Résumé par Gervais Dumeige, S. J., La foi catholique, 1960 :
L’encyclique de Pie IX tranche le grand débat qui opposait le fidéisme et le traditionalisme [1] d’une part [n° 53] et le rationalisme sous la forme de l’hermésianisme d’autre part. Le rôle de la raison humaine est d’acheminer vers la révélation, mais ensuite elle doit se soumettre à la parole de Dieu. Il ne peut y avoir contradiction entre la foi et la raison, car l’une et l’autre ont leur origine en Dieu.
Les deux erreurs fondamentales de Hermes (1775–1831), professeur de dogme à Bonn depuis 1819, étaient les suivantes : premièrement, le doute absolu est à la base de toute connaissance théologique ; deuxièmement, le motif de l’assentiment, dans la foi, ne diffère en rien du motif de l’assentiment dans les connaissances naturelles. Dans les deux cas, une nécessité intérieure de l’intelligence humaine entraînerait l’assentiment en vue de conserver la dignité humaine : ce qui supprime la distinction essentielle entre connaissance naturelle et connaissance surnaturelle.
- Note de LPL : Il ne s’agit pas du traditionalisme dans le sens actuel. Ce traditionalisme est une erreur qui prétend que toute connaissance, même naturelle, nous vient d’une tradition primitive, ce qui revient à nier totalement le pouvoir réel de la raison humaine.[↩]