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Fideon

Liberté Égalité Fraternité

Adrien Arcand, Du communisme au mondialisme

C’est en chantant l’hymne à la « liberté » que, depuis deux siècles, les masses occidentales et orientales grossissent constamment les rangs de l’immense procession en marche vers la rebellions de l’impiété et de l’anarchie. Une propagande effrénée a fait de ce mot « liberté » un impératif, un absolu si puissant que devant lui disparaissent les mots devoir, obéissance, soumission, droit, coutume, tradition. La conspiration de la grande révolution mondiale lui a donné un tel sens que tout ce qui peut s’élever contre ses sophismes et ses conséquences doit être diffamé, détruit, liquidé, anéanti. D’ailleurs, le mot « liberté » est par lui-même si séduisant qu’il a fait déchoir les êtres les plus parfaits de la création. C’est, avons-nous expliqué, parce qu’il suggère à la créature finie, consciente, la soif d’atteindre à l’infini sans passer par la route ardue de la soumission à la volonté du Créateur. Dans les pays communistes, c’est au cri de « liberté » qu’on a usurpé tout pouvoir. Non pas pour libérer les foules miséreuses qui ont consenti à servir de marchepied aux usurpateurs, mais pour détruire radicalement leur liberté de propriété, de famille, de religion. Et, pour que les peuples enchaînés ne pensent plus à réclamer la « liberté » qui forma la base de toute la propagande révolutionnaire, le mot même a été effacé du répertoire politique ; il n’est plus prononcé ni imprimé. La soumission pure et simple, sans discussion, imposée par la terreur, est la loi nouvelle. Mais ce n’est plus la soumission à la volonté de Dieu dont « le joug est léger » ; c’est la soumission à la volonté des Sans-Dieu dont le joug est cruel, brutal et sanglant. Ceux qui osent parler de droits de Dieu, de royauté du Christ, de famille comme cellule sociale fondamentale, de droit à la propriété privée, d’initiative privée, etc. sont des contre-révolutionnaires exécrables, des fascistes criminels, des réactionnaires coupables, formant un péril dont il faut se débarrasser sans tarder. Tant est vrai que se libérer des droits de Dieu entraîne automatiquement la perte des droits naturels humains, et que la liberté contre Dieu amène à brève échéance le pire esclavage de Sa créature. Le sophisme de la « liberté » absolue a automatiquement donné naissance à celui de « l’égalité » naturelle de tous les hommes. On ne peut mentionner l’un sans l’autre. Si tous les hommes sont libres de faire tout ce qu’ils veulent, si la raison de chacun forme la loi suprême et la règle de sa propre conduite, il s’ensuit inévitablement que tous les hommes sont égaux. Non pas de cette égalité spirituelle devant Dieu, de cette égalité morale devant la loi, mais de l’égalité matérielle des animaux dans la forêt, des pourceaux dans l’auge. La conséquence en est que la force doit primer sur la charité, l’entraide sociale, l’aménité culturelle. Nul ne doit avoir plus que son voisin, ne doit posséder plus que lui, quels que soient son talent, son initiative, son ambition ; nul ne doit être au-dessus de son semblable, dans l’utopie égalitaire, que ce soit par la naissance, l’éminence, le mérite ou le prestige ; tout ce qui heurte le sophisme de l’égalité doit être impitoyablement anéanti : noblesses, hiérarchies, castes, classes, titres, influences. Mais l’inégalité naturelle est tellement nécessaire, c’est une telle exigence de l’ordre social, que les brigands du communisme doivent s’empresser de la rétablir dès qu’ils ont usurpé le pouvoir, afin de le consolider et le perpétuer pour leur avantage personnel. C’est toujours dans l’émancipation par les mythes de la « liberté » et « l’égalité » absolues que les forces de l’anarchie font entrevoir le retour d’un paradis sur terre. L’homme a perdu son Paradis originel par la révolte ; c’est par une révolte plus grande encore qu’une conspiration insensée prétend y ramener l’homme : la révolte contre la sentence promulguée par le Juge suprême, contre l’état même de la nature humaine déchue, contre le jeu des lois naturelles, contre l’aide offerte à l’homme par la Révélation et la Rédemption. À la suite des Voltaire, des Weishaupt, des Marx, et des Lassalle, ce sont les Lénine, les Trotsky et les Staline qui écrivent, dans des termes identiques, leur volonté de « changer l’ordre existant des choses », c’est-à-dire l’ordre établi par Dieu Lui-même. Ces orgueilleux téméraires, comme leurs prédécesseurs historiques, suivent là encore, avec une implacable logique, les conséquences de la conduite imposée par leur caractère de Sans-Dieu, de révoltés contre Dieu. L’histoire contemporaine nous décrit suffisamment en lettres, de feu, de sang et de cendres quel affreux enfer sur terre ces prometteurs de paradis ont, chacun à son époque, organiser pour le malheur de ceux qui les avaient suivis ; un enfer qu’ils ont toujours la précaution d’entourer d’un vaste rideau de fer afin que personne n’en puisse sortir et qu’aucun curieux de l’extérieur ne puisse aller en explorer les méandres. Ce n’est pas d’hier que l’égalitarisme est venu surajouter à la tentation et la faiblesse des hommes, telle une insolente réponse au cri antique « Qui est semblable à Dieu ? ». On le retrouve presque aussitôt après la manifestation personnelle de Dieu sur cette terre, dans la réponse du Christ. À l’enseignement fait à l’homme de se soumettre à son Créateur, à l’ordre voulu par Lui, aux conditions de sa nature, aux lois d’ordre dans la société, à l’autorité légitime nécessaire à tout ordre, se fit entendre le cri de révolte contre toutes les conditions du Bien, contre tout ce qui pouvait assurer l’ordre en ce monde : prince, gouvernant, magistrat, religion, famille, principe de propriété ; à la loi de charité et d’entraide répondirent les hurlements de toutes les haines, de toutes les envies et toutes les jalousies, de toutes les révoltes contre les déficiences personnelles ou collectives. Le refus de se soumettre à ce que Dieu veut, c’est affirmer comme loi ce que l’on veut soi-même, c’est tenter de s’émanciper de Dieu, c’est vouloir s’égaler à Lui en plaçant sa volonté personnelle au même niveau que la Sienne. Les prédicants de cette suprême erreur en ont toujours moissonné d’horribles désastres et d’indescriptibles maux ; mais, persistant dans un orgueil qui les empêchait de reconnaître leur erreur, ils ont tous fini par proclamer dieu le Mal, par l’élever sur le même piédestal que le Bien, par l’adorer. Ils avaient trop servi le Mal, devenu leur maître. C’est par ce fatal enchaînement que Basilide, au deuxième siècle de l’ère chrétienne, finit par enseigner l’existence d’un dieu du Mal et d’un Dieu du Bien, tous deux égaux en gloire et en puissance, tous deux indispensables à l’homme. Manès au quatrième siècle continua et répandit le blasphème, qui provoqua des destructions et des massacres inouïs. Sous mille formes et en tous lieux, la funeste doctrine fut portée avec des variantes de détail, embrassant toutes les erreurs subséquentes, toutes les hérésies, toutes les sorcelleries, toutes les subversions, qu’elles fussent ouvertes et proclamées comme celles de Cathares, des Albigeois, ou souterraines et secrètes comme celles des Templiers ou de leurs successeurs, les arrière-loges illuminatisées. Il en a coûté à l’humanité des fleuves de sang, d’innombrables révolutions et guerres locales, deux guerres mondiales sans précédent, pour avoir goûté à ce matérialisme, cette matérialisation même de l’idée de Dieu, contre laquelle la créature veut s’insurger, se mesurer. Si le communisme peut être justement appelé la somme totale de toutes les erreurs, l’aboutissement final de toutes les hérésies, l’enfer terrestre de tous les maux et tous les esclavages, le libéralisme, son père et précurseur, peut justement être appelé la forme moderne du manichéisme. Ne donne t’il pas, en effet, droit de cité à l’Erreur autant qu’à la Vérité, n’accorde-t-il pas la reconnaissance publique au Mal comme au Bien ? Tout en condamnant le communisme, en le déclarant mauvais, le libéralisme moderne n’en tolère pas moins sa propagande et son organisation, il lui accorde les facilités publiques de dissémination. Et tout cela à cause du libertarianisme et l’égalitarisme qui forment les deux poutres de soutien du libéralisme. Si le communisme signifie la dictature des loups sur la bergerie conquise, le libéralisme signifie la porte ouverte aux loups, au nom de la « liberté des loups parmi les brebis », « l’égalité des loups avec les brebis », « la fraternité des loups et des brebis ». Nul n’est besoin d’être prophète pour savoir quelles sont les inéluctables conséquences de ce tolérantisme. Car c’est par tolérance et non par droit qu’on peut admettre des loups dans une bergerie, que des chefs d’États peuvent fermer les yeux sur l’activité de conspirateurs qui proclament ouvertement leur intention de remplacer les bergers qu’ils auront massacrés. L’égalité du Mal et du Bien a été si répandue sur le globe terrestre que lorsque de rares chefs d’États comme ceux d’Espagne, du Portugal, du Québec, de Suisse « osent » refuser la reconnaissance publique et le droit de cité au mal suprême du communisme, toute une propagande mondiale s’empresse de les diffamer, de les couvrir de boue, de les peindre sous les plus vives couleurs de la tyrannie et du despotisme, de les proclamer ennemis de la « liberté » et de « l’égalité ». Le troisième « dogme immortel » de la rébellion de l’impiété et de l’anarchie est celui de la « fraternité ». Ce dogme a si bien réussi derrière le rideau de fer que non seulement l’on a massacré, martyrisé, emprisonné par millions et millions les « frères » qui ne sont plus considérés comme des frères s’ils persistent à soutenir les droits de Dieu en ce monde, à respecter l’ordre voulu par Dieu parmi les hommes, mais encore on a transformé les enfants en espions de leurs propres parents, les fils en bourreaux de leurs pères. Toute fraternité suppose une communauté de père. Si les hommes sont frères, ce n’est peut-être que par un père commun. Quand une tourbe d’athées, de Sans-Dieu, d' »illuminés » partis en guerre contre le Christ, proclama le « dogme » de leur fraternité humaine, ce fut en éliminant Dieu même comme père de tous les hommes. Et, depuis ce temps, plus les hommes ont parlé de fraterniser indépendamment et en-dehors de la Paternité divine, plus ils se sont querellés, plus ils se sont entre-égorgés, plus ils sont tombés dans la confusion et l’esprit de destruction. Dans l’ultime et suprême tentative qu’ils font en ce moment à l’O.N.U., en cherchant à ramener l’ordre en ce monde sans l’aide de Dieu, à fraterniser sans l’égide d’une Paternité commune à tous, ils donnent le spectacle d’une nouvelle et plus grande Tour de Babel où, plus ils se démènent, plus les choses vont mal dans le monde, plus les dangers sont menaçants.

Louis de Bonald, Pensées sur divers sujets

La liberté, l’égalité, la fraternité ou la mort ont eu dans la révolution une grande vogue. La liberté a abouti à couvrir la France de prisons ; l’égalité, à multiplier les titres et les décorations ; la fraternité, à nous diviser ; la mort seule a réussi.

Jacques Necker, Réflexions philosophiques sur l’égalité (Page 71)

Quoi qu’il en soit, on nous a bien trompés en nous présentant la liberté et l’égalité comme deux principes inséparables ; ils ne sont unis, ils ne sont alliés qu’à titre d’abstractions et par leur parentage métaphysique ; mais en réalité la liberté et l’égalité, introduites ensemble sur un vaste théâtre, seront constamment en opposition.

Juan Donoso Cortès, Œuvres (Tome II)

Liberté, égalité, fraternité, est une formule contradictoire. Permettez à l’homme le libre développement de sa personnalité, aussitôt l’égalité expire sous les hiérarchies et la fraternité sous la concurrence. Proclamez l’égalité, la liberté s’enfuit et la liberté succombe. Si les hommes pouvaient être égaux, ils se dévoreraient entre eux. Aussi Dieu n’a-t-il pas voulu que le sentiment de l’égalité existât dans l’homme. Que ce mot ait pu exister, qui sert d’expression à une chose qui n’existe pas et qui ne peut exister, c’est un mystère pour moi. Je ne connais que des hommes vaincus par l’humilité, des hommes dominés par l’orgueil ou l’envie, et des hommes à la fois orgueilleux et humbles. Les premiers se plaisent toujours à être moins, les seconds aspirent toujours à être plus, et les derniers veulent être à la fois plus et moins. Mais jamais les hommes n’ont voulu être égaux. L’égalité est toujours le prétexte d’aspirations ambitieuses, et comme l’hypocrisie de l’envie. Le christianisme seul réalise ces trois choses, liberté, égalité, fraternité ; il les réalise à sa manière, c’est-à-dire par leurs contraires. Il a donné la liberté à l’homme, en le faisant esclave de Dieu. Il a fait tous les hommes égaux par la compensation qui résulte de leurs diverses et différentes conditions. Il en a fait des frères en détruisant la parenté charnelle qu’ils tenaient d’Adam, et en la remplaçant par la parenté spirituelle que nous a promis Notre-Seigneur Jésus-Christ. Chose étrange ! Les fils d’Adam, au lieu de se traiter en frères, sont ennemis ; et, lorsque Dieu brise la postérité d’Adam, ils cessent d’être ennemis pour être frères.

Adrien Arcand, Le malaise qui angoisse le monde actuel est-il voulu ? (Pages 19-20)

« Vous devez comprendre et interpréter comme suit notre motto sacré : Liberté, Égalité, Fraternité. » Liberté, l’arme toute-puissante avec laquelle nous avons bouleversé le monde, veut dire : indépendance sans limite ni restriction, dénuée de toute autorité. « Indépendance de la volonté, qui ne se soumet jamais à aucune puissance, qui ne reconnaît ni Roi, ni Pape, ni Dieu. « Indépendance de la personnalité, qui a brisé toutes les chaînes morales. C’est avec la Liberté comme levier et les passions comme appui (fulcrum) que nous renverserons pour toujours les Rois et les Prêtres. « Égalité veut dire : division égale de la propriété, droits de l’homme à la terre commune, en tant que citoyen d’un seul et même monde, ces droits étant plus sacrés que les contrats. « Égalisation de la richesse par un ajustement proportionné des salaires, par l’abolition complète et définitive du droit d’héritage, par l’expropriation de toutes les compagnies financières par la nationalisation des canaux, transports, assurance. » « Égalisation des individus par la solidarité, par la jouissance égale de la production collective. C’est par l’Égalité comme levier et les appétits humains comme appui (fulcrum) que nous effacerons pour toujours l’aristocratie de la richesse. « La Fraternité, promesse toute puissante par laquelle nous avons établi notre pouvoir, signifie : « Fraternité dans la franc-maçonnerie, afin de former un État dans l’État, avec des moyens et des fonctions indépendants de l’État, inconnus de l’État. Fraternité dans la franc-maçonnerie pour former un État contre l’État aussi longtemps que les armées permanentes existeront. « C’est avec la Fraternité comme levier et les haines humaines comme appui que nous élimineront pour toujours le Parasitisme et la Répression armée… « Répétez maintenant avec nous notre Suprême Serment : « Je jure de n’avoir pour Patrie que la Patrie Universelle. Je jure de m’opposer fermement, partout et toujours, aux frontières des nations, aux bornes des champs, des maisons, des boutiques, et aux liens de la famille. Je jure de détruire, même au sacrifice de ma vie, les bornes que les Chrétiens humanicides ont tracées avec du sang et de la boue au nom de Dieu. « Je jure de consacrer mon existence entière au triomphe sans fin du progrès et de l’unité universelle, et je déclare adhérer à la négation de Dieu et de l’âme humaine. « En regard de ce texte, plusieurs questions s’imposent. 1 – Quelle différence y a-t-il entre ce suprême serment maçonnique et tous les enseignements communistes ? Aucune. C’est le même esprit, la même lettre, le même but. 2 – Pareils enseignements sont-ils le fait d’un christianisme, anémié ou décadent ? Non. Tout leur contenu est extérieur au Credo chrétien et, en conséquence, tire son origine d’une source extra-chrétienne et surtout antichrétienne. 3 – Ce texte correspond-il aux aspirations de la civilisation occidentale ou à l’esprit d’aucun peuple englobé dans cette civilisation ? Non, car les traditions et aspirations de tous les peuples occidentaux condamnent sans réserve tout le contenu de ce document. 4 – Où alors trouver la justification d’un pareil code ravilissant l’homme au rang d’animal à statut de sans-Dieu, sans-âme, sans-patrie, sans-famille, sans-propriété ? Il n’y a qu’une seule source et on n’en peut trouver d’autre où que ce soit : la vision que le Talmud juif donne au goy ou Gentil.

Charles Danten, Requiem pour la bête (Pages 116-117)

La sacro-sainte trilogie d’origine maçonnique « Liberté, Égalité, Fraternité » est la clé de voûte de toute démocratie. Trois mots magiques fortement connotés, mais qui contiennent tout un monde de contradiction. Comme l’explique en effet Nesta Webster dans son livre La Révolution mondiale, « il est impossible d’avoir une complète liberté et l’égalité en même temps, l’une exclut l’autre. Il est possible d’avoir un système de complète liberté dans lequel chaque homme est libre de se comporter comme il lui plaît, de faire ce qu’il veut, même de voler ou tuer, de vivre par conséquent selon la loi de la jungle dont la règle est celle du plus fort, mais il n’y a là aucune égalité. Ou bien l’on peut avoir un système d’égalité absolue, réduire tout le monde au même bas niveau, broyer toute ambition chez l’homme de s’élever au-dessus de ses compagnons, mais il n’y a plus alors de liberté ». La Fraternité est quant à elle, la plus criante des impostures : « La Fraternité, enfant chérie de la démocratie, a été baptisée dans un bain de sang [la Révolution française de 1789], et qui ne devait pas être le dernier ! Jamais les hommes ne se sont aussi trahis, haïs, enviés, volés, torturés, assassinés, massacrés, que depuis que la Fraternité est inscrite au fronton de nos édifices publics. Il suffit de parcourir l’histoire des cent cinquante dernières années pour constater que la démocratie, c’est la guerre civile endémique et permanente. » Ainsi, en accouplant trois termes à jamais incompatibles, les dominants ont introduit dans l’arène sociale une pomme de discorde permanente qui sied bien au judaïsme politique qui s’épanouit dans ce genre d’environnement divisé et miné par les dissensions multiples. En d’autres mots, en raison de cette particularité propre aux démocraties, selon Louis-Ferdinand Céline, « la démocratie est le paravent de la dictature juive ».