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Vatican II

Jacques-Bénigne Bossuet, Œuvres Complètes

Toutes les fausses religions ont pour marque manifeste l’innovation.

Monseigneur Joseph Clifford Fenton, Journal (31 Octobre 1962)

Ce qui ressort de tout ce fatras paraît entièrement libéral. Il me tarde de rentrer. J’ai bien peur de n’avoir plus rien à faire ici. Avoir fait partie de ce concile est sans doute la grande expérience de ma vie. Mais, dans le même temps, j’en retire une déception qui me fait frissonner. Je n’aurais jamais pensé que l’épiscopat pût être aussi libéral. C’est la fin de la religion catholique telle que nous l’avons connue.

Bella Dodd, School of Darkness

Dans les années 1930, nous avions placé 1100 hommes dans la prêtrise, pour détruire l’Église de l’intérieur. […] L’idée entière ne consistait pas à détruire l’institution de l’Église, mais la foi du peuple, et même d’utiliser l’institution de l’Église, si possible, pour détruire la foi par la promotion d’une pseudo-religion : quelque chose qui ressemblerait au catholicisme mais sans l’être réellement. Dès que la foi serait détruite, un complexe de culpabilité serait introduit dans l’Église pour labelliser « l’Église du passé » comme étant oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante de prétendre être la seule en possession de la vérité, et responsable de la division des corps religieux à travers les siècles. Cela serait nécessaire pour causer de la honte aux dirigeants de l’Église jusqu’à produire une « ouverture au monde » et une attitude plus souple envers toutes les religions et philosophies.

Romano Amerio, Iota unum : étude des variations de l’Église catholique au XXe siècle

L’ouverture au monde fut une véritable invasion de l’Église par l’esprit du monde.

Léon de Poncins, Les Juifs et le Concile Vatican II

Un certain nombre d’organisations et de personnalités juives ont épaulé les réformes qui furent proposées au Concile, avec pour objectif de modifier l’attitude de l’Église et son enseignement vénérable sur le Judaïsme : Jules Isaac, Label Katz président des B’nai B’rith, Nahum Goldman le président du Congrès Juif Mondial, etc. Ces réformes sont très importantes, car elles suggèrent que depuis deux mille ans l’Eglise s’est trompée, et qu’elle doit faire amende honorable et reconsidérer complètement son attitude envers les juifs.

Père Calmel, Brève apologie pour l’Église de toujours

On sait depuis longtemps que les textes conciliaires sont des textes de compromis. On sait encore qu’une fraction modernisante voulait imposer une doctrine hérétique. Empêchée d’aboutir, elle est quand-même parvenue à faire adopter des textes non formels ; ces textes présentent le double avantage pour le modernisme de ne pouvoir être taxés de propositions carrément hérétiques, mais cependant de pouvoir être tirés dans un sens opposé à la foi. Nous attarderons-nous à les combattre directement ? Un moment, nous y avions pensé. La difficulté c’est qu’ils ne donnent pas prise à l’argumentation ; ils sont trop mous. Lorsque vous essayez de presser une formule qui vous paraît inquiétante, voici que – dans la même page – vous en trouvez une autre entièrement irréprochable. Lorsque vous cherchez à étayer votre prédication ou votre enseignement sur un texte solide, impossible à tourner, propre à transmettre à votre auditoire le contenu traditionnel de la foi et de la morale, vous vous apercevez bientôt que le texte que vous avez choisi au sujet par exemple de la liturgie, ou du devoir des sociétés à l’égard de la vraie religion, ce texte est insidieusement affaibli par un second texte qui, en réalité, exténue le premier alors qu’il avait l’air de le compléter. Les décrets succèdent aux constitutions et les messages aux déclarations sans donner à l’esprit, sauf exception rarissime, une prise suffisante.

Abbé Emmanuel Barbier, Infiltrations maçonniques dans l’Église

La Franc-Maçonnerie a formé l’infernal dessein de corrompre insensiblement les membres de l’Église, ceux même du clergé et de la hiérarchie, en leur inoculant sous des formes spécieuses, et en apparence inoffensives, les faux principes avec lesquels elle se promet de bouleverser le monde chrétien. Voilà le premier de ces deux faits, et l’un des bouts de la chaîne. D’autre part, l’observateur tant soit peu attentif ne peut s’empêcher de constater que les dogmes sociaux sur lesquels nombre de catholiques et de prêtres fondent aujourd’hui la rénovation du christianisme, ont une formule identique à celle que la Franc-Maçonnerie se proposait de leur faire accepter, et que les procédés dont ils usent pour déterminer, entraîner l’Église à cette transformation, sont identiquement ceux dont la Maçonnerie avait arrêté l’emploi. Voilà le second fait et l’autre bout de la chaîne. Dès lors, la connexion entre ces deux faits ne peut être l’objet d’un doute. Il y a réellement des infiltrations maçonniques dans l’Église.

Danièle Masson, Réponse à l’enquête de la revue Itinéraires sur l’encyclique Centesimus annus (automne 1991)

Le flottement entre l’exaltation de la personne humaine – fruit de la culture moderne et plus particulièrement du personnalisme qui marqua Karol Wojtyla – et l’accent sur le bien commun – expression de la doctrine sociale de l’Église – caractérise l’encyclique. Elle ressemble en cela à l’auberge espagnole : chacun y trouvera ce qu’il y apportera. Les uns y verront la continuité de la doctrine sociale. Les autres y verront la rupture avec la tradition. Il est difficile de donner tort aux uns ou aux autres, compte tenu de l’ambiguïté de l’encyclique.

Jean Potin, La Croix (7 novembre 1994)

Par sa déclaration sur la liberté religieuse, le concile Vatican II a fait basculer l’Église dans le monde moderne.

Joseph Mérel, Fascisme et Monarchie

Le contenu du concile Vatican II procède à une indifférenciation illégitime de la nature et de la surnature sur le plan de l’individu. L’Esprit-Saint soufflerait dans le cœur du Musulman, du Juif, du Luthérien ou du Bouddhiste, non pas en tant qu’ils sont hommes virtuellement membres de la Sainte Église, mais en tant qu’ils sont membres d’une fausse religion qui n’est plus vraiment fausse mais réalise déjà, par le seul fait qu’elle se donne pour une religion, un certain mode de participation actuelle à l’Église du Christ. Tel est le sens du « Subsistit in » de « Lumen gentium ». Maintes fois condamnée, de Grégoire XVI à Pie XII, cette thèse pèche logiquement par le fait qu’on ne voit pas comment l’Esprit-Saint pourrait se médiatiser dans une fausse religion, puisque le constitutif formel d’une fausse religion consiste dans le refus de l’Esprit-Saint. La fausse doctrine de l’indifférenciation entre aspirations naturelles (déjà toujours plus ou moins corrompues dans leur ordre propre par les effets du péché originel) et œuvre salvatrice de l’Esprit-Saint, induit logiquement l’œcuménisme moderniste, c’est-à-dire l’extension de fait de l’Église aux fidèles de toutes les religions et, par voie de conséquence, la liberté religieuse et la liberté de conscience. Mais cette identification illégitime opérée sur le plan de l’individu est l’envers obligé de la rupture, ruineuse, entre nature et surnature sur le plan politique, laquelle induit logiquement la séparation de l’Église et de l’État, la privatisation de la religion et la négation du règne social du Christ.

Gaston-Armand Amaudruz, Fondements de la renaissance européenne

Depuis la mort de Pie XII, le Vatican, avec le Concile a cultivé un principe démocratique démolisseur de l’héritage positif. Le gros du clergé a rejoint le mondialisme métisseur, tandis que Mgr Lefebvre et quelques autres sauvaient l’honneur. Tardivement, Jean-Paul II tente de renverser la vapeur par son encyclique sur l’avortement. Voila un beau geste, mais a un moment où, en France, la « loi Veil » a déjà permis de tuer des millions dans le ventre de leurs mères. En tout état de cause, les hiérarchies ecclésiastiques, pour une grande part, ont trahi leurs peuples. Mgr Mamie, évêque de Fribourg, a poussé ouvertement a l’immigration africaine et place son canton a l’avant-garde de la négrification en Suisse. […] Certes, une religion malade exprime la maladie, mais elle l’aggrave aussi. Ainsi, lorsque le Concile fait basculer plusieurs papes dans le camp mondialiste, la décadence accomplit un pas de géant dans les pays catholiques, naguère épargnés grâce à la poigne de Pie XII. Mais le fait premier reste une dégénérescence des peuples blancs.

Les instructions permanentes de la Haute-Vente (Écrit carbonari du XIXème)

Il est du devoir des sociétés secrètes de faire le premier pas vers l’Église et le pape, dans le but de les conquérir tous deux. Le travail auquel nous nous ceignons n’est pas l’œuvre d’un jour, ni d’un mois, ni d’une année. Il peut durer de nombreuses années, un siècle peut-être… Ce que nous devons demander, ce que nous devrions chercher et attendre, comme les juifs attendent le Messie, est un pape selon nos désirs. […] Dans une centaine d’années les évêques et les prêtres croiront marcher sous la bannière des clefs de Pierre, alors qu’en fait ils suivront notre étendard.

Arnaud de Lassus, La liberté religieuse, trente ans après Vatican II

Pris tels qu’ils sont, les textes concernant « la liberté religieuse » tombent immédiatement sous le coup des condamnations portées contre le libéralisme par tous les papes précédents, jusqu’à Jean XXIII exclusivement. Car – selon cette doctrine constante de l’Église – autant il est vrai que la liberté sacrée de l’acte de foi interdit toute pression sur la conscience de la personne humaine pour lui imposer ou pour lui interdire cette adhésion religieuse de l’âme à Dieu, autant il est certain que le Christ a institué une religion à laquelle tous les hommes ont le devoir de tendre et que la société civile elle-même a le devoir de servir et de protéger dans la juste distinction entre ce qui est de son domaine et ce qui relève de l’Église.

Monseigneur Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974

Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église. Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. « S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-mêmes ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1:8) On ne peut modifier profondément la ‘lex orandi’ sans modifier la ‘lex credendi.’ À messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours. Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme. C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Julius Evola, Il Conciliatore (15 juin 1969)

C’est justement parce que le saeculum, le monde, s’est jeté frénétiquement et aveuglément dans l’immanence, que l’Église aurait dû défendre, avec une intransigeance et une décision renforcées, le surnaturalisme, c’est-à-dire tout ce qui présente un caractère transcendant et vraiment sacré, partant des valeurs de contemplation et de véritable ascèse. Au contraire, la préoccupation de se « tenir à jour » a ramené les autorités catholiques suprêmes vers la direction opposée, dans le sens de l’adaptation et de l’assujettissement, en taisant tout ce qui peut heurter l’homme de notre temps.

Matthieu XVI, 23

Mais Jésus se retournant, dit à Pierre : Retirez-vous de moi, Satan, vous m’êtes un sujet de scandale parce que vous n’avez pas de goût pour les choses de Dieu mais pour celles des hommes.

Michael Rose, Goodbye, Good Men

D’après d’anciens séminaristes et prêtres récemment ordonnés, cette “sous-culture gay” est si importante dans certains séminaires que ces institutions ont reçu des surnoms tels que “Notre-Flirt” (pour le Séminaire Notre-Dame de la Nouvelle-Orléans) et “Placard théologique” (pour la faculté de théologie de l’Université Catholique d’Amérique à Washington, D.C.). Le Séminaire Sainte-Marie de Baltimore a gagné le surnom de “Palace Rose”.

Yves Congar, Mon Journal du Concile

Il n’y a rien à faire de décisif tant que l’Église Romaine ne sera pas sortie totalement de sa prétention seigneuriale et temporelle. Il faudra que tout cela soit détruit et cela le sera.

Michel Onfray, Décadence

La civilisation du rock et de la BD, du cinéma et de la télévision, de la boîte de nuit et de la tabagie, de la pilule et du divorce, de l’alcool et des produits stupéfiants, du Frigidaire et de l’automobile, de la bombe atomique et de la guerre froide, de l’amour libre et des loisirs, de l’argent et des objets, avance en broyant tout sur son passage. Vatican II ne peut rien y faire. Il semble même qu’en ayant voulu être un remède le concile a augmenté la maladie : en faisant de Dieu un copain à tutoyer, du prêtre un camarade à inviter en vacances, du symbolique une vieille lune à abolir, du mystère de la transcendance une plate immanence, de la messe une scénographie décalquant le schéma de l’émission télévisée, du rituel une aventure puisant indistinctement dans le succès des chansons du moment ou dans l’art naïf des croyants les plus allumés, du message du Christ un simple tract syndicaliste, de la soutane un déguisement de théâtre, des autres religions des spiritualités valant bien celle du christianisme, l’Église a précipité le mouvement en avant qui annonçait sa chute.

2 Timothée IV, 3

Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et avides de ce qui peut chatouiller leurs oreilles ; ils les fermeront à la vérité pour les ouvrir à des fables.

Saint Robert Bellarmin, Huit controverses générales

Quand nous entrons dans les temples des hérétiques, où il n’y a rien sauf une chaire pour prêcher et une table pour faire un repas, nous avons l’impression d’entrer dans une salle profane et non dans la maison de Dieu.

Philippe Ploncard d’Assac, L’Église occupée

Les modernistes se plaignent des attaques dont ils sont l’objet, ils arrivent à renverser la situation, à se poser en victimes, alors que c’est eux qui ont lancé des idées « nouvelles », condamnables et condamnées, parce que recouvrant de vieilles hérésies.

Martin Lings, Croyances anciennes et superstitions modernes

Les responsables des changements ont fait valoir qu’une religion doit se conformer aux temps, à quoi on doit répondre : non, si se conformer veut dire cesser d’être soi-même et devenir complice des temps. La véritable conformité est différente : la médecine, par exemple, afin de se conformer à une époque, doit être capable de fournir des antidotes à tout ce qui se présente comme maladies. De même, il ne serait pas déraisonnable de maintenir qu’afin de se conformer à un âge caractérisé par de violents changements et des troubles désordonnés, la religion doit être plus préparée que jamais à manifester, et même à proclamer, son inébranlable stabilité sans laquelle, en tant que véhicule de la Vérité Éternelle, elle ne peut jamais être, en tout état de cause, fidèle à elle-même. Il ne fait guère de doute que l’âme humaine a profondément besoin dans son existence de quelque chose qui resterait toujours identique, et elle a le droit d’attendre de la religion qu’elle soit la constante infaillible qui satisfasse ce besoin. De telles considérations furent disséminées aux quatre vents par le concile Vatican II. Il n’est donc pas surprenant que celui-ci ait précipité une crise sans précédent. La gravité de la situation peut être mesurée, jusqu’à un certain point, par les chiffres suivants : de 1914 à 1963, il n’y eut que 810 prêtres qui demandèrent à l’Église Catholique la permission d’abandonner le sacerdoce, et parmi ces demandes 355 seulement furent acceptées. Deux ans après le concile, il y a eu plus de 32 000 défections au sein du clergé.

Julien Dracq, Lettrines

Pour déceler la mue actuelle du catholicisme, Huysmans est une bonne pierre de touche. Ce à quoi il s’est converti, c’est tout ce que l’Église vient de larguer, et rien que ce que l’Église vient de larguer. On peut d’ailleurs penser que les conversions d’écrivains et d’artistes vont se faire rares, mais le pape s’en moque, et mise pour l’avenir sur des races moins énervées que les écrivains.

René Barjavel, Si j’étais Dieu

Il restait la liturgie, quelques gestes, quelques mots, quelques chants, quelques fragments du rite de la messe dont les officiants ne connaissaient plus eux-mêmes la signification ni l’efficacité, mais qui demeuraient comme des flèches et des pointillés indiquant la bonne direction. Le Concile Vatican II a liquidé tout ça ! Tu vois cette grande cuve ? Tout le Concile y trempe, autour du bon gros pape Jean XXIII et du petit pape maigre Paul VI.

Jean Madiran, La droite et la gauche

Pour la gauche, tout ce qui n’a pas été trouvé ou fabriqué dans le monde moderne par la gauche moderne est politiquement arrière et rejeté à droite. La gauche s’est intéressée à Vatican II et à l’évolution conciliaire dans la mesure où elle y voyait l’invention moderne, par des hommes de gauche, d’une nouvelle religion.

Mgr Lefebvre, Après le Concile, l’Église devant la crise morale contemporaine

Le Concile, dès les premiers jours, a été investi par les forces progressistes. Nous l’avons éprouvé, senti, et quand je dis « nous », je puis dire la majorité des Pères du Concile à ce moment-là. Nous avons eu la conviction que quelque chose se passait dans le Concile qui était anormal.

Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien

Cette rupture au sein de la prédication catholique a crée une profonde discontinuité dans les contenus prêchés et vécus de la religion de part et d’autre des années 1960. Elle est si manifeste qu’un observateur extérieur pouvait légitimement se demander si, par-delà la continuité d’un nom de l’appareil théorique des dogmes, il s’agit bien toujours de la même religion.

Ernest Hello, L’Homme

Vaincu par son triomphe, le diable a changé de batterie. Il ne dit plus aux hommes de se passer absolument du christianisme, mais il les engage à modifier le christianisme. Il ne leur présente plus le christianisme comme une absurdité honteuse ; mais il le leur présente comme une excellente doctrine humaine : il veut bien que ce soit la meilleure des choses, pourvu que ce soit une chose humaine ; il consent à faire de Jésus-Christ le plus brillant éloge, pourvu que Jésus-Christ ne soit pas Dieu. Dépouillez-le de sa divinité, le diable consentira à le féliciter de la plus brillante humanité : il veut bien faire la part au feu. Or, pour atteindre ce résultat, pour obtenir un christianisme humain, savez-vous le procédé le meilleur ? C’est de séparer la morale du dogme et de dire aux hommes : La morale évangélique est sublime. La morale, tenez-vous-en là. Au fond, tous les peuples ont la même morale ; ils ne diffèrent que sur les dogmes particuliers. C’est la morale qui rapproche les hommes ; c’est le dogme qui les divise. Nous accordons au christianisme toute sa morale ; qu’il nous fasse, du côté du dogme, quelques concessions, et nous allons tous être d’accord. Et si le diable obtenait cela, il aurait tout obtenu. Mais il a été dit : Non praevalebunt. Comme la vérité ne nous appartient pas, nous ne pouvons rien concéder d’elle. Aussi, tous les efforts du diable tentent maintenant à obtenir cette concession impossible. Il engage le catholicisme à sacrifier ce qu’il appelle les dogmes particuliers (il faudrait dire les dogmes universels, puisqu’ils sont catholiques), et à les sacrifier en vue de la paix.

Pier Paolo Pasolini, Écrits corsaires

Paul VI a en effet admis explicitement que l’Église a été vaincue par le monde ; que le rôle de l’Église est soudain devenu incertain et superflu ; que le Pouvoir réel n’a plus besoin de l’Église et l’abandonne donc à elle-même ; que les problèmes sociaux trouvent leurs solutions au cœur d’une société dans laquelle l’Église n’a plus de prestige : que n’existe plus le problème des “pauvres”, c’est-à-dire le problème le plus important pour l’Église, etc. […] Ces aveux marquent en effet la fin de l’Église ou, tout au moins, la fin du rôle traditionnel que l’Église a tenu de façon ininterrompue pendant deux mille ans.

Simone Veil, Une vie

Avec l’Église catholique, les choses se sont mieux déroulées que j’aurais pu le craindre. […] Je me suis entretenue avec le prélat en charge de ces problèmes au sein de la hiérarchie catholique. Il n’a pas tenté de me dissuader. Il exprimait le vœu que la liberté de conscience soit assurée dans la loi et que nul ne puisse obliger un médecin ou un soignant à pratiquer une IVG. Il est vrai qu’à cette époque [les années 70], l’Église de France était très ouverte. […] Pour en revenir au débat avec la hiérarchie catholique, j’ai souvenir d’une rencontre, à l’époque, avec des représentants du clergé régulier destinée à examiner le problème de leur protection sociale. La réunion s’est fort bien déroulée, dans une ambiance courtoise et positive. J’en ai tiré le sentiment que les communautés religieuses étaient peut-être plus concernées par leur régime de sécurité sociale que par l’IVG.

Daniel Raffard de Brienne, L’envers des droits de l’homme

Jean XXIII franchira une étape essentielle en approuvant dans Pacem in terris, le 11 avril 1963, cette Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948. Il déclare : « Nous considérons cette Déclaration comme un pas vers l’établissement d’une organisation juridico-politique de la communauté mondiale. Cette Déclaration reconnaît solennellement à tous les hommes, sans exception, leur dignité de personne. » Désormais tout sera fondé sur la dignité de l’homme, une dignité qui n’est plus due à sa vocation surnaturelle et à sa Rédemption par le Christ, mais à sa nature temporelle qui est, on le sait, une nature déchue. C’est là un renversement de la doctrine qui aboutit au « Vous serez comme des dieux » du péché originel. On rappelle les déclarations de Paul VI. « Nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme ». Ou encore : « Toute la richesse doctrinale du Concile ne vise qu’à une chose : servir l’homme ». La révolution conciliaire était alors accomplie. On peut lire dans la constitution Gaudium et spes de Vatican II : « L’Église, en vertu de l’Évangile qui lui a été confié, proclame les droits de l’homme ». Nous y sommes.

Jean-Marie Le Pen, Mémoires

Je crois que l’Église a beaucoup erré après Vatican II. Elle aussi, Elle comme nous tous, Elle comme toute la société, Elle qui n’en avait pas le droit. Sans doute les découvertes scientifiques avaient-elles donné des coups de bélier dans le dogme, mais les arguties infinies des clercs et leurs abandons ont plus encore contribué à son affaissement. Le purgatoire a disparu, l’enfer aussi, pratiquement, et cela nous a rapprochés singulièrement du néant. À cette espèce de flou et de mou généralisé se combine bizarrement une sorte de férocité. En 1992, ils m’ont fermé un dimanche l’accès à la cathédrale de Reims. Pour quel motif avouable ? Si l’Église a une mission, elle n’est sûrement pas politique. J’ai peur qu’Elle ne mute, qu’Elle ne serve de supplétive, avec ses ors et ses orgues, au discours bisounours de l’humanisme maçon, sa politique de la bougie et du bouquet de fleurs face au terrorisme, le bêlement d’amour entendu comme arme absolue des moutons contre les loups. Il me semble que c’est une attitude chrétienne devenue folle, une profanation du message évangélique par la sottise. Je sens bien que l’espèce de passion que j’y mets avoue assez que je ne suis pas détaché tout à fait de Celle qui fut ma mère.

Thomas Molnar, Moi, Symmaque

[…] l’Église propose un monde laïcisé, marchand et social-démocrate, et vend la globalisation planétaire avec le même contenu et la même ferveur glacée que l’ONU, l’OTAN et les bureaucrates de Bruxelles.

Pierre Guyon et Bruno Hirout, Combat pour la France

En 1962, s’ouvre le concile Vatican II qui va faire basculer l’Église de toujours dans la fange moderniste et protestante. Ce funeste concile s’achèvera en 1965. Parmi toutes les horreurs et toutes les erreurs issues de ce concile, deux vont particulièrement déstabiliser et diviser l’Église : la réforme liturgique et la liberté religieuse. La réforme liturgique, c’est-à-dire l’adoption d’une nouvelle messe en rupture avec la messe qu’a toujours connue l’Église, va désacraliser le rite pour, petit à petit, transformer le saint sacrifice de la messe en une simple réunion de paroissiens, exactement comme peuvent le faire les protestants et les témoins de Jéhovah. Alors bien sûr, la messe traditionnelle d’aujourd’hui n’est pas exactement la même que les autres variations de messe qu’il y a eu à travers les siècles et les nations, mais comme l’explique très bien le MJCF dans le livre « La messe a-t-elle une histoire ? », il y a parfois eu des modifications qui permettaient de mettre un élément en valeur pour éviter des erreurs ou pour répondre à des hérésies, mais ces modifications étaient comme allumer une lumière dans le coin sombre d’une pièce pour mieux la voir, il ne s’agissait pas, comme l’a fait le concile Vatican II, de carrément changer de pièce et même de maison… En plus de la réforme liturgique qui fait que vous pouvez, selon le diocèse où vous vous trouvez, tomber sur des cérémonies religieuses avec des guitares, des homélies de bonnes femmes, des « messes conjointes » avec des musulmans, etc., il y a ce second poison dévastateur qui est issu de ce concile : la liberté religieuse. « Quoi ?! Mais comment peut-on être contre la liberté ?! » me direz-vous, et votre question serait légitime car le mot de liberté a perdu tout son sens depuis que les encyclopédistes et autres révolutionnaires ont retourné, au dix- huitième siècle, le sens des choses. La vraie liberté, c’est la vérité. Comme nous l’a enseigné Notre Seigneur Jésus Christ, c’est la vérité qui rend libre. La liberté n’existe pas en tant que telle. Dire que c’est égal d’être chrétien, musulman ou athée ce n’est pas faire preuve de liberté religieuse, c’est porter atteinte à la Vérité, et donc à la vraie liberté qui est « la faculté de se mouvoir dans le bien » car, comme le rappelle Monseigneur Lefebvre dans le livre Mes doutes sur la liberté religieuse : « il n’y a pas de liberté morale pour l’erreur ou le mal moral. » Dire qu’on est libre de choisir son Dieu ou sa religion, c’est admettre que la religion n’est qu’un produit de consommation qu’on choisirait au rayon « spiritualités » d’un magasin, or il n’y a pour les âmes qu’une seule Vérité, qu’un seul Dieu et qu’un seul Sauveur. Cette réforme de la liturgie qui a transformé la messe en cirque, et la validation de la « liberté religieuse » par l’Église catholique, c’est-à-dire le fait d’accepter que des hommes puissent choisir l’erreur plutôt que la vérité, sont les deux piliers de l’indifférence, du désamour et de l’incompréhension qui séparent aujourd’hui le peuple français de son maître Notre Seigneur Jésus Christ.

Philippe Muray, Après l’histoire

La fête de l’ère hyperfestive n’est plus une fête mais l’affirmation d’une fierté, donc aussi l’approbation du monde en tant que fête, et de la fête comme divinisation des humains contemporains en tant que désindividués. Dans ce sens, on n’a pas eu tellement tort, l’été dernier, lors des Journées mondiales de la Jeunesse, de parler de Catho Pride. Si l’Église et son histoire ont vraiment disparu, c’est peut-être durant cet épisode d’apparente euphorie. Tout cela s’est dissout dans la fierté d’être catholique, dans un contentement de soi unanime et carnavalesque d’où le concret humain (le désaccord avec le monde donné) s’était déjà retiré sans doute depuis longtemps. La messe s’est engloutie dans la kermesse ; et l’ancien catholicisme, comme tous les autres cultes, dans cette mystique des temps nouveaux qu’il faut désormais nommer panfestivisme. L’apparition de cette religion nouvelle se fait bien entendu aux dépens de toutes les autres, dont elle conserve d’ailleurs certains traits, tout en les privant de leur valeur essentielle (conflictuelle). À l’occasion de ces JMJ, l’Église n’a pas davantage renoué avec les masses qu’elle ne fait « l’apprentissage des médias » quand l’épiscopat décide de discuter d’Internet avec l’académicien séraphique Michel Serres, dispensateur suprême de la cyber-pommade des temps multimédias. Dans l’un et l’autre cas, cette espèce d’aggiornamento n’est que l’acte d’allégeance d’une institution deux fois millénaire au nouveau maître hyperfestif.

Guillaume Faye, L’Archéofuturisme

Le nombre de musulmans pratiquants ne cesse de croître, alors que le christianisme a perdu toute trace de prosélytisme militant et est en déclin – même en Amérique du Sud et en Afrique noire – après le suicide qu’il a commis par le biais du Concile Vatican II, la plus grande erreur théologique de l’histoire religieuse.

Collectif, La Véritable histoire de Mgr Pierre Martin Ngô Đình Thục

Jean XXIII avait voulu une renaissance de l’Église et avait tout un beau programme à cet effet. Mais, hélas, il ne pouvait pas ne pas céder aux instances des gens d’Église qui voulaient moderniser l’Église du Christ avec le monde moderne qui est tourné vers le mal.

Sel de La Terre N° 46 (Automne 2003) – Vatican II : Du

Mythe de la Substitution

Jacques-Bénigne Bossuet*, *Élévations sur les Mystères, méditations et autres textes

Comment est-ce que les docteurs ferment la porte du Ciel ? En débitant de fausses maximes, en mettant l’erreur en dogme. […] Un autre moyen de la fermer, c’est de la faire trop large, pendant que Jésus-Christ l’a fait étroite. Car dès là, ce n’est plus la porte que Jésus-Christ a ouverte : c’en est une autre que vous ouvrez de vous-même : et parce qu’elle est plus aisée, vous faites abandonner l’autre qui est véritable.

Bibliographie

  • Don Andrea Mancinella, 1962 – Révolution dans l’Eglise
  • Vidéothèque
  • Vatican II – 70 ans d’Hérésies, de blasphèmes, d’impiétés, de sacrilèges et de scandales