Créer votre espace personnel

Connectez-vous avec Google afin de synchroniser vos favoris et vos futures collections.

Nouvelle collection

Ex. Conciles · Ex. À lire · Ex. Histoire

Renommer la collection

40 caractères maximum. Le nom doit être unique.

Nouvelle sous-collection

Changer l'icône

Changer la couleur

Supprimer la collection

Collection
Ressources

Fideon

Bombardements alliés

Jean-Charles Foucrier, Revue d’histoire européenne N°19

Au cours de la Seconde Guerre mondiale en Europe, près d’une bombe sur deux larguée par les Alliés ne tombe pas sur le Reich, mais sur des pays occupés, en premier lieu sur la France (20% des bombes). Ces frappes provoquent d’importantes pertes parmi les populations civiles, difficiles à quantifier, variant selon les estimations de 50 000 à 75 000 Français (contre 350 000 à 635 000 Allemands). Longtemps en grande partie occultées par la victoire, ces conséquences tragiques ont impliqué les résultats des bombardements et leur nécessité, surtout contre les civils. Les éléments d’explication, au moins sur le seul plan militaire, sont à rechercher dans les doctrines d’emploi de la puissance aérienne des belligérants, et en fonction de leurs buts réels.

Pierre-Marie Bonneau, Jeune Nation (30 mai 2024)

La « semaine rouge » est le nom donné à la semaine du 30 mai au 5 juin 1944, pendant laquelle ont eu lieu d’importants bombardements stratégiques sur Rouen et son agglomération. Ces bombardements ont été effectués par des bombardiers anglais et américains, et ont fait 400 victimes dans Rouen seule. Entre la victoire de l’Allemagne dans la bataille de France et la libération du pays, les Alliés ont bombardé de nombreux sites en France. En tout, 1.570 villes ont été bombardées par les anglo-américains entre juin 1940 et mai 1945. Le nombre total de morts civiles est de 68.778 hommes, femmes et enfants. Rappelons que les bombardements Allemands sur la Grande-Bretagne n’ont causé dans l’ensemble du pays, durant la bataille d’Angleterre, que près de 40.000 morts.

Léon de Poncins, Top secret – Secrets d’état anglo-américains

Ce bombardement de Dresde restera une date historique car il dépasse en horreur les destructions de Hambourg, Hiroshima et Tokyo. C’est l’un des crimes les plus atroces de la deuxième guerre mondiale et, en outre, un crime parfaitement inutile. Dresde, capitale de la Saxe, était une ville célèbre, riche en trésors artistiques et architecturaux de tous ordres. En temps normal, Dresde avait une population de 600 000 habitants. Mais en février 1945, à l’époque du drame, Dresde se trouvait à proximité du front russe. Les armées soviétiques déferlaient en vagues profondes sur la Prusse orientale, la Silésie, la Roumanie, etc., en laissant sur leur passage un sillage de viols et d’atrocités dignes des hordes mongoles d’Attila et de Gengis Khan. Dresde était bondée de réfugiés, en immense majorité femmes et enfants, fuyant les horreurs de l’invasion russe. Plus de 500 000 d’entre eux étaient entassés dans la ville. Ce fut le moment que choisit le haut état-major anglo-américain pour diriger sur Dresde le bombardement peut- être le plus massif de toute la guerre. Le raid n’avait aucun but militaire, si ce n’est de montrer aux Russes que les Alliés les aidaient de leur mieux. Dresde était une ville ouverte, qui ne possédait ni fortifications, ni industries de guerre, ni troupe armée, ni flak, ni abris antiaériens. Les trains qui circulaient encore ne servaient qu’à évacuer les blessés et les réfugiés du front oriental. Il n’y avait aucune protection antiaérienne, car les rares avions allemands, qui pouvaient encore voler, étaient utilisés à tenter désespérément de ralentir le déferlement russe. Tout cela, le Haut Etat-Major de Londres le savait parfaitement, mais, couvert par le secrétaire d’Etat à l’Air, et par Churchill en personne, il n’hésita pas une seconde à donner l’ordre d’attaque. […] Dans la nuit du 13 au 14 février 1945, 1 400 avions de bombardements anglais attaquèrent la ville en vagues successives et ininterrompues. 650 000 bombes incendiaires, alternant avec des centaines de grosses bombes explosives furent déversées sur le centre de la capitale. Il n’y avait aucune défense antiaérienne et les avions pouvaient sans aucun danger autre que celui des incendies circuler librement à l’altitude qui leur convenait. Bientôt, la ville entière fut transformée en une mer de flammes, en un gigantesque brasier. Ces incendies furent les plus effroyables de toute la guerre et de l’histoire de l’Allemagne. Les flammes étaient visibles à 300 kilomètres de distance et certains aviateurs eux-mêmes étaient frappés d’horreur devant ce spectacle dantesque. Comme à Hambourg, mais sur une bien plus grande échelle encore, il y eut ce phénomène terrifiant et inconnu jusque-là d’une tempête de feu avec des vents de plusieurs centaines de kilomètre-heure. Le 14 février au matin, alors que les escadres anglaises, qui avaient pris part au raid de nuit sur Dresde regagnaient leurs terrains (les pertes avaient été insignifiantes du fait de l’absence de Flak et de chasseurs allemands), l’armada américaine s’ébranlait à son tour. 1350 forteresses volantes et Liberators s’envolèrent à nouveau pour Dresde. Comme le raid avait lieu en plein jour, quinze groupes de chasseurs aériens accompagnaient les bombardiers. La ville entière n’était plus qu’une mer de flammes ; il n’y avait aucune défense et les avions pouvaient voler librement au-dessus de la ville. Comme pratiquement Dresde était rasée, une partie de la flotte survola à basse altitude toutes les routes et les localités environnantes, mitraillant sans arrêt les colonnes de réfugiés qui avaient réussi à s’échapper de l’enfer de Dresde. La nuit suivante, les Lancasters anglais reprirent l’attaque sur la ville voisine de Chemnitz. […] 750 000 bombes incendiaires furent déversées sur Chemnitz, mais le ciel était très couvert et la ville possédait des abris antiaériens, qui avaient tant manqué à Dresde. Les résultats furent moins spectaculaires et moins effrayants qu’à Dresde. L’attaque générale avait duré 36 heures ininterrompues en trois vagues successives d’assaut, deux de nuit par les Anglais et une de jour par les Américains. Le massacre avait été effrayant. La ville étant bondée de réfugiés, en majorité femmes et enfants. et les corps étant la plupart du temps méconnaissables (la chaleur avait été telle que beaucoup de corps étaient liquéfiés, les matériaux de construction eux-mêmes fondus, etc.). Il était impossible de faire une estimation précise. Le chiffre des morts oscillait entre 120 et 200 000. Le chiffre de 135 000 semble le plus proche de la vérité. C’était le plus grand massacre de toute l’histoire européenne.

Frederick John Partington Veale, Advance to Barbarism

Notons en passant que la question des responsabilités dans l’origine des bombardements de terreur a depuis longtemps cessé d’être un objet de discussion. Dès 1953, l’imprimerie officielle de S. M. Britannique publiait le premier volume d’un ouvrage La Royal Air Force, 1939-1945, livre décrit comme une publication officielle, lu et approuvé par la section historique du ministère de l’Air. L’auteur Mr. Dennis Richard nous dit franchement que la destruction d’installations industrielles n’était que le but secondaire des attaques aériennes contre l’Allemagne, attaques qui débutèrent en mai 1940. Le but principal de ces raids était d’amener les Allemands à entreprendre des raids de représailles similaires sur l’Angleterre. De tels raids soulèveraient une intense indignation en Angleterre contre l’Allemagne et créeraient ainsi la psychose de guerre nécessaire à une guerre moderne. Et Mr. Dennis Richard nous dit en toutes lettres : « Les attaques aériennes sur la Ruhr étaient une manière déguisée d’amener les Allemands à bombarder Londres ».

Philippe Henriot, Radio (7 mars 1942)

« Nous venons vous aider… Nous reviendrons… et nous viserons bien ; nous connaissons notre affaire. » C’est avec l’accompagnement de ces trois formules cyniques et audacieuses que les bombes meurtrières de la R. A. F. sont tombées sur les malheureuses populations ouvrières de la banlieue parisienne. Laissons de côté la prétention de bien viser… Nous étions fixés là-dessus depuis l’aventure du Scharnhorst et du Gneisenau qui, après avoir reçu quatre mille bombes – chiffre de la radio anglaise, — ont trouvé moyen de quitter sans encombre le port dont les aviateurs britanniques prétendaient avoir fait leur tombeau. Par contre, trois cents cadavres de civils brestois attestaient, hélas ! La justesse du tir britannique. Le « nous reviendrons » est vraisemblablement la seule des promesses anglaises sur laquelle nous aurons pu compter depuis septembre 1939. Quant à l’aide que l’Angleterre prétend nous apporter de la sorte, qui croit-elle tromper par cette hypocrisie nouvelle ? Si la Grande-Bretagne avait voulu, sur les tracts qu’elle a lancés, dire la vérité, elle y eût inscrit ces mots que nous livrons à la méditation des Français de bonne foi « Il serait possible de débarquer en France des troupes dont le but serait uniquement de dévaster le pays afin de le transformer en désert et de le rendre inutilisable. » Ces lignes implacables sont signées de Richard Morley, critique militaire du Daily Express. Une citation des Evening News les éclairera encore : « Le bombardement de Paris, écrit froidement ce journal, témoigne d’un sain réalisme et Staline doit être content. » À ces deux citations britanniques, j’en veux joindre une autre, américaine celle-là. Elle est extraite d’une grande revue, la Saturday Evening Post, à laquelle le nommé Farigoule, plus connu sous le nom de Jules Romains, a vendu un bon prix sa collaboration d’émigré : « La France d’après la défaite est une épave dont chacun peut faire ce qui lui plaît. » Voilà, cette fois, la situation claire. Faire de la France, considérée comme une épave à piller, un désert désolé, tel est l’idéal de gens qui prétendent venir nous aider, lorsqu’ils portent chez nous l’assassinat et la ruine. Pourquoi faut-il qu’après cela quelques égarés restent encore assez aveuglés par leur passion, pour approuver ces crimes que l’univers a salués d’un long cri de stupeur et d’horreur ? Ne pourrait-on leur demander, au nom du respect dû aux cercueils, de garder au moins le silence ? Il est trop facile d’applaudir à la mort quand il s’agit de celle des autres et de se, féliciter des maisons détruites quand on se croit bien à l’abri dans la sienne. Si l’Angleterre, elle, prétend justifier ses attentats en déclarant qu’il s’agit d’usines et d’ouvriers travaillant pour l’Allemagne, c’est la presse neutre qui lui répond d’une seule voix : « Tant qu’il y aura en Allemagne une seule usine debout, l’Angleterre n’aura aucune excuse à bombarder les usines en France. » Au surplus, si ce principe était admis, il ouvrirait la porte à toutes les agressions. Parce que le sort cruel d’un peuple vaincu et en état d’armistice lui a toujours imposé certaines obligations envers son vainqueur, est-il juste de châtier les victimes qui ne font que payer loyalement et courageusement leur défaite ? Pourquoi, en ce cas, l’Angleterre n’irait-elle pas demain beaucoup plus loin ? N’annonce t-elle pas déjà qu’elle bombardera les usines de la zone libre, sous le prétexte qu’une part du travail qu’elles produisent peut être cédée aux Allemands, achetée par eux, échangée avec eux. Pourquoi pas les fermes et les campagnes de France, puisqu’une partie de nos récoltes nourrira les troupes d’occupation ? Et puisque nos prisonniers travaillent eux aussi dans les fermes allemandes et les usines allemandes, la R. A. F. se sentira-t-elle fondée à jeter des bombes derrière les barbelés des Stalags ? En vérité, ces explications sont aussi odieuses que dérisoires. Nos bateaux volés, nos compatriotes internés, nos soldats et nos marins tués en Oranie ou en Syrie, nos colons affamés, notre pays bloqué, nos territoires dévastés, nos possessions occupées, à tout cela une seule raison : « C’est pour vaincre l’Allemagne ». Non : c’est pour anéantir une France qui, au gré de l’Angleterre, continue en dépit de tant d’épreuves accumulées sur sa route, à trop bien dominer sa défaite, qui, malgré tant d’efforts de la propagande britannique, reste unie autour du seul gouvernement du Maréchal. C’est pour obéir à Staline, à qui l’on ne peut guère offrir que cette diversionlà. C’est pour pouvoir présenter aux Communes des bulletins de victoire en compensation des échecs et des défaites qui s’accumulent par ailleurs que l’Angleterre, affolée devant tant de désastres, veut les contrebalancer par des assassinats qu’elle croit sans risque. Nous n’avons vraiment plus le droit de nous en étonner, mais que MM. Churchill et Stafford Cripps n’ajoutent pas ‘le sarcasme au crime lorsque, dans l’espoir de consolider leur précaire et chancelante domination, ils tentent de donner pour marchepied à leurs sièges dorés des cercueils d’ouvriers français.

Angus Calder, The Peoples‘ War

Cela peut être une histoire dérangeante, mais c’est l’Angleterre et non pas l’Allemagne qui commença le massacre meurtrier en bombardant des civils provoquant ainsi des représailles. Chamberlain a reconnu que cela était « absolument contraire au droit international ». Cela commença en 1940, et Churchill a cru que là résidait le secret de la victoire. Il était convaincu que des raids d’intensité suffisante pouvaient détruire le moral de l’Allemagne, et son Cabinet de guerre a donc planifié une campagne qui abandonna la pratique courante d’attaquer les forces armées de l’ennemi et fit plutôt des civils la cible principale. Nuit après nuit, les bombardiers de la R.A.F. en nombre toujours croissant frappaient dans toute l’Allemagne, habituellement sur les logements de la classe ouvrière, parce que plus densément peuplés.

Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie

Puis il y eut ces bombardements de nos villes par les alliés, peu importe s’ils massacraient sans discrimination, si d’innocents périssaient, cela aussi on l’a oublié ; j’eus alors l’impression qu’ils ne pensaient qu’à leur victoire et que nous n’avions rien à attendre d’eux.

Louis R. Beam Jr., Essai sur la terreur gouvernementale

Bien que je ne les aies jamais connus, bien qu’ils soient morts des mois avant ma naissance, je ne peux m’empêcher de ressentir de la douleur pour les innocents de Dresde qui ont souffert de façon si injuste et totalement gratuite le 13 février 1945. Ils me font penser à des enfants maltraités qui souffrent d’actes commis contre eux qu’ils ne peuvent comprendre. Les enfants maltraités de manière discrète partagent avec les âmes disparues de Dresde la totale injustice de ce monde. Des gens innocents ne seraient pas obligés de souffrir dans un monde juste, un monde décent. Ils sont morts cette nuit. Il y en a tellement. Des bombes pleuvent sur leur tête comme si une manne de l’enfer s’était ouverte, pour la plupart des têtes de femmes et d’enfants sans défense. Des bébés dans leur berceau. Des enfants qui pleurnichent dans les bras de leur mère. Des petites filles au cœur pur, des petits garçons pleins de joie devant la promesse de la vie à venir. Les filles sont devenues des tas de chair brûlée. Cette promesse a été rompue pour les garçons. Il n’y aurait pas d’avenir pour eux. Même maintenant, à travers le temps, la distance, la culture, la langue et l’océan, j’entends leurs cris. Dix mille par seconde, élevant leurs voix miséricordieuses, impuissantes et torturées. Pas de pitié. Pas de soulagement. Seule la mort douloureuse apporté par des avions ou où s’inscrit en lettres majuscule sur leurs fuselage le mot États-Unis. Pourquoi la génération de mon père a-t-elle fait ça ? Comment ont-ils pu tuer tous ces gens sans le savoir ? Mon père, un vétéran de l’infanterie de l’armée de Roosevelt, décoré, habitué à donner des ordres sur le champ de bataille et endurci au combat, m’a dit, alors que je me tenais à ses pieds quand j’étais un petit enfant, que « Hitler était mauvais, mais que le peuple allemand lui, était bon ». Les Allemands étaient « très intelligents », ils n’avaient qu’un mauvais leader, me dit-il. Il était fier que son rôle de soldat ait pu participer à la défaite de l’Allemagne. Et puisque les soldats ne sont pas responsables de leur rôle dans l’histoire, il n’avait aucunes raisons de ne pas être fier de ses nombreuses décorations. Puis, en 1984, après avoir découvert l’horrible vérité sur Dresde, j’en ai parlé à mon père. Je lui ai dit qu’il y a eu plus de morts en une seule nuit d’incendie et de bombardement qu’en Angleterre pendant toute la guerre. Il m’a dit : « C’est un mensonge». Il a refusé de me croire. J’ai souligné le fait qu’il s’agissait de personnes innocentes. Il s’est mis en colère contre moi. Je lui ai demandé pourquoi ils avaient été tués. Sa colère s’est transformée en rage et il m’a accusé de croire à la propagande nazie. Je lui ai dit « Il n’est pas question de nazis, vous les avez tous tués, je n’ai fait qu’étudier l’histoire », tout en tirant une encyclopédie américaine de l’étagère. L’encyclopédie, tout en n’admettant qu’une fraction numérique des morts à Dresde, était encore suffisante pour dépasser le nombre total des morts bombardés de l’Angleterre. « C’étaient des réfugiés fuyant les communistes », dis-je, sentant moi-même la colère naître en moi. « Pourquoi Roosevelt a-t-il ordonné cela ? » je lui ai demandé. Il a lu et s’est tu. Il l’a relu en faisant courir ses doigts le long des mots en touchant soigneusement les chiffres comme pour s’assurer qu’ils étaient là et réels. C’est alors que je compris. Il ne savait pas ! Il avait vécu cette époque et à cause d’un flot constant de propagande de la part des médias américains, cet horrible crime de guerre et d’autres comme celui-ci, lui avait été cachés. Je pouvais voir que cela le troublait, car c’est de lui que j’ai acquis la propension à me battre pour ceux qui sont injustement maltraités. C’était un homme bon et il n’aurait jamais participé sciemment à une telle cruauté. Je suis parti de la maison et j’ai eu pitié de mon père. Je l’ai laissé réfléchir en paix. Ma colère contre le fait qu’il ait pu faire partie de ceux qui avaient commis cette horrible chose s’est atténuée. Je jure que je n’oublierai pas le crime contre les innocents de Dresde. Je n’oublierai pas qui est responsable. Je n’oublierai pas ! Je ne représente qu’une petite vie. Une faible lumière dans un monde couvert par l’obscurité des machinations cruelles des hommes maléfiques. Mais ma petite lumière, je la laisserai briller ! Car ce n’est qu’en le faisant que je sers ma raison d’être, pour la vie, pour l’éternité. Je lisais dans ma jeunesse que « tout ce qu’il faut pour que le mal triomphe, c’est que les hommes de bien ne fassent rien ». Ces mots sont devenus une partie de mon âme, de ma vie. L’amour est mis à l’épreuve quand on prend la souffrance des autres – quand on devient une voix contre le mal pour ceux qui n’en ont pas, une cible d’abus pour n’avoir rien fait d’autre que de défendre la justice. Il n’y a pas de récompense si ce n’est de savoir que vous avez fait ce qui est juste. Et il y a de l’espoir. Espérons que d’autres apporteront la lumière et que la vérité fera partie de leur vie, de leur existence, afin qu’ensemble nous devenions un rayon lumineux pour l’avenir. Une lumière pour tous nos compagnons qui trébuchent. Dans le lointain parc de Dresde, ils reposent maintenant dans leurs tombes. Reposez mes amis inconnus, opprimés et méprisés de ce monde. Bien que nous ne pourrions pas parler la même langue si nous nous tenions l’un devant l’autre, bien que je n’aie jamais connu vos noms, et bien que je ne puisse qu’imaginer vos visages, vous êtes mes proches disparus. Mon coeur bat pour le vôtre. Mon esprit se souvient… Mes larmes sont pour vous…

Hebdomadaire LE PONT (29 mars 1942)

Au cours d’une cérémonie qui a eu lieu dans le faubourg parisien le plus gravement endommagé par les bombes anglaises, un représentant de l’ambassade d’Allemagne a remis un chèque de 100 millions de francs au président du Comité Ouvrier de secours immédiat. L’ambassadeur de Brinon qui assistait à la cérémonie en qualité de président d’honneur du comité, a remercié les autorités allemandes au nom du maréchal Pétain, pour cet acte de solidarité européenne.

Bibliographie

  • Michel Boivin et Bernard Garnier, Les victimes civiles de la manche
  • Jean-Claude Valla, La France sous les bombes américaines
  • Iconothèque