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Bref Cum Catholica Ecclesia

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Bref · Pie IX · 26 mars 1860

Fondée et ins­ti­tuée par le Christ Notre-​Seigneur pour pro­cu­rer le salut éter­nel des hommes, l’Eglise catho­lique a obte­nu en ver­tu de sa divine ins­ti­tu­tion, la forme d’une socié­té par­faite ; aus­si doit-​elle jouir de la liber­té, et, dans l’accomplissement de son minis­tère sacré, n’être sou­mise à aucun pou­voir civil. Pour agir libre­ment, ain­si qu’il était juste, elle avait besoin de secours en rap­port avec la condi­tion et la néces­si­té des temps ; c’est donc par un décret par­ti­cu­lier de la divine Providence que, lors de la chute de l’empire romain et de sa divi­sion en plu­sieurs royaumes, le Pontife de Rome, éta­bli par le Christ, chef et centre de toute son Eglise, a acquis le pou­voir tem­po­rel. Ainsi la divine sagesse a vou­lu qu’au milieu de princes si dif­fé­rents, le sou­ve­rain Pontife jouisse de cette liber­té poli­tique qui lui est si néces­saire pour exer­cer sans obs­tacle, dans tout l’univers, son pou­voir spi­ri­tuel, son auto­ri­té et sa juri­dic­tion. Car il conve­nait assu­ré­ment que le monde catho­lique n’eût aucune occa­sion de soup­çon­ner que l’impulsion des pou­voirs civils, ou la par­tia­li­té à l’égard de quelques-​uns, pût agir sur les déter­mi­na­tions de ce Siège, auquel « il est néces­saire que se rat­tache toute l’Eglise à cause de son auto­ri­té supérieure ».

Or il est facile de com­prendre de quelle façon ce pou­voir de l’Eglise romaine, quoique tem­po­rel de sa nature, revêt cepen­dant un carac­tère spi­ri­tuel ; c’est en ver­tu de sa des­ti­na­tion sacrée et de ce lien étroit qui le rat­tache aux inté­rêts les plus grands du Christianisme. Rien n’empêche cepen­dant de per­fec­tion­ner les moyens qui conduisent à la féli­ci­té même tem­po­relle des peuples ; l’histoire du gou­ver­ne­ment pon­ti­fi­cal pen­dant tant de siècles en est un écla­tant témoignage.

Le pou­voir dont nous par­lons ayant pour objet le bien et l’utilité de l’Eglise, il n’est pas éton­nant que les enne­mis de cette Eglise aient eu si sou­vent recours aux per­fi­dies et aux ten­ta­tives de tout genre pour essayer de l’ébranler, de le détruire même. Mais, grâce aux secours que Dieu donne constam­ment à cette Eglise, ces manœuvres cri­mi­nelles ont échoué tôt ou tard.

L’univers entier sait aujourd’hui com­ment, en ces temps dou­lou­reux, les plus achar­nés enne­mis de l’Eglise catho­lique et du Saint-​Siège, « deve­nus abo­mi­nables dans leurs des­seins et men­teurs hypo­crites, » s’efforcent cri­mi­nel­le­ment, en fou­lant aux pieds les droits divins et humains, de dépouiller ce Siège du pou­voir civil qu’il pos­sède ; ils cherchent à atteindre ce but, non plus comme d’autres fois, par une attaque à décou­vert et par la force des armes, mais en répan­dant avec adresse de faux et per­ni­cieux prin­cipes, en exci­tant per­fi­de­ment des mou­ve­ments popu­laires. En effet, ils ne rou­gissent pas de conseiller aux peuples une rébel­lion cou­pable contre les princes légi­times, rébel­lion que l’Apôtre condamne clai­re­ment et ouver­te­ment en ces termes : « Que toute âme soit sou­mise aux puis­sances supé­rieures. Car il n’y a point de puis­sance qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été éta­blies par Dieu. Celui donc qui résiste à la puis­sance résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui y résistent attirent la condam­na­tion sur eux-​mêmes ». En atta­quant la domi­na­tion tem­po­relle de l’Eglise, en mépri­sant cette auto­ri­té véné­rable, ces impos­teurs odieux sont assez impu­dents pour ne ces­ser de van­ter publi­que­ment leur res­pect et leur sou­mis­sion à l’égard de cette même Eglise. Et, ce qu’il y a de plus déplo­rable, c’est qu’on ne sau­rait dire que cette conduite cou­pable n’ait pas souillé quelqu’un de ceux mêmes qui, en qua­li­té de fils de l’Eglise catho­lique, doivent employer à la secou­rir et à la pro­té­ger, l’autorité qu’ils pos­sèdent sur les peuples qui leur sont soumis.

A ces manœuvres, per­fides et per­verses, a pris la prin­ci­pale part le gou­ver­ne­ment pié­mon­tais. Tous savent com­bien de coups déplo­rables ont été por­tés dans ce royaume, à l’Eglise, à ses droits et à ses ministres ; nous nous en sommes déjà plaint vive­ment dans notre Allocution du 22 jan­vier 1855. Après avoir mépri­sé nos plus justes récla­ma­tions, ce même gou­ver­ne­ment a pous­sé l’audace jusqu’à ne pas craindre d’attaquer les droits de l’Eglise uni­ver­selle elle-​même, en cher­chant â ren­ver­ser le pou­voir civil que Dieu a vou­lu joindre au Siège du bien­heu­reux Pierre, pour pro­té­ger et conser­ver, comme nous l’avons dit, la liber­té du minis­tère apos­to­lique. Le pre­mier indice mani­feste de cette agres­sion s’est révé­lé au congrès de Paris, en 1856, lorsque, entre autres pro­po­si­tions hos­tiles, le gou­ver­ne­ment pié­mon­tais pré­sen­ta un moyen spé­cieux d’amoindrir le domaine civil du Pontife romain, et de dimi­nuer l’autorité de ce Pontife et du Saint-​Siège. Mais lorsque l’année der­nière, la guerre d’Italie écla­ta entre l’empereur d’Autriche et l’empereur des Français allié au roi de Sardaigne, aucune fraude, aucun crime n’a été épar­gné pour pous­ser de toute manière à une révolte cri­mi­nelle les peuples de notre domi­na­tion pon­ti­fi­cale. De là, des émis­saires envoyés, de l’argent lar­ge­ment répan­du, des armes four­nies, des exci­ta­tions au moyen de bro­chures et de jour­naux cor­rom­pus, toutes sortes de fraudes employées, mème par ceux qui se trou­vaient à Rome en qua­li­té d’ambassadeurs de ce royaume ; sans tenir compte ni du droit des gens, ni de l’honneur, ils abu­saient indi­gne­ment de leur posi­tion pour for­mer de téné­breux des­seins contre notre gou­ver­ne­ment pontifical.

Ensuite, lorsque la sédi­tion pré­pa­rée de longue main et en secret, eut écla­té dans quelques pro­vinces de notre domi­na­tion, aus­si­tôt des affi­dés pro­cla­mèrent la dic­ta­ture royale, et des com­mis­saires, appe­lés plus tard d’un autre nom, furent choi­sis par le gou­ver­ne­ment pié­mon­tais pour admi­nis­trer ces pro­vinces. Pendant que ces choses se pas­saient, atten­tif aux graves devoirs de notre charge, nous n’avons pas man­qué, dans nos deux Allocutions, du 20 juin et du 26 sep­tembre de l’année der­nière, de nous plaindre hau­te­ment des atteintes por­tées au pou­voir civil de ce Saint-​Siège, et d’avertir en même temps les cou­pables des cen­sures et des peines cano­niques qu’ils avaient mal­heu­reu­se­ment encou­rues. On devait espé­rer que les auteurs de ces vio­lences seraient détour­nés de leurs cri­mi­nels pro­jets par nos aver­tis­se­ments et par nos plaintes réité­rées, sur­tout en voyant les évêques de tout l’univers catho­lique, et les fidèles de tout ordre, de toute digni­té, de toute condi­tion, confiés à leur soin, joindre leurs pro­tes­ta­tions aux nôtres pour défendre una­ni­me­ment et cou­ra­geu­se­ment la cause de ce Siège Apostolique, de l’Eglise uni­ver­selle et de la jus­tice : car tous com­pre­naient très bien de quelle impor­tance est le pou­voir civil pour le libre exer­cice de la juri­dic­tion du suprême Pontificat. Mais (nous le disons avec hor­reur !) non content de mépri­ser nos aver­tis­se­ments, nos plaintes et nos peines ecclé­sias­tiques, le gou­ver­ne­ment pié­mon­tais per­sis­ta dans sa per­ver­si­té. En cap­tant contre tout droit le suf­frage popu­laire au moyen de l’argent, des menaces, de la ter­reur et de toutes sortes de moyens per­fides, il n’a pas hési­té à enva­hir les pro­vinces de nos Etats dont nous venons de par­ler, de les occu­per, de les réduire en son pou­voir et sous sa domi­na­tion. Les paroles nous manquent pour flé­trir un si grand crime ; il en ren­ferme plu­sieurs autres des plus consi­dé­rables. C’est en effet un énorme sacri­lège puisque c’est à la fois vio­ler les droits d’autrui au mépris des lois divines et humaines, ren­ver­ser toute jus­tice, détruire com­plè­te­ment les fon­de­ments mêmes sur les­quels s’appuient tout pou­voir civil et toute socié­té humaine.

Nous com­pre­nons d’un côté, non sans une pro­fonde afflic­tion de cœur, que de nou­velles démarches seraient inutiles auprès de ces hommes qui, « bou­chant leurs oreilles comme des aspics sourds, » n’ont été tou­chés, jusqu’ici, d’aucun de nos aver­tis­se­ments, d’aucune de nos plaintes ; nous sen­tons vive­ment, d’un autre côté, ce qu’en face de tant d’iniquités demande de nous la cause de ce Siège Apostolique et de tout l’univers catho­lique, si gra­ve­ment atta­quée par l’œuvre de ces hommes méchants, et nous avons à craindre de man­quer aux devoirs de notre redou­table charge, si nous tar­dions davan­tage à agir : car les choses en sont venues au point que pour mar­cher sur les traces de nos illustres pré­dé­ces­seurs, nous devons nous ser­vir de cette suprême auto­ri­té que Dieu nous a don­née de lier aus­si bien que de délier, et employer à l’égard des cou­pables une sévé­ri­té qui soit d’un salu­taire exemple pour les autres.

C’est pour­quoi, après avoir implo­ré les lumières du Saint-​Esprit par des prières publiques et par­ti­cu­lières, après avoir pris l’avis d’une congré­ga­tion spé­ciale de nos véné­rables frères les car­di­naux de la sainte Église romaine, par l’autorité de Dieu tout-​puissant, par celle des saints apôtres Pierre et Paul, et par la nôtre, nous décla­rons que tous ceux qui ont pris part à la rébel­lion, à l’usurpation, à l’occupation et à l’invasion cri­mi­nelle des pro­vinces sus­dites de nos États, et aux actes de même nature dont nous nous sommes plaint dans nos Allocutions du 20 juin et du 26 sep­tembre de l’année der­nière ; de même leurs com­met­tants, fau­teurs, aides, conseillers, adhé­rents, ou autres quel­conques ayant pro­cu­ré sous quelque pré­texte et de quelque manière que ce soit l’exécution des choses sus­dites, ou les ayant exé­cu­tées par eux-​mêmes, ont encou­ru l’excommunication majeure et autres cen­sures et peines ecclé­sias­tiques por­tées par les saints canons et les consti­tu­tions apos­to­liques, par les décrets des conciles géné­raux et notam­ment du saint concile de Trente, et au besoin nous les excom­mu­nions et ana­thé­ma­ti­sons de nou­veau. Nous les décla­rons en même temps déchus de tous pri­vi­lèges, grâces et indults accor­dés, de quelque manière que ce soit, tant par nous que par nos pré­dé­ces­seurs. Nous vou­lons qu’ils ne puissent être déliés ni absous de ces cen­sures par per­sonne autre que nous-​même ou le Pontife romain alors exis­tant, excep­té à l’article de la mort, et en cas de conva­les­cence ils retombent sous les cen­sures ; nous les décla­rons entiè­re­ment inca­pables de rece­voir l’absolution jusqu’à ce qu’ils aient publi­que­ment rétrac­té, révo­qué, cas­sé et annu­lé tous leurs atten­tats, qu’ils aient plei­ne­ment et effec­ti­ve­ment réta­bli toutes choses dans leur ancien état, et qu’au préa­lable ils aient satis­fait, par une péni­tence pro­por­tion­née à leurs crimes, à l’Eglise, au Saint-​Siège et à nous. C’est pour­quoi nous sta­tuons et décla­rons, par la teneur des pré­sentes, que tous les cou­pables, ceux mêmes qui sont dignes d’une men­tion spé­ciale, et que leurs suc­ces­seurs aux places qu’ils occupent ne pour­ront jamais, en ver­tu des pré­sentes ni de quelque pré­texte que ce soit, se croire exempts et dis­pen­sés de rétrac­ter, révo­quer, cas­ser et annu­ler, par eux-​mêmes, tous ces atten­tats, ni de satis­faire réel­le­ment et effec­ti­ve­ment, au préa­lable et comme il convient, à l’Eglise, au Saint-​Siège et à nous ; nous vou­lons au contraire que, pour le pré­sent et l’avenir, ils y soient tou­jours obli­gés afin de pou­voir obte­nir le bien­fait de l’absolution.

Mais tan­dis que, pres­sé par une urgente néces­si­té, nous rem­plis­sons avec afflic­tion cette par­tie de notre charge, nous ne pou­vons oublier que nous tenons sur la terre la place de celui qui « ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se conver­tisse et qu’il vive », et qui est venu dans le monde « pour cher­cher et sau­ver ce qui était per­du ». Aussi, dans l’humilité de notre cœur, nous implo­rons la misé­ri­corde divine, nous deman­dons par de très ardentes prières que Dieu veuille bien éclai­rer de la lumière de sa grâce ceux contre qui nous avons été obli­gé d’employer la sévé­ri­té des peines ecclé­sias­tiques, et de les rame­ner par sa toute-​puissance de la voie de per­di­tion dans le sen­tier du salut.

Nous vou­lons que les pré­sentes lettres apos­to­liques et ce qu’elles ren­ferment ne puissent être atta­qués sous le pré­texte que ceux qui y sont dési­gnés et tous ceux qui ont ou pré­tendent avoir inté­rêt au conte­nu des­dites lettres, de quelque état, grade, ordre, pré­émi­nence et digni­tés qu’ils soient, quelque dignes qu’on les sup­pose d’une men­tion expresse et per­son­nelle, n’y ont pas consen­ti, qu’ils n’ont pas été appe­lés, cités et enten­dus à l’effet des pré­sentes, et que leurs rai­sons n’ont point été pré­sen­tées, dis­cu­tées et véri­fiées. Ces mêmes lettres ne pour­ront pas non plus, et sous aucun pré­texte, cou­leur ou motif, être consi­dé­rées comme enta­chées du vice de subrep­tion, d’obreption, de nul­li­té ou du défaut d’intention de notre part ou de la part de ceux qui y ont inté­rêt. Le conte­nu de ces lettres ne pour­ra non plus, sous pré­texte de tout autre défaut, être atta­qué, atteint, retou­ché, remis en dis­cus­sion ou res­treint dans les termes de droit. Il ne sera allé­gué contre elles ni le droit de récla­ma­tion ver­bale, ni celui de res­ti­tu­tion dans l’entier état pré­cé­dent, ou tout autre moyen de droit, de fait ou de grâce. Jamais on ne pour­ra leur oppo­ser, ni en juge­ment, ni hors du juge­ment, aucun acte ou conces­sion éma­né de notre propre mou­ve­ment, science cer­taine et plein pou­voir. Nous décla­rons que les­dites lettres sont et demeurent fermes, valides et durables ; qu’elles auront et sor­ti­ront leur entier et plein effet, et toutes leurs dis­po­si­tions doivent être invio­la­ble­ment et rigou­reu­se­ment obser­vées par ceux qu’elles concernent et inté­ressent, ou qu’elles pour­ront concer­ner et inté­res­ser dans la suite. Ainsi nous ordon­nons à tous juges ordi­naires ou délé­gués, aux audi­teurs mêmes des causes de notre palais apos­to­lique, aux car­di­naux de la sainte Eglise romaine, aux légats a latere, aux nonces du Saint-​Siège et à tous autres, de quelque pré­émi­nence et pou­voir qu’ils soient ou seront revê­tus, de s’y confor­mer dans leurs déci­sions et leurs juge­ments, ôtant à toute per­sonne le pou­voir et la facul­té de juger et d’interpréter autre­ment, et décla­rons nul et inva­lide tout ce qui serait fait au pré­ju­dice des pré­sentes, avec connais­sance de cause ou par igno­rance, et de quelque auto­ri­té qu’on ose se prévaloir.

Et autant qu’il en est besoin, non­obs­tant ce qui pré­cède et notre règle et celle de la chan­cel­le­rie apos­to­lique sur la conser­va­tion du droit acquis et toutes autres consti­tu­tions et décrets apos­to­liques, non­obs­tant aus­si tous autres arrê­tés, usages, cou­tumes, for­mules même immé­mo­riales, pri­vi­lèges et indults confir­més par ser­ment, par sanc­tion apos­to­lique ou de tout autre manière ; non­obs­tant aus­si les sus­dites lettres apos­to­liques, tous les autres per­son­nages, de quelque manière qu’ils soient qua­li­fiés et de quelque digni­té ecclé­sias­tique ou sécu­lière qu’ils soient revê­tus, quand bien même ils pré­ten­draient avoir besoin d’une dési­gna­tion expresse et spé­ciale, qu’ils se pré­vau­draient de clauses déro­ga­toires et déci­sives, inso­lites et irri­tantes, et qu’ils récla­me­raient en leur faveur des décrets éma­nés du propre mou­ve­ment, de la science cer­taine et de la plé­ni­tude de la puis­sance du Siège Apostolique, en consis­toire et ailleurs ; non­obs­tant, enfin, toutes autres conces­sions faites, publiées et renou­ve­lées à l’encontre des pré­sentes, si sou­vent que ces conces­sions aient été approu­vées, confir­mées et renou­ve­lées, nous décla­rons que nous déro­geons par ces pré­sentes, d’une façon expresse et spé­ciale et pour cette fois seule­ment, à ces consti­tu­tions, clauses, cou­tumes, pri­vi­lèges, indults et actes quel­conques, et nous enten­dons qu’il y soit déro­gé, quoique ces actes ou quelques-​uns d’eux n’aient pas été insé­rés ou spé­ci­fiés expres­sé­ment dans les pré­sentes ; quelque dignes qu’on les croie d’une men­tion spé­ciale, expresse ou indi­vi­duelle, ou d’une forme par­ti­cu­lière dans leur expres­sion ; vou­lant que les pré­sentes aient la même force que si la teneur des consti­tu­tions à sup­pri­mer et celle des clauses spé­ciales à obser­ver y étaient nom­mé­ment et mot à mot expri­mées, et qu’elles obtiennent leur plein et entier effet, non­obs­tant toutes choses à ce contraires.

Comme il est de noto­rié­té publique qu’on ne peut en sûre­té répandre les pré­sentes lettres par­tout, et prin­ci­pa­le­ment dans les lieux où il impor­te­rait le plus qu’elles le fussent, nous vou­lons que des exem­plaires en soient, selon l’usage, publiés et affi­chés aux portes de l’Eglise de Latran et de la basi­lique du Prince des apôtres, de la chan­cel­le­rie apos­to­lique, de la cour géné­rale au mont Citorio, et à l’entrée du Champ de Flore, et qu’ainsi publiées et affi­chées, tous et cha­cun de ceux qu’elles concernent aient à s’y confor­mer, comme si elles leur eussent été inti­mées indi­vi­duel­le­ment et nommément.

Nous vou­lons que les copies manus­crites ou impri­mées de ces lettres, pour­vu qu’elles soient signées par un notaire public et revê­tues du sceau de quelque per­sonne consti­tuée en digni­té ecclé­sias­tique, reçoivent dans tous les pays du monde, tant en juge­ment que dehors, la même foi et la même confiance que l’inspection même de la minute des présentes.

Donné à Rome, près Saint-​Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 26 mars 1860, l’an XIV de notre Pontificat.
PIE IX, PAPE.