Disciple de saint Paul qui en parle dans sa lettre aux Philippiens (4.3), il est l’un des premiers successeurs de saint Pierre sur le siège de Rome. Mais on sait peu de choses de son pontificat en ce temps de l’Eglise naissante. Sa lettre aux Corinthiens est le premier document où l’on voit l’Eglise de Rome intervenir dans une autre Eglise pour qu’y vive la charité, document inappréciable par la fraîcheur du texte si proche des rédactions des évangélistes. Selon la tradition il a été exilé en Crimée à Cherson où il a subi le martyre par noyade. Ses reliques furent ramenées à Rome par les saints Cyrille et Méthode au IXe siècle.
L’épître est écrite avant l’an 110, date approximative à laquelle l’évêque de Smyrne, Polycarpe, la cite. D’autre part, elle est écrite après la terrible persécution de Néron, en l’an 64, sur laquelle d’ailleurs elle nous renseigne. Tout concorde donc pour fixer la composition de l’épître vers la fin du règne de Domitien. Voici quelle est la succession des empereurs romains à l’époque : Néron (54–68), Vespasien (69–79), Domitien (81–96), Nerva (96–98), Trajan (98–117). La persécution reprit alors, moins sanglante que du temps de Néron, mais rusée et chicanière. La lettre serait donc écrite vers 95 ou 96.