En 451 se réunissait à Chalcédoine un Concile pour affirmer la foi de l’Eglise dans le Christ ayant deux natures distinctes et réfuter les erreurs d’Eutychès.
Eutychès était un moine influent de Constantinople professant que dans la personne du Christ la divinité avait « absorbé » son humanité, et par conséquent que le Christ ne nous était pas consubstantiel. [1]
Pour commémorer cet événement, datant d’il y a 1500 ans, Pie XII publie une encyclique afin de « mettre en lumière… la primauté du Pontife romain qui, dans cette très grave controverse, resplendit vivement, et la définition dogmatique de Chalcédoine, d’une si grande importance » ; puis, il lance aux hétérodoxes un appel en faveur de l’unité, ainsi qu’un avertissement contre des théories dangereuses, et, enfin une exhortation finale à une vie chrétienne cohérente.
Cette Encyclique est sur le plan même de l’Encyclique Lux Veritatis, écrite par Pie XI pour rappeler la gloire et les grandeurs du Concile d’Ephèse (431). Ces deux Synodes universels sont étroitement unis entre eux ; tous les deux sont christologiques ; l’un perfectionne l’autre, en ce sens que le premier, contre l’erreur de Nestorius, enseigne que dans le Christ il n’y a qu’une seule personne, la Personne divine du Verbe ; le second, contre la fausse doctrine d’Eutychès, proclame magistralement qu’il faut admettre dans le Rédempteur deux natures distinctes et parfaites : la nature divine et la nature humaine qui subsistent dans la seule Personne du Verbe.
- Cf. A. Bardy, Le Brigandage d’Ephèse et le Concile de Chalcédoine dans Fliche et Martin, Histoire de l’Eglise, t. IV, p. 211.[↩]
- De fait, à Rome eurent lieu des cérémonies importantes pour commémorer cet événement : une assemblée solennelle le 25 octobre 1951 où le cardinal Agagianian lut un discours remarquable, celui-ci suivi par un radiomessage de Pie XII (cf. p. 456) ; une messe célébrée le 1er novembre 1951 en la basilique de Saint-Pierre par le cardinal Tisserant avec assistance pontificale de Pie XII.[↩]
- Registrum Epistularum I, 25, al. 24, PL. 77, 478 ; ed. Ewald, I, 56.[↩]
- Nestorius, évêque d’Antioche, fut sacré évêque de Constantinople en 428. Celui-ci professa que, dans le Christ, il y avait deux personnes et que la Vierge n’était mère que de la personne humaine du Christ. En En 430, Nestorius était condamné par le pape saint Célestin et le Concile d’Ephèse définissait l’unité de la personne du Christ.[↩]
- Leo M. ad Flavianum, Ep. 28, I ; PL. 54 ; 755 s.[↩]
- Cf. Flavianus ad Leonem M., Ep. 26 ; PL 54, 745.[↩]
- Valentin et Apollinaire, théologiens du IVe siècle qui niaient que le Christ ait deux natures.[↩]
- Saint Flavien était évêque de Constantinople ; dès 448, il réfute les erreurs d’Eutychès et invite les évêques à proclamer leur foi dans les deux natures et l’unique personne du Christ.[↩]
- Eusèbe, évêque de Dorylée, dénonça les erreurs d’Eutychès et provoqua la réunion d’un Concile particulier à Constantinople en 448 où Eutychès est condamné.[↩]
- Eutychès condamné en appelle à Rome au pape saint Léon qui confirme les décisions de Constantinople et convoque un Concile général.[↩]
- S. Leonis M., Ep. 28, 5 (PL. 54, 777).[↩]
- Dioscore, évêque d’Alexandrie, avait pris fait et cause en faveur d’Eutychès.[↩]
- Théodoret de Cyr, partisan de l’orthodoxie, fut déposé par le synode.[↩]
- Schwartz, Acta Conciliorum Œcumenicorum, II, vol. II ; pars. prior, p. 78.[↩]
- Theodoretus ad Leonem M., Ep. 52, I, 5, 6 ; PL. 54, 847 et 851 ; cf. PG. 83, 1311 s. et 1315 s.[↩]
- Théodose II est empereur de Constantinople. Pulchérie est la sœur de l’empereur et jouissait d’une grande influence.[↩]
- Valentinien est empereur d’Occident.[↩]
- Mansi, Conciliorum amplissima collectio, VI, 1.047, act. III ; Schwartz, II, vol. I, pars altera, p. 29 (225), act. II.[↩]
- Synodus Chalcedonensis ad Leonem M., Ep. 98, I ; PL. 54, 951 ; Mansi, VI, 147.[↩]
- Anatolius ad Leonem M., Ep. 132, 4 ; PL. 54, 1084 ; Mansi, VI, 278 s.[↩]
- Mansi, VII, 147.[↩]
- Schwartz. II, vol. I ; pars altera, p. 81 (277), act. III ; Mansi, VI, 971, act. II.[↩]
- S. Leonis M., Ep. 28, 6 ; PL. 54, 777.[↩]
- Ibid.[↩]
- Ep. 28, 5 ; PL. 54, 771 ; cf. Augustinus, Contra sermonem Arianorum, c. 8, PL. 42, 688.[↩]
- Ep. 28, 3 ; PL. 54, 763. Cf. S. Leonis M., Serm. 21, 2, PL. 54, 192.[↩]
- Ep. 28, 3 ; PL. 54, 765 ; cf. Serm. 23, 2, PL. 54, 201.[↩]
- Ep. 28, 4, PL. 54, 767.[↩]
- Ibid.[↩]
- Mansi, VII, 114 et 115.[↩]
- Aujourd’hui, il y a encore des monophysites. Les patriarches d’Alexandrie persévèrent dans l’erreur d’Eutychès et une hiérarchie dissidente fut organisée et des Eglises monophysites-syriennes furent fondées. De même, des groupes des Eglises d’Arménie et d’Ethiopie se rangèrent du côté monophysite.[↩]
- Ita Nerses IV († 1173), in Libella confessionis fidei, ad Alexium supremum exercitus byzantini Ducem : I. Cappelletti, S. Narsetis Claiensis, Armenorum Catholici, opera, I ; Venetiis, 1833, pp. 182, 183.[↩]
- Ps. CXXXII, 1.[↩]
- Cf. Is., LIV, 11.[↩]
- Cf. Eph., II, 20.[↩]
- EP. 28, 3 ; PL. 54, 763. Cf. Serm. 23, 2, PL. 54, 201.[↩]
- C’est pour ce motif qu’un article du R. P. Seiller fut mis à l’index (cf. p. 295).[↩]
- Ep. 152, PL. 54, 1123.[↩]
- S. Thomas, Comm. in Ep. ad Ephesios, c. IV ; lect. III circa finem.[↩]
- S. Leonis M., Serm. 30, 6, PL. 54, 233, s.[↩]
- Cf. Cant. II, 11, s.[↩]
- Il y a encore des nestoriens ; en effet, des disciples de Nestorius installèrent en Perse une Eglise dissidente qui compte encore des adeptes.[↩]
- S. Leonis M., Serm. 72, 1, PL. 54, 390.[↩]