IIème Concile de Constantinople (Canon 6)
Ajouter à
Si quelqu’un dit que c’est en un sens impropre et non véritable que la sainte, glorieuse et toujours vierge Marie est Mère de Dieu ou qu’elle l’est par transfert, comme si un simple homme avait été engendré d’elle, mais non pas au sens où le Verbe de Dieu s’est incarné ; mais la génération de l’homme à partir de Marie étant selon eux attribuée par transfert au Dieu Verbe en tant qu’uni à l’homme qui est né et s’il calomnie le saint concile de Chalcédoine en disant que celui-ci déclare la Vierge Mère de Dieu dans le sens impie imaginé par Théodore ; ou si quelqu’un l’appelle mère de l’homme ou mère du Christ, comme si le Christ n’était pas Dieu, mais ne confesse pas qu’elle est proprement et en vérité Mère de Dieu, parce que le Dieu Verbe, engendré du Père avant les siècles, s’est incarné à partir d’elle dans les derniers jours et que c’est avec ce sentiment religieux que le saint concile de Chalcédoine l’a confessée Mère de Dieu, qu’un tel homme soit anathème.
Isaïe VII, 14
Ajouter à
C’est pourquoi le Seigneur lui-même donnera un signe : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel [Dieu avec nous].
Saint Cyrille d’Alexandrie, Lettre
Ajouter à
Je m’étonne qu’il y ait des gens pour poser cette question : Faut-il, ou ne faut-il pas appeler la Sainte Vierge Mère de Dieu ? Car si Notre-Seigneur Jésus-Christ est Dieu, comment la Vierge qui l’a mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu ? C’est la croyance que nous ont transmise les saints apôtres, même s’ils ne se sont pas servis de ce terme. C’est l’enseignement que nous avons reçu des saints Pères. Et tout particulièrement notre Père de vénérable mémoire, Athanase, qui pendant quarante-six ans a illustré le siège d’Alexandrie, qui a opposé aux inventions des hérétiques impies une sagesse invincible et digne des apôtres, Athanase, qui a embaumé du parfum de ses écrits l’univers tout entier, à qui tous rendent témoignage pour son orthodoxie et sa piété, Athanase, au troisième livre du traité qu’il a composé sur la Trinité sainte et consubstantielle, appelle à plusieurs reprises la Sainte Vierge, Mère de Dieu. Je vais citer textuellement ses propres paroles : « La sainte Écriture, nous l’avons fait remarquer bien souvent, se caractérise principalement en ceci, qu’elle rend au sujet du Sauveur un double témoignage. D’une part, il est le Dieu éternel, le Fils, le Verbe, le resplendissement et la sagesse du Père ; d’autre part, en ces derniers temps et pour notre salut, il a pris chair de la Vierge Marie, Mère de Dieu, et s’est fait homme. » Et un peu plus loin : « Il y a eu beaucoup de saints ; il y a eu des hommes exempts de tout péché : Jérémie a été sanctifié dès le sein maternel ; Jean, encore porté dans les entrailles de sa mère, a tressailli d’allégresse à la voix de Marie, la Mère de Dieu. » Ainsi parle cet homme considérable, si digne d’inspirer confiance, car il n’aurait jamais rien dit qui ne fût conforme aux saintes Écritures.
Jacques-Bénigne Bossuet, Élévations sur les Mystères, méditations et autres textes
Ajouter à
La sainte virginité devait être la première disposition pour faire une mère de Dieu. Car il fallait une pureté au-dessus de celle des anges, pour être unie au Père éternel, pour produire le même Fils que lui. Il fallait aussi être disposée par la même pureté à recevoir la vertu d’en haut, et le Saint Esprit survenant. Cette haute résolution de renoncer à jamais à toute la joie des sens, comme si on était sans corps ; c’est ce qui fait une vierge, et qui préparait sur la terre une Mère au Fils de Dieu. Mais tout cela n’était rien sans l’humilité. Les mauvais anges étaient chastes ; mais avec toute leur chasteté, parce qu’ils étaient superbes, Dieu les a repoussés jusqu’aux enfers. Il fallait donc que Marie fût humble, autant que ces rebelles ont été superbes ; et c’est ce qui lui a fait dire : « Je suis la servante du Seigneur. » Il ne fallait rien moins pour la faire mère. Mais la dernière disposition était la foi. Car il fallait concevoir le Fils de Dieu dans son esprit avant que de le concevoir dans son corps ; et cette conception dans l’esprit était l’ouvrage de la seule foi : « Qu’il me soit fait selon votre parole. » Par là donc cette parole entra dans la sainte Vierge comme une semence céleste ; et la recevoir en soi, qu’était-ce autre chose que de concevoir le Verbe en esprit ? Ayons donc une ferme foi, et espérons tout de la bonté et de la promesse divine. Le Verbe s’incorporera à nous, et par cette espèce d’incarnation, nous participerons à la dignité de la Mère de Dieu, conformément à cette sentence du Sauveur : « Celui qui écoute la parole de Dieu et qui fait sa volonté est mon frère, ma sœur et ma mère. »