Pape Grégoire XVI, Mirari vos (Encyclique)
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Nous venons maintenant à une cause, hélas ! trop féconde des maux déplorables qui affligent à présent l’Église. Nous voulons dire l’indifférentisme, ou cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, qu’on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. Mais dans une question si claire et si évidente, il vous sera sans doute facile d’arracher du milieu des peuples confiés à vos soins une erreur si pernicieuse. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération. »
Syllabus de Pie IX Proposition condamnée :
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Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion.
Pape Pie VII, Post tam diuturnitas (Lettre apostolique)
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Par cela même qu’on établit la liberté de tous les cultes sans distinction, on confond la vérité avec l’erreur, et l’on met au rang des sectes hérétiques et même de la perfidie judaïque l’Épouse sainte et immaculée du Christ, l’Église hors de laquelle il ne peut y avoir de salut. En outre, en promettant faveur et appui aux sectes des hérétiques et à leurs ministres, on tolère et on favorise, non seulement leurs personnes, mais encore leurs erreurs. C’est implicitement la désastreuse et à jamais déplorable hérésie que saint Augustin mentionne en ces termes : « Elle affirme que tous les hérétiques sont dans la bonne voie et disent vrai, absurdité si monstrueuse que je ne puis croire qu’une secte la professe réellement. »
Monseigneur Gaume, Mort au cléricalisme
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C’est ici qu’il faut s’adresser à tous nos fiers rationalistes, qui prétendent que toutes les religions sont également bonnes, et leur demander une réponse catégorique à la question suivante : – Voici une religion qui dit à un père, à une mère : Donnez-moi ce que vous avez de plus cher au monde, votre jeune enfant. Il me le faut pour l’égorger, pour le brûler vif. Mes dieux l’exigent, malheur à vous si vous refusez. – Voici une autre religion qui dit : Gardez-vous bien d’immoler votre enfant. Veillez au contraire sur sa vie, comme sur la prunelle de vos yeux. C’est un dépôt sacré dont Dieu vous demandera compte. Ces deux religions vous paraissent-elles également bonnes ? Si elles ne sont pas également bonnes, elles ne sont pas également vraies ; si elles ne sont pas également vraies, elles ne sont pas également divines. Il n’est donc pas indifférent de pratiquer l’une ou de pratiquer l’autre. Or, le cléricalisme [catholicisme] est la seule religion qui a mis fin au sacrifice humain ; qui défend tous les crimes ; qui commande toutes les vertus ; et c’est le cléricalisme que vous voulez exterminer ! Malheureux ! Si le succès couronnait vos coupables efforts, vous seriez les assassins de l’humanité.
Michael Müller
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Il est impie de dire : « Je respecte toutes les religions. » Autant dire : je respecte autant le diable que Dieu, le vice autant que la vertu, le mensonge autant que la vérité, la malhonnêteté autant que l’honnêteté, l’Enfer autant que le Ciel.
Abbé Baudrand, L’âme affermie dans la foi (Pages 78-79)
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On peut dire avec assurance que vouloir tolérer toutes les religions c’est n’en avoir aucune. La vraie religion est l’ouvrage de Dieu ; or l’ouvrage de Dieu ne saurait se contredire et se combattre lui-même. Il y a qu’un Dieu et un Créateur ; il ne peut y avoir qu’une religion et un culte. Et que serait-ce qu’un assemblage de plusieurs religions différentes, toutes contraires, aussi opposées entr’elles qu’à la vérité et à la raison ? Que serait-ce qu’un monstre à cent têtes, et cent têtes sans aucun chef ? Quoi, une religion admettra indifféremment dans son sein tous les sectateurs et leurs sentiments contradictoires ; un païen qui adore plusieurs dieux, et un fidèle qui les déteste ; un Malabare qui se prosterne devant une pagode, et un chrétien prêt à la briser et à la mettre en pièces ? En un mot, païen, juif, chrétien, mahométan, manichéen, nestorien, pélagien, calviniste, luthérien, socinien, tous ainsi réunis se concilieront ; tout cela marchera de concert et formera un corps d’armée pour combattre les combats du Seigneur ! Disons plutôt que toutes les sectes seront d’accord avec les ennemis de Dieu, et ne combattront que contre lui. Détestons un assemblage si informe et si monstrueux, la raison en a horreur, le sentiment intime y répugne , et toutes les lumières naturelles en sont alarmées. Une religion qui admet toutes les autres, n’est pas une religion, mais une dérision de tout culte religieux, parce qu’elle fait de la Divinité une idole infâme à laquelle tout hommage est égal : un pareil culte est injurieux à un Être suprême, infiniment saint, infiniment parfait, tel que Dieu. C’est la pensée du grand saint Léon : Que Rome païenne et triomphante , dit-il, introduise dans son sein un tolérantisme universel en fait de religion ; que maîtresse de l’univers, elle en adopte toutes les superstitions, en rassemblant dans le Panthéon tous les dieux de l’Italie, de la Grèce, de l’Egypte et de toutes les nations, rien de surprenant en cela : il est naturel que les erreurs se supportent les unes les autres; les ténèbres se concilient avec les ténèbres. Mais que la vraie et la seule vraie religion admette et supporte toutes les autres, c’est ce qui ne saurait être et ne sera jamais : la vérité est essentiellement ennemie du mensonge ; et les ténèbres, de la lumière.