Adolphe Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique (Page 69)
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C’est au jour de l’Incarnation que Marie devient la mère de Jésus, la mère d’un Fils-Dieu, la mère de Dieu. Or, si nous tenons compte du dialogue entre l’Ange et la Vierge, Marie est mère de Jésus, non pas seulement en tant que celui-ci est une personne privée, mais en tant qu’il est Sauveur et Rédempteur. « L’ange ne parle pas seulement des grandeurs personnelles de Jésus ; c’est le Sauveur, c’est le Messie attendu, c’est le Roi éternel de l’humanité régénérée dont on propose à Marie de devenir la Mère… Toute l’oeuvre rédemptrice est suspendue au Fiat de Marie. Et de cela la Vierge a pleine conscience. Elle sait ce que Dieu lui propose ; elle consent à ce que Dieu lui demande, sans restriction ni condition ; son Fiat répond à l’ampleur des propositions divines, il s’étend à toute l’oeuvre rédemptrice ». Marie est donc la mère du Rédempteur, et comme telle, associée à son oeuvre rédemptrice, et elle tient dans l’ordre de la réparation la place qu’Ève a tenu dans l’ordre de notre ruine spirituelle, ainsi que les Pères le feront remarquer avec saint Irénée.
Pape Léon XIII, Adjutricem Populi
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Car de là, selon les desseins de Dieu, Elle a commencé à veiller sur l’Église, à nous assister et à nous protéger comme une Mère, de sorte qu’après avoir été coopératrice de la Rédemption humaine, Elle est devenue aussi, par le pouvoir presque immense qui lui a été accordé, la dispensatrice de la grâce qui découle de cette Rédemption pour tous les temps.
Pape Benoît XV, Homélie
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Les souffrances de Jésus ne peuvent être séparées des peines de Marie. Tout comme le premier Adam eut une femme comme complice dans sa rébellion contre Dieu, le nouvel Adam voulait qu’une femme partage son œuvre en rouvrant les portes du ciel aux hommes. De la croix, il s’adressa à sa Mère douloureuse en tant que femme et la proclama la Nouvelle Ève, la Mère de tous les hommes pour qui il est mort afin qu’ils aient la vie
Pape Pie XII, Ad cæli Reginam
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Dans l’œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d’une manière semblable à celle dont Eve fut associée à Adam, principe de mort, si bien que l’on peut dire que notre rédemption s’effectua selon une certaine « récapitulation » en vertu de laquelle le genre humain assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l’intermédiaire d’une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément pour être associée à Lui dans la Rédemption du genre humain.
Sainte Madeleine-Sophie Barat, Conférence (1858)
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Pour la raison même de son Immaculée Conception, Marie eut dès le commencement de son existence, une parfaite connaissance de Dieu. Cette connaissance enflammant de plus en plus l’ardeur de l’amour qui la consumait, lui fit accepter d’avance tous les sacrifices que Dieu lui demanda, surtout au moment où, alors qu’elle lui offrait son Divin Fils au Temple, le vieillard Siméon lui fit une douloureuse prédiction. Marie comprit alors à quoi elle était appelée et l’amour dont elle aimait son Dieu lui fit aussi aimer les hommes qui lui coûtaient si cher. Dès lors et particulièrement au moment où son Divin Fils lui présenta dans la personne de saint Jean, tous les hommes, Marie, debout sous la Croix, se montra véritablement notre co-rédemptrice, notre Mère.
Pape Pie XI, Allocution aux pèlerins de Vicenza (30 novembre 1933)
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Le Rédempteur se devait, par la force, d’associer sa Mère à son œuvre. C’est pour cela que nous l’invoquons sous le titre de Co-rédemptrice. Elle nous a donné le Sauveur. Elle l’a conduit à son œuvre de rédemption jusqu’à la croix. Elle a partagé avec lui les souffrances de l’agonie et de la mort en laquelle Jésus consommait le rachat de tous les hommes.
Saint Alphonse de Liguori, Opera dogmatica contro i pretesi riformati
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Nous l’appelons co-rédemptrice non pas parce que Marie aurait racheté les hommes avec Jésus, mais parce que, comme l’écrit St Augustin, étant la mère de notre tête Jésus-Christ et ayant coopéré avec sa charité à lui […] elle devint également notre mère à nous qui sommes les membres de cette tête […]. Étant la mère du Sauveur dans la chair, elle est aussi devenue mère spirituelle de tous les fidèles. Pendant toute sa vie, cette vierge exaltée par sa charité envers les hommes collaborait à leur salut, spécialement au Calvaire quand elle offrit au Père éternel la vie du Fils pour notre salut. Nous l’appelons également médiatrice : non pas de droit, mais par la grâce, Jésus seul étant le médiateur de droit, lui qui par ses propres mérites a obtenu la réconciliation des hommes avec Dieu. Marie est médiatrice de grâce auprès de Dieu, comme tous les saints, mais une médiatrice plus puissante que les saints, dont les prières sont des prières de serviteurs, tandis que les prières de Marie sont celles d’une mère.
Pape Pie XII, Munificentissimus Deus
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Nous devons nous rappeler d’une manière particulière que dès le IIe siècle, les saints Pères ont désigné la Vierge Marie comme la nouvelle Ève qui, bien que soumise au nouvel Adam, est intimement associée à lui dans cette lutte contre l’Ennemi infernal et qui, comme l’avait annoncé le Protévangile, a eu comme résultat final la victoire totale sur le péché et la mort.
Pape Benoît XV, Inter Sodalicia (Lettre apostolique)
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Elle souffrit en effet et mourut presque avec son Fils souffrant et mourant, elle abdiqua ses droits maternels pour le salut des hommes, et autant qu’il lui appartenait, immola son Fils pour apaiser la justice de Dieu, si bien qu’on peut justement dire qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain.
Pape saint Pie X, Ad Diem illum Laetissimum (Encyclique)
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Quand vint pour Jésus l’heure suprême, on vit la Vierge debout auprès de la croix, saisie sans doute par l’horreur du spectacle, heureuse pourtant de ce que son Fils s’immolait pour le salut du genre humain, et, d’ailleurs, participant tellement à ses douleurs que de prendre sur elle les tourments qu’il endurait lui eût paru, si la chose eût été possible, infiniment préférable. La conséquence de cette communauté de sentiments et de souffrances entre Marie et Jésus, c’est que Marie mérita très légitimement de devenir la réparatrice de l’humanité déchue, et, partant, la dispensatrice de tous les trésors que Jésus nous a acquis par sa mort et par son sang […]. Du fait que Marie l’emporte sur tous en sainteté et en union avec Jésus-Christ et qu’elle a été associée par Jésus-Christ à l’œuvre de la Rédemption, elle nous mérite de congruo (de convenance), comme disent les théologiens, ce que le Christ Jésus nous a mérité de condigno (de plein droit), et elle est le ministre suprême de la dispensation des grâces.
Pape Pie XII, Discours aux pèlerins de Gênes (22 avril 1940)
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En effet, Jésus et Marie ne sont-ils pas les deux amours sublimes du peuple chrétien, le nouvel Adam et la nouvelle Ève que l’Arbre de la Croix a uni dans la douleur et l’amour pour racheter le péché de nos premiers parents dans le jardin d’Éden ?
Vénérable Marie d’Agréda, Vie Divine de La Très Sainte Vierge Marie
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[…] Mais c’est une chose digne d’admiration que, ce corps étant si petit dans le premier instant de sa conception, néanmoins par la puissance divine la connaissance et la douleur qu’elle avait de la chute d’Adam lui faisait verser des larmes, et elle commençait dès lors dans le sein maternel à exercer l’office de corédemptrice du genre humain. Elle offrit ces larmes unies aux désirs des patriarches ; et cette offrande fut agréable à Dieu et plus efficace pour obtenir la rédemption que toutes les prières des hommes et des saints anges. Elle pria spécialement pour ses parents qu’elle connut en Dieu avant de les voir corporellement, et elle exerça en même temps envers eux la vertu de l’amour, du respect et de la gratitude de fille.
Chanoine Coubé, Du champ de bataille au ciel (Page 116)
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Toutes les grâces ont, en somme, pour but final notre bonheur éternel ; or, elles passent toutes par les mains de Marie. On ne va pas au ciel sans Marie, et avec elle on est sur d’y aller. Aussi, quand un chrétien la prie el lui donne des marques d’amour, elle ne se laisse pas vaincre en générosité. La mère toute miséricordieuse, comme elle s’appelait elle-même à Pellevoisin, fait pleuvoir sur lui les grâces de conversion, s’il en a besoin, et les grâces de sanctification, s’il a déjà rompu avec le péché. Par là, elle l’attire doucement au paradis.