Hans Schmidt, Lettre (Décembre 1993)
Vous avez demandé à quelqu’un qui a vécu dans l’Allemagne hitlérienne de raconter comment c’était. Permettez-moi de vous donner une brève réponse, moi qui ai vécu sous le drapeau à croix gammée de 1935 — date à laquelle la Sarre fut réunie à l’Allemagne — jusqu’en 1945. Être un garçon ou une fille à cette époque était merveilleux. Dans les Jeunesses hitlériennes, les différences entre les confessions chrétiennes ou les différents États allemands ne comptaient pas. Nous avions tous véritablement le sentiment d’appartenir à un seul et même peuple, à une seule et même nation. Des auberges de jeunesse furent ouvertes dans tout le Reich, ce qui nous permettait de voyager d’une belle ville à l’autre pour découvrir la terre de nos ancêtres. Tout était mis en œuvre pour renforcer notre esprit et notre corps. Contrairement à ce que l’on dit aujourd’hui, nous étions encouragés à devenir libres d’esprit et à ne pas succomber à la pression de nos pairs (ou de l’autorité). En temps de paix, les dirigeants des Jeunesses hitlériennes n’autorisaient aucun entraînement militaire ; le scoutisme, oui. Par ailleurs, il était mal vu de « dénoncer ses parents ». À la même époque où les Soviétiques, alliés des Américains, détruisirent la plupart des églises chrétiennes en Russie et en Ukraine, environ 2 500 nouvelles églises furent construites en Allemagne. Pas une seule église chrétienne ne fut fermée. La loi voulait que l’école et l’église eussent la priorité sur le service effectué au sein des Jeunesses hitlériennes. Jusqu’à l’automne 1944, la caserne des Waffen-SS de Breslau fournissait deux bus pour emmener les jeunes à l’église catholique ou protestante la plus proche, tous les dimanches. Le fait d’être membre d’une église chrétienne n’empêchait pas de progresser au sein du Parti national-socialiste. […] Enfin, je voudrais dire ceci : Je ne crois pas que je reverrai un jour un peuple aussi heureux et épanoui que la grande majorité des Allemands sous Hitler, surtout en temps de paix. Certes, certaines minorités ont souffert : les anciens politiciens parlementaires — parce qu’ils ne pouvaient plus jouer leurs jeux politiques ; les Juifs — parce qu’ils avaient perdu leur pouvoir sur l’Allemagne ; les Tsiganes — parce que, pendant la guerre, ils furent obligés de travailler ; et les patrons syndicaux véreux — parce qu’ils avaient perdu leurs positions parasitaires. Aujourd’hui encore, je pense que le bonheur de la majorité d’un peuple est plus important que le bien-être de quelques minorités gâtées. À l’école, l’accent devrait être mis sur la promotion des meilleurs et des plus intelligents, comme cela a été fait en Allemagne pendant les années hitlériennes — ce qui a contribué, après la guerre, à la reconstruction rapide de l’Allemagne. Il ne fait aucun doute qu’Hitler était aimé de son peuple. Même quelques semaines avant la fin de la guerre et sa mort, il pouvait se rendre au front en voiture et se mêler aux soldats de combat avec seulement une sécurité minimale. Aucun soldat ne devait décharger ses armes avant de rencontrer le Führer (comme ce fut le cas lorsque le président Bush alla à la rencontre des soldats américains pendant la guerre du Golfe). L’Allemagne sous Hitler était très différente de ce que les médias voudraient vous faire croire.
Frédéric Hoffet, L’Impérialisme protestant
Hitler, Goebbels et Himmler, ainsi que la majorité des membres de la « vieille garde » du parti, étaient catholiques. On ne saurait expliquer par le simple hasard le fait que le gouvernement national-socialiste ait été, par la religion de ses chefs, le plus catholique que l’Allemagne ait connu…
Adolf Hitler, Discours (30 janvier 1939)
Parmi les accusations qui sont dirigées contre l’Allemagne dans les soi-disant démocraties, figure l’accusation selon laquelle l’État national-socialiste est hostile à la religion. En réponse à cette accusation, je voudrais faire devant le peuple allemand la déclaration solennelle suivante : 1) Personne en Allemagne n’a été persécuté a cause de ses opinions religieuses, et personne à l’avenir ne le sera aussi. 2) Depuis le 30 janvier 1933, l’État national-socialiste, à partir des deniers publics provenant des impôts et taxes perçus par l’intermédiaire des organes de l’État, a mis à la disposition des deux Églises les sommes suivantes : – Au cours de l’année fiscale 1933, 130 millions de Reichsmark ; – Au cours de l’année fiscale 1934, 170 millions de Reichsmark ; – Au cours de l’année fiscale 1935, 250 millions de Reichsmark ; – Au cours de l’année fiscale 1936, 320 millions de Reichsmark ; – Au cours de l’année fiscale 1937, 400 millions de Reichsmark ; – Au cours de l’année fiscale 1938, 500 millions de Reichsmark. En outre, quelque 85 millions de Reichsmark ont été versés chaque année avec des contributions d’États distincts et environ 7 millions de Reichsmark avec des contributions de paroisses et associations paroissiales… En outre, l’Église dans l’Etat national-socialiste est favorisée à bien des égards en matière de fiscalité et pour les dons, legs, etc, elle bénéficie de l’immunité de toute imposition… C’est donc, pour le dire gentiment, effronté lorsque des politiciens étrangers en particulier font preuve de hardiesse pour parler d’hostilité à la religion sous le Troisième Reich. Mais s’il est vrai que les Églises allemandes considèrent cette position comme intolérable, l’État national-socialiste est à tout moment prêt à opérer une séparation nette entre Église et Etat, comme c’est déjà le cas en France, en Amérique et dans d’autres pays. Je n’ai qu’une question à poser « Quelles contributions de la France, de l’Angleterre ou des États-Unis ont-elles été versées au cours de la même période par l’intermédiaire de I’État à partir des fonds publics ? ». 3) L’État national-socialiste n’a ni fermé une église, ni empêché un service divin, ni exercé aucune influence sur la forme d’un service divin. Il n’a eu aucun effet sur les enseignements, ni la croyance d’aucune confession religieuse. Dans l’État national-socialiste, chacun peut être sauvé comme il l’entend. Cependant, l’État national-socialiste fera comprendre sans relâche aux prêtres qui, au lieu d’être des serviteurs de Dieu, veulent voir leur mission dans l’insulte de notre Reich actuel, de ses institutions ou de ses dirigeants, que personne ne tolérera la destruction de cet État, et que les prêtres, dès qu’ils seront en dehors de la loi, seront appelés à rendre des comptes devant la loi comme tout autre citoyen allemand le sera. Mais il faut dire ici qu’il y a des dizaines de milliers et des dizaines de milliers de prêtres de toutes les confessions chrétiennes qui remplissent leurs devoirs ecclésiastiques tout aussi bien ou probablement mieux que les agitateurs politiques sans jamais avoir été en conflit avec les lois de l’État. C’est le devoir de l’État de les protéger : c’est son devoir de détruire les ennemis de l’État.
Pape Pie XII, Lettre (6 mars 1939)
Au très honorable Mr Adolf Hitler, Führer et Chancelier du Reich allemand. Après avoir été élevé au trône pontifical par l’élection du Collège des cardinaux, conformément à la loi, Nous estimons qu’il est de Notre devoir, en tant que chef d’État, de vous informer par la présente de Notre élection. Dès le début de Notre pontificat, Nous tenons à vous assurer que Nous restons profondément attachés au peuple allemand confié à votre direction, et que Nous implorons de Dieu Tout-Puissant, dans un esprit paternel, le vrai bonheur qui tire sa nourriture et sa force de la religion. Nous souvenant avec plaisir des longues années où, en tant que Nonce apostolique en Allemagne, Nous avons tout mis en œuvre pour régler les rapports entre l’Église et l’État dans une entente mutuelle et une coopération fructueuse au profit des deux parties et pour les faire évoluer de manière prospère, Nous concentrons maintenant, en particulier sur la réalisation d’un tel objectif, tout le désir pressant que la responsabilité de Notre charge Nous inspire et Nous permet. Nous espérons que ce vœu ardent, étroitement lié à la prospérité du peuple allemand et à la promotion efficace de tout ordre, se réalisera avec l’aide de Dieu. En attendant, Nous implorons, avec Nos meilleurs vœux, la protection du ciel et la bénédiction du Dieu Tout-Puissant pour vous, Monsieur, ainsi que pour tous les membres de votre peuple.
Philipp Haeuser, Discours (14 décembre 1930)
Les nationaux-socialistes d’Augsbourg célèbrent aujourd’hui la fête de Noël. Voilà qui est un fait. Un autre fait est le suivant : c’est un prêtre catholique qui, à leur demande expresse, prononce le discours de célébration. Ces deux faits sont profondément attristants — attristants pour les pharisiens. Car ceux-ci, étendant aujourd’hui leur domination dans le Reich de façon plus puissante que jamais, veulent pourtant faire passer les partisans de Hitler pour les plus impies de tous nos compatriotes. Et parce qu’ils veulent affirmer cela tout en présentant les nationaux-socialistes comme les démons incarnés, ils ne pourront tirer profit des faits mentionnés : ni la célébration de Noël par les nationaux-socialistes, ni le discours prononcé à cette occasion par un prêtre catholique. Comme ils ne pourront utiliser ces faits à leur avantage, mais ne sauraient non plus les effacer de la réalité à présent, les pharisiens — éternels ennemis de la Vérité — chercheront sans doute à me calomnier à nouveau, comme ils l’ont déjà fait tant de fois. Contre ce pharisaïsme, j’ai toutefois une bonne arme chrétienne. Mon arme est la déclaration suivante : « Pour Jésus, le pharisaïsme était l’objet de Son combat ; c’est en luttant contre celui-ci qu’Il voulait développer et révéler Sa personnalité exceptionnelle. Pour nous aussi, le pharisaïsme est l’objet que nous devons combattre, et cela afin de nous montrer dignes d’être les disciples de Jésus dans ce combat, et de développer et révéler toujours davantage notre personnalité chrétienne. » Celui qui remet en cause ce devoir qui est le nôtre de suivre Jésus, ne connaît pas Jésus, ou bien il Le renie.
Philippe Gautier, Le racisme anti-allemand
En fait, la réalité était beaucoup plus prosaïque et beaucoup plus proche de la charité chrétienne que du paganisme mythologique. Les « Lebensborne » avait été créés en 1935, parmi d’autres associations caritatives du régime national-socialiste, pour venir en aide aux futures mamans en difficulté. Il s’agissait à la fois de foyer d’accueil et de maternités ouverts à toutes les femmes : femmes mariées, mères célibataires, etc. Elles pouvaient y accoucher, prendre soin de leurs nouveau-nés, au pire les abandonner dans un minimum de confort et de sécurité médicale. On oublie trop souvent que le régime était rigoureusement nataliste et que, contrairement à ce que disent certains catholiques désinformés luttant de nos jours contre l’avortement les « faiseurs et faiseuses d’anges » étaient, en Allemagne, passibles de la peine de mort.
Johannes Öhquist, Le National-socialisme, des origines à la guerre (Pages 402-403)
À l’étranger, en particulier dans les pays scandinaves, on rencontre souvent cette affirmation (répandue parfois même par le clergé) que l’Église serait persécutée dans le Troisième Reich. Pour rectifier cette erreur, nous indiquons ici, à titre de comparaison, l’attitude de l’État vis-à-vis de l’Église aux États-Unis, en France et en Allemagne. Aux États-Unis, les Églises et leurs organisations sont considérées comme des associations privées. Elles sont soumises à la législation générale sur les sociétés et sur les réunions. Les membres des paroisses ou des communautés religieuses doivent entretenir eux-mêmes leurs prêtres et leurs fonctionnaires ecclésiastiques, et recueillir eux-mêmes les cotisations. L’enseignement religieux n’a pas lieu dans les écoles. Les universités n’ont pas de faculté de théologie. En France, l’État et l’Église furent séparés de 1794 à 1801, et le sont de nouveaux depuis 1905. La fortune de l’Église, estimée à une somme de 400 à 600 millions de francs, est passée aux communes et à l’État. L’enseignement religieux n’existe pas à l’école, et les universités d’État n’ont pas de chaires de théologie. Les Églises ne reçoivent pas de subventions financières de l’État, mais doivent être entretenues par les fidèles. On ne perçoit pas d’impôts pour l’Église, laquelle ne jouit pas de privilèges financiers (exemption d’impôts etc…). L’acceptation de donations est interdite. Les étudiants en théologie et les prêtres ne sont pas exemptés du service militaire. En Allemagne, les Églises sont des associations de droit public. L’État dépense annuellement bien des millions de reichsmarks pour les Églises et pour les appointements des prêtres. Les services des contributions de l’État perçoivent les impôts pour l’Église. Dans l’exercice de leurs fonctions, les prêtres jouissent de la protection de l’État au même titre que les fonctionnaires. Les prêtres sont exemptés de l’obligation de revêtir des fonctions publiques. Les revenus provenant de leur charge sont insaisissables. Ils sont exemptés du service militaire. L’enseignement religieux a lieu dans les écoles. Aux universités, on compte 17 facultés évangéliques et 15 facultés catholiques d’État, ainsi que des écoles supérieures de théologie. Les Églises sont exemptées des impôts sur les donations et sur le chiffre d’affaires, ainsi que de l’impôt foncier. Il y a en Allemagne des ordres religieux masculins avec 660 établissements et 15 000 pensionnaires, et des ordres religieux féminins avec 6 000 établissements et 100 000 pensionnaires. La religion et la foi religieuse n’ont jamais été persécutées dans le Troisième Reich. La seule chose que l’État allemand interdise au clergé, c’est l’excitation contre l’État.
Mgr Alois Hudal, Discours (1933)
En cette heure marquée du sceau du destin, tous les catholiques allemands vivant à l’étranger saluent l’avènement du nouveau Reich, dont la philosophie s’accorde tant aux valeurs nationales qu’aux valeurs chrétiennes.
Lucien Rebatet, Les Décombres
Je m’en tiens, jusqu’à plus ample informé, à ce que j’ai pu observer et à ce que je sais. L’Allemagne est désormais la plus grande puissance catholique de l’univers, et ce fait d’ordre arithmétique confère à ses chefs une singulière autorité, peut peser fortement dans leurs pensées et leurs décisions. La foi catholique apparaît assurément plus vivante dans toute l’Allemagne du Sud que dans la France, qu’un aimable truisme, passé à l’état d’antiphrase depuis un bon siècle, voudrait représenter comme la fille aînée de l’Église. Je souhaiterais que l’on comparât les chiffres des communions pascales chez les hommes, en Bavière, en Rhénanie, en Autriche et dans tous les pays d’oc français.
Abbé Du Thail, National-socialisme et catholicisme (Pages 13-24)
Le 30 janvier 1933, le Feldmarschall von Hindenburg, président du Reich allemand, nomme chancelier le Führer du NSDAP (parti national-socialiste des travailleurs allemands), Adolf Hitler. Celui-ci, dans sa première allocution radiodiffusée, affirme : « Dès lors, le gouvernement national considérera comme sa première et plus haute mission de restaurer l’unité d’esprit et de volonté de notre peuple. II gardera et protégera les fondements sur lesquels repose la force de notre nation. Il prendra sous sa ferme protection le christianisme, qui est la base de toute notre morale, et la famille, qui est la cellule constitutive tant de l’être de notre peuple que de l’État. » Quelques mois plus tard, dans un discours au Reichstag le 23 mai 1933, le nouveau chancelier précise : « Comme nous voyons dans le christianisme le fondement inébranlable de la vie morale, il est de notre devoir de continuer à entretenir des relations amicales avec le Saint-Siège et à les développer. » En effet, le 20 juillet 1933, au nom du nouveau gouvernement, le vice-chancelier Franz von Papen signe avec le Vatican (représenté par le cardinal Pacelli, futur pape Pie XII) un concordat assez favorable à l’Église, surtout si l’on tient compte du caractère multiconfessionnel de l’Allemagne : pleine liberté de communication entre le clergé, les fidèles et le Saint-Siège ; protection des ecclésiastiques par l’État ; exemption des charges publiques incompatibles avec l’état ecclésiastique ; respect par la justice du secret religieux ; paroisses, associations religieuses, évêchés, etc. ont la personnalité juridique voire sont reconnus collectivités de droit public, ont droit à une gestion libre et autonome, leurs propriétés sont reconnues et garanties par l’État ; garantie de la liberté scolaire ; enseignement religieux dans les écoles publiques contrôlé par l’Église ; présence d’une aumônerie dans l’armée et si nécessaire dans les hôpitaux, prisons et autres établissements publics (l’Église ayant de toute façon le droit d’y effectuer des visites pastorales et des actes de culte) ; les organisations de jeunesse étatiques doivent prendre soin « que leurs membres puissent exercer normalement leurs devoirs religieux les dimanches et jours fériés, et qu’ils ne soient contraints à rien d’incompatible avec leurs convictions et leurs devoirs religieux ou moraux » ; etc. Dans un discours radiodiffusé deux jours plus tard, le chancelier Hitler commente ainsi l’évènement : « Le national-socialisme a toujours affirmé qu’il était décidé à prendre les Églises chrétiennes sous la protection de l’État et que c’est grâce à lui seul qu’elles ont la possibilité de remplir leur mission religieuse. » Les militants du parti, les fameuses « chemises brunes » des Sturmabteilung (SA), donnent l’exemple, et leur avocat au procès de Nuremberg pourra affirmer : « La position prise par la Direction suprême des SA dans la question des Églises est très nette. Il ressort des déclarations du vicaire général Dr David, du curé Burgstaller et du conseiller du consistoire Dr Rathke, que le reproche d’intolérance religieuse adressé par l’Accusation aux SA est injustifié. La très grande majorité de tous les membres des SA appartient encore aujourd’hui à une confession chrétienne. Des prêtres protestants servaient dans les rangs des SA, comme par exemple l’évêque régional Sasse de Thuringe. Cela montre que le commandement des SA n’a pas exercé de pression pour que les membres quittent l’Église. Ce fait ressort avec une netteté absolue de nombreux affidavits. Je me permets de rappeler que le cardinal comte Galen était accompagné par des SA au cours de ses tournées diocésaines, et que dans d’autres arrondissements, il y avait une interdiction générale pour les SA d’assurer leur service aux heures des offices et à proximité des églises ; on sait également que les SA avaient des services religieux de campagne. En 1933, ce furent les SA qui assurèrent le service de garde lors de l’exposition des vêtements du Christ à Trêves (déposition du Dr David le 28 août 1946). » Parallèlement à cela, dès le 13 mai 1933, le nouveau régime ordonne la dissolution de la Deutscher Freidenkerbund-Verband (Association allemande des libre-penseurs), organisation athée militant pour une Allemagne laïque depuis un demi-siècle : ses locaux sont réutilisés comme bureaux d’accueil pour répondre aux questions du public sur la religion et le christianisme. Hitler déclare au Reichstag le 14 octobre 1933 : « Depuis huit mois, nous menons une lutte héroïque contre la menace communiste de notre peuple, contre la pourriture de notre culture, la dégradation de notre art et la contamination de notre moralité publique. Nous avons mis fin à l’athéisme et au blasphème ». Le 17 août 1935, la franc-maçonnerie est interdite en Allemagne et toutes ses loges dissoutes ; les organisations occultes sont aussi interdites et leurs documents saisis le 20 juillet 1937. Longtemps protégés par le fidèle dauphin du Führer Rudolf Hess, les voyants et autres astrologues sont également interdits d’activité et même arrêtés suite à son départ en Angleterre ; le ministre de l’Éducation et de la propagande Joseph Goebbels commente alors : « Tous les astrologues, magnétopathes, anthroposophes, etc. ont été arrêtés et toutes leurs activités paralysées. Ceci a finalement mis fin à cette escroquerie. Curieusement, pas un seul voyant n’a prédit qu’il serait arrêté. Un mauvais signe professionnel. » (13 juin 1941) […] Néanmoins, il ne faut jamais oublier que, malgré les différents conflits entre le Reich et l’Église, la liberté religieuse sera toujours de mise tout au long du IIIème Reich : 2 500 nouvelles églises seront construites en Allemagne durant cette période ; grâce au système fiscal allemand, des centaines de millions de Reichsmarks seront versés chaque année à l’Église ; les pèlerinages rassemblent des centaines de milliers de fidèles et la première procession de la Fête-Dieu à Berlin depuis la fondation de la Prusse (1525) a lieu en 1933, suite à l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Même dans la SS, où nous avons vu le poids des Gottgläubige, chacun avait toujours la liberté d’assister aux offices religieux le dimanche et les jours de fête : ainsi, à Breslau, la caserne de la Waffen-SS mettait à disposition chaque dimanche deux autobus pour conduire ceux qui le souhaitaient à l’église catholique ou au temple protestant. L’annexion de l’Autriche et des Sudètes en 1938 renforce même le nombre de catholiques, qui passent de 32,5 % de la population en 1933 à 40% en 1939 ; même si l’on ne prend en compte que le territoire de l’Allemagne tel qu’il était avant les annexions de 1938, le nombre brut de catholiques passe de 21 172 000 en 1933 à 23 024 000 en 1939, soit +0,7% par rapport à la population allemande. Ces chiffres montrent que même les « départs de l’Église » (C’est-à-dire les apostasies, en langage catholique), possibilité reconnue par l’État allemand depuis 1873 et qui ont connu un pic de 1937 à 1939 (104 000 en 1937, 97 000 en 1938 et 95 000 en 1939), n’affaiblissent pas notablement le catholicisme allemand qui, malgré tout, se porte encore très bien à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Au déclenchement de celle-ci, l’armée allemande compte 560 aumôniers militaires catholiques dirigés par un évêque aux armées, Mgr Rarkowski, par ailleurs fervent national-socialiste. Néanmoins, le très anti-chrétien Martin Bormann, conseiller d’Hitler, profite des circonstances pour, au prétexte de réquisitions de guerre, faire confisquer par la Wehrmacht ou la SS des monastères dont on expulse alors les moines, pratique existant dès 1940 mais légitimée par un décret de Bormann du 13 janvier 1941 ; cette pratique est stoppée et le décret supprimé sur ordre exprès d’Hitler le 30 juillet 1941. Au contraire, le ministre du Reich aux territoires occupés de l’Est Alfred Rosenberg, pourtant principal idéologue anticatholique du NSDAP précisera au procès de Nuremberg : « Après l’entrée de ses troupes dans les territoires de l’Est, la Wehrmacht, de son propre chef, permit à nouveau l’exercice des cultes religieux. Devenu ministre pour les territoires de l’Est, je promulguai une ordonnance spéciale de tolérance envers les Églises à la fin de décembre 1941, qui légalisait le fait accompli »(Séance du 16 avril 1946). La réalité fut très claire pour les populations locales : partout où l’armée allemande passait, les églises étaient de nouveau ouvertes au culte, alors que les soviétiques en faisaient des entrepôts voire des porcheries… Même en Pologne, son gouverneur général Hans Frank affirme devant les juges de Nuremberg : « J’étais en rapports personnels et constants avec l’archevêque, aujourd’hui cardinal Sapieha à Cracovie. Il me confiait ses doléances et ses soucis, qui étaient nombreux. J’ai moi-même soustrait l’évêque de Lublin des mains de Globocznik et lui sauvai la vie. […] Mais en ce qui concerne la situation générale, je pourrais la résumer en citant la lettre que l’archevêque Sapieha m’adressa en 1942 et dans laquelle, d’après ses propres termes, il me remerciait de mes efforts infatigables pour protéger la vie de l’Église. Nous reconstruisîmes les séminaires ; nous examinions chaque arrestation de prêtre, autant qu’il était humainement possible de le faire. Le tragique incident au cours duquel deux assistants de l’archevêque Sapieha furent fusillés, incident qui a été évoqué par le Ministère Public, m’émut profondément. Je ne saurais en dire davantage : les églises étaient ouvertes, les séminaires instruisaient leurs élèves, les prêtres n’étaient nullement empêchés d’exercer leur ministère. Le couvent de Czestochowa était placé sous ma protection personnelle, ainsi que celui de l’ordre des Camalduliens. De grandes affiches placées aux abords de ces couvents indiquaient que j’en étais personnellement le protecteur. » Hans Frank lui-même, à l’origine membre du très néo-païen ordre de Thulé, se rapproche du christianisme durant la guerre et se convertit définitivement au catholicisme au cours de sa détention, étant ainsi en règle avec l’Église au moment de son exécution à Nuremberg le 16 octobre 1946. En Allemagne, durant la guerre, la vie religieuse des Allemands poursuit son cours, et un journaliste français démocrate-chrétien, prisonnier en Allemagne, témoigne de son étonnement de la différence entre ce qu’il croyait être un état de persécution religieuse et la réalité qu’il a pu constater : « La paix et la tolérance religieuse règnent ici de façon absolue, quoi qu’on en ait dit. Le dimanche, les vingt et quelques églises de Breslau sont pleines à craquer de six heures du matin à 11h30 et mon étonnement, chaque dimanche renouvelé, c’est de constater le nombre formidable de communions d’hommes, de jeunes gens, sans parler des femmes, qui ont lieu à la grand’messe de 10 heures. Religieux et religieuses vaquent en costumes religieux dans les rues. Chaque dimanche, à 9 heures, a lieu un service religieux spécial pour les enfants, jeunes gens et jeunes filles, et un grand nombre de membres de la Hitlerjugend y assistent avant de se rendre aux réunions de leur groupement. L’enseignement religieux est donné pendant les heures de classe, si j’en crois l’horaire affiché à la porte des églises. Les processions se déroulent dans les rues sous les yeux déférents de la population. » Même constat l’année suivante par un officier de la Milice française replié à Ulm, dans le sud de l’Allemagne : « Les églises catholiques sont chaque dimanche pleines à craquer. Nul fidèle ne donne l’impression d’être traqué. Les miliciens assistent régulièrement en bloc à la messe à l’église Saint-Georges, ce qui n’indispose nullement les autorités nazies. » Nous ne pouvons pas ne pas parler ici de la fameuse « baraque des prêtres » du camp de concentration de Dachau, tant évoquée pour accréditer la thèse d’un IIIème Reich persécuteur de l’Église (qui est, comme nous pouvons déjà le constater, largement à relativiser). D’abord, précisons que les prêtres internés ne l’étaient pas en tant que prêtres, mais en tant qu’opposants actifs au régime national-socialiste ou à l’occupation allemande. Ensuite, le rapport du général belge Paul Berben, publié en 1968 par le Comité international de Dachau, nous apprend que les prêtres internés disposaient d’un certain nombre de privilèges (dispense des travaux les plus difficiles, fournitures de couchage analogues à celles des SS, lever une heure plus tard, repos permis une heure le matin et une heure l’après-midi, rations supplémentaires, etc.), ils étaient même aidés de détenus russes et polonais pour entretenir leurs chambres, certains ayant droit à une chambre individuelle. Disposant de journaux et des livres de la bibliothèque, ils pouvaient recevoir de nombreux colis (y compris alimentaires) par la Croix-Rouge car, contrairement aux goulags soviétiques, celle-ci avait libre accès dans les camps de concentration allemands. Au début, les services religieux se déroulaient dans les baraquements des prisonniers, mais les internés réussirent à convaincre les autorités du camp de les laisser construire, aidés par des laïcs, une chapelle pouvant accueillir environ 800 personnes : elle en contiendra souvent plus d’un millier. « En 1944, les services se succédaient sans arrêt le dimanche : des prêtres catholiques de toutes les nationalités officiaient ».
Maurice Laporte, Sous le casque d’acier
Depuis 1918, la population rurale de la Bavière, s’est accrue dans des proportions considérables. Si l’on songe que, dans ce pays en majorité catholique, les naissances l’emportent sur les décès avec un excédent de 4 % on comprend sans peine quel sujet d’inquiétude ce problème peut causer aux évangélistes de Prusse. Mais on devine aussi de quelles tendresses spéciales le Vatican couve cette Bavière où le national-socialisme d’Hitler recrute ses plus forts contingents.
Cardinal Innitzer, Mgr Hefter, Mgr Waitz, Mgr Pawlikowski, Mgr Gföllner, Mgr Memelauer,
Nous reconnaissons avec joie que le mouvement national-socialiste a fait et fait encore œuvre éminente dans le domaine de la construction nationale et économique comme aussi dans le domaine de la politique sociale pour le Reich et la nation allemande, et notamment pour les couches les plus pauvres de la population. Au jour du plébiscite, il va sans dire que c’est pour nous un devoir national, en tant qu’Allemands, de nous déclarer pour le Reich allemand, et nous attendons également de tous les chrétiens croyants qu’ils sauront ce qu’ils doivent à leur nation.
Abbé Du Thail, National-socialisme et catholicisme (Pages 52-53)
L’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, ses premières mesures et surtout la signature du concordat quelques mois plus tard sont saluées positivement par la majeure partie de l’épiscopat allemand et font rapidement tomber quelques sanctions locales. Le nonce apostolique Mgr Orsenigo, qui restera tout au long du IIIème Reich le doyen du corps diplomatique, donne le ton dès février 1933 : « L’Église catholique, en accord avec l’attitude adoptée jusqu’ici par le Vatican et afin de servir ses intérêts, est prête à lutter aux côtés du nouveau gouvernement allemand nationaliste et chrétien contre le bolchevisme et ses partisans, et, selon le droit canon, rien ne s’oppose à ce qu’un catholique vote pour le Parti national-socialiste ou pour des partis patriotiques de même tendance. » Mgr Berning, évêque d’Osnabrück, rencontre Hitler en avril et est nommé membre du conseil d’État de Prusse en juillet par Göring. Le même mois de juillet 1933, Hermann Göring est reçu en tant que ministre-président de Prusse à Aix-la-Chapelle, dont il obtient alors la citoyenneté d’honneur, accueilli notamment par l’évêque de la ville, Mgr Vogt ; celui-ci prend part bien volontiers au défilé de la SA ayant lieu à l’occasion. L’évêque le plus enthousiaste est sans doute alors l’archevêque de Fribourg-en-Brisgau, Mgr Gröber, qui est rapidement surnommé Der braune Bischof (l’évêque brun) : il adhère publiquement à la SA et rejoint même, avec plusieurs de ses chanoines, la SS en tant que membre soutien. Le 9 octobre 1933, lors d’une réunion publique à Karlsruhe, l’archevêque affirme, au milieu des applaudissements, son « soutien complet et sincère au gouvernement du Reich nouveau. » Plus tard, dans son sermon du 31 décembre 1935, il affirme : « La force du peuple allemand s’est épanouie de diverses manières et le chômage a diminué à un degré surprenant. Nouvellement armé, le Reich reprend aujourd’hui son rang dans la famille des nations, et au lieu du déshonneur qui, depuis le traité de Versailles, souillait le nom allemand, le monde trouve en face de lui un État uni, en pleine ascension, et conscient de sa puissance. » Il fait l’éloge de la doctrine nationale-socialiste, y compris sur le plan racial et antisémite, même s’il se démarquera par la suite de certaines mesures du régime sans jamais en devenir un opposant.
Cahier d’histoire nationale-socialiste n°22
Dans les régions catholiques d’Allemagne, on pouvait encore trouver des chefs du NSDAP de haut rang à la messe du dimanche, ainsi que des groupes de Jeunesses hitlériennes en uniforme et des Jeunesses hitlériennes servant à l’autel portant leurs uniformes sous les robes des enfants de chœur.
Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie – Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (Pages 59-60)
Les nationaux-socialistes croyaient en Dieu. Pour preuve dans le serment que je devais prêter en tant que soldat de l’Europe nouvelle, devant Dieu, je me devais d’observer dans la lutte contre le bolchevisme une obéissance absolue et donner à tout moment ma vie pour cet idéal. C’était dur à passer et quelle valeur pouvait avoir le serment intérieur que je fis, je ne puis répondre mais il m’apaisa : « Je resterai fidèle à ce serment dans la mesure où le national-socialisme vainqueur respecterait ma religion [catholicisme] garante de ma foi, représentant ce que j’avais de plus sacré et de plus cher au monde et pour laquelle en premier lieu je combattais. »
Berliner Morgen-Zeitung (21 et 23 juin 1937)
L’abbé Schachleiter fut l’un des premiers ecclésiastiques catholiques à se déclarer avec courage, franchise et virilité en faveur d’Adolf Hitler et du national-socialisme. Dès 1926, l’abbé Schachleiter comptait parmi les plus fidèles partisans de la première heure d’Adolf Hitler. Sa position droite et courageuse lui valut, en tant que haut dignitaire de l’Église, de lourdes épreuves ; en 1933, le pape lui retira l’exercice de ses fonctions sacerdotales, qu’on lui refusa ensuite pendant plusieurs années. L’abbé Schachleiter – qui, soit dit en passant, célébra en 1933 ses cinquante ans de profession religieuse, en 1936 les cinquante ans de son ordination sacerdotale, ainsi que son 75ᵉ anniversaire – ne se laissa ébranler par aucune épreuve dans sa fidélité à Adolf Hitler et au peuple allemand. Le Führer, lors d’une visite personnelle à Feilnbach, le remercia pour son engagement. […] L’abbé Schachleiter éprouva personnellement la vérité de cette maxime : “La vie est un combat.” Tout comme le Führer – qui, lorsqu’il entama avec quelques fidèles son combat pour la renaissance de l’Allemagne, fut persécuté, tenu à l’écart, méprisé et réprimandé – l’abbé Schachleiter, patriote allemand enflammé, dut en payer le prix lorsqu’en 1926, avec la fougue de la jeunesse, il lia irrévocablement sa vie à Adolf Hitler, à son mouvement et à sa mission. Contraint, en 1918, de quitter son lieu de travail à l’étranger – auquel il s’était profondément attaché – en raison de ses convictions en faveur de l’Allemagne, il ne devait pas non plus être épargné, dans sa patrie tant aimée, par l’amertume de voir sa fidélité à Adolf Hitler le placer en conflit ouvert avec ses supérieurs ecclésiastiques, qui le sanctionnèrent et finirent par lui retirer le droit d’exercer son ministère sacerdotal. Dans une lettre datée du 17 décembre 1936, il écrivit textuellement au ministre-président de Bavière [Ludwig Siebert] : “Je reste fidèle à ma sainte Église, et je ne m’en séparerai d’aucune façon. Mais je reste également fidèle à mon Führer et à son mouvement. Car j’ai la conviction profonde qu’en étant fidèle au Führer et à son mouvement, je sers aussi l’Église. Ainsi, en tant que catholique profondément croyant, je veux être le plus fidèle des compagnons de mon Führer.” Et dans sa dernière lettre, où il exprima son vœu de trouver sa dernière demeure au Waldfriedhof de Munich près d’Ernst Pöhner, qu’il estimait tant, il écrivit à nouveau mot pour mot : “Je demande que, sur ma tombe, mon Führer Adolf Hitler reçoive l’expression de ma gratitude et de ma fidélité jusqu’à la mort. Que le monde l’entende et soit témoin de ma fidélité au Führer et au mouvement national-socialiste, mais aussi de ma fidélité à ma sainte Église.”
Frédéric Hoffet, L’impérialisme protestant
Après les États-Unis et l’Angleterre, c’est l’Allemagne qui présente la masse la plus compacte de protestants. Sur 63 millions d’habitants, on comptait, d’après les statistiques de 1927, 40 millions de protestants, et 20 millions de catholiques. Cette proportion (deux tiers contre un tiers) était la même dans l’Empire bismarckien. Par contre elle s’était considérablement modifiée en faveur du catholicisme à l’époque de l’expansion hitlérienne. Les protestants en étaient alors venus à perdre la majorité en faveur des catholiques qui représentaient 53% d’une population de 75 millions d’habitants, les pays conquis par Hitler, Autriche, Sudètes, etc., étant de religion catholique. […] En effet, dès la prise de pouvoir du national-socialisme, le Pape, désireux de préserver les intérêts de son église dans le régime naissant, négocia avec le Führer un concordat extrêmement avantageux pour les catholiques allemands. […] Ce concordat accordait aux catholiques allemands des privilèges qui furent refusés aux protestants. Ainsi, au moment même où les pasteurs furent incorporés en masse dans l’armée reconstituée, les prêtres furent dispensés du service militaire. […] Aussi un grand nombre de prêtres saluèrent-ils en Hitler, avec la même candeur que beaucoup de pasteurs, le sauveur de l’Allemagne et le défenseur de la civilisation chrétienne contre la menace bolchevique. […] Un autre fait encore montre que le catholicisme n’est pas aussi étranger au national-socialisme qu’on voudrait bien le croire. Hitler, Goebbels et Himmler, ainsi que la majorité des membres de la “vieille garde” du parti, étaient catholiques. […] On ne saurait donc expliquer par le simple hasard le fait que le gouvernement national-socialiste ait été, par la religion de ses chefs, le plus catholique que l’Allemagne moderne ait connu. À cela s’ajoute cette circonstance que le berceau du mouvement se trouve dans la catholique Bavière, où se recrutèrent également les premiers contingents de l’armée brune. Aussi, rien n’est-il plus faux que d’identifier le national-socialisme avec l’esprit de la vieille Prusse protestante. […] On remarquera d’abord le caractère très particulier que l’idée du “Reich” revêt chez les Hitlériens. L’idée du Reich repose en Allemagne sur deux traditions différentes : celle du Saint Empire romain germanique et celle de l’Empire bismarckien. Or, quelque intérêt que le national-socialisme ait témoigné pour la tradition bismarckienne, l’image qu’il se fait du Reich est bien plutôt nourrie par celle du Saint Empire.