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Lettre apostolique Meditantibus Nobis

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Lettre apostolique · Pie XI · 3 décembre 1922

Au R.P. Wladimir Ledochowski, Général de la Companie de Jéus

PIE XI, PAPE
Cher Fils, salut et béné­dic­tion apostolique.

Quand, sur le seuil de notre pon­ti­fi­cat, Nous médi­tions com­ment pro­cu­rer à la sainte Eglise une situa­tion inté­rieure plus favo­rable et d’utiles accrois­se­ments exté­rieurs, il est oppor­tu­né­ment arri­vé que le sou­ve­nir soit d’autres saints, soit d’Ignace de Loyola et de François Xavier, au troi­sième cen­te­naire de leur cano­ni­sa­tion, s’est renou­ve­lé d’une façon très solen­nelle. L’un, par un bien­fait divin, a été don­né comme auxi­liaire à l’Eglise du Christ au moment où elle inau­gu­rait une nou­velle période de son exis­tence, période de luttes et de dan­gers ; l’autre, en répan­dant la lumière de l’Evangile avec zèle et intré­pi­di­té, se mon­tra orné de tant et de si grands dons de l’Esprit-​Saint qu’il pou­vait paraître l’héritier de la puis­sance et du zèle qui mirent hors de pair les apôtres.

Or, les” temps périlleux où Ignace vint en aide à l’Eglise ne sont pas encore clos, puisque de cette source découlent presque tous nos maux ; et aujourd’hui plus que jamais il est mani­feste qu’une large porte est ouverte à la pro­pa­ga­tion de” l’Evangile du Christ, à laquelle furent sur­tout consa­crés les labeurs de Xavier. Il nous a donc paru bon, cher Fils, non seule­ment pour le bien de votre Société, mais pour le bien com­mun, de vous envoyer cette lettre d’é­loges sur votre fon­da­teur et le plus grand de ses fils ; il est de très grande impor­tance que par les ins­ti­tu­tions de l’un le nom chré­tien devienne de plus en plus flo­ris­sant et que sous les aus­pices de l’autre, reprenne toute sa vigueur la pro­pa­ga­tion de l’Evangile.

C’est le trait com­mun de tous ceux aux­quels l’Eglise recon­naît le mérite de la sain­te­té, d’exceller en tous genres de ver­tus, mais comme l’étoile dif­fère de l’é­toile en éclat (I Cor, 15, 41), les saints, grâce à leur pré­émi­nence en quelque ver­tu par­ti­cu­lière, se dis­tinguent entre eux par une admi­rable diversité.

A contem­pler la vie d’Ignace, on est d’abord sai­si d’admiration par sa magna­ni­mi­té à pour­suivre très avi­de­ment la plus grande gloire de Dieu. Ne se conten­tant point d’exercer lui-​même les dif­fé­rentes fonc­tions du saint minis­tère et d’embrasser toutes les occu­pa­tions de la bienfai­sance chré­tienne en vue du salut des âmes, il s’associa des com­pa­gnons déci­dés et actifs, troupe très pré­pa­rée pour étendre le règne de Dieu chez les chré­tiens et les barbares

Mais si l’on exa­mine les choses plus à fond, l’on décou­vri­ra faci­le­ment qu’il y eut chez Ignace un insigne esprit d’obéissance ; ce fut comme la tâche propre à lui assi­gnée par Dieu d’amener les hommes à pro­fesser avec plus d’ardeur cette vertu.

On connaît l’époque où vécut Ignace et tout autant les maux dont pen­dant cette période l’Eglise fut affli­gée. Le prin­ci­pal fut que, pour une large part, les hommes refu­sèrent à Dieu le ser­vice de l’obéissance. Les pre­miers à se déro­ber à cette ser­vi­tude du devoir furent ceux qui, rame­nant la règle de la foi divine au juge­ment pri­vé de cha­cun, répu­dièrent avec opi­niâ­tre­té l’autorité de l’Église catho­lique. Mais, en dehors d’eux, il n’y en eut que trop, sinon ouver­te­ment du moins en fait, qui parais­saient avoir reje­té la sou­mis­sion au Christ-​Dieu et vivaient plu­tôt en païens qu’en chré­tiens, comme si la renais­sance de la civi­li­sa­tion et des lettres avait fait revivre en par­tie l’ancienne superstition.

On peut même affir­mer que, si une licence effré­née de la pen­sée n’avait pas, comme un poi­son pes­ti­len­tiel, lar­ge­ment infec­té la socié­té chré­tienne, du corps de l’Eglise n’aurait pas jailli l’éruption de cette nou­velle héré­sie. Non seule­ment chez les fidèles mais dans le cler­gé lui-​même le res­pect des lois divines lais­sait presque com­plè­te­ment à dési­rer ; pous­sés à la révolte par les nova­teurs, des peuples nom­breux, où s’étaient relâ­chés les liens du devoir, s’ar­ra­chaient aux bras mater­nels de l’Eglise. Aussi était-​ce le cri de tous les gens de bien et leur sup­pli­ca­tion au divin Fondateur de l’Eglise qu’il se sou­vint de ses pro­messe et, en des cir­cons­tances si pres­santes, vint au secours de son Epouse.

Il vint, en effet, à son aide quand il jugea l’heure pro­pice, d’une façon tout à fait mer­veilleuse, par la célé­bra­tion du Concile de Trente. En outre, pour la conso­la­tion de l’Eglise, il sus­ci­ta ces magni­fiques modèles de toutes les ver­tus, un Charles Borromée, un Gaétan de Thiène, un Antoine Zaccaria, un Philippe de Néri, une Thérèse et autres, qui devaient, par leur propre vie, attes­ter la péren­ni­té de la sain­te­té dans l’Eglise catho­lique et répri­mer, par leurs paroles, leurs écrits et leurs exemples, l’im­pié­té et la cor­rup­tion des mœurs si répandues.

Leur œuvre à tous fut consi­dé­rable et très utile, mais il fal­lait aller jus­qu’à l’o­ri­gine cachée de ces maux et l’en­rayer dans ses pro­fondes racines : ce fut la tâche à laquelle, avant tout, la divine Providence semble avoir des­ti­né Ignace.

Sou tem­pé­ra­ment sem­blait admi­ra­ble­ment fait aus­si bien pour le com­man­de­ment que pour l’o­béis­sance. Dès l’en­fance, il le for­ti­fia par la dis­ci­pline mili­taire. Avec cette trempe d’âme, fruit de la nature et de l’éducation, dès que, éclai­ré par la lumière d’en haut, il com­prit qu’il était appe­lé à pro­mou­voir la gloire de Dieu par le salut des âmes, mer­veilleux fut l’im­pé­tueux élan avec lequel il gagna le camp du Roi des deux.

Voulant pré­lu­der, selon l’u­sage, à l’en­trée dans cette nou­velle milice, il veilla toute la nuit sous les armes, devant l’au­tel de la Vierge. Peu après, dans la retraite de Manrèse, il apprit de la Mère de Dieu elle-​même com­ment il devait com­battre les com­bats du Seigneur. Ce fut comme de ses mains qu’il reçut ce code si par­fait — c’est le nom qu’eu toute véri­té nous pou­vons lui don­ner — dont tout sol­dat de Jésus-​Christ doit se ser­vir. Nous vou­lons par­ler des Exercices spi­ri­tuels, qui, selon la tra­di­tion, furent don­nés du ciel à Ignace. Non qu’il ne faille esti­mer les autres Exercices de ce genre, en usage ailleurs, mais en ceux qui sont orga­ni­sés selon la méthode igna­tienne tout est dis­po­sé avec tant de sagesse, tout est en si étroite coor­di­na­tion que, si l’on n’op­pose point de résis­tance à la grâce divine, ils renou­vellent l’homme jusque dans son fond et le rendent plei­ne­ment sou­mis à la divine autorité.

S’étant ain­si pré­pa­ré lui-​même à l’ac­tion, Ignace, de la même manière, prit soin de for­mer ses com­pa­gnons, dési­reux que, par leur obéis­sance à Dieu et au Vicaire de Dieu, le Souverain Pontife, ils ser­vissent d’exemple et fissent res­plen­dir cette ver­tu comme la note carac­té­ris­tique de leur Société. Il déci­da que les siens pren­draient l’ha­bi­tude d’user sur­tout de ces Exercices pour ali­men­ter la fer­veur de l’esprit et les munit pour tous les temps de cet ins­tru­ment qui leur ser­vi­rait à rame­ner à l’Eglise les volon­tés hos­tiles des hommes et à les repla­cer com­plè­te­ment sous le pou­voir du Christ.

L’histoire l’at­teste, en effet, et les enne­mis de l’Eglise eux-​mêmes en tombent d’ac­cord, l’u­ni­vers catho­lique, défen­du fort oppor­tu­né­ment par le secours d’Ignace, se reprit vite à res­pi­rer. Il n’est point aisé de rap­pe­ler les nom­breuses et grandes œuvres de toutes sortes que la Compagnie de Jésus, sous l’ins­pi­ra­tion et la direc­tion de saint Ignace accom­plit pour la gloire de Dieu.

On voit ces infa­ti­gables com­pa­gnons rabattre vic­to­rieu­se­ment la résis­tance des héré­tiques, tra­vailler par­tout à la cor­rec­tion des mœurs cor­rom­pues, conduire un nombre consi­dé­rable d’âmes jus­qu’au som­met de la per­fec­tion chré­tienne. Ils s’ap­pliquent nom­breux à for­mer la jeu­nesse à la pié­té, à lui don­ner l’instruction, avec l’es­poir de pré­pa­rer des géné­ra­tions vrai­ment chré­tiennes. En même temps, la conver­sion des infi­dèles est l’objet de leurs tra­vaux insignes, par où le règne de Jésus-​Christ gagne de nou­veaux accroissements.

Très volon­tiers nous tou­chons ces points dans notre lettre. Ils sont une preuve de la divine bon­té à l’é­gard de l’Eglise, mais aus­si cela appa­raît d’une grande oppor­tu­ni­té pour cette époque mal­heu­reuse où nous avons été éle­vé sur le Siège apos­to­lique. Si les maux dont souffre aujourd’hui le genre humain sont rame­nés à leur plus loin­taine ori­gine, il fau­dra bien dire qu’ils pro­viennent tous de cette défec­tion envers l’au­to­ri­té de l’Eglise qu’introduisent les nova­teurs. Après s’être déve­loppée beau­coup au XVIIIe siècle, dans cette per­tur­ba­tion uni­ver­selle où, avec tant d’arrogance, furent affir­més les « droits de l’homme », elle est pous­sée main­te­nant à ses der­nières consé­quences. Nous voyons exal­té outre mesure le pou­voir de la rai­son humaine ; tout ce qui dépasse les forces et la mesure de l’homme, ou n’ap­pa­raît pas conte­nu dans le domaine de la nature, est reje­té et méprisé.

Les droits même trois fois saints de Dieu, soit en par­ti­cu­lier, soit socia­le­ment, sont tenus pour rien.

Aussi, Dieu exclu, Dieu unique prin­cipe et source de tout pou­voir, il suit néces­sai­re­ment qu’il n’y a plus aucun pou­voir humain dont l’autorité passe pour inviolable.

Les droits même trois fois saints de Dieu, soit en par­ti­cu­lier, soit socia­le­ment, sont tenus pour rien.

Le mépris pour la divine auto­ri­té de l’Eglise entraîne bien vite l’ébranlement et la chute de l’autorité civile, puisque, avec l’accrois­sement d’audace et de folie des pas­sions, toutes les lois de la commu­nauté humaine sont impu­né­ment perverties.

Or, à cette situa­tion si affreuse et si déses­pé­rée de la socié­té humaine, on ne peut — et la néces­si­té en est sen­tie par tous les gens de bien — appor­ter un remède oppor­tun si on ne réta­blit par­tout la sou­mis­sion à l’é­gard de Dieu et l’o­béis­sance à sa volon­té. Dans les innom­brables vicis­si­tudes des temps et des évé­ne­ments, le pre­mier et le prin­ci­pal devoir pour les hommes reste celui de la sou­mis­sion et de l’o­béis­sance au sou­ve­rain Créateur, Conservateur et Arbitre de toutes choses. Chaque fois que ce devoir est oublié, il y faut un prompt repen­tir si l’on veut réta­blir dans ses fon­de­ments l’ordre trou­blé et se déli­vrer de la fange de toutes les misères dont ou est accablé.

Là, d’ailleurs, est conte­nu tout l’ensemble de la vie chré­tienne. C’est ce que veut clai­re­ment dire l’apôtre Paul quand il résume la vie même du divin Réparateur des hommes en ce peu de mots admi­rables : Il s’est humi­lié, deve­nu obéis­sant jusqu’à la mort et à la mort de la croix. (Ph, 2, 8) Comme par la déso­béis­sance d’un seul homme beau­coup ont été consti­tués pécheurs, ain­si par l’obéissance d’un seul beau­coup seront consti­tués justes (Rm, 5, 19).

A ce retour des hommes vers l’obéissance, les Exercices spi­ri­tuels aident mer­veilleu­se­ment, car, sur­tout s’ils sont faits selon la méthode igna­tienne, ils invitent d’une façon très assu­rée au par­fait acquies­cement à la loi divine, appuyé sur les éter­nels prin­cipes de la nature et de la foi. C’est pour­quoi, sou­hai­tant que leur usage s’étende plus lar­ge­ment tous les jours, Nous-​même, sui­vant l’exemple d’un grand nombre de nos pré­dé­ces­seurs, non seule­ment par Notre Constitution apos­to­lique Summorum Pontificum nous les avons de nou­veau recom­man­dés aux fidèles, mais encore Nous avons décla­ré saint Ignace de Loyola, patron céleste de tous les Exercices spi­ri­tuels. Bien qu’en effet, Nous l’a­vons déjà dit il ne manque pas d’autres méthodes de faire les Exercices, il est cer­tain cepen­dant que celle d’Ignace y excelle et, que, sur­tout à cause de l’es­poir plus assu­ré qu’elle donne d’avantages solides et durables, elle est l’ob­jet d’une plus large appro­ba­tion du Siège apos­to­lique. Cet ins­tru­ment de sain­te­té, si la plu­part des fidèles l’emploient avec dili­gence nous donne la confiance que, bien­tôt, la pas­sion d’une liber­té intem­pé­rante refré­née et la notion comme l’ac­com­plis­se­ment du devoir réta­blis, la socié­té humaine pour­ra enfin jouir du bien­fait de la paix.

Ce qui vient d’être rap­pe­lé concerne pro­pre­ment l’intérêt intime et domes­tique du chris­tia­nisme. C’est l’ac­crois­se­ment exté­rieur que visent Nos brèves indi­ca­tions sur François Xavier, bien qu’elles aient, avec la méthode igna­tienne que Nous venons de louer, le rap­port le plus étroit. Xavier était tout adon­né aux vani­tés de la gloire humaine quand Ignace le ren­con­tra. Par sa dis­ci­pline il le trans­for­ma au point d’en faire très vile pour l’Extrême-​Orient un vaillant héraut de l’Evangile et par suite un apôtre.

Cette mer­veilleuse trans­for­ma­tion doit très jus­te­ment être attri­buée à la ver­tu des Exercices, Si, plus d’une fois, il a par­cou­ru d’immenses éten­dues sur terre et sur mer ; si, le pre­mier, il a por­té le nom du Christ au Japon, qu’on appel­le­rait avec rai­son l’île des mar­tyrs ; s’il a affron­té de grands périls et accom­pli d’in­croyables tra­vaux ; s’il a plon­gé dans l’eau sacrée du bap­tême des mul­ti­tudes innom­brables ; si, en outre, il a accom­pli des pro­diges infi­nis en tout genre, c’est au père de son âme, comme il l’appelait, à Ignace, qu’a­près Dieu François dans ses lettres s’en recon­nais­sait rede­vable, Ignace qui, dans la retraite spi­ri­tuelle des Exercices, l’avait imbu à fond de la connais­sance et de l’amour du Christ.

Il nous faut exal­ter ici la bon­té et la sagesse de la divine Providence. Au moment où l’Eglise était vio­lem­ment angois­sée à l’in­té­rieur et à l’extérieur et subis­sait d’énormes pertes par­mi les peuples, elle lui a don­né, par le seul moyen des Exercices, un double sou­tien de très grande oppor­tu­ni­té, celui qui res­tau­re­rait la dis­ci­pline domes­tique et celui qui, ame­nant à la foi du Christ les nations étran­gères, répa­re­rait les pertes même de l’Eglise.

Le pre­mier, après un long inter­valle, il parut renou­ve­ler l’exemple des apôtres, car dans les nom­breuses nations bar­bares, qu’il avait cul­tivées avec beau­coup de fatigues et, par ses admi­rables ver­tus, exci­tées à la pié­té, il éta­blit le chris­tia­nisme d’une façon écla­tante et ouvrit à nos mis­sion­naires de vastes régions jusqu’alors fer­mées à toute inter­ven­tion chré­tienne. Xavier, comme il conve­nait, lais­sa l’héritage de son esprit d’abord à ses com­pa­gnons, et nous savons, qu’ils n’ont jamais, jus­qu’i­ci dégé­né­ré de sa ver­tu et ont tou­jours soi­gneu­se­ment culti­vé cet héri­tage ; mais le sou­ve­nir de François Xavier a été pour ta autres hérauts de l’Evangile aus­si une inces­sante exhor­ta­tion, si bien que, par un solen­nel décret de ce Siege apos­to­lique, il a été pro­cla­mé patron de l’Œuvre de la Propagation de la Foi.

Notre époque a encore, avec celle de Xavier, cette res­sem­blance que la foi des aïeux, repous­sée avec superbe et dédain par beau­coup de nos contem­po­rains, paraît vou­loir aus­si émi­grer chez les autres nations, qui l’appellent avec ardeur. Les lettres des mis­sion­naires nous font sou­vent connaître com­ment, dans les régions recu­lées de l’Afrique et de l’Asie, la mois­son évan­gé­lique est déjà blan­chis­sante qui répa­re­ra les pertes subies par l’Eglise en Europe.

Eu outre, plus acti­ve­ment qu’autrefois, les fidèles s’intéressent à favo­ri­ser la pro­pa­ga­tion de l’Evangile. Ce zèle, sus­ci­té cer­tai­ne­ment par la grâce divine, Nous sou­hai­tons vive­ment le voir par­tout s’en­flammer à l’exemple et par le patro­nage de Xavier, pour que, répon­dant aux sup­pli­ca­tions, le Seigneur envoie des ouvriers à la mois­son et que tout bon chré­tien les aide de ses prières et ne leur refuse pas ses ressources.

En consé­quence, chers fils, qui appar­te­nez à la Compagnie de Jésus, Nous vous exhor­tons tous, en rap­pe­lant le sou­ve­nir solen­nel de votre fon­da­teur et de votre frère aîné, à conti­nuer par de nou­veaux ser­vices ren­dus à l’Eglise, de déve­lop­per sans cesse, à leur exemple, votre Institut, à plu­sieurs reprises excel­lem­ment loué par le Saint-Siège.

Nous dési­rons que vous reti­riez sur­tout un double fruit de cette solen­ni­té. D’abord de vous effor­cer de tirer pro­fit chaque jour davan­tage des Exercices spi­ri­tuels pour votre uti­li­té propre et celle d’autrui.

Nous savons que, sur ce sujet, vous avez com­men­cé, très heu­reu­se­ment, au pro­fit des ouvriers, à tra­vailler avec une appli­ca­tion par­ti­cu­lière. Il est sou­hai­table que vous tra­vailliez avec le même suc­cès pour les autres classes de la société.

L’autre point concerne la dif­fu­sion des mis­sions catho­liques. Nous n’ignorons pas votre dili­gence en cette matière et votre acti­vi­té tout à fait remar­quable, car nous savons qu’il y en a deux mille par­mi vous qui, dis­tri­bués dans qua­rante mis­sions envi­ron, vivent par­mi les infi­dèles. Cependant nous prions Dieu ins­tam­ment qu’il aiguise en vous tou­jours davan­tage et déve­loppe ce zèle éclatant.

Pour que tout cela tourne à la plus grande gloire de Dieu, au pro­fit de la sainte Eglise, au salut des âmes, comme gage des divins bien­faits et témoi­gnage de Notre pater­nelle bien­veillance, Nous vous accor­dons la Bénédiction Apostolique, à vous, cher Fils, et à tous ceux qui, sous votre géné­ra­lat, appar­tiennent à la Compagnie de Jésus.

Donné à Rome, près Saint-​Pierre, le 3 décembre, en la fête de saint François Xavier, en l’an 1922, de notre Pontificat la pre­mière année.

PIE XI, PAPE.