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Lettre encyclique Sempiternus Rex

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Encyclique · Pie XII · 8 septembre 1951

En 451 se réunis­sait à Chalcédoine un Concile pour affir­mer la foi de l’Eglise dans le Christ ayant deux natures dis­tinctes et réfu­ter les erreurs d’Eutychès.

Eutychès était un moine influent de Constantinople pro­fes­sant que dans la per­sonne du Christ la divi­ni­té avait « absor­bé » son huma­ni­té, et par consé­quent que le Christ ne nous était pas consub­stan­tiel. [1]

Pour com­mé­mo­rer cet évé­ne­ment, datant d’il y a 1500 ans, Pie XII publie une ency­clique afin de « mettre en lumière… la pri­mau­té du Pontife romain qui, dans cette très grave contro­verse, res­plen­dit vive­ment, et la défi­ni­tion dog­ma­tique de Chalcédoine, d’une si grande impor­tance » ; puis, il lance aux hété­ro­doxes un appel en faveur de l’u­ni­té, ain­si qu’un aver­tis­se­ment contre des théo­ries dan­ge­reuses, et, enfin une exhor­ta­tion finale à une vie chré­tienne cohérente.

Cette Encyclique est sur le plan même de l’Encyclique Lux Veritatis, écrite par Pie XI pour rap­pe­ler la gloire et les gran­deurs du Concile d’Ephèse (431). Ces deux Synodes uni­ver­sels sont étroi­te­ment unis entre eux ; tous les deux sont chris­to­lo­giques ; l’un per­fec­tionne l’autre, en ce sens que le pre­mier, contre l’er­reur de Nestorius, enseigne que dans le Christ il n’y a qu’une seule per­sonne, la Personne divine du Verbe ; le second, contre la fausse doc­trine d’Eutychès, pro­clame magis­tra­le­ment qu’il faut admettre dans le Rédempteur deux natures dis­tinctes et par­faites : la nature divine et la nature humaine qui sub­sistent dans la seule Personne du Verbe.

Notes de bas de page
  1. Cf. A. Bardy, Le Brigandage d’Ephèse et le Concile de Chalcédoine dans Fliche et Martin, Histoire de l’Eglise, t. IV, p. 211.[]
  2. De fait, à Rome eurent lieu des céré­mo­nies impor­tantes pour com­mé­mo­rer cet évé­nement : une assem­blée solen­nelle le 25 octobre 1951 où le car­di­nal Agagianian lut un dis­cours remar­quable, celui-​ci sui­vi par un radio­mes­sage de Pie XII (cf. p. 456) ; une messe célé­brée le 1er novembre 1951 en la basi­lique de Saint-​Pierre par le car­di­nal Tisserant avec assis­tance pon­ti­fi­cale de Pie XII.[]
  3. Registrum Epistularum I, 25, al. 24, PL. 77, 478 ; ed. Ewald, I, 56.[]
  4. Nestorius, évêque d’Antioche, fut sacré évêque de Constantinople en 428. Celui-​ci pro­fes­sa que, dans le Christ, il y avait deux per­sonnes et que la Vierge n’é­tait mère que de la per­sonne humaine du Christ. En En 430, Nestorius était condam­né par le pape saint Célestin et le Concile d’Ephèse défi­nis­sait l’u­ni­té de la per­sonne du Christ.[]
  5. Leo M. ad Flavianum, Ep. 28, I ; PL. 54 ; 755 s.[]
  6. Cf. Flavianus ad Leonem M., Ep. 26 ; PL 54, 745.[]
  7. Valentin et Apollinaire, théo­lo­giens du IVe siècle qui niaient que le Christ ait deux natures.[]
  8. Saint Flavien était évêque de Constantinople ; dès 448, il réfute les erreurs d’Euty­chès et invite les évêques à pro­cla­mer leur foi dans les deux natures et l’u­nique per­sonne du Christ.[]
  9. Eusèbe, évêque de Dorylée, dénon­ça les erreurs d’Eutychès et pro­vo­qua la réunion d’un Concile par­ti­cu­lier à Constantinople en 448 où Eutychès est condam­né.[]
  10. Eutychès condam­né en appelle à Rome au pape saint Léon qui confirme les déci­sions de Constantinople et convoque un Concile géné­ral.[]
  11. S. Leonis M., Ep. 28, 5 (PL. 54, 777).[]
  12. Dioscore, évêque d’Alexandrie, avait pris fait et cause en faveur d’Eutychès.[]
  13. Théodoret de Cyr, par­ti­san de l’or­tho­doxie, fut dépo­sé par le synode.[]
  14. Schwartz, Acta Conciliorum Œcumenicorum, II, vol. II ; pars. prior, p. 78.[]
  15. Theodoretus ad Leonem M., Ep. 52, I, 5, 6 ; PL. 54, 847 et 851 ; cf. PG. 83, 1311 s. et 1315 s.[]
  16. Théodose II est empe­reur de Constantinople. Pulchérie est la sœur de l’empereur et jouis­sait d’une grande influence.[]
  17. Valentinien est empe­reur d’Occident.[]
  18. Mansi, Conciliorum amplis­si­ma col­lec­tio, VI, 1.047, act. III ; Schwartz, II, vol. I, pars alte­ra, p. 29 (225), act. II.[]
  19. Synodus Chalcedonensis ad Leonem M., Ep. 98, I ; PL. 54, 951 ; Mansi, VI, 147.[]
  20. Anatolius ad Leonem M., Ep. 132, 4 ; PL. 54, 1084 ; Mansi, VI, 278 s.[]
  21. Mansi, VII, 147.[]
  22. Schwartz. II, vol. I ; pars alte­ra, p. 81 (277), act. III ; Mansi, VI, 971, act. II.[]
  23. S. Leonis M., Ep. 28, 6 ; PL. 54, 777.[]
  24. Ibid.[]
  25. Ep. 28, 5 ; PL. 54, 771 ; cf. Augustinus, Contra ser­mo­nem Arianorum, c. 8, PL. 42, 688.[]
  26. Ep. 28, 3 ; PL. 54, 763. Cf. S. Leonis M., Serm. 21, 2, PL. 54, 192.[]
  27. Ep. 28, 3 ; PL. 54, 765 ; cf. Serm. 23, 2, PL. 54, 201.[]
  28. Ep. 28, 4, PL. 54, 767.[]
  29. Ibid.[]
  30. Mansi, VII, 114 et 115.[]
  31. Aujourd’hui, il y a encore des mono­phy­sites. Les patriarches d’Alexandrie persé­vèrent dans l’er­reur d’Eutychès et une hié­rar­chie dis­si­dente fut orga­ni­sée et des Eglises monophysites-​syriennes furent fon­dées. De même, des groupes des Eglises d’Arménie et d’Ethiopie se ran­gèrent du côté mono­phy­site.[]
  32. Ita Nerses IV († 1173), in Libella confes­sio­nis fidei, ad Alexium supre­mum exer­ci­tus byzan­ti­ni Ducem : I. Cappelletti, S. Narsetis Claiensis, Armenorum Catholici, ope­ra, I ; Venetiis, 1833, pp. 182, 183.[]
  33. Ps. CXXXII, 1.[]
  34. Cf. Is., LIV, 11.[]
  35. Cf. Eph., II, 20.[]
  36. EP. 28, 3 ; PL. 54, 763. Cf. Serm. 23, 2, PL. 54, 201.[]
  37. C’est pour ce motif qu’un article du R. P. Seiller fut mis à l’in­dex (cf. p. 295).[]
  38. Ep. 152, PL. 54, 1123.[]
  39. S. Thomas, Comm. in Ep. ad Ephesios, c. IV ; lect. III cir­ca finem.[]
  40. S. Leonis M., Serm. 30, 6, PL. 54, 233, s.[]
  41. Cf. Cant. II, 11, s.[]
  42. Il y a encore des nes­to­riens ; en effet, des dis­ciples de Nestorius ins­tal­lèrent en Perse une Eglise dis­si­dente qui compte encore des adeptes.[]
  43. S. Leonis M., Serm. 72, 1, PL. 54, 390.[]