait l’arrêt Roe v Wade ; et c’est ce mensonge que la Cour suprême a enfin rejeté dans son récent jugement Dobbs. Il faut le reconnaître, elle a suivi en cela la Cour européenne des droits de l’homme qui avait déjà déclaré que la grossesse et l’avortement ne concernent pas seulement la vie privée de la mère, mais aussi « l’enfant à naître » qu’elle porte, ainsi que le « père potentiel » de l’enfant, et la société (affaires Brüggemann et Boso). C’est parce que l’enfant existe, même s’il n’est qualifié que « d’être humain potentiel », que la grossesse et l’avortement dépassent le cadre de la vie privée de la mère. Plus encore, dans plusieurs affaires importantes, la Cour européenne a fait application de la Convention européenne à l’enfant dès avant sa naissance, en matière de droit à la vie, de respect de la vie privée, et même d’interdiction de la torture concernant la souffrance subie par le fœtus durant l’avortement. Dans plusieurs affaires la CEDH a jugé que la protection accordée par l’État au fœtus est justifiée par égard pour les « droits et libertés d’autrui » (affaires Costa et Pavan et Parrillo c Italie). Il en résulte, comme le souligne justement le Juge Pinto de Albuquerque, que « l’embryon est un “autrui”, un sujet doté d’un statut juridique ». C’est cela la raison fondamentale pour laquelle l’avortement ne pourra jamais être un “droit” subjectif : car nul ne peut avoir de droit arbitraire sur l’existence d’autrui. C’est aussi ce que déclare la Cour suprême des Etats Unis lorsqu’elle affirme que, « l’avortement est différent d’autres pratiques parce qu’il détruit ce que Roe appelle une “vie potentielle” et ce que la loi du Mississippi appelle un « être humain à naître » « . Il en résulte, comme la Cour européenne l’a dit clairement à plusieurs reprises, que le droit au respect de la vie privée « ne saurait s’interpréter comme consacrant un droit à l’avortement » (affaires A, B et C c. Irlande et P. et S. c. Pologne). D’ailleurs, au fil de sa jurisprudence, la Cour européenne a précisé que la Convention ne garantit aucun droit à subir un avortement, ni de le pratiquer, ni même de concourir impunément à sa réalisation à l’étranger. Elle a aussi jugé que l’interdiction de l’avortement ne viole pas, en soi, la Convention européenne. (affaires Silva Monteiro Martins Ribeiro c. Portugal, Jean-Jacques Amy c. Belgique, Jerzy Tokarczyk c. Pologne, A, B et C c. Irlande) Ainsi, il n’existe pas de droit à l’avortement au titre de la Convention européenne des droits de l’homme. Cela est certain. D’ailleurs, les nombreux engagements internationaux pris par les États de réduire et de prévenir le recours à l’avortement prouvent que l’avortement n’est pas un droit, car s’il était réellement un droit fondamental, il serait absurde et injuste d’en prévenir l’usage. Déguiser l’avortement en droit ne change rien à la nature de l’acte. Il faut comprendre que les droits de l’homme ne sont pas créés par les juges et les parlements : ils préexistent. Les peuples les proclament, les déclarent et les reconnaissent, mais ne les créent pas. Qu’est-ce qu’un droit de l’homme ? C’est la garantie offerte par l’État à chaque personne de respecter sa faculté d’accomplir les potentialités de la nature humaine : penser, s’instruire, s’exprimer, prier, s’associer, fonder une famille. Les droits de l’homme ne garantissent pas n’importe quoi, mais protègent l’exercice des facultés humaines par lesquelles nous nous accomplissons en tant qu’êtres humains. Les droits de l’homme sont déduits de la nature humaine et la protègent. Mais peut-on dire qu’une femme s’accomplit et s’humanise en avortant l’enfant qu’elle porte ? Certainement pas, les souffrances causées par l’avortement sont là pour le démontrer. Si l’avortement était un droit, il ne ferait pas souffrir. Entre un droit fondamental et l’avortement, la différence de nature est patente. L’avortement ne pourra jamais être un “droit fondamental”, car son objet premier, directe, est un mal : la destruction d’une vie humaine innocente, quelle que soit l’intention ou les raisons de cette destruction. Il ne sert à rien de hurler que l’avortement est un droit pour en faire un droit, ni même de l’inscrire dans la Constitution ou dans la Charte des droits fondamentaux. Cela ne change rien à la réalité de l’acte. Plutôt que de prétendre en faire une « liberté fondamentale », le Gouvernement ferait mieux de s’engager dans une politique de prévention. De nombreux pays sont parvenus à en réduire le recours par des politiques de prévention. C’est le cas notamment de la Hongrie ou de l’Italie où le nombre d’avortements a chuté de 60 % depuis 1982, atteignant 100 000, soit moitié moins qu’en France pour une population à peine moindre. En Allemagne, le nombre d’IVG est aussi passé sous la barre des 100.000. Les exemples sont nombreux, alors que chaque année, en France, près de 215 000 femmes mettent un terme à leur grossesse ; plus de 8 millions d’avortements ont été pratiqués depuis 1975 ce qui représente un quart des naissances. Le taux d’avortement en France est l’un des plus élevés d’Europe et augmente en particulier chez les jeunes. L’avortement a des conséquences indéniables, culturelles, démographiques, économiques et sociales considérables. 42 % des femmes ayant avorté avant l’âge de 25 ans vivent une dépression. La moitié des femmes mineures ayant avorté souffrent d’idées suicidaires. Les femmes qui avortent ont trois fois plus de risques de subir des violences physiques, mentales ou sexuelles que les femmes qui ont mené à terme leur grossesse. Selon un sondage IFOP, 89 % des Françaises reconnaissent que « l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes » et 72 % d’entre elles estiment que « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’IVG ». Réduire le recours à l’avortement n’est pas seulement un devoir pour le bien des femmes, des enfants et de toute la société, c’est également une obligation contractée par la France en droit international. La France s’est en effet engagée à soutenir la famille, la maternité et les enfants « avant comme après la naissance » (Convention relative aux droits de l’enfant), à « réduire le recours à l’avortement » et à « prendre des mesures appropriées pour aider les femmes à éviter l’avortement » (Conférence du Caire, 1994).  Promouvoir l’avortement comme un droit constitutionnel est une manœuvre politicienne qui aggrave le problème de l’avortement, plus qu’il ne le résout.

Docteur Xavier Dor, Le Crime contre Dieu

LES CONSÉQUENCES IMMÉDIATES Outre celles de toute intervention, certaines sont spécifiques à l’avortement : – La canule peut perforer le fond utérin et aspirer l’intestin dans l’utérus, ou au-delà. Si la perforation est latérale, elle peut blesser le pédicule vasculaire et provoquer une grave hémorragie. Le curetage est lui-même facteur direct d’hémorragie. – Possibilité de rupture utérine, notamment par la prostaglandine. – Lésion du col utérin qui a été forcé. Le danger est grand surtout chez la primipare. – Envahissement du sang maternel par la solution saline injectée dans la cavité amniotique. – Complications propres à la prostaglandine : rupture utérine, lacération du col, hémorragie, mort subite, embolie pulmonaire de liquide amniotique ou de caillots sanguins, convulsions. – Infection du tractus génital. – Rétention placentaire ou de fragments embryonnaires ou foetaux. LES CONSÉQUENCES TARDIVES – Stérilité par désertification de la muqueuse utérine ou par obstruction de la trompe. Elle est d’autant plus fréquente que les avortements sont répétés. – Grossesse extra-utérine par infection et obturation de la trompe. – Malposition placentaire. – Conséquences liées à la béance du col utérin : avortement spontané, infection utérine, prématurité de l’enfant avec tous les risques de celle-ci (mortalité plus élevée, retard psychomoteur). – Conséquences propres au stérilet : infection pelvienne à bas bruit, obturation des trompes, perforation de l’utérus et stérilité définitive (raison pour laquelle il ne peut être prescrit à une femme sans enfant). Mais pour la mère, la blessure la plus grave est celle de l’âme. Même médicalisé, l’avortement, quand il est provoqué, reste un crime. La détresse atteint d’abord la femme. Après l’enfant, elle est la première concernée. La décision en définitive ne dépend que d’elle. Le geste est irréparable et va à l’encontre de ce qui s’inscrit le plus profondément dans sa nature : l’amour maternel. Un cardinal de la Curie demandait au docteur Maria Peters si toutes les femmes ayant fait un avortement en restaient marquées. « Toutes, répondit-elle, mais pas au même moment ». Ce sera à Noël, ou bien lors de la rentrée scolaire, lors de la vue d’un autre enfant, ou dans la douleur de la solitude, parfois sur le lit de mort. […] Le 19 octobre 1991, la fête battait son plein. Elle avait été organisée par les associations familiales catholiques et l’AOCPA. L’endroit choisi était le parvis des droits de l’homme au Trocadéro. Ne pouvant supporter ces droits sans ceux de Dieu, j’étais venu avec une grande croix, presque de taille humaine. Il y avait des discours et des chants. Peu après, la fête s’était déplacée dans le bas, vers les jardins. On entendait dans le loin les haut-parleurs, les flonflons de la musique. La nuit tombait. Il faisait froid. Je restai seul sur le parvis avec la croix. Une femme de trente cinq ans environ s’est approchée, tenant une petite fille par la main. Elle ne disait encore rien, mais j’avais deviné. Elle écarta sa petite fille. Cette femme s’appelait Marie-Aude. Elle me déclara : « Cela s’est passé le 10 février dernier. On m’y a poussé. Même un prêtre [moderniste] m’avait dit que je pouvais. » Elle avait appelé son petit garçon Jean. Était-elle bien sûr que c’était un petit garçon ? (car on ne donne pas trop de détails dans une salle d’avortement). Elle pleurait. Elle ne me connaissait pas, mais ce jour-là, à cet endroit, et avec cette croix elle voulait se confier à quelqu’un qui comprendrait ce qu’elle regrettait amèrement d’avoir fait. Je lui dis la phrase du Père Daniel Ange. Elle avait bien fait de donner un nom à son enfant. Elle pourrait lui demander pardon. Celui-ci, on pouvait le penser – heureux comme un roi dans la vie divine – lui pardonnerait aussitôt. Elle-même mourrait un jour et le premier à l’accueillir serait son petit garçon. Mais il fallait d’abord qu’elle demande pardon à Dieu qui voit dans les cœurs et qu’elle se confesse à un prêtre. Elle serait alors blanche comme neige, et même, comme dit le psaume, plus blanche que neige. Seule la religion peut ce miracle. Jamais l’idée ne nous est venue d’ajouter à la détresse d’une femme ayant avorté. Comment et de quel droit aurions-nous cette cruauté ? Bien au contraire nous les embrassions. Non pour les féliciter, elles le savaient bien, mais par compassion. Blessées, nous les aimions et, comme elles, nous aimions et regrettions ces petites victimes. La détresse post-abortive peut prendre toutes les formes : tristesse, sentiment de culpabilité, dépréciation de soi, dépression pouvant aller jusqu’au suicide, agressivité, alcoolisme, dépendance de la drogue ou des tranquillisants, troubles du sommeil.

Jean-Jacques Stormay, Abécédaire mal-pensant (Page 93)

S’il n’y a ni engagement à la fidélité sans retour, ni engendrement, il n’y a pas d’amour. L’amour « libre » n’est pas amour mais consommation d’un égoïsme exercé à deux, et il n’est pas libre en tant qu’il est déraisonnable, par là expressif de l’esclavage des passions. Tout usage de la sexualité détourné de sa vocation à engendrer est donc un usage peccamineux, contre nature. L’avortement est opéré dans le cadre des « amours » non libres, puisqu’il est refus du fruit de l’acte charnel.

Rivarol n°3338 (11 juillet 2018)

Ả la veille de la Révolution dite française, notre pays était le plus peuplé d’Europe et, dans le monde, quatre hommes parlaient français pour un qui parlait anglais : cent cinquante ans plus tard, en 1939, un homme parlait français pour quatre parlant anglais. La France avait vu sa fécondité baisser avant les autres pays européens. Depuis lors, les femmes françaises n’eurent plus assez d’enfants pour assurer le remplacement numérique des générations, après les guerres de la Révolution et de l’Empire, puis celles de 1870 et de 1914-1918. La loi du 31 juillet 1920 réprimant la provocation à l’avortement et la propagande anticonceptionnelle ne parvint guère à accroître les naissances. Heureusement, avant 1939, des mesures furent prises pour encourager la natalité ; elles furent continuées par la politique familiale mise à l’honneur par le gouvernement du maréchal Pétain […] et permirent à la France de connaître pendant trente ans un taux de fécondité excédant nettement le taux de renouvellement des générations. Mais survint, en 1967, la loi Neuwirth dépénalisant la pilule, suivie en 1975 de la loi Veil qui entraîna aussitôt le génocide de trois millions d’enfants à naitre. La catastrophe nationale engendrée par la loi Veil continue d’aboutir au sacrifice de 220 000 enfants par an. En 2014, selon l’Institut des études démographiques (Ined), on enregistrait 27,1 avortements pour cent naissances vivantes, soit un avortement toutes les deux minutes et demie ! Ce qui signifie que, pratiquement, le quart de chaque génération est mis à mort chaque année, ce qui se compte, depuis quarante ans que cela dure, par millions ! La pratique, toujours plus encouragée, de la contraception et du préservatif n’a nullement freiné le recours à ce que l’on appelle avec une fausse pudeur « l’interruption volontaire de grossesse ». Rien d’étonnant : tout ce qui habitue les couples mariés ou éphémères à éviter de donner la vie les conduit un jour ou l’autre à l’avortement… Certes, tous ces bébés ne seraient peut-être pas parvenus à l’âge adulte, mais il est effarant de songer à la foule de plusieurs millions d’hommes et de femmes de moins de quarante ans qui manquent aujourd’hui à la France, sans qu’elle n’ait connu ni guerre ni famine. Alors que l’hécatombe continue, tout concourt, dans l’esprit de la loi Veil, à susciter l’individualisme, le matérialisme, l’hédonisme, la dissociation de la sexualité d’avec la procréation. On voit de plus en plus de couples sans enfants ou qui se marient tard afin de « bien jouir de la vie », on voit aussi de plus en plus d’enfants uniques élevés comme des produits de luxe plus que comme des hommes, on voit aussi de plus en plus de vieux vivant seuls et dont nul ne sait qui paiera les retraites.

Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires

Je suis pourtant traumatisé par la législation de l’avortement, parce que je la considère, comme beaucoup, comme une légalisation de l’homicide. Dans mes rêves et dans mon comportement quotidien – c’est quelque chose de commun à tous les hommes – je vis ma vie prénatale, mon heureuse immersion dans les eaux maternelles : je sais que là, j’étais vivant. […] Que la vie est sacrée, c’est évident : c’est un principe encore plus fort que tout principe démocratique et il est inutile de le répéter.

Jean-Noël Dumont, Pour une alternative catholique

Dire ainsi que l’avortement est un « droit » est ou étourdi ou criminel. La détresse, comme le mentionne le texte de la loi, est la borne où le crime ne sera pas poursuivi, celle de l’extrême nécessité. Aussi la loi Veil, qui était prudente et mesurée, ne faisait-elle pas de l’avortement un droit, continuant de le définir comme un crime, en précisant que dans certaines circonstances il ne serait pas poursuivi. Il peut être bon que la justice ferme les yeux (ait les yeux bandés). Réciproquement on peut bien convenir, et c’est plus fréquent qu’on ne le dit, qu’une femme laisse la vie sauve à l’enfant innocent issu d’une agression. Celle-ci montre alors la borne supérieure, celle de l’extrême liberté. L’enfant issu de la tendresse n’est ni plus digne de vivre ni plus beau que celui qui naît de l’agression hideuse d’une brute. La valeur d’une vie ne se décide pas et ne dépend en rien des circonstances de son apparition : n’est-ce pas ce que dit le mot dignité ? Il est curieux que l’on veuille empêcher toute discussion sur la difficile question de l’avortement et que la moindre interrogation déclenche une hystérie. Pourquoi serait-il inadmissible de dire que la vie de l’enfant à naître est précieuse, unique, confiée à nos soins ? La dignité de l’homme est bien de se refuser à toute définition, d’être au-delà des conditions de fortune, d’âge, de santé ou de couleur de peau. Si l’avortement peut être une tolérance douloureuse il ne peut être un « droit » qui supposerait de définir qui est objet de ce droit c’est-à-dire sur qui s’exerce le permis de tuer. Les partisans du « droit à l’avortement » sont-ils prêts à dire qu’on peut s’arroger le droit de dire si une vie d’homme mérite ou non d’être reconnue ? La dignité est de se refuser à dire qui est un homme et qui ne l’est pas. Réciproquement la violence, à commencer par l’injure, est dans le déni d’humanité. Discuter du nombre de semaines de gestation, du niveau de ressources des parents, de la normalité supposée de l’enfant, c’est autant d’attentats à la dignité. La question de l’avortement est bien de ces situations où le rapport à l’absolu donne la mesure, là où on devrait plutôt se refuser à toute mesure. Qui acceptera la responsabilité de définir quelle vie ne vaut pas d’être vécue ? Étrange culture que la nôtre où la sentimentalité voisine avec l’insensibilité. Au moment même où l’on présente l’avortement comme un droit, on recommande aux mères et aux pères de parler à l’enfant dans le sein maternel ! Au moment même où l’on s’indigne que dans les abattoirs les fœtus des vaches soient jetés (sans respect !) dans une poubelle, on refuse que soient célébrées des obsèques pour l’enfant mort d’une IVG, qu’un nom lui soit donné… L’admirable film de Cristian Mungiu, 4 mois, 3 semaines, 2 jours, montre que l’on peut s’extasier devant la naissance de chatons et être conduit à avorter dans des conditions sordides. Étrange culture encore que celle où l’on encourt une lourde amende si l’on détruit un nid d’oiseau… Or il est vain et sot de condamner le geste de l’avortement sans accompagner la femme enceinte, la protéger au lieu de l’exposer à la solitude et à la violence d’une salle d’opération. C’est l’insensibilité de nos relations que juge l’avortement. Le devoir, même s’il s’adresse à une conscience qui peut éprouver la solitude de l’impératif absolu, renvoie aussi à la communion. Les catholiques qui voient dans l’avortement un malheur ne peuvent s’ériger en juges de la future mère, mais sont en mesure de proposer des alternatives comme le font Mère de miséricorde ou La maison de Louise. Les catholiques ne sont fondés à désigner le mal qu’est l’avortement que dans la mesure où ils ouvrent à une communion. Telle est l’alternative catholique, les pouvoirs publics seraient mieux inspirés de la laisser se développer.

Mgr Jozef Tiso, Sermon

Le plus grand crime contre Dieu et contre la nation, c’est de tuer la vie avant qu’elle ait vu le jour. Là où la mère devient meurtrière, la nation se condamne elle-même.

Pierre Lombard, Les Quatre Livres des Sentences (Quatrième livre, Distinction XXXI, Chapitre III)

À propos de ceux qui procurent des poisons de stérilité. En vérité, ceux qui procurent des poisons de stérilité, ne sont pas des époux, mais des fornicateurs. D’où Augustin : « Parfois cette cruauté du désir déréglé ou ce cruel désir déréglé en vient jusqu’à procurer des poisons de stérilité ; et s’ils ne valent rien, il fait de quelque autre façon mourir ou expulse les fœtus conçus en dedans des entrailles, voulant que son enfant périsse avant d’avoir vécu ; ou bien, s’il vivait dans l’utérus, qu’il soit tué avant de naître. En un mot, si les deux se comportent ainsi, ce ne sont pas des époux ; et s’ils se comportaient ainsi dès le début, ils ne se sont pas unis par le mariage, mais plutôt par le stupre. Mais si les deux ne se sont pas comportés ainsi, j’ose dire : ou bien, que celle-ci est d’une certaine façon la prostituée de son mari ; ou bien, que celui-ci est un adultère vis-à-vis de son épouse .

Pierre Guyon et Bruno Hirout, Combat pour la France (Page 54)

Imaginez qu’une personne ait le droit de vie ou de mort sur vous, que quoi que vous fassiez ne pourra rien y changer, et que cette personne, c’est votre mère. Imaginez que votre mère, pour pouvoir assouvir ses désirs, son égoïsme, décide de mettre fin à votre vie avant même que vous puissiez voir la lumière du jour. Et imaginez que celle-ci ne soit jamais poursuivie ni inquiétée pour vous avoir tué. Eh bien depuis la loi Veil en 1975, c’est exactement ce qui se passe tous les jours en France : des meurtres impunis, presque 600 chaque jour, au nom d’une pseudo liberté, alors qu’il s’agit du contraire de la liberté, car avec toutes les méthodes de contraception et l’abstinence, une femme a le choix et la liberté de ne pas avoir d’enfants, contrairement à l’enfant qui sera tué et privé de son droit de vivre. L’arrivée de François Hollande a la présidence de la République en 2012 a marqué une nouvelle étape dans le massacre d’enfants. Le président socialiste a instauré la gratuité totale de l’avortement en 2013. L’année suivante, en 2014, le délit d’entrave a permis de sanctionner les associations qui informent sur les conséquences négatives de l’avortement.

Guy Gilbert, L’Évangile, une parole invincible

Je suis toujours sidéré quand des jeunes dans des salles de conférences me demandent, à moi, prêtre : « Que penses-tu de l’avortement ? » Parfois même : « Es-tu pour ou contre l’avortement ? » Pour eux, c’est clair. Avorter est permis. Donc c’est moral. Nous, chrétiens, devons affirmer qu’avorter, c’est tuer. Ces mots choquent terriblement certaines personnes. Car au nom de la liberté, on croit pouvoir dire que l’avortement est un droit.

Bibliographie

  • Dr Florence Allard, Le traumatisme post-avortement
  • Stéphane Mercier, La philosophie pour la vie
  • Père François Zannini, Papa ! Maman ! Laissez-moi vivre !
  • Dr Xavier Dor, Combats contre la pesanteur / Le crime contre Dieu
  • Laurent Aventin, Le combat de l’Église contre l’avortement
  • François Granger, Un cri pour la vie
  • Matthieu Lavagna, La raison est pro-vie
  • Abbé Laurent Spriet, Se relever après un avortement
  • Vidéothèque
  • Matthieu Lavagna – Débat sur l’avortement avec un athée
  • Matthieu Lavagna – Arguments non religieux contre l’avortement
  • Iconothèque