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Panthéisme

Pape Pie XI, Mit brennender Sorge (Encyclique)

Quiconque identifie, dans une confusion panthéistique, Dieu et l’univers, abaissant Dieu aux dimensions du monde ou élevant le monde à celles de Dieu, n’est pas de ceux qui croient en Dieu.

Collectif, Synthèse générale de la théologie (Tome I, Page 43)

L’erreur panthéiste : – Sa position : Dieu est simple en lui-même, mais il s’unit au monde. Il n’est pas un corps, mais il est l’âme de ce monde. Il n’a pas de matière, mais il donne sa propre forme à la matière, comme l’idée de l’artiste au bloc de marbre. Dieu est l’Être, ne serait-il pas tout ce qui est ? Ainsi Dieu entre en composition avec le monde, à ce point que tout ce qui a l’acte d’être se nomme Dieu. Tout est Dieu. – Sa réfutation : L’Écriture sainte met une distinction réelle entre le monde et Dieu. « Tout ce qui est a été fait par Lui » (Jean, 1, 3). Le Créateur ne s’identifie jamais avec son ouvrage. De même, les Pères de l’Église ne confondent pas Dieu avec le monde. Quand ils traitent de l’Incarnation, de cette union si intime de la nature divine avec la nature humaine dans la personne du Verbe, ils ont soin de laisser intacte la différence entre ces deux natures et de déclarer hérétique leur confusion. Le Concile du Vatican I : « Dieu doit être reconnu comme étant essentiellement et réellement distinct du monde » (Sess. 3, ch. 1, can. 3 de Deo).

Syllabus de Pie IX

Proposition condamnée : Il n’existe aucun Être divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l’univers, et Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux changements ; Dieu, par cela même, se fait dans l’homme et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l’esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l’injuste.

Émile Catzeflis, Christianisme et Panthéisme

Saint Jean l’Évangéliste a dit du Christ « qu’Il était la vraie lumière qui illumine tout homme venant en ce monde. Toutes choses ont été faites par Lui et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans Lui. » Voilà, dans ces deux versets, le roc protecteur de notre foi contre le panthéisme et les systèmes qui s’en inspirent. Pour nous, certes, Dieu n’est pas un Être limité, ayant les passions humaines ; Il n’est pas le Dieu jaloux et vengeur, dans le sens vulgaire de ces mots et qui mènerait le monde selon Ses caprices, comme les ennemis de la doctrine chrétienne se plaisent à le dire, et comme, hélas, trop de chrétiens superficiels semblent le croire. Non, Il est l’Infini, mais vivant et non l’Infini impersonnel, atone et presque mort des panthéistes.

Monseigneur Léon Meurin, Synagogue de Satan

Nous lisons de Salomon : « Vous réglez toutes les choses avec nombre, poids et mesure. » C’est dans le nombre, dans la mesure et dans le poids qu’il faut chercher la différence entre l’Infini et le fini ; car en Dieu, il n’y a ni nombre, ni poids, ni mesure. Dans l’Infini ces catégories sont élevées au-dessus d’elles-mêmes, et se perdent dans une unité supérieure. Il n’y a pas de nombre actuellement infini ; ce que nous concevons comme nombre infini est la grandeur indéfinie ou la série interminable des nombres. Tout nombre, quelque grand ou petit qu’il soit, peut être augmenté et multiplié, diminué et divisé ; mais aucune division de l’unité ne saurait le réduire au zéro, ni aucune multiplication relever à l’infini actuel. Entre tout nombre actuel et le nombre infiniment grand, ainsi qu’entre le nombre un et sa fraction infiniment petite, il y a une distance absolument infinie et infranchissable. Pour franchir cet abîme entre un nombre actuel et le nombre infiniment grand, il faut avoir recours a un nombre d’une nature supérieure, qui contient en lui-même tous les nombres possibles. C’est le nombre divin : c’est le Un infini,  c’est l’unité de Dieu. De même, pour franchir la distance infinie entre un nombre actuel et le nombre infiniment petit, il faut avoir recours à l’anéantissement de tous les nombres : au zéro, au néant. Un point mathématique n’a pas d’extension, il ne peut être ni divisé ni grossi. Entre deux points, placés à une distance quelconque, il est donc impossible de placer successivement un nombre suffisant de points pour en former une ligne. Le nombre possible de points entre deux points est infini ; et l’infini ne saurait jamais être compté par des nombres successifs. Si vous voulez comprendre le nombre actuellement infini de ces points, ayez recours à une chose supérieure, à la ligne. La ligne embrasse d’un seul coup le nombre infini de tous les points possibles entre ses deux limites. Un nombre actuellement infini, auquel on arriverait par addition ou multiplication, est évidemment une impossibilité. Affirmer son existence serait non moins déraisonnable que de faire un point mathématique d’une certaine longueur, ou une ligne mathématique d’une certaine largeur, ou une surface mathématique d’une certaine épaisseur. Ceci est tellement clair et évident, qu’on voit de suite la fausseté de l’assertion suivante : le nombre des grains de sable, des étoiles, des atomes est actuellement infini ; infini le nombre des minutes, des années, des périodes ou des évolutions que le monde doit avoir parcourues ou subies, en supposant qu’il ait existé de toute éternité. La conséquence de ce raisonnement si lucide et si simple est celle-ci : il est absolument faux, illogique et déraisonnable, d’affirmer que les évolutions passées de l’univers sont en nombre infini ; que la matière, sujette aux successions du temps, existe de toute éternité ; enfin, que tout ce qui peut être mesuré, compté et pesé, est éternel, dans le sens strict de ce mot. La séparation que le panthéiste veut établir entre la substance et la Trinité divines a pour but d’introduire, avec l’émanation de la trinité, celle de tout l’univers. C’est d’abord la négation de l’éternité de la Trinité divine ; c’est ensuite la négation de la création ex nihilo, de cette seule solution raisonnable de la grande question sur l’origine d’un monde gouverné avec nombre, poids et mesure ; c’est la négation de la différence essentielle entre Dieu et l’univers ; c’est l’abaissement du Créateur au niveau de sa créature ou la déification de la créature, en particulier, de l’homme ; c’est enfin une manœuvre diabolique cherchant à détacher les hommes de Dieu en leur répétant cette assurance trompeuse : « Vous serez comme les dieux » afin de perdre leurs âmes pour toute l’éternité ; en un mot, c’est une cabale satanique. Si nous voulons comprendre l’éternité passée, il ne faut pas compter des périodes successives et réelles d’un nombre infini, ce qui est impossible ; mais réunir, dans l’esprit, toutes les périodes possibles, tant passées que futures, dans un seul moment, comme si nous voulions rétrécir une ligne dans un seul point qui représenterait toute la ligne.