Henri Fenet, chef d’un bataillon de la 33ème division SS,
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La SS de Heinrich Himmler était paneuropéenne, c’est-à-dire qu’elle s’adressait à toutes les personnes de sang européen. On raconte aujourd’hui beaucoup de mensonges sur les SS, et en fait sur toute l’Allemagne nationale-socialiste. Je me suis senti mieux accueilli par les SS que par l’armée allemande. Un camarade m’a raconté un exemple que je vais partager avec vous. Il avait presque terminé sa formation et se trouvait dans un petit bar. Il portait le drapeau de notre nation sur son uniforme, comme nous le faisions tous. Un vieux sous-officier salé de l’armée qui avait bu lui a crié que c’était une honte que les Français soient en Allemagne et portent l’uniforme, ce qui sous-entendait la lâcheté. Un officier de la Waffen-SS, qui mangeait avec sa femme, a entendu ces propos. Il se lève, s’essuie la bouche et va voir le soldat en lui disant qu’il devrait se sentir honoré que des hommes courageux soient prêts à se battre pour l’Allemagne et le national-socialisme. Il lui a dit que s’il tenait à nouveau des propos irrespectueux à l’égard des volontaires, il veillerait à ce qu’il entre dans la SS pour servir avec les hommes les plus courageux de la planète. Il s’est ensuite approché de mon camarade, lui a offert une boisson de son choix et l’a remercié pour son service. Cela a laissé une profonde impression, et on nous a proposé de former un régiment SS français et d’aller en France pour aider à recruter. Chacun d’entre nous a accepté et la réponse a été très impressionnante, au-delà de nos espérances. Le fait que tant de Français se soient portés volontaires pour défendre l’Europe nous a remonté le moral. Je n’ai jamais eu l’impression d’être rabaissé ou de perdre de l’importance aux yeux des SS ; ils m’ont simplement témoigné beaucoup de respect et d’admiration. S’il y avait eu de la haine ou du mépris, ils n’auraient pas permis aux non-Allemands de faire l’école d’officiers, comme je l’ai fait. Début 1944, j’ai été envoyé à Bad Tölz pour devenir officier et j’ai été accueilli par de nombreux hauts responsables. La formation était dure, mais très juste, et j’en suis sorti confiant pour mener mes compatriotes à la guerre.
Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie – Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (Page 154)
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Un jour fatigué, je faisais la gueule à la suite de je ne sais quel exercice éprouvant ; notre instructeur se méprit et pensa que j’étais démoralisé et m’admonesta : « Même quand il n’y a plus d’espoir il ne faut pas être désespéré ». Ce à quoi je répondis : « Depuis longtemps, je pense qu’il n’y a plus d’espoir et je me suis pourtant engagé ; quant à être désespéré je m’étais si bien préparé en chrétien, que blindé j’étais décidé à attendre avec sérénité (parfois forcée) les événements ». Il me demanda : « Pourquoi resterai-je fidèle à ma foi avant d’être fidèle en toutes circonstances au national-socialisme ? » Je répondis : « que mon honneur s’appelait fidélité (devise de la SS) et que ma Foi, première servie, était compatible avec la fidélité à mon engagement ».
Jean Mabire, La Division Charlemagne (Pages 167-168)
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Mgr de Mayol de Lupé, qui a célébré la messe à l’aube, vient d’enlever ses ornements liturgiques et s’avance à cheval, au centre du rectangle formé par les unités de la brigade Charlemagne. Ses éperons étincellent et il lève le bras dans un geste qui ressemble tout autant au salut hitlérien qu’à une bénédiction chrétienne. Le septuagénaire, dont la croix pectorale étincelle sur la vareuse de Sturmbannführer de la Waffen SS, prend alors la parole pour la plus étrange homélie de toute sa carrière sacerdotale : – Je suis national-socialiste depuis 1925. Au Christ souffrant, le national-socialisme oppose le Christ combattant. Ce n’est pas, comme certains peuvent le penser, un déchirement de la chrétienté mais des images nouvelles, les signes de son rajeunissement, l’espérance d’une résurrection… Les miliciens qui ne le connaissaient pas encore, si ce n’est par quelques photographies dans les journaux, découvrent avec stupéfaction une incarnation modernisée du « Centaure de Dieu », Mais, aujourd’hui, sous les flocons de neige qui voltigent sur l’Adolf Hitler Platz, les Waffen SS remplacent les Chouans. Le vieux prélat continue son homélie et exalte l’engagement des miliciens comme s’ils partaient pour une nouvelle croisade : – Staline et le bolchevisme représentent le Mal à l’état pur. À l’Est, le Bien et le Mal s’affrontent. Vous participerez au combat contre le Mal dans les rangs de la Waffen SS. Les francs-gardes qui arrivent de Guyenne, du Languedoc ou de Provence sont stupéfaits. Ils n’ont jamais imaginé qu’un dignitaire de l’Église puisse ainsi mélanger, dans un même élan de dévotion filiale, « notre Saint Père le pape » et « notre vénéré Führer Adolf Hitler ».
Cahier de la SS n°6 (1944)
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Tu es un SS, c’est-à-dire que tu n’es pas un mercenaire. Celui-ci était recruté contre une solde pour se battre pour quelque chose qui ne le concernait pas. En tant que SS tu défends ton peuple et ton sang. Tu défends en outre la SS, une communauté, un Ordre au sein de ton peuple, qui s’est donné comme tâche particulière de conserver un sang pur et d’élever la valeur de la race. En conséquence, lorsque tu te trouves en pays étranger, l’arme à la main, ton devoir est double : tu dois défendre avec dignité ton peuple et la SS. Tu te comportes pourtant sans dignité quand, sous l’uniforme d’un officier portant les insignes du Reich et de la SS, tu déambules dans les cafés et les bistrots avec ces jeunes filles et ces femmes qui se moquent du chagrin et de la douleur de leur peuple parce qu’elles n’ont pas de cœur. Tu as raison de penser que ce ne sont pas des jeunes filles et des femmes honnêtes. Car ces jeunes filles dont les frères, ces femmes dont les maris ont été vaincus par toi et tes camarades, ne te sauteront certainement pas au cou avec joie. Tu dois donc être parfaitement conscient de ce que t’apportera cette fréquentation volage. À quel droit à la rigueur peux-tu prétendre si tu te laisses aller ? Comment pourras-tu conserver un jugement sain et un maintien correct si tu perds le respect de toi-même ? Pendant cette guerre, beaucoup d’entre vous ont la possibilité d’assumer plus de responsabilités que vous n’auriez pu le faire en temps de paix. II va vous falloir vous montrer dignes de ces responsabilités. Nous savons que vous êtes braves au combat. Que vous désiriez tous apprendre à être fiers, disciplinés et sobres, même quand vous n’êtes pas en rangs au combat, voilà ce que nous espérons tous pour l’avenir de notre peuple. Je vais aussi te dire ce que tu devras faire lorsque tu auras lu ces lignes. Tu as un regard vif, un cœur vaillant et tu comprends ce que cela signifie. Tu sais peut-être aussi que tel ou tel de tes camarades ne se conduit pas comme il le devrait. Jusqu’à ce jour, tu as détourné la tête et pensé que cela ne te regardait pas. Crois-moi, cela te regarde, cela nous regarde tous. Essaye d’abord la voie de la vraie camaraderie : prends ton ami à part et parle-lui raisonnablement. Dis-lui de quoi il s’agit. Dis-lui que l’heure du destin sonne pour tout notre peuple. Rappelle-lui que le Führer a besoin de tous ses hommes. Pensez toujours que vous vous rappellerez jusqu’à la fin de vos jours les mois et les années où vous avez porté les runes SS sur votre vareuse. Pour un Allemand, ces années sont les plus décisives de sa vie. Non seulement parce que le jeune volontaire SS devient un homme, que sa poitrine s’élargit, que son pas s’affirme, que son regard s’ouvre sur l’extérieur, mais que son esprit se forme aussi et qu’il apprend, au sein de la communauté SS, ce qu’il conservera toujours en lui : l’ordre, la discipline, la probité, la ponctualité, l’esprit de sacrifice et la solidarité. Ne gâtes pas ce souvenir en pensant que tu ne manques pas, ce faisant, à tes devoirs comme ton peuple l’attend de toi. Si tu négliges ces choses, c’est à toi-même que tu fais le plus de tort. Il fut un temps où l’on proclamait « le droit de disposer de son propre corps ». C’était l’époque qui donnait sa bénédiction au mariage d’un homme noir et d’une femme blanche, à l’union d’un Allemand et d’une Juive, celle aussi où l’on protégeait ceux qui tuaient l’enfant dans le ventre de sa mère si sa naissance importunait ses parents. Mais les champions de cette époque que nous avons vaincus en Allemagne, grâce au combat du Führer, nous font face aujourd’hui avec ténacité sur tous les fronts. Lorsque tu laisses ton corps et ton sang faire ce que t’enjoignent tes désirs, alors tu aides les adversaires de notre peuple et de notre idéologie. En te dominant, tu seras dans la vérité car tu trouveras la force et la fierté de vivre selon les lois de ton peuple, de ta SS et de celles que tu défends.
Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie – Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (Page 159)
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La messe de minuit avait été dite par monseigneur Mayol de Lupé, nous étions plus de deux mille à y assister ; c’était pour moi une petite revanche de voir bien des Waffen SS communier, l’Europe nouvelle dans ces conditions-là avait toute mon adhésion.
Lina Heydrich, Interview (1981)
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Je dirai que mon mari [Reinhard Heydrich] était chrétien et SS et je vais essayer de l’expliquer. La SS était une unité fondée sur l’amour du peuple, le respect du passé et le respect de nos origines. Un sujet sur lequel le Reichsführer SS Himmler a passé des heures à réfléchir était la question de savoir d’où nous venions. Comment se fait-il que presque le monde entier conquis et influencé par une seule race ? Qu’est-ce qui rend cette race si spéciale ? C’est ce que l’Ahnenerbe était censé rechercher et pourquoi les SS l’ont soutenu. […] Les SS n’étaient pas anti-religieux, nous assistions souvent aux offices religieux, comme presque tous les SS. Ce que nous rejetons, c’est l’influence juive sur notre religion et notre histoire.
Dominique Lormier, SS Français
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De juillet 1943 à août 1944, environ 6 000 Français se présentent aux bureaux de recrutement de la Waffen SS, moins de la moitié sont finalement acceptés, soit environ 2 500 hommes. Les critères de sélection sont sévères. Les volontaires âgés de 17 à 40 ans, d’ascendance aryenne, à savoir non juifs, non noirs ou métissés peuvent s’engager. La taille minimale requise passe cependant de 1 mètre 65 à 1 mètre 60. Une enquête, réalisée à Paris en novembre 1943 par la direction des questions raciales et de peuplement de la SS auprès de 157 engagés français, révèle que 48 % d’entre eux peuvent être admis dans la Waffen SS d’après les critères applicables aux Allemands : 38 % sont de type nordique dominant, 37 % de race méditerranéenne, 14 % de race dinarique, 12 % de race alpine et 9 % de race extraeuropéenne ; 37 % viennent de Paris et de l’Ile-de-France, 14,5 % d’Auvergne, les volontaires venant du grand Sud-Ouest sont également très nombreux ; 54 % ont entre 17 et 20 ans, 78 % sont catholiques, 62 % inscrits à un mouvement politique, dont 20 % au PPF et 10 % à la Milice. Enfin 58 % sont des travailleurs manuels et 25 % des étudiants.
Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie – Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (Pages 55-56)
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La Waffen SS, arme de combat composée uniquement de soldats, n’a rien à voir avec la Gestapo et autres unités policières, les cloisons sont étanches. Mais les lettres « SS » provoquèrent une dramatique équivoque au détriment de la Waffen. Beaucoup rentrent dans la Waffen SS comme s’ils entraient en religion ; les règles internes sont très dures mais basées sur un esprit de justice intransigeante, tous sont égaux dans le socialisme qui les anime à travers une hiérarchie acceptée et nécessaire à toute société. On respecte son supérieur parce qu’il a plus de responsabilités, mais les conditions de vie sont les mêmes pour tous. Élitistes quelle que soit leur origine, ceux qui le méritent ne sortiront du rang que par leurs qualités, leur caractère et leur aptitude au commandement. La SS se veut une aristocratie issue du peuple. Les chefs seront toujours les premiers au danger et les derniers pour recevoir les avantages, ils se doivent d’être camarades et exemples. C’est pour cette raison que la Waffen SS comptera dans ses combats le plus d’officiers supérieurs morts ou disparus.
Walter Schellenberg, Le Chef du contre-espionnage nazi vous parle
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L’organisation des SS avait été constituée par Himmler suivant les principes de l’Ordre des Jésuites. Les règlements de service et les Exercices spirituels prescrits par Ignace de Loyola constituaient un modèle que Himmler chercha soigneusement à copier… Le « Reichsführer SS » – titre de Himmler comme chef suprême des SS – devait correspondre au « Général » de l’Ordre des Jésuites et toute la structure de la direction était calquée sur l’ordre hiérarchique de l’Église catholique. Un château moyenâgeux, près de Paderborn en Westphalie et appelé « Wewelsburg », fut restauré et aménagé pour servir en quelque sorte de monastère SS.
Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie – Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (Page 175)
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Ces volontaires avaient leur idéal, ils le défendront jusqu’au bout ; beaucoup de ceux qui les critiquèrent et les jugèrent sévèrement n’avaient sans doute pas assez de grandeur d’âme pour comprendre que, derrière tout cela, il y avait un désir profond de servir et de lutter jusqu’au bout pour que le monde ne connaisse pas un jour le communisme.