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Progressisme

Père Roger-Thomas Calmel, Théologie de l’histoire

Si nous sommes envahis par les brouillards du progressisme, c’est à la suite d’un grand péché : l’orgueil. L’homme a voulu se substituer à Dieu, non plus seulement à titre individuel, mais aussi par le moyen d’un type nouveau de société qu’il s’est acharné à construire. Et comme l’expérience n’était pas concluante, comme visiblement la société était pleine de déficiences, alors la réalisation d’une société idéale a été rejetée dans un futur qui s’éloigne à l’infini. L’avenir de la société en construction voilà ce qui tient la place de Dieu ; c’est un mythe dévorant et qui a toujours raison parce qu’il parle, commande, édifie et renverse, non pas au nom de critères et de lois vérifiables, tirés d’une nature bien connue, ayant sa finalité assignée et fixe, mais au nom d’un futur qui prend tous les contours d’un rêve chimérique, qui est chaque jour différé et reculé un peu plus loin.

Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques

Il est une erreur fort à la mode, de laquelle je veux me garder comme de l’enfer. Je veux parler de l’idée du progrès. Ce fanal obscur, invention du philosophisme actuel, breveté sans garantie de la Nature ou de la Divinité, cette lanterne du modernisme jette des ténèbres sur tous les objets de la connaissance ; la liberté s’évanouit, le châtiment disparaît. Qui veut y voir clair dans l’histoire doit avant tout éteindre ce fanal perfide. Cette idée grotesque, qui a fleuri sur le terrain pourri de la fatuité moderne, a déchargé chacun de son devoir, délivré toute âme de sa responsabilité, dégagé la volonté de tous les liens que lui imposait l’amour du beau : et les races amoindries, si cette navrante folie dure longtemps, s’endormiront sur l’oreiller de la fatalité dans le sommeil radoteur de la décrépitude. Cette infatuation est le diagnostic d’une décadence déjà trop visible.

Carl Schmitt, Théologie politique

Notre société présente est progressiste au sens d’un progrès débridé, qui associe une scientificité dénuée de valeurs, la liberté d’exploitation industrielle et la libre croissance de la consommation.

Gilbert Keith Chesterton, Hérétiques

Le monde moderne est rempli d’hommes qui s’accrochent si fortement aux dogmes qu’ils ne savent même pas que ce sont des dogmes. […] On peut tenir par exemple pour « dogmatique », dans certains milieux considérés comme progressistes, de supposer le perfectionnement ou le développement de l’homme dans un autre monde. Mais on ne tient pas pour « dogmatique » de supposer le perfectionnement ou le développement de l’homme dans ce monde-ci, bien que cette idée de progrès soit tout aussi peu prouvée que celle d’immortalité et, d’un point de vue rationaliste, tout aussi improbable. Il se trouve que le progrès est un de nos dogmes, et un dogme est une chose que l’on ne considère pas comme dogmatique.

Georges Sorel, Les Illusions du progrès

La théorie du progrès a été reçue comme un dogme à l’époque où la bourgeoisie était la classe conquérante ; on devra donc la regarder comme étant une doctrine bourgeoise.

Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du plaisir

Chaque génération incline à la même cruauté pour celle qui l’a précédée : une cruauté consistant à se prévaloir d’un surcroît de lucidité et à feindre de s’étonner avec commisération des engagements « naïfs » d’autrefois. Mais c’est une démarche abusive. On gagne toujours sans mérite les batailles rétrospectives : on s’affranchit sans gloire des illusions quand le temps les a ruinées. Cette cruauté est facile. Elle n’intervient jamais qu’a posteriori et mène rarement loin : posture triomphante mais misère de la pensée… En vérité, on ne devrait jamais sourire sans précaution des utopies révolues, ni se moquer trop imprudemment des vulgates passées de mode. Pour deux raisons au moins. D’abord, parce qu’elles incarnaient, en leur temps, une espérance qui ne mérite pas toujours d’être insultée (seul celui que satisfait l’ordre établi prend plaisir à humilier le rêve). Ensuite parce que rien n’est plus périlleux que le contentement de soi. On a toujours tort de se croire malin. Surtout après-coup. Toute époque adhère, sans le savoir, à ses propres utopies – « l’idéologie invisible » – qu’elle prend pour des projets raisonnables. Elle y croit. Chaque génération veut se convaincre qu’elle en sait plus que la précédente et parle d’une voix forte, alors qu’elle ne fait qu’obéir à un système de croyances et d’hypothèses « falsifiables », au sens où l’entendait Karl Popper. La critique a posteriori d’une utopie se fonde donc le plus souvent – mais inconsciemment – sur une utopie nouvelle qui, demain ou après-demain, risque de se révéler pour ce qu’elle était. Fausse lucidité scientifique tombée de son piédestal, elle se verra toisée, à son tour, par une nouvelle vulgate, et justiciable d’une même férocité prétendument « éclairée ». Et ainsi de suite, comme une morne alternance de vanités et d’aveuglements. Tout dans l’histoire des idées devrait nous inviter à la modestie.

Nicolás Gómez Dávila, Les Horreurs de la démocratie

Le progressiste gagne toujours et le réactionnaire a toujours raison. Avoir raison en politique ne consiste pas à occuper le devant de la scène, mais à annoncer dès le premier acte les cadavres du cinquième.

Jacques Attali, Article du journal Slate (29 janvier 2013)

Comme toujours, quand s’annonce une réforme majeure, il faut comprendre dans quelle évolution de long terme elle s’inscrit. Et la légalisation, en France après d’autres pays, du mariage entre deux adultes homosexuels, s’inscrit comme une anecdote sans importance, dans une évolution commencée depuis très longtemps, et dont on débat trop peu : après avoir connu d’innombrables formes d’organisations sociales, dont la famille nucléaire n’est qu’un des avatars les plus récents, et tout aussi provisoire que ceux qui l’ont précédé, nous allons lentement vers une humanité unisexe, où les hommes et les femmes seront égaux sur tous les plans, y compris celui de la procréation, qui ne sera plus le privilège, ou le fardeau, des femmes. Bien des forces y conduisent, issues de demandes parfois contradictoires.

  1. La demande d’égalité. D’abord entre les hommes et les femmes. Puis entre les hétérosexuels et les homosexuels. Chacun veut, et c’est naturel, avoir les mêmes droits : travailler, voter, se marier, avoir des enfants. Et rien ne résistera, à juste titre, à cette tendance multiséculaire. Mais cette égalité ne conduit pas nécessairement à l’uniformité : les hommes et les femmes restent différents, quelles que soient leurs préférences sexuelles.
  2. La demande de liberté. Elle a conduit à l’émergence des droits de l’homme et de la démocratie. Elle pousse à refuser toute contrainte ; elle implique, au-delà du droit au mariage, les mêmes droits au divorce. Et au-delà, elle conduira les hommes et les femmes, quelles que soient leurs orientations sexuelles, à vouloir vivre leurs relations amoureuses et sexuelles libres de toute contrainte, de tout engagement. La sexualité se séparera de plus en plus de la procréation et sera de plus en plus un plaisir en soi, une source de découverte de soi, et de l’autre. Plus généralement, l’apologie de la liberté individuelle conduira inévitablement à celle de la précarité ; y compris celle des contrats. Et donc à l’apologie de la déloyauté, au nom même de la loyauté : rompre pour ne pas tromper l’autre. Telle est l’ironie des temps présents : pendant qu’on glorifie le devoir de fidélité, on généralise le droit à la déloyauté. Pendant qu’on se bat pour le mariage pour tous, c’est en fait le mariage de personne qui se généralise.
  3. La demande d’immortalité, qui pousse à accepter toutes mutations sociales ou scientifiques permettant de lutter contre la mort, ou au moins de la retarder.
  4. Les progrès techniques découlent en effet de ces valeurs et s’orientent dans le sens qu’elles exigent : en matière de sexualité, cela a commencé par la pilule, puis la procréation médicalement assistée (PMA), puis la gestation pour autrui (GPA). Ces questions de bioéthique ne découlent évidemment pas des demandes d’égalité venant des couples homosexuels et concernent toutes les formes de reproduction, y compris – et surtout – « hétérosexuelles ». Le vrai danger viendra si l’on n’y prend garde, du clonage et de la matrice artificielle, qui permettra de concevoir et de faire naître des enfants hors de toute matrice maternelle. Et il sera très difficile de l’empêcher, puisque cela sera toujours au service de l’égalité, de la liberté, ou de l’immortalité.
  5. La convergence de ces trois tendances est claire : nous allons inexorablement vers une humanité unisexe, sinon qu’une moitié aura des ovocytes et l’autre des spermatozoïdes, qu’ils mettront en commun pour faire naître des enfants, seul ou à plusieurs, sans relation physique, et sans même que nul ne les porte. Sans même que nul ne les conçoive si on se laisse aller au vertige du clonage.

Guy Debord, Panégyriques

La décadence générale est un moyen au service de l’empire de la servitude ; et c’est seulement en tant qu’elle est ce moyen qu’il lui est permis de se faire appeler progrès.

Emil Cioran, De l’inconvénient d’être né

Le rôle de cette superstition qui remonte à Condorcet a été énorme. L’idée du Progrès est une forme atténuée d’utopie, un délire apparemment sensé, sans lequel les idéologies du siècle dernier, pas plus que celles du nôtre, n’auraient été possibles. L’originalité du tournant historique dont nous sommes témoins consiste dans la mise en cause de ce délire, dans une lucidité fatale

Jean-Claude Michéa, Le complexe d’Orphée

Semblable au pauvre Orphée, le nouvel Adam libéral est condamné à gravir le sentier escarpé du « Progrès » sans jamais pouvoir s’autoriser le moindre regard en arrière.

Julius Evola, Orientations

Il n’existe pas une Histoire, entité mystérieuse écrite avec un h majuscule. Ce sont les hommes, tant qu’ils sont vraiment des hommes, qui font et défont l’histoire ; l’historicisme est plus ou moins la même chose que ce que, dans les milieux de gauche, on appelle le progressisme et il ne veut, aujourd’hui, qu’une chose : fomenter la passivité face au courant qui grossit et nous mène toujours plus bas. Et, taxés de réactionnaires, vous leur répondez : Vous voudriez que pendant que vous agissez, détruisez et profanez, nous ne réagissions pas mais restions à regarder et même vous voudriez nous voir dire : Bravo, continuez ?

Pierre Debray, Courrier hebdomadaire N°1061 (27 juin 1991)

Pour déchristianiser un peuple, il faut détruire la famille et souiller la femme. Notre société s’y emploie, favorisant le divorce, le concubinat, la société permissive, qui donne la débauche pour une libération, l’avortement pour un « droit » et l’homosexualité pour une « différence », respectable à ce titre. La pornographie dégrade l’image de la femme, réduite aux fonctions d’objet sexuel et d’appât commercial. Est-il possible de descendre plus bas dans l’abjection?

George Bernard Shaw, Bréviaire d’un révolutionnaire

La décadence ne peut trouver d’agents que lorsqu’elle porte le masque du progrès.

Hervé Ryssen, Tract (Mai 2013)

Il faut lire ce qu’écrivent certains intellectuels influents si l’on veut bien comprendre la nature de leur projet de société. On voit ici que le mariage homosexuel n’est qu’une étape.

  1. Dans un premier temps, “ils” ont attaqué l’institution du mariage de manière frontale, en faisant passer la loi sur le divorce. L’initiateur de cette loi, en 1884, était un Breton nommé Alfred Naquet. Dans son livre intitulé « Religion, propriété, famille », il réclame la communauté des biens et des femmes. Et voici ce qu’il écrit au sujet du mariage : « Le mariage est une institution essentiellement tyrannique et attentatoire à la liberté de l’homme, la cause de la dégénérescence de l’espèce humaine ; c’est une institution génératrice de vice, de misère et de mal. » Le rabbin Astruc rédigea les dispositions de la loi.
  2. “Ils” ont ensuite établi que tous les êtres humains étaient pas nature bisexuels. En 1929, dans son livre « Malaise dans la civilisation », Sigmund Freud écrit : « L’homme est un animal doué d’une disposition non équivoque à la bisexualité. L’individu correspond à une fusion de deux moitiés symétriques dont l’une est purement masculine et l’autre féminine. »
  3. Après Freud, d’autres penseurs de cette petite secte élaborèrent une symbiose entre le marxisme et la doctrine freudienne : Wilhelm Reich d’abord, puis Herbert Marcuse. La révolution socialiste serait aussi une révolution sexuelle. Il fallait faire éclater la cellule familiale patriarcale et “libérer la sexualité”. Ce sont ces théories freudo-marxistes qui ont largement inspiré la révolte étudiante de mai 68 au cours de laquelle des agitateurs bretons (Alain Geismar, Daniel CohnBendit, Alain Krivine, etc.) ont une fois de plus joué un rôle crucial.
  4. Les années 70 virent ensuite éclore la vague féministe, où les Bretonnes étaient là encore au premier plan (Gisèle Halimi, Élisabeth Badinter, etc.). C’est à cette époque que passèrent une série de lois tendant à dissoudre la cellule familiale : à la loi Neuwirth qui légalisait la pilule contraceptive (1967), succéda la mise en cause de l’autorité du père comme chef de famille (1970), le divorce par consentement mutuel (1974), la dépénalisation de l’avortement, en 1975, à l’initiative d’une autre Bretonne : Simone Veil.
  5. La grande vague du cinéma porno accompagna cette “libération”. Et l’on est ici bien obligé de constater que les producteurs et réalisateurs bretons jouent un rôle très important dans cette industrie.
  6. Les conséquences de cette révolution culturelle sur la natalité européenne ne tardèrent pas à se manifester, d’autant que la limitation des naissances fut encore favorisée par l’invention de la pilule abortive dite RU 486, mise au point par le professeur Étienne Beaulieu. Est-ce un hasard ? Le professeur “Beaulieu” est lui aussi un Breton, petit-fils de rabbin.
  7. Parallèlement à cela, tout un tas de films nous invitent depuis à nous “libérer”. Et tous sont réalisés par des Bretons. Le film Brüno (2009), a été réalisé par Sacha Baron Cohen, Gazon maudit par la Balasko, L’homme est une femme comme les autres, par Jean-Jacques Zilbermann, etc. Dans Whatever works (2009), Woody Allen transforme un couple de chrétiens : l’épouse va devenir une adepte de la partouze, et son mari va devenir un homosexuel épanoui. Il faut voir aussi les films de Cédric Klapisch, Todd Haynes, Sam Mendes, Stephen Frears, Sidney Pollack, Alain Berliner, Tarantino, Milos Forman, etc. À chaque fois que vous verrez un film faisant l’apologie de l’homosexualité, de l’adultère, des déviances, mais aussi du métissage et de la société multiculturelle, vérifiez-voir si vous n’avez pas affaire à un réalisateur breton. Ça ne rate jamais !
  8. Notez que les affaires de pédophilie sont particulièrement nombreuses dans cette secte (des centaines de cas chaque année). Les plus connues concernent le cinéaste Roman Polanski. Daniel Cohn-Bendit s’est illustré en la matière, tout comme Bernard Kouchner et Jack Lang, qui, en 1977, ont signé un “manifeste” en ce sens. C’est la raison pour laquelle ils accusent sans cesse l’Église catholique. Cela s’appelle une “inversion accusatoire”. Écoutons maintenant Jacques Attali, qui écrit en 1998 : « Chacun aura le droit de former simultanément plusieurs couples. Polygamie et polyandrie redeviendront la règle. Tout humain deviendra un être sans père ni mère, sans antécédents, sans racines ni postérité, nomade absolu. » (Dictionnaire du XXIe siècle, 1998). « Le transhumain aura le droit d’appartenir à plusieurs tribus à la fois. La polyandrie et la polygamie lui permettront de partager avec d’autres, provisoirement ou durablement, un toit, sans pour autant désirer avoir ou élever ensemble des enfants ni porter le même nom. » (L’Homme nomade, 2003). Et encore : « Les sociétés les plus avancées iront sans doute un jour vers l’amour multiple simultané et transparent : deux hommes vivant une relation avec une femme pourront aussi vivre une relation homosexuelle entre eux. » (Le Sens des choses, 2009). Elisabeth Badinter est bien connue pour son engagement féministe. C’est la richissime héritière de Marcel Bleustein, du groupe Publicis. Elle est donc milliardaire et socialiste à la fois, mais aussi bretonne, et disciple de son compatriote Sigmund Freud : « En vérité, nous sommes tous des androgynes parce que les humains sont bisexués. L’épanouissement de l’individu passe par la reconnaissance de sa bisexualité. L’idéal est d’accoucher d’un être humain uni-sexué. » (L’Un est l’autre, 1986.) Yolande Cohen confirme le propos : « La bisexualité originaire est de retour, balayant sur son passage l’inégalité et la stricte complémentarité des sexes. L’arrivée du troisième millénaire coïncide avec un extraordinaire renversement des rapports de forces. Le système patriarcal sera mort et enterré dans la plus grande partie de l’Occident. » (Femmes et contre-pouvoirs). Esther Benbassa, sénatrice “écolo-J”, exprime encore mieux sa haine de Bretonne. Elle écrit ainsi, dans Le Monde du 18 avril 2009 : « Discrimination et racisme sont le couple infernal qui bloque la créativité de tant de pays européens, arcboutés sur leur “aristocratie” blanche, sortie du moule, amollie par le bien-être. Finissons-en avec cette France-là. » Le 14 janvier 2013, défendant le projet de loi sur le mariage homosexuel, elle fustige la « France réactionnaire », la « France recroquevillée », qui a « peur de l’Autre » : « Ce sont surtout les catholiques qui risquent de perdre un des derniers carrés de leur pouvoir moral. Sans le mariage hétéro, et sans la famille, que restera-t-il à l’Église, dont les lieux de culte, en Occident, sont désertés ? Bientôt l’Église fermera boutique. »

Nicolás Gómez Dávila, Le Réactionnaire authentique

L’existence du réactionnaire authentique ne laisse pas de scandaliser le progressiste. Le seul fait qu’il existe lui procure un vague malaise. Devant l’attitude réactionnaire le progressiste ressent un léger mépris, accompagné de surprise et de désarroi. Pour se rassurer, le progressiste choisi d’interpréter cette attitude intempestive et choquante comme l’hypocrisie d’un ambitieux ou un symptôme de stupidité ; mais seuls les journalistes, les politiciens et les imbéciles ne sont pas secrètement tourmentés par la ténacité avec laquelle les plus hautes intelligences de l’Occident, depuis cent cinquante ans, accumulent les objections contre le monde moderne. Un dédain complaisant ne semble pas, en effet, la réponse adéquate à une prise de position ou se retrouvent main dans la main un Goethe et un Dostoïevski. […] Le réactionnaire ne s’abstient pas d’agir par crainte du risque, mais parce qu’il estime qu’actuellement les forces sociales se précipitent vers un but qu’il méprise. Dans l’actuel processus, les forces sociales ont creusé leur lit dans le roc, et rien ne détournera leur cours tant qu’elles ne déboucheront pas sur la rase étendue d’une plaine incertaine. […] Mais si le réactionnaire n’a aucun pouvoir à notre époque, sa condition l’oblige à témoigner de son écœurement.

Gilbert Keith Chesterton, Orthodoxie

Cette révolution éternelle, cette suspicion maintenue à travers les siècles, vous l’appelez (en vague moderne) la doctrine du progrès. Si vous étiez philosophe, vous l’appelleriez, comme je le fais, la doctrine du péché originel. Vous pouvez l’appeler progrès cosmique autant que vous voudrez ; je l’appelle par ce qu’elle est : la Chute.

Pape Pie XII, Allocution à un groupe de jeunes prêtres du diocèse de Barcelone (14 juin 1957)

Que pour vous le progrès ne signifie pas une recherche anxieuse de nouveaux principes, mais l’application plus exacte des anciens éternels principes qui ont eu leur principale expression dans l’Évangile.

Docteur Pierre Simon, Juif, grand maître de la Grande Loge de France de 1969 à 1971 et de 1973 à 1975,

Avec la pilule, on dispose d’une vie sexuelle normale sans procréation ; avec l’insémination artificielle, la procréation va se dérouler sans acte sexuel […]. La sexualité sera dissociée de la procréation, et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici : le père n’est plus le géniteur, mais celui qui élève l’enfant. […] Il y aura d’un côté le couple affectif et sexuel – la femme procréatrice, l’homme non géniteur – ; de l’autre, la société, médiatisée par le médecin, qui rapproche la demande d’enfant d’une disponibilité de semence anonyme, contrôlée et gouvernée par la « banque de sperme »

Marcel de Corte, L’intelligence en péril de mort

L’intelligence dévoyée qui n’accepte ni sa condition humaine limitée, ni les limites que lui impose le réel et son principe, engendre une plèbe intellectuelle qui monte à l’assaut de la planète sous la conduite des princes de ce monde et du Prince de ce monde. Cette armée ne connaît plus de freins : pourvue de tous les appétits débordant de la brute, nantie d’un pouvoir technique hypertrophié, elle a toute licence de transformer les hommes selon sa propre image. Déjà nous entendons monter vers nous son hurlement scandé comme le fracas d’une fusillade mécanique : « Rejoins-nous ou meurs ! »

Abbé Julio Meinvielle, De la cabale au progressisme

Le monde moderne a apostasié le christianisme pour retourner au paganisme, mais à un paganisme sous la tutelle du judaïsme. La Cabale (tradition ésotérique du judaïsme) a pénétré la Chrétienté jusqu’à séculariser le christianisme même. Les hommes devront choisir : ou l’Église ou la Synagogue, ou Dieu ou Mammon, ou le Christ ou l’Antichrist. Point n’est besoin d’une grande perspicacité pour voir que depuis cinq siècles le monde se conforme à la tradition cabalistique. Le monde de l’Antichrist approche rapidement. Tout concourt à l’unification totalitaire du fils de la perdition. D’où, aussi, le succès du progressisme.

Maurice Bardèche, Sparte et les Sudistes

Le rationalisme progressiste s’accommode de tout. Il ignore la nature des choses comme il ignore l’instinct. Le « progrès » pose des définitions. Il ne voit pas l’animal et ses lois. Et tout peut sortir des définitions. L’élasticité morale du monde moderne est infinie, ses formes d’expression également.

Evariste de Saint-Ange, Le fascisme expliqué à ma génération

On va aussi nous parler de l’évolution des mœurs. C’est formidable, moi qui ignorais que les mœurs étaient un pokémon ! Les mœurs ne sont pas un animal vivant qui évoluerait, c’est simplement la façon dont les gens vivent. Et il y a une petite minorité de personnes qui veulent nous imposer un mode de vie dangereux et contre-nature. Comme ils manquent sérieusement d’arguments pour faire passer leurs idées, ils en viennent à utiliser ce genre de métaphore bancale. On nous parle aussi de « sens de l’histoire ». Parce que quand il s’agit de déterminer les vérités sociales, il faut d’abord vérifier le calendrier. On ne peut pas faire les mêmes choses au XXIe siècle que pendant l’Antiquité, par exemple. On ne fait ça dans absolument aucun domaine de l’esprit humain. La musique de Beethoven, les romans de Dostoïevski, etc, sont certes vieux, mais ça ne retire rien à leur qualité. Ça ne viendrait à l’esprit de personne de soumettre les mathématiques ou la physique à des critères de date. Même en philosophie, les arguments de Platon ne sont pas moins valides sous prétexte que le temps s’est écoulé depuis qu’il les a formulé. Il n’y a qu’en politique qu’on essaie de nous faire avaler que les vérités aient une date de péremption. L’idée d’évolution des mœurs est liée au mythe (ou plutôt à la superstition) du Progrès avec un grand P.

Christopher Lasch, Le Seul et Vrai Paradis

Si nous distinguons l’espérance de l’attitude plus conventionnelle connue sous le nom aujourd’hui d’optimisme, nous pouvons comprendre pour quelles raisons elle nous est plus utile, au milieu des flots déchaînés de la marche en avant, qu’une croyance dans le progrès. Elle ne peut nous prévenir d’attendre le pire. Le pire est toujours ce à quoi ceux qui espèrent se sont toujours préparés. Leur croyance en la vie ne serait pas très valable si elle n’avait pas survécu aux déceptions du passé, tandis que le fait de savoir que le futur porte des déceptions supplémentaires témoigne de la permanente nécessité de l’espérance. Ceux qui croient au progrès, au contraire, bien qu’ils aiment se penser comme le parti de l’espoir n’en ont actuellement que peu besoin, depuis qu’ils ont l’histoire de leur côté. Mais ce manque leur interdit toute action intelligente. L’imprévoyance, une foi aveugle dans le fait que les choses ne peuvent se dérouler que pour le mieux, fournit un substitut indigent à la disposition qui consiste à mener les choses à bien, y compris lorsque les difficultés qu’elles posent nous semblent insurmontables.

Désiré Dutonnerre, La marée noire de la pornographie

C’est la famille, fondée sur le droit naturel, que les organisations d’homosexuel(le)s veulent détruire. On l’attaque sur tous les plans, notamment en pervertissant les enfants. Cette volonté de salir est celle de producteurs de films. La série de Daniel Karlin et Tony Lainé, « L’amour en France », projetée sur Antenne 2, en est bien la preuve. Qu’ont dit leurs auteurs dans le livre publié chez Grasset ? Le but est d’habituer les enfants à « dire et faire à propos de la sexualité tout ce qu’on leur interdit d’habitude, on cherchera à faire reculer au maximum les pudeurs habituelles ». Ensuite, on s’en prend aux couples : « la nécessité sociale de fonder un foyer étant une morale un peu désuète » (Le Figaro du 5 février 1990), « la virginité, c’est terminé, ça n’a plus cours » (Libération). Dans leur entretien, accordé le 5 février à Libération, ces deux hommes qualifient la morale de « merde réactionnaire qu’on nous a mis dans nos têtes et dont il faut se débarrasser ». Ces deux individus ont reconnu avoir voulu « aller plus loin que ne l’a jamais fait la télévision française » (L’Express, 2 février 1990). D. Karlin a, en outre, rendu hommage à l’auteur d’un crime passionnel pour son « courage, sa franchise et sa dignité » (ce triste sire avait eu le courage d’assassiner sa maîtresse en la criblant de 33 coups de couteaux, sans oublier d’emporter la caisse !)

Jacques Ellul, Métamorphose du bourgeois

Un exemple des facteurs qui constituent la « constellation de l’idéologie du bonheur » nous est donné par le progrès. […] Georges Sorel a bien montré à quel point toute l’idée du progrès est un phénomène bourgeois, lié à cette classe, indissociable d’elle, si bien que tout se qui se réfère au progrès porte la marque de la bourgeoisie. […] L’idée de progrès précède le véritable développement logique et universel des sciences. […] Bien avant paraissait la conviction irraisonnée que l’histoire de l’homme était (en soi) un progrès. […] Comment alors ne pas comprendre que cette absolutisation du terme par la validation de ce qui augmente est strictement liée à ce qui est justement quantitatif, c’est-à-dire la production économique ? C’est sur le modèle de la croissance de la production que le progrès est construit. […] Le progrès est fait de cette addition incessante de valeurs matérielles et de richesses.

Pierre Drieu la Rochelle, La Nouvelle Revue française n° 342 (Août 1942)

La religion du progrès consiste à croire que l’homme gagne toujours sans perdre jamais, ou tout au moins que ce qu’il perd n’a aucune importance.

Jean Sévillia, Moralement correct

Huit Français sur dix, d’après les enquêtes, estiment qu’un enfant a besoin à la fois d’un père et d’une mère pour grandir dans une atmosphère heureuse. Mais cinq sur dix approuvent les femmes qui désirent avoir un enfant et vivre seules. Une contradiction s’expliquant par l’état de la société : dans Paris intra-muros un foyer sur deux ne compte qu’un adulte, et dans les deux tiers des cas ce sont des femmes. Comment se désavouer soi-même ? Constatant « le passage d’une centration sur le père à une centration sur la mère », Henri Mendras en tirait cette observation : « Nous retrouvons une structure familiale décrite par les ethnologues dans diverses sociétés, notamment dans l’aire caraïbe. » Si l’on comprend bien, trente ans de révolution sexuelle et familiale ont ramené la France à la situation des Caraïbes avant Christophe Colomb. C’est ce qu’on appelle le progrès.

Pierre Drieu la Rochelle, Notes pour comprendre le siècle

C’est le mythe du Progrès qui est en question. Mythe étroit, mythe boiteux. L’homme, au cours de votre Progrès, n’a-t-il pas perdu la moitié de lui-même ? Ce qu’il a gagné, n’est-il pas largement compensé par ce qu’il a perdu ? Et, d’ailleurs, ce qu’il a gagné jusqu’à ces derniers temps était peut-être nourri par ce qu’il ne perdait que lentement, qui lui donnait encore de la chaleur en se consumant. En développant son esprit, l’homme a peu à peu sacrifié son corps ; mais son esprit se nourrissait de ce qui lui restait de corps. Quand le corps a agonisé, l’esprit a commencé de donner des signes de détresse. Ces signes qui ont pesé sur le sort de nos générations.

Bibliographie

  • Martin Peltier, La Révolution Arc-En-Ciel en marche / Le vrai nom du grand bordel : Arc-en-ciel / L’Empire arc-en-ciel
  • Bernard Germain, Déconstruire la woke idéologie
  • Aude Mirkovic, De la théorie du genre au mariage de même sexe…
  • Esther Pivet, Enquête sur la théorie du genre
  • Jean-Paul Benglia, La Théorie du genre – Un délire philosophique imposé aux enfants et adolescents !
  • Michel Boyancé, Rémi Brague, Thibaud Collin et Jean-Noël Dumont, L’éducation à l’âge du Gender
  • Judith Reisman, La subversion sexuelle
  • Abbé Julio Meinvielle, De la cabale au progressisme
  • Abigail Shrier, Dommages irréversibles
  • Aude Mirkovic et Claire de Gatellier, Questionnements de « genre » chez les enfants et les adolescents
  • Eugénie Bastié, Sauver la différence des sexes
  • Gianluca Marletta et Enrica Perucchietti, Unisexe : la création de l’homme sans identité
  • Marcel Kuntz, Les déconstructeurs de la science
  • Jean Robin, La criminalité du Lobby LGBTQ
  • Dora Moutot et Marguerite Stern, Transmania : Enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre
  • Wandrille de Guerpel et Emmanuel Rechberg, Le vrai coût du progressisme
  • Pierre Vermeren, Xavier-Laurent Salvador et Emmanuelle Hénin, Face à l’obscurantisme woke