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Réponse de la Commission Biblique Sur les Actes des Apôtres et les épîtres de saint Paul

Métadonnées
Dicastère · Saint Pie X · 12 juin 1913

I. Auteur, date de composition et vérité historique des Actes des Apôtres 

Question 1 : Eu égard tout spé­cia­le­ment à la Tradition de l’Église uni­ver­selle uni­ver­selle qui remonte aux pre­miers écri­vains ecclé­sias­tiques, et en tenant compte des carac­tères internes du livre des Actes consi­dé­ré, soit en lui-​même, soit en rap­port avec le troi­sième évan­gile, prin­ci­pa­le­ment en ce qui touche l’affinité et la connexi­té mutuelle des deux pro­logues [Lc 1, 1–4 ; Ac 1, 1–5] doit-​on tenir pour cer­tain que le livre inti­tu­lé Actes des Apôtres, ou “Praxeis Apostolon”, a pour auteur l’évangéliste Luc ? 

Réponse : Oui. 

Question 2 : Peut-​on par des argu­ments cri­tiques, sug­gé­rés aus­si bien par la langue et le style que par la forme du récit, ain­si que par l’unité de but et de doc­trine, démon­trer que le livre des Actes ne doit être attri­bué qu’à un seul auteur, et que, par suite, est dénuée de tout fon­de­ment l’opinion de cri­tiques récents sui­vant laquelle Luc n’est pas l’auteur unique de ce livre mais qu’il faut recon­naître à cet écrit plu­sieurs auteurs distincts ? 

Réponse : Oui sur les deux points. 

Question 3 : Particulièrement les péri­copes prin­ci­pales des Actes où, aban­don­nant le dis­cours à la troi­sième per­sonne, on parle à la pre­mière per­sonne du plu­riel (Wir-​Stücke), infirment-​elles l’unité de com­po­si­tion et l’authenticité des Actes ? Ou doit-​on plu­tôt décla­rer que, consi­dé­rées his­to­ri­que­ment et phi­lo­lo­gi­que­ment, elles la confirment ? 

Réponse : Non sur le pre­mier point ; oui sur le second. 

Question 4 : Du fait que le livre lui-​même, après une men­tion rapide des deux ans de la pre­mière cap­ti­vi­té de Paul à Rome, se ferme brus­que­ment, a‑t-​on le droit de conclure que l’auteur a écrit un autre volume aujourd’hui per­du, ou qu’il a eu l’intention de l’écrire, et dès lors peut-​on repor­ter la date de la com­po­si­tion du livre des Actes long­temps après cette cap­ti­vi­té ; ou plu­tôt doit-​on légi­ti­me­ment et à bon droit en infé­rer que l’apôtre Luc a ter­mi­né son ouvrage aux der­niers jours de la pre­mière cap­ti­vi­té de Paul à Rome ? 

Réponse : Non sur le pre­mier point ; oui sur le second. 

Question 5 : Si l’on consi­dère tout à la fois les rela­tions fré­quentes et faciles que Luc eut cer­tai­ne­ment avec les pre­miers et prin­ci­paux fon­da­teurs de l’Église de Palestine, et aus­si avec Paul, l’Apôtre des nations, dont il fut le col­la­bo­ra­teur dans la pré­di­ca­tion évan­gé­lique et le com­pa­gnon de voyage ; son habi­tuelle saga­ci­té et le soin qu’il apporte à recher­cher les témoins et à consta­ter les choses de ses yeux enfin le très fré­quent accord, évident et admi­rable, du livre des Actes avec les épîtres de Paul et les monu­ments les plus véri­diques de l’histoire, doit-​on tenir pour cer­tain que Luc a eu en main des sources abso­lu­ment dignes de foi, qu’il les a uti­li­sées avec soin, pro­bi­té et fidé­li­té, et qu’il peut dès lors reven­di­quer à bon droit une pleine auto­ri­té historique ? 

Réponse : Oui. 

Question 6 : Quant aux dif­fi­cul­tés qu’on est accou­tu­mé de sou­le­ver de-​ci, de-​là, du fait des miracles racon­tés par Luc, ou de cer­tains dis­cours qui, rap­por­tés sous forme de résu­més, passent pour fabri­qués et appro­priés aux cir­cons­tances, ou de cer­tains pas­sages en désac­cord au moins appa­rent avec l’histoire pro­fane ou biblique ; ou enfin de quelques récits qui semblent en contra­dic­tion avec l’auteur même des Actes ou avec d’autres écri­vains bibliques, sont-​elles de nature à jeter des doutes sur l’autorité his­to­rique des Actes ou du moins à l’amoindrir de quelque manière ? 

Réponse : Non. 

II. Auteur, intégrité et date de composition des épîtres pastorales de l’apôtre Paul.

Question 1 : Si on consi­dère la Tradition ecclé­sias­tique qui depuis l’origine s’affirme par­tout et avec fer­me­té, ain­si qu’en témoignent de maintes manières d’antiques monu­ments ecclé­sias­tiques, doit-​on tenir pour cer­tain que les épîtres dites pas­to­rales, c’est-à-dire les deux à Timothée et l’épître à Tite, en dépit de l’audace de quelques héré­tiques, qui, les trou­vant contraires à leur ensei­gne­ment, les ont rayées, sans don­ner aucune rai­son, du nombre des épîtres pau­li­niennes, ont été écrites par l’apôtre Paul lui-​même et ont tou­jours été ran­gées par­mi les épîtres authen­tiques et canoniques ? 

Réponse : Oui. 

Question 2 : L’hypothèse dite des frag­ments, intro­duite et pro­po­sée sous diverses formes par cer­tains cri­tiques contem­po­rains qui, du reste, sans aucun motif plau­sible, et même en se contre­di­sant les uns les autres, sou­tiennent que les épîtres pas­to­rales ont été for­mées plus tard, par des auteurs incon­nus, de frag­ments d’épîtres ou d’épîtres pau­li­niennes per­dues et nota­ble­ment aug­men­tées, peut-​elle infir­mer quelque peu le témoi­gnage pré­cis et très ferme de la Tradition ? 

Réponse : Non. 

Question 3 : Les dif­fi­cul­tés qu’on est accou­tu­mé d’opposer diver­se­ment, ou du fait du style et de la langue de l’auteur, ou du fait des erreurs, prin­ci­pa­le­ment des gnos­tiques, décrites alors déjà comme des ser­pents qui s’insinuent, ou du fait de l’état de la hié­rar­chie ecclé­sias­tique sup­po­sée comme déjà déve­lop­pée, et autres objec­tions de même sorte, infirment-​elles d’une manière quel­conque la thèse qui tient pour éta­blie et cer­taine l’authenticité des épîtres pastorales ? 

Réponse : Non. 

Question 4 : Étant don­né que des argu­ments his­to­riques et la Tradition ecclé­sias­tique, conforme aux témoi­gnages des Pères d’Orient et d’Occident, non moins que des preuves tirées aisé­ment soit de la brusque conclu­sion du livre des Actes, soit des épîtres pau­li­niennes com­po­sées à Rome, prin­ci­pa­le­ment la seconde à Timothée, obligent à tenir pour cer­taine la double cap­ti­vi­té de l’apôtre Paul à Rome, peut-​on affir­mer avec cer­ti­tude que les épîtres pas­to­rales ont été écrites entre la fin de la pre­mière cap­ti­vi­té et la mort de l’Apôtre ?

Réponse : Oui.