Léon Bloy, L’Assiette au beurre
À force d’avilissement, les journalistes sont devenus si étrangers à tout sentiment d’honneur qu’il est absolument impossible, désormais, de leur faire comprendre qu’on les vomit et qu’après les avoir vomis, on les réavale avec fureur pour les déféquer. La corporation est logée à cet étage d’ignominie où la conscience ne discerne plus ce que c’est que d’être un salaud.
Jacques Attali, Demain, qui gouvernera le monde ?
Ce peuple sera éliminé en vitesse ! Sans besoin de recourir aux armes, mais par le contrôle de sa presse, nous lui feront croire qu’il est coupable et il fera le reste
Serge Monast, Le gouvernement mondial de l’Antéchrist (Pages 228-229)
Aujourd’hui, en 1994, ce contrôle de la Presse nationale et internationale est largement acquis par les sociétés mondialistes, et se reflète quotidiennement par ce qu’il est convenu d’appeler la « désinformation » du médium. Ceci se vérifie dans l’information manipulée, camouflée, masquée, maquillée, comme c’est le cas d’une manière unilatérale dans la Presse au Québec (Canada) où l’autocensure et le despotisme des directeurs d’information font la loi, et privent le public d’une éducation vitale pour son développement historique. Tous ces jeux de théâtre macabre dans l’information sont organisés de manière à donner au public au jour le jour, l’impression que celui-ci est informé sur ce qui se passe autour de lui alors qu’en réalité, les faits réels, et les causes cachées de ces faits qui modèlent sa vie, sa pensée, sa manière d’agir courante, lui sont volontairement cachés. En d’autres termes, pour garantir une stabilité politique ; assurer une consommation, une ingurgitation économique absente de toute perturbation extérieure, l’on fabrique pour ce même public désabusé, en très haut lieu, un modèle de réflexion sur le monde qui l’entoure. Tout ceci a pour résultat premier de rendre les populations abruties, engourdies dans leurs mécanismes intérieurs de pensée, tout en les plaçant dans un état permanent de peur et de crainte de tout ce qui pourrait se situer en dehors de cette réalité qui leur est imposée.
Glenn Krawczyk, Le contrôle de la pensée
Le cerveau humain a souvent été comparé à un ordinateur. L’information est reçue, traitée, intégrée, puis un réaction est formulée et appliquée. Les contrôleurs de pensée manipulent information de la même manière qu’un programmeur manipule l’information. Premièrement on contrôle la source, la qualité et la quantité d’information qui est reçue par le processeur, dans notre cas, le cerveau. Puis on contrôle la manière dont l’information est traitée, dans ce cas par la manipulation des états de la conscience humaine. L’induction d’états de haute suggestibilité est la forme la plus banale de manipulation. La télévision est un outil efficace dans ce genre de manipulation, car elle rejoint une grande quantité de gens simultanément. La CIA est en ce moment à installer son propre « canal de télé » qui aura la capacité de transmettre à partir de transmetteurs aériens avec suffisamment de puissance pour interrompre la programmation normale de n’importe quel pays, et qui sera sans doute utilisé dans la guerre psychologique. Puis on contrôle la réaction du sujet au « programme » et on renforce le message nécessaire pour obtenir le résultat désiré. Ceci prend la forme de feedback positif ou négatif. Dans tout autre langage, ceci serait connu sous le terme conditionnement.
Honoré de Balzac, Illusions perdues (Page 182)
Le journalisme est un enfer, un abîme d’iniquités, de mensonges, de trahisons, que l’on ne peut traverser et d’où l’on ne peut sortir pur.
Jules Barbey d’Aurevilly, Pensées détachées (Page 56)
Les journaux ! les chemins de fer du mensonge.
Jacques Ellul, Le bluff technologique (Pages 597-598)
Il n’y a pas vraiment d’information à la télévision, il n’y a que la télévision. Un événement ne devient nouvelle que parce que la télévision s’en empare. Et c’est l’expérience permanente : un instant, quelques semaines, la télévision se passionne sur le Biafra, sur le Cambodge de Pol Pot, sur les Boat People, sur les conflits autour d’Israël, sur l’Afrique du Sud, le temps de montrer et de remontrer les mêmes images (procédé qui devient de plus en plus fréquent). Tout à coup les millions de téléspectateurs sont passionnés par l’injustice d’Israël ou le gouvernement d’Afrique du Sud. Et puis, à la trappe, disparus. Non pas qu’il ne se passe plus rien, certes ! Mais on ne peut pas suivre une question à la télévision, d’abord parce qu’il faut que tout soit très simple (en images !). Il y a les bons et les méchants. Ensuite parce que le téléspectateur veut du nouveau. Seul le nouveau l’intéresse. Il ne faut pas que ça dure, même tragique, la durée est ennuyeuse. Et l’on confond totalement l’important avec le nouveau. Une prise d’otage, c’est très important. La digestion progressive du Cambodge par le Vietnam n’a aucune importance parce que ce n’est pas nouveau. En effet, le téléspectateur est au spectacle, il ne reçoit que le spectacle de l’action, et ce n’est pas possible qu’un spectacle traîne en longueur. Et sitôt que la télévision ne montre plus rien sur la question, il n’y a plus de question. C’est bien cela qui signifie que c’est la télévision elle-même qui est le message. « La télévision ne communique pas d’information : l’information, c’est ce que communique la télévision », et nous sommes seulement des consommateurs d’information, celle que la télévision a dramatisée. C’est pourquoi le « message » télévisé est en réalité un massage du cerveau, de la connaissance, de la mémoire, un massage qui fait disparaître tout ce que nous avions vu, hier.
Federico Fellini, Le Monde (Janvier 1986)
La télévision a mutilé notre capacité de solitude, a violé notre dimension la plus intime, la plus privée, la plus secrète. Enchaînés par un rituel envahissant, nous fixons un cadre lumineux qui vomit des milliards de choses qui s’annulent les unes les autres, dans une spirale vertigineuse. La paix ne revient que lorsqu’on éteint. À onze heures, à minuit, pèse sur nos épaules une grande fatigue obligatoire. Nous allons vers notre lit chargés d’une vague mauvaise conscience, et, dans le noir, les yeux fermés, nous tentons de renouer, comme un fil cassé, le silence intérieur qui nous appartenait.
Honoré de Balzac, Monographie de la Presse parisienne
Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai. Et c’est à qui dévoilera les plans du cabinet. Abd el-Kader a dit naïvement : « Je n’ai pas de meilleurs espions que les journaux français. » Hier, un journal prétendait que l’Angleterre et les États-Unis ont des droits de propriété sur les îles Marquises antérieurs à la prise de possession par la France, et il s’intitule Le National. Entre les chances d’une chute et la liberté de la presse, Napoléon n’a pas hésité. Certes, il eût été facile de vous peindre les hommes de la Presse et leurs mœurs, de vous les montrer dans l’exercice de leur prétendu sacerdoce ; mais les choses ont paru plus curieuses que les hommes. Aujourd’hui, cette maladie chronique de la France s’est étendue à tout. Elle a soumis à ses lois la justice, elle a frappé de terreur le législateur, qui, peut être, eût regardé la publicité comme un supplice plus cruel que toutes ses inventions pénales. Elle a soumis la royauté, l’industrie privée, la famille, les intérêts ; enfin, elle a fait de la France entière une petite ville où l’on s’inquiète plus du qu’en-dira-t-on que des intérêts du pays. Le nombre des lévites de cette divinité moderne n’excède pas un millier. Le moindre d’entre eux est encore un homme d’esprit, malgré sa médiocrité, qui n’est jamais que relative. Pour que rien ne manque aux singularités de la Presse, il s’y trouvait deux femmes et deux prêtres; aujourd’hui, il n’y a plus qu’une femme et un prêtre : deux robes ! Peut-être les abonnés sont-ils plus inexplicables que les journaux et que les journalistes. Les abonnés voient leurs journaux changeant de haines, pleins de bienveillance pour tels hommes politiques contre lesquels ils faisaient feu tous les jours, vantant aujourd’hui ce qu’ils dépréciaient hier, s’alliant avec ceux de leurs confrères qu’ils boxaient la veille ou l’an dernier, plaidant des thèses absurdes, ils continuent à les lire, à s’y abonner avec une intrépidité d’abnégation qui ne se comprendrait pas d’homme à homme. La Presse, comme la femme, est admirable et sublime quand elle avance un mensonge, elle ne vous lâche pas qu’elle ne vous ait forcé d’y croire, et elle déploie les plus grandes qualités dans cette lutte où le public, aussi bête qu’un mari, succombe toujours. Si la presse n’existait pas, il faudrait ne pas l’inventer.
François Lamy, La désinformation
Aujourd’hui, l’information est partout, il est donc facile de s’imaginer, dans un contexte où les systèmes démocratiques tendent à se généraliser, les enjeux, de plus en plus importants qui peuvent motiver certaines entités (intérêts individuels ou collectifs, privés ou publics, nationaux ou supra-nationaux) à s’attirer les faveurs de l’opinion publique et par là, les suffrages des électeurs. Il serait donc illusoire de minimiser la tentation de jouer sur l’outil de création et de guidage de cette opinion publique, c’est-à-dire de manipuler l’information.
Cyril Leysin, Le nouvel ordre mondial démasqué
Il est plus qu’évident comme nous allons le voir que les media ne sont pas indépendants en France et que la prétendue « liberté de la presse » est une vaste fumisterie. Commençons par le journal Le Monde, et notons que Alain de Gunzburg (1925-2004) président de GM Mumm & Co, Perier-Jouet et des alcools Seagram Corp, fut un actionnaire du journal. Ses parents étaient Jean de Gunzburg – fils de Salomon von Gunzburg (1848-1905) et Henriette Ernestine Goldschmidt (1859-1927) – et Madeleine Hirsch (1894-1979). Alain de Gunzburg était marié à Aileen Mindel Bronfman (1925-1986), la sœur d’Edgar Miles Bronfman, président du Congrès juif mondial (1981-2007). Leur fils Jean de Gunzburg épousa Martine Lambrey de Souza, qui se maria en seconde noces avec Laurent Dassault, directeur général délégué du Groupe Industriel Marcel Dassault (GIMD), remarié à Cécile Dorseuil depuis 2008. Précisons aussi que le journal bénéficie aussi de subventions de la part de IEtat français. D’autre part la banque Lazard est un actionnaire important du journal Le Monde à travers Matthieu Pigasse. Né en 1968, Pigasse est responsable mondial des fusions-acquisitions et du conseil aux gouvernements de la banque Lazard, dont il est directeur général délégué en France ainsi que propriétaire et président des Nouvelles Editions indépendantes (qui contrôle le magazine Le Inrockuptibles et Radio Nova), et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post. Soulignons que Lazard est un groupe mondial de conseil financier et de gestion d’actifs. Entreprise franco-américaine à sa création en 1848, Lazard est présente dans 43 villes dans 27 pays, et cotée à la bourse de New York. En France, la banque est aujourd’hui dirigée par Bruno Roger (né en 1933) et Matthieu Pigasse, et figure parmi les premières banques d’affaires. Sous l’influence de Bruce Wasserstein (1947-2009) président-directeur général de Lazard (de 2001 à 2004) et sur les conseils d’Alain Minc, Bruno Roger recruta Matthieu Pigasse en 2002, qui devint directeur général de Lazard Paris en 2010. Alain Minc est né dans une famille juive dont le père Joseph (1908-2011) adhéra au Parti communiste polonais et qui raconta avoir croisé Menahem Begin. Alain Minc a fréquenté les plus grandes écoles comme le lycée Turgot, et le lycée Louis-le-Grand, l’École nationale supérieure des mines de Paris (promo 1968), l’Institut d’études politiques de Paris (promo 1971), puis l’École nationale d’administration (promo 1975). Au sein de l’élite internationaliste, les clivages « gauche » et « droite » n’existent plus comme nous l’avons déjà dit. Alain Minc est administrateur de plusieurs sociétés, membre du club Le Siècle, du comité stratégique du groupe Bolloré, et fut le trésorier de la Fondation Saint-Simon (dissoute en 1999). Président, depuis 1985, de la Société des lecteurs du journal Le Monde, Minc fut aussi président du conseil de surveillance de la SA Le Monde (de 1994 à 2008). Il est également membre du conseil d’administration de Prisa (groupe de presse espagnol coté à la bourse de Madrid), CaixaBank (entreprise financière espagnole détenue à 61 % par La Caixa première caisse d’épargne d’Europe), Fnac, Direct Energie (dont Minc est censeur du Conseil d’administration), Ingenico, Yves Saint Laurent, etc. Voilà qui met en lumière quelques conflits d’intérêts majeurs avec un collaborateur régulier du journal Le Monde. D’autre part, Minc fit partie de la promotion 1981 des « Young Leaders » de la French-American Foundation (FAF) une organisation qui se consacre à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis » vers une gouvernance mondiale aux mains des ploutocrates de l’oligarchie. Les Young Leaders sont un des instruments du « Soft power » américain, à vocation internationaliste. Précisons encore que la Fondation des Young Leaders est présidée par Arnaud de Puyfontaine (né en 1964) diplômé de la Harvard Business School. Il est notamment président du directoire de Vivendi depuis 2014 et membre du club d’influence de l’élite française Le Siècle présidé depuis janvier 2017 par Patricia Barbizet (née Dussart en 1955) qui est également Young Leader et membre de plusieurs conseil d’administration de grandes entreprises. Au cours de sa carrière Arnaud de Puyfontaine fut nommé (en avril 2007) président de la holding Mondadori France (dont nous reparlons à propos de Silvio Berlusconni). En mai 2009, Puy fontaine occupa le poste de directeur général de Hearst UK, la filiale britannique de Hearst Corporation et devint « Mr Europe » de l’un des tous premiers groupes de media américains. En 2011, il prit la tête des opérations pour l’acquisition d’une centaine de titres publiés par Lagardère dans une quinzaine de pays hors de France. Il fut nommé, en juin 2011, vice-président exécutif de Hearst Magazine International. En janvier 2014, Arnaud de Puyfontaine rejoignit le groupe Vivendi en tant que directeur général des activités media et en juin 2014, il fut nommé président du directoire de Vivendi. Depuis juin 2017, il est président exécutif de Telecom Italia, en complément de ses fonctions chez Vivendi. Précisons que le grand-père maternel d’A. de Puyfontaine fut André-Marie Gerard (1918-1989) rédacteur en chef du journal L’Aurore (de 1957 à 1960) et de la revue En ce temps-là, la Bible. André M. Gerard collabora notamment avec André Frossard (1915- 1995) dont la grand-mère paternelle, Stéphanie Schwob (1861-1924) était juive. D’autre part, André Frossard était le fils de Ludovic-Oscar Frossard, l’un des fondateurs historiques du Parti communiste français, qui tut secrétaire général de la SFIO à partir de 1918 puis secrétaire général (de 1921 à 1923) de la SFIC (Section française de l’internationale Communiste, rattachée au Komintern et à la révolution soviétique), qui devint ensuite le Parti communiste français. Ludovic-Oscar Frossard fut franc-maçon, et membre de la loge « L’internationale » du Grand-Orient de France (GODF), ministre de l’information (Propagande) du 13 mars 1938 au 10 avril 1938, et du 21 mars au 5 juin 1940, dans la Troisième République. Ludovic-Oscar Frossard fut le premier secrétaire général du PCF en 1946, puis ministre dans les gouvernements du Front populaire. En fait il fut ministre dans sept gouvernements (entre 1935 et 1940). Élevé dans un milieu « où la question de l’existence de Dieu ne se pose même plus », André Frossard aurait adopté la religion « catholique » en 1935. Il raconta cette « conversion » dans son livre à succès : Dieu existe, je l’ai rencontré. Arrêté par la Gestapo de Lyon le 10 décembre 1943, A. Frossard fut interné à la prison Montluc, où se trouvait également Marcel Dassault, né Marcel Ferdinand Bloch (1892-1986) connu en tant que fondateur et PDG du Groupe Dassault. Et qui lui aussi se serait « converti » au catholicisme en 1950 (On peut raisonnablement douter de cette conversion encore une fois). Marcel Dassault créa aussi un hebdomadaire, Jours de France, où il diffusa une propagande intense pour promouvoir son entreprise d’aviation. Il joua un rôle dans le début de la carrière de Jacques Chirac, fils d’un de ses collaborateurs, en le recommandant à Georges Pompidou, ancien directeur général de la Banque Rothschild, qui fit notamment voter la Loi 73-7 du 3 janvier 1973 modifiant les statuts de la Banque de France. La classe politique se soumit ainsi aux marchés financiers privés qui sont depuis les créanciers de l’État. Il suffit de voir à quel point la dette publique française a augmenté depuis l’année 1973, avec un pic très net durant le mandat (2007-2012) de Nicolas Sarkozy. Après la guerre, André Frossard travailla à L’Aurore, avant d’entrer au Figaro, puis fut rédacteur en chef de l’hebdomadaire Temps présent. Il assura jusqu’à son décès (1995) la chronique « Cavalier Seul » dans Le Figaro, qui est depuis 2004 la propriété de l’industriel et sénateur Serge Dassault (fils de Marcel Bloch/Dassault) via la Société du Figaro et Dassault media (comme nous le verrons). D’autre part, de 1961 à 1963, André-Marie Gerard (le grand père d’Arnaud de Puyfontaine) fut le directeur de l’information de la Radio diffusion-télévision française, puis il fut nommé inspecteur général de l’ORTF. Pour en revenir à Lazard Frères & Co. l’entreprise fut fondée en 1848 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) par trois frères « lorrains » émigrés aux États-Unis, Alexandre, Elie et Simon Lazard. Alexandre Lazard s’installa à Paris où il ouvrit un bureau en 1854. Entre 1870 et 1880, l’entreprise continua son expansion internationale en ouvrant un bureau à Londres puis à New York, outre celui de San Francisco. La banque Lazard occupa rapidement une place prépondérante dans les transferts d’or et les marchés de change transatlantiques, devenant ainsi une plaque tournante entre les milieux d’affaires français et américains. À New York, les bureaux de Lazard sont situés au 30 Rockefeller Center à New York (GE Building). Un autre des actionnaires du journal Le Monde est Xavier Niel (né en 1967) qui a été mis en examen et placé en détention provisoire à la prison de la Santé (Paris) en mai 2004 pendant un mois pour proxénétisme aggravé et recel d’abus de biens sociaux concernant un de ses « peep-shows ». Niel est vice-président et directeur délégué à la stratégie d’Iliad, groupe de télécommunications français, maison mère du fournisseur d’accès internet Free et de l’opérateur de téléphonie mobile Free mobile. En juin 2011, Pierre Rimbert critiquait dans Le Monde diplomatique (filiale à 51 % du groupe Le Monde) la disparition progressive de l’indépendance rédactionnelle du journal Le Monde. L’article rapportait la déclaration suivante de Xavier Niel, « Quand les journalistes m’emmerdent je prends une participation dans leur canard et après ils me foutent la paix. » Voilà qui a le mérite d’être clair ! Avec de tels actionnaires et collaborateurs, on se rend compte aisément que ce journal n’est absolument pas indépendant. La main qui donne étant au-dessus de la main qui reçoit, les journalistes qui « emmerdent » ceux qui ont une « participation dans leur canard (leur) foutent la paix » pour reprendre l’expression ordurière de Xavier Niel. Si nous nous intéressons à d’autres journaux en France, nous constatons par exemple qu’Édouard Étienne Alphonse de Rothschild (né en 1957) un homme d’affaires qui fait partie de la branche française de la famille Rothschild, avait investi 20 millions d’euros en 2005, pour une participation majoritaire de 37 % dans le journal « français » Libération qui porte bien mal son nom. Cela fait presque 4 ans que Libération est dans le « giron » de Patrick Drahi qui a aussi repris le groupe L’Express. Les deux titres sont regroupés avec les autres media du groupe (BFM, RMC…) dans un ensemble d’immeubles de SFR à Paris. En trois ans, les effectifs de Libération sont passés de 250 à 180 personnes et de 190 salariés à 130 à la rédaction. Avec les ventes de nombreux titres, le groupe L’Express a été réduit de 700 à un peu moins de 300 personnes depuis juin 2015. Le magazine L’Express lui-même compte 125 journalistes (Web compris), contre 150 avant son rachat. Patrick Drahi né en 1963 à Casablanca au Maroc, dans une famille juive, est un homme d’affaires et entrepreneur franco-luso-israélien qui réside en Suisse (depuis 1999). Il est le président-cofondateur du consortium luxembourgeois Altice, une multinationale des télécommunications et des réseaux câblés cotée à la bourse d’Amsterdam. Dexter Gregory Goei (né en 1971) est un homme d’affaire américain, président d’Altice NV, une compagnie de télécommunications international et président et directeur général d’Altice États-Unis. Goei rejoignit Altice en 2009, après avoir travaillé 15 ans dans la banque d’investissement de JP Morgan, et Morgan Stanley. Dexter Goei siège également au conseil des fiduciaires du Centre Paley pour les Medias, fondé en 1975 par William S. Paley, une « institution culturelle » basée à New York et Los Angeles, dédiée à la discussion sur la culture, la création, la signification sociale de la télévision, radio, et des plateformes émergentes pour la communauté des professionnels et les médias publics. Altice est le principal actionnaire de l’opérateur français SFR Group, de Virgin Mobile, de l’opérateur israélien Hot, mais aussi Portugal Telecom, Altice Dominicana et l’américain Suddenlink. SFR Group est propriétaire des médias Libération et L’Express. Dans un organigramme établi par l’économiste Benoit Boussemart et publié dans le Canard Enchainé et dans le magazine Capital (du 14 octobre 2015) on retrouve la holding de Patrick Drahi, Next LP, et un enchainement de filiales situées dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg, la Suisse ou le Panama. […] Poursuivons avec Le Point qui appartient à François-Henri Pinault (né en 1962) via le groupe Sebdo-Le Point, propriété de sa holding Artémis. Il bénéficie comme la plupart des journaux de subventions de la part de l’État français. En juin 1998, François Pinault (né en 1936), le père de François-Henri Pinault, industriel et collectionneur d’art, racheta Christie’s, société de vente aux enchères basée à Londres. François Pinault, créa en 1992, Artémis, la holding patrimoniale destinée à accueillir des participations, notamment de la compagnie d’assurance californienne Executive Life, alors en faillite, rachetée sur la base d’un montage frauduleux mis en place en 1991 par le Crédit Lyonnais et qui vaudront à François Pinault et à sa holding d’être poursuivis en justice en 2000. Signalons aussi que François Pinault était très proche du président Jacques Chirac, élu en 1995. Son premier grand coup remonte au milieu des années 80, quand Chirac était Premier ministre, avec le rachat pour 1 franc symbolique d’une société nationale spécialisée dans le bois. Cette affaire se révéla une réelle aubaine. François Hollande et François Pinault sont aussi très amis depuis des années. Pour la promotion de Pâques 2017, la dernière du quinquennat de François Hollande, François Pinault fut élevé à la plus haute distinction française grand-croix de la Légion d’honneur. Bref, on imagine « l’indépendance » du journal Le Point avec un propriétaire comme le sien, et vu les subventions que le journal reçoit de l’État. Poursuivons avec la Bertelsmann SE & Co. KGaA qui est un groupe international dont le siège est à Gütersloh, en Allemagne. Durant l’exercice 2015, les domaines d’activité principaux étaient les suivants : RTL Group, Penguin Random House, Gruner + Jahr, BMG, Arvato, Bertelsmann Printing Group, Bertelsmann Education Group et Bertelsmann Investments. Bertelsmann est une entreprise non cotée en bourse, qui reste encore sous le contrôle de la famille Mohn. […] Notons qu’en France, RTL Group possède 3 stations de radio et 9 chaînes de télévision via le groupe M6. On trouve RTL (radio généraliste), RTL2 (radio musicale au format pop rock), Fun Radio (radio musicale au format dance). Au niveau de la télévision, on a le Groupe M6 (détenu à 48,6 %), M6 et M6 Suisse, W9 et W9 Suisse, 6ter, Paris Première, Téva, M6 Music, M6 Boutique, Girondins TV la chaîne du club de football des Girondins de Bordeaux, Série Club (détenue à 50 %) une chaîne thématique consacrée aux séries. France Loisirs a été fondé en 1970 par le groupe Bertelsmann et les Presses de la Cité. Depuis juin 2011, France Loisirs appartient au groupe Actissia lui-même racheté par International Technology Solutions en mars 2015. La version française de National Geographic, est publiée par le groupe Prisma Presse, devenu Groupe Prismna Media (depuis 2012) qui est le premier éditeur de presse magazine en France. Or, Prisma Media est une filiale du groupe allemand Gruner + Jahr, détenu par Bertelsmann. Ensuite GEO (édition française) le magazine de voyage et de découverte du monde dont l’édition française est publiée par Prisma Media donc encore Bertelsmann. Parmi les périodiques, magazines édités par Prisma Media nous avons aussi GEO Voyage ; Ça m’intéresse (créé en 1981) ; Ça m’intéresse Histoire (créé en 2010) ; Capital (créé en 1991) ; Management (créé en 1995) ; Haroard Business Review France (en 2014) ; Télé Loisirs (créé en 1986); Télé Z semaines (créé en 2003) ; TV Grandes chaînes (créé en 2004) ; Neon (créé en 2012) ; VSD créé en 1977 par Maurice Siegel, racheté par Prisma Presse en 1996 ; Voici, créé en 1987, Gala créé en 1993 ; Femme Actuelle créé en 1984 ; Prima créé en 1982 ; Femme Actuelle Jeux créé en 2003 ; Femme Actuelle Jeux Extra créé en avril 2012 ; Prima Maison créé en 2005 ; Flow créé en 2015 ; As You Like créé en 2015 ; Serengo créé en 2015 ; Cuisine Actuelle, racheté en 1989 par Prisma Presse… Poursuivons notre tour des media vendus en France avec Mondadori France (ancien EMAP France) éditeur de presse, filiale du groupe italien Arnoldo Mondadori Editore (Fininvest), qui avec plus de 30 publications, est le deuxième éditeur de magazines en France. Or il se trouve que Fininvest S.p.A. est une des plus importantes holding financières italienne contrôlée par la famille de l’ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi (né en 1936) à Milan, qui fut président du Conseil des ministres (de 1994 à 1995, de 2001 à 2006 et de 2008 à 2011). Il a adhéré à la loge maçonnique secrète Propaganda Due (P2) qui a été qualifiée d' »État dans l’État », ou de « gouvernement de l’ombre ». Cette loge a été officiellement dissoute. Parmi ses membres, on trouvait l’héritier du trône d’Italie et les chefs des trois branches des services secrets italiens. La P2 a été accusée d’avoir participé, aux côtés du réseau Gladio, à la « Stratégie de la tension », notamment par le juge Imposimato (1936- 2018) connu pour sa lutte contre la mafia, la corruption et le terrorisme. […] Parmi les titres édités par Mondadori France, on trouve dans la catégorie automobile ; Auto Plus : leader du marché de la presse automobile en France ; L’Auto-Journal ; Sport Auto ; Auto-Journal Evasion et 4×4 ; Auto Plus Classiques. Dans la catégorie Féminin et people : Pleine Vie ; Modes et travaux ; Top Santé ; Biba ; Nous Deux ; Grazia ; Les Veillées des chaumières, bihebdomadaire créé en 1877 par l’éditeur Henri Gautier, devenu hebdo en 1952 et acquis en 1994 (Editions Mondiales) ; L’Ami des Jardins ; Closer ; Closer teen. Pour le public des chasseurs : Le Chasseur français ; La Revue nationale de la chasse mensuel ; Grand Gibier. Pour les magazines de « sciences » et loisirs : Science et Vie créé en 1913, acquis en 2003 (Excelsior Publication) ; Science et Vie Junior ; Les Cahiers de Science & Vie, Science & Vie Découvertes ; Hors Série Science et Vie ; Guerres & Histoire ; Réponses Photo ; Diapason. Pour la télévision : Télé star ; Télé Star Jeux ; Télé poche… En ce qui concerne les activités internet, il existe aussi Mondadori France Digital, une filiale qui gère les sites lnternet des publications du groupe. Elle supervise deux autres sites du groupe : Kiosque Mag et Naturabuy. Un autre important groupe de presse est Hachette Filipacchi Médias (HEM) filiale du groupe Lagardère SCA spécialisé dans les médias. Avec 260 titres dans 34 pays, c’est le premier éditeur mondial de magazines, et un des leaders mondiaux de l’édition, de la production, et de la distribution. La répartition géographique du conseil d’administration est la suivante : France (30,3 %), Europe (37,9 %), États-Unis et Canada (19,4 %), Asie et Océanie (8,9 %), Afrique et Amérique latine (2 %) et Moyen Orient (1,5 %). Il est actuellement dirigé par Arnaud Lagardère (né en 1961). Le groupe implanté dans près de 40 pays se structure autour de quatre branches d’activités : – Lagardère Publishing (Hachette Livre) : livre et e-publishing : Armand Colin, Dunod, Stock, Fayard, Grasset, Larousse, Calmann-Lévy, Le Livre de poche, etc. C’est le troisième éditeur mondial de livres grand public et « d’éducation ». Il serait plus juste de dire propagande. – Lagardère Travel Retail : entreprise multinationale française dont l’activité principale est le commerce en zone de transport (points de vente Relay, Aelia Duty Free, Relais H, Buy Paris Duty Free, The Fashion Gallery, Trib’s, Hubiz, Discover, Inmedio, So! Coffee, Bread & Co, Hello!, deCanto…). Lagardère Active : presse, audiovisuel (radio, télévision, production audiovisuelle), numérique et régie publicitaire. Pour la presse écrite, nous y revenons plus loin. Citons pour la radio : Europe 1, Virgin Radio, RFM… En ce qui concerne la Télévision : Gulli, Canal J, MCM… Pour la production audiovisuelle : Lagardère Studios, et la régie publicitaire : Lagardère Publicité. – Lagardère Sports and Entertainment : « sponsoring », événements, stades, « consulting », athlètes, spectacles, salles et artistes. […] Parmi les magazines édités en France par Lagardère à travers Hachette Filipacchi Médias, on trouvait (en avril 2018) dans la presse dite « généraliste », Paris Match, Match du Monde, Le Journal du dimanche. La presse automobile/presse sportive, citons Driven et Onze Mondial. La presse féminine/presse familiale, ELLE, Parents… Dans la presse « people potins », France Dimanche, Ici Paris, Public… Dans la presse masculine/people : Entrevue (repris par la Société de conception de presse, éditant le mensuel depuis sa création, dirigée par Gérard Ponson, en 2007), Choc, Guts, L’Écho des savanes (arrêté en 2006, reprit en 2008 par Glénat). Dans la presse de télévision : Télé 7 Jours. Pour la presse de décoration : Art & Décoration, Elle Décoration, Byzance. Pour la presse jeunesse : Disney Hachette Presse, filiale de Hachette Filipacchi Médias et de Disney, qui édite notamment Le Journal de Mickey et Picsou magazine. Pour la presse ludique : Télé 7 Jours 100 % Jeux, Télé 7 jeux. Pour la presse culinaire : Elle à Table. La presse audiovisuelle : Photo, Première. Et aussi des suppléments avec TV Hebdo et Version Femina (avec la Socpresse). Précisons que fin avril 2018, Daniel Křetínský est entré en négociation, via sa holding Czech Media Invest (CMI) détenue avec Patrik Tkáč, pour acquérir Elle France, Version Femina, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris, Public et Art et Décoration ainsi que « toutes les radios du groupe présentes en République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie. » L’hebdomadaire Marianne, en grande difficulté financière, a annoncé en mars 2018 avoir reçu une offre du même groupe. Czech Media Invest est détenue par Daniel Křetínský (50 %) et Patrik Tkáč (40 %), principaux dirigeants de Czech News Center, ainsi que par Romanem Korbačkou (10 %). Au départ le groupe de presse détenu par la CMI, a été constitué en Tchécoslovaquie par le groupe de presse suisse Ringier à partir de 1991. En 2010, Ringier sallia au groupe allemand Axel Springer pour développer ses activités renommées « Ringier Axel Springer CZ », avant de les vendre en 2014, via la holding Czech Media Invest, au milliardaire tchèque Daniel Křetínský qui a fait fortune dans le secteur de l’énergie (groupe EP Industries qu’il détient a 94%). Le groupe fut renommé « Czech News Center » (CNC). Bref, on voit clairement que nos principaux médias vendus en France, ne sont en réalité pas français du tout. Continuons avec le groupe Perdriel (dit aussi groupe Nouvel Observateur) dirigé par l’industriel Claude Perdriel (société des sanibroyeurs SFA PAR). Le groupe est né en 1964, avec la création de l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur. En décembre 2017, la direction de la société Renault a investi 5 millions d’euros dans la société Perdriel et prit 40 % de l’éditeur de Challenges et Sciences & Avenir, soi disant pour « offrir des contenus médias exclusifs aux propriétaires de ses futurs véhicules ». Le constructeur automobile Renault peut ainsi faire la promotion de ses produits, en contribuant à diffuser une propagande pseudo-scientifique, avec des théories plus invraisemblables les unes que les autres, notamment sur le réchauffement climatique. Ainsi, les nouvelles taxes carbones et autres, pourront être justifiées par la diffusion d’une propagande visant à promouvoir l’achat de nouvelles voitures. Rappelons que Sciences et Avenir, est un magazine mensuel de vulgarisation « scientifique », et que Challenges, est le premier magazine économique en France. Claude Perdriel depuis juin 2016, est aussi le propriétaire de Sophia Publications, éditeur de La Recherche, L’Histoire, Historia et Le Magazine littéraire ; il est directeur de la publication de Historia, Le Magazine littéraire, Sciences et Avenir et Challenges. Avec ça, les moutons sont bien gardés… Notons aussi que LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton est un groupe français d’entreprises fondé par Alain Chevalier et Henri Racamier devenu aujourd’hui le chef de file mondial de l’industrie du luxe en termes de chiffre d’affaires. Il est également présent dans le domaine des médias, avec notamment Les Échos, Le Parisien et Radio Classique, et dans la distribution avec Sephora et Le Bon Marché. […] À propos du journal Le Canard enchainé, en novembre 2008, Karl Laske un journaliste français (né en 1959) publia un essai intitulé Le vrai Canard (avec le journaliste Laurent Valdiguié) dénonçant les liens avec des personnalités politiques et l’opacité des finances de cet hebdomadaire Karl Laske est l’un des journalistes français du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Le projet le plus récent de l’ICIJ est les Paradise Papers ; une enquête révélant certaines activités offshores de personnalités ainsi que des multinationales. « Au tournant des années 1970, le journal change complètement […] Il soutient expressément les socialistes qui vont accéder au pouvoir. Et surtout, il se mue en journal d’investigation et d’influence. Les vingt-cinq permanents (les mieux payés de la profession) s’entourent d’une armée de collaborateurs de l’ombre ; cela va des amis politiques aux agents secrets, de la garde rapprochée de Mitterrand à Jean Montaldo, des juges aux justiciables. Un journal d’influence, cela veut dire un journal qui influence et un journal qui est influencé. On sait aujourd’hui que l’affaire des diamants de Bokassa fut un coup monté par les « gaullistes » contre Giscard, que les micros clandestinement installés au Canard ne furent pas posés par hasard, que la feuille d’impôts qui coûta sa carrière à Jacques Chaban-Delmas n’est pas sortie de nulle part. On sait que le dossier Papon fut fouillé de près, à bon droit, mais que le dossier Bousquet, ami de Mitterrand, fut opportunément refermé. On flaire que Boulin à « droite », Bérégovoy à « gauche », tous deux « suicidés », furent « indirectement » flingués par des amis qui leur voulaient du bien ». Évidemment, nous n’apprendrons pas beaucoup de choses en lisant ce livre écrit par des journalistes qui « aiment bien le Canard » comme ils le disent. Mais cela montre encore une fois que nos médias servent de relais pour ceux qui dirigent le système économique et idéologique actuel. Concernant le Groupe Bayard Presse, là encore on peut être pour le moins surpris par ses membres du conseil de surveillance. Notons que François Villeroy de Galhau (né en 1959) a été membre du conseil de surveillance de Bayard Presse, groupe propriétaire du quotidien La Croix. Le groupe présent dans 16 pays communique par la presse, l’édition, internet et l’audiovisuel dans les domaines de l’actualité (La Croix, Le Pèlerin), la jeunesse (Pomme d’Api, Youpi, Babar, J’aime lire, Astrapi, Okapi, Phosphore, Je bouquine, Les clés de l’Actualité), les séniors (Notre Temps), le religieux (Prions en Église, Croire, Panorana), la nature (Terre sauvage, Alpes Magazine, Pyrénées Magazine, Pays basque Magazine, Bretagne Magazine). Or, il se trouve que François Villeroy de Galhau est un banquier et haut fonctionnaire français, et gouverneur de la Banque de France (depuis le 1 novembre 2015). Sous le gouvernement de Lionel Jospin, il fut directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn (de 1997 à 1999), de Christian Sautter (de 1999 à 2000) au ministère de l’Économie et des Finances, puis directeur général des impôts (de 2000 à 2003). Il siège aussi au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne de Francfort, et il est membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI), en plus d’avoir été membre de la Commission pour la libération de la croissance française, réunie et présidée par Jacques Attali (en 2007 puis 2010). Décidément le groupe Bayard n’est pas vraiment ce qu’il prétend être. Il est pour le moins étonnant de trouver quelqu’un comme François Villeroy de Galhau comme membre du conseil de surveillance d’un groupe qui édite des journaux qui se prétendent ouvertement « chrétiens et catholiques ». D’autre part, Jean Boissonnat (1929-2016) économiste, journaliste, essayiste français, fut éditorialiste pour La Croix, et membre du conseil d’administration (de 1980 à 1985), puis du conseil de surveillance (1985-1994) du Groupe Bayard Presse. Signature de Ouest-France, il siégea au conseil d’administration du journal (de 1981 à 1994 et de 1998 à 2016). II écrivit également pour les journaux Le Parisien, L’Est républicain, Le Progrès, Le Midi libre. En 1994 à l’âge de 65 ans, il quitta la direction du groupe Expansion et devint membre du Conseil de la politique budgétaire de la Banque de France (de 1994 à 1997). Les liens entre la Banque de France et le Groupe Bayard sont plus étroits que l’on pourrait l’imaginer… De là à parler d’influence et de contrôle sur la ligne éditoriale des journaux diffusés par le groupe de presse, il n’y a qu’un pas. De plus, notons que Pascal Boniface (né en 1956) est un géopolitologue français, fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques ou IRIS, créé en 1991, qui est un « think tank » (laboratoire d’idées) travaillant sur les thématiques géopolitiques et stratégiques, dont le conseil d’administration est présidé par Alain Richard. Le président d’honneur de l’IRIS, n’est autre que Pascal Lamy (né en 1947) qui a présidé le conseil d’administration jusqu’en septembre 1999. Pascal Lamy est un ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) membre du Parti socialiste depuis 1969, membre du bureau du club Le Siècle depuis 1999, et il participe très régulièrement à la conférence de Bilderberg (2000, 2001, 2003 et 2005), « laboratoire d’idées » réunissant des politiciens, chefs d’entreprise, banquiers, gros actionnaires les plus influents dans le monde. Pascal Lamy est aussi membre du comité d’orientation scientifique d’« À gauche en Europe », club de réflexion cofondé par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn. Enfin, M. Lamy est membre du comité consultatif de Transparency International, une organisation non gouvernementale (ONGI), fondée à Berlin par Peter Eigen (en 1993) qui fut directeur de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et de l’Est et l’Amérique latine (de 1975 à 1991). Bref, tout ça pour dire que l’IRIS défend avant tout des intérêts internationalistes et une gouvernance de l’économie mondiale aux mains de capitalistes assoiffes de pouvoir. Or, il se trouve que Pascal Boniface qui en est le fondateur et le directeur, est aussi éditorialiste pour le quotidien La Croix. Décidément, ce quotidien n’est pas très catholique ; c’est le moins que l’on puisse dire. Continuons avec Dassault communication qui fut un groupe de presse français propriété de l’industriel Serge Dassault. Après le rachat de la Socpresse au groupe Hersant en 2005, Serge Dassault se désengagea de la presse régionale et de plusieurs magazines pour ne garder que Le Figaro et constituer le Groupe Figaro. Comme nous l’avons vu, Serge Dassault (né Serge Bloch en 1925) est un chef d’entreprise dans l’industrie aéronautique et de l’armement, ancien sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes. En 1946, la famille Bloch, juive, prit le nom de Dassault puis, en 1950, se « convertit » (officiellement) au catholicisme. Le moins que l’on puisse dire est qu’il na pas été très pratiquant au regard de son parcours que nous allons survoler (sans jeu de mot). Ainsi, en 1998, Serge Dassault fut condamné, en Belgique, à deux ans de prison avec sursis et 60000 francs d’amende, pour corruption active dans le cadre de l’affaire Agusta. En février 2017, Serge Dassault fut encore condamné à deux millions d’euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité pour « blanchiment », après avoir caché à l’administration fiscale plusieurs millions à l’étranger pendant quinze ans. Le parquet national financier a finalement requis une peine d’emprisonnement avec sursis pour un élu qui « a piétiné toutes les lois qu’il a votées sur le thème de la fiscalité » et « trahi son mandat ». Tout en considérant que « l’ampleur de la fraude et sa durée » (des dizaines de millions d’euros cachés a l’étranger pendant 15 ans) justifiait « une peine d’emprisonnement ferme », le tribunal a choisi de se montrer accommodant du fait « du grand âge » de l’accusé. Tout le monde ne bénéficie pas d’autant de largesse de la part de l’institution judiciaire. On est en droit de se demander si la conversion au catholicisme de Dassault n’était ne manouvre habile pour infiltrer certains milieux plus facilement, comme l’avait fait l’apostat Jacob Frank qui défendait la doctrine de « rédemption par le péché » au XVIIIème siècle. En ce qui concerne Figaro Holding, 4,9 % de cette holding étaient détenus à partir de juin 1999 par le groupe Carlyle, puis Socpresse retrouva 100 % du capital en 2004 comprenant Le Figaro, Le Figaro Magazine, Madame Figaro, Publiprint (régie publicitaire qui devint Figaro Média). En septembre 2010, le groupe Adenclassifieds a été racheté par le Groupe Figaro, qui devint Figaro Classifieds. Parmi les autres magazines, notons TV Magazine qui a été intégré à 100% au Groupe Figaro, le titre ayant fusionné avec TV Hebdo. Comme la plupart des titres de presse français, Le Figaro perçoit des subventions publiques importantes directes ou indirectes de l’État. Le montant de laide accordée au Figaro, par exemplaire diffusé et payé (frais postaux inclus), en 2008, est de 0.19€ soit moins que Le Monde (0,23€) presque 3 fois moins que L’Humanité (0,54 €). Selon un rapport de l’Assemblée nationale, Le Figaro reçoit en aides directes près de 15 millions d’euros par an. En 2014, Le Figaro devint le titre français le plus subventionné, juste devant Le Monde, avec 16 millions d’euros d’aides directes. Concernant le journal L’Humanité en 2013, ne pouvant rembourser entièrement un prêt de 4 086 710€ contracté en mars 2002, L’Humanité bénéficia de la part du gouvernement de Jean-Marc Ayrault d’une annulation du Capital et des intérêts liés à ce prêt. Ainsi, en 2013, L’Humanité a reçu de l’État 6 898 645€ plaçant le journal au 10ème rang au regard des subventions reçues, mais au premier rang en termes d’aides par exemplaire (0.631€/exemplaire). Bref, voilà la belle « indépendance » des journaux en France ! Après ce petit tour (non exhaustif) de la presse « française », nous comprenons à quel point la propagande institutionnelle telle que l’avaient rêvée Edward Bernays, Goebbels ou Aldous Huxley, fonctionne à merveille pour maintenir le peuple dans la plus totale ignorance de la réalité et surtout, de la vérité.
Madison Grant, Le Déclin de la grande race
Un des effets curieux de la démocratie est le fait incontestable qu’il y a moins de liberté de la presse que sous les gouvernements autocratiques. Il est à peu près impossible de publier dans les journaux américains la moindre réflexion sur certaines religions ou sur certaines races, qui manifestent une susceptibilité hystérique à la seule mention de leur nom.
Oswald Spengler, Le Déclin de l’Occident (Tome II, Page 426)
Qu’est-ce que la vérité ? Pour la foule, c’est ce qu’elle lit et entend constamment. Si un pauvre diable s’assied quelque part et rassemble des raisons pour constater “la vérité”, celle-ci restera sa vérité. L’autre, la vérité publique du moment, qui seule importe dans le monde réel des actions et des succès, est aujourd’hui un produit de la presse. Ce qu’elle veut est vrai. Ses chefs produisent, transforment, échangent les vérités. Trois semaines de travail de la presse et le monde entier a connu la vérité. Ses raisons sont irréfutables tant qu’il y a de l’argent pour les répéter sans interruption.
Simone Weil, L’Enracinement (Page 110)
Tout le monde sait que, lorsque le journalisme se confond avec l’organisation du mensonge, il constitue un crime.
Léon Daudet, Le stupide XIXe siècle
La presse française à grand tirage ne sert point à divulguer ; elle sert à cacher, à celer, à dissimuler, et aussi, aux heures critiques, à fourvoyer. Tout ceci se résume en quatre mots : l’État contre la nation.
Pierre Derain, Les manipulateurs et l’Europe
Vous marchez au bord d’un étang ; soudain, vous êtes alerté par des cris. Vous distinguez un homme qui agite ses bras au loin, dans l’eau. Vous vous apprêtez à lui porter secours. Mais, au moment où vous allez vous mettre à l’eau, quelqu’un vient vous dire que cet homme s’amuse. Et il le répète plusieurs fois avec une telle force et une telle conviction qu’un doute submerge votre esprit : cet homme se noie ou il s’amuse ? Vous croyez ce que vous voyez ou ce que l’on vous dit ? Si cet homme s’amuse, vous n’avez qu’à passer votre chemin, et cela vous arrange, vous n’avez plus besoin de risquer votre vie pour le sauver. Plus tard, vous apprenez qu’un homme s’est noyé dans l’étang et que personne ne lui a porté secours. Cette scène résume la pensée libérale de notre époque, qui, en permanence, détourne le sens du réel pour manipuler l’opinion publique. Voilà le rôle majeur que jouent les médias, car ce sont eux qui imposent le sens à un événement ou à un fait. Et ils imposent ce sens en jouant sur le principe de la publicité dont on sait qu’elle est basée sur la technique de la répétition.
Alexis Carrel, L’homme, cet inconnu
Notre vie est influencée dans une très large mesure par les journaux. La publicité est faite uniquement dans l’intérêt des producteurs, et jamais des consommateurs. Par exemple, on a fait croire au public que le pain blanc est supérieur au brun. La farine a été blutée de façon de plus en plus complète et privée ainsi de ses principes les plus utiles. Mais elle se conserve mieux, et le pain se fait plus facilement. Les meuniers et les boulangers gagnent plus d’argent. Les consommateurs mangent sans s’en douter un produit inférieur. Et dans tous les pays où le pain est la partie principale de l’alimentation, les populations dégénèrent. Des sommes énormes sont dépensées pour la publicité commerciale. Aussi des quantités de produits alimentaires et pharmaceutiques, inutiles, et souvent nuisibles, sont-ils devenus une nécessité pour les hommes civilisés. C’est ainsi que l’avidité des individus assez habiles pour diriger le goût des masses populaires vers les produits qu’ils ont à vendre, joue un rôle capital dans notre civilisation.
Gustave Le Bon, Les opinions et les croyances
Aujourd’hui, l’influence des journaux est bien supérieure à la puissance des livres. Incalculables sont les personnes n’ayant jamais eu d’autres opinions que celles de leur journal.
William Luther Pierce, Fierté blanche (Pages 172-173)
Le contrôle des médias qui façonnent l’opinion est quasi monolithique. Tous les médias sous contrôle – télévision, radio, journaux, magazines, livres, films – parlent d’une seule et même voix, chacune renforçant l’autre. En dépit d’une variété apparente, il n’existe pas de réelle divergence de vues, pas de source alternative pour des faits ou des idées accessible à la grande masse des gens et qui pourrait leur permettre de se forger des opinions en conflit avec celles des maîtres des médias. On leur présente une seule et unique conception du monde – un monde dans lequel toutes les voix proclament l’égalité des races, la nature infaillible du récit juif de l’« Holocauste », la méchanceté qu’il y a à essayer de contenir le flot d’étrangers non blancs qui se déverse à travers nos frontières, le danger qu’il y a à permettre aux citoyens de détenir et de porter des armes, l’équivalence morale de toutes les orientations sexuelles, et les attraits d’une société « pluraliste » et cosmopolite plutôt qu’une société homogène et blanche. C’est une conception du monde élaborée par les maîtres des médias et destinée à servir leurs objectifs – et la pression qui pousse à se conformer à cette conception est irrésistible. Les gens y adaptent leurs opinions, votent en accord avec elle et modèlent leur existence pour y correspondre. Mais qui sont ces maîtres tout-puissants des médias ? Ce sont, dans une très large mesure, des Juifs. Ce n’est pas simplement une question de contrôle des médias par des capitalistes avides de profits, dont certains se trouvent être juifs. Si c’était le cas, l’origine ethnique des maîtres des médias refléterait, au moins approximativement, la proportion de riches Gentils et de riches Juifs. En dépit de quelques exceptions notables, la prépondérance des Juifs dans les médias est si impressionnante, cependant, que nous sommes obligés d’admettre qu’elle est due à davantage qu’à un simple hasard.
Charles Danten, Requiem pour la bête (Page 118)
Aucun média grand public aujourd’hui n’est libre, c’est-à-dire indépendant. Ils sont tous entre les mains d’un trust quelconque ou d’un groupe financier, lui-même entre les mains de Dieu sait quelle autre entité. Qu’ils soient de gauche ou de droite, démocrate ou républicain, libéral ou conservateur, c’est bad cop, good cop. L’information diffusée à la population est totalement censurée, filtrée, manipulée par des forces cachées qui dirigent même les gouvernements. Et c’est sans parler des pressions qui s’exercent par l’intermédiaire de la publicité mensongère. Sur ces questions, on lira à profit La Fabrication du consentement de Noam Chomsky, Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie d’Edward Bernays, et d’Henry Coston, La République des Rothschild. Disons en résumé que celui qui contrôle l’argent et la presse contrôle le monde. C’est d’ailleurs pour cette raison que les démocrates imposent d’abord au nom des droits de l’homme la « liberté de presse » aux pays autoritaires qu’ils tentent de démocratiser. Ils savent très bien que c’est par cette brèche que « s’engouffrera, irrésistible, le torrent de la subversion […] qui leur permettra de monter à l’assaut du régime et de détruire les institutions. » Et si c’est insuffisant, les démocrates passeront aux bombes comme ils l’ont fait en Libye et ailleurs. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » a dit Louis Antoine de Saint-Just, un homme politique de la Révolution française guillotiné à Paris le 28 juillet 1784 sur la place de la Révolution (l’actuelle place de la Concorde).
Bibliographie
- Michel Klen, Les ravages de la désinformation d’hier à aujourd’hui
- Jean-Yves Le Gallou, La société de Propagande / La tyrannie médiatique / L’album des Bobards / La désinformation publicitaire
- Jean Madiran, Enquête sur la maladie de la presse
- Michel Desmurget, TV Lobotomie / La fabrique du crétin digital
- Yann Moncomble, Quand la presse est aux ordres de la finance
- Benjamin Dormann, Ils ont acheté la presse – Pour comprendre enfin pourquoi elle se tait, étouffe ou encense
- François Jourdier, La désinformation et le journal Le Monde
- Francis Puyalte, L’inquisition médiatique
- André Perrin, Postures médiatiques : Chronique de l’imposture ordinaire
- Jean-Jacques Cros, Médias : la grande illusion
- Vladimir Volkoff, Désinformation – flagrant délit
- Bernard Antony, 15 procès face aux calomnies médiatiques
- Alain de Benoist, Survivre à la désinformation
- François Lamy, La désinformation
- Ingrid Riocreux, La langue des médias
- Maxime Vivas, La face cachée de Reporters sans frontières : de la CIA aux faucons du Pentagone