Pape Pie XI, Mortalium animos (Encyclique)
En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d’opinions, la voie vers l’unité de l’Église pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d’un magistère unique, d’une règle unique de foi et d’une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu’on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n’est pas absolue, mais relative, c’est-à-dire qu’elle s’adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu’elle n’est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu’elle est de nature à s’accommoder à la vie des hommes.
Pape Saint Léon (1er) le Grand, Sermon
C’est pourquoi, puisqu’en dehors de l’Église catholique, il n’y a rien de parfait, rien d’inviolé […] nous ne nous assimilons en aucune façon à ceux qui sont divisés de l’unité du Corps du Christ ; nous ne sommes unis dans aucune communion.
Pape Léon XIII, Satis Cognitum (Encyclique)
Pénétrée à fond de ses principes et soucieuse de son devoir, l’Église n’a jamais rien eu de plus à cœur, rien poursuivi avec plus d’effort, que de conserver de la façon la plus parfaite l’intégrité de la foi. C’est pourquoi elle a regardé comme des rebelles déclarés, et chassé loin d’elle tous ceux qui ne pensaient pas comme elle, sur n’importe quel point de sa doctrine. Les Ariens, les Montanistes, les Novatiens, les Quartodécimans, les Eutychiens n’avaient assurément pas abandonné la doctrine catholique tout entière, mais seulement telle ou telle partie : et pourtant qui ne sait qu’ils ont été déclarés hérétiques et rejetés du sein de l’Église ? Et un jugement semblable a condamné tous les fauteurs de doctrines erronées qui ont apparu dans la suite aux différentes époques de l’histoire. Rien ne saurait être plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste l’intégrité de la doctrine, par un seul mot, comme par une goutte de venin, corrompent la pureté et la simplicité de la foi que nous avons reçue de la tradition dominicale, puis apostolique.
Pape Eugène IV, Concile de Florence (Cantate Domino)
La très sainte Église romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur, croit fermement, professe et prêche un seul vrai Dieu, tout-puissant, immuable et éternel ; le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Donc tous ceux qui pensent des choses opposées ou contraires, l’Église les condamne, les réprouve, les anathématise et les dénonce comme étrangers au corps du Christ qu’est l’Église.
Pape Pie VIII, Traditi humilitati nostrae (Encyclique)
[…] Voilà où tend cette horrible conspiration des sophistes de ce siècle, qui n’admettent point de différence entre les diverses professions de foi ; pensent que chaque religion offre à tous un port de salut, et flétrissent d’une tache de légèreté et de folie ceux qui abjurant la religion dans laquelle ils ont été élevés en embrassent une autre, fût-ce même la religion catholique. Prodige horrible d’impiété, qui confond dans les mêmes hommages la vérité et l’erreur, la vertu et le vice, l’honneur et l’infamie ! Les seules lumières de la raison suffisent pour renverser ce système mortel d’indifférence en matière de religion, et nous avertissent que si deux religions diffèrent, et que l’une soit vraie, l’autre est nécessairement fausse, et qu’il ne peut exister aucun accord entre les ténèbres et la lumière. Ayez soin, vénérables Frères, de vous opposer à ces faux docteurs, et enseignez aux peuples que la foi catholique est la seule véritable, qu’ainsi que le dit l’Apôtre, Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi, qu’un baptême : que l’on est profane, suivant la parole de Saint Jérôme, si l’on mange l’agneau hors de cette maison, et que quiconque n’entrera pas dans l’arche de Noé périra dans le déluge ; car excepté le nom de JÉSUS « il n’est point de nom accordé aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. Celui qui aura cru sera sauvé ; celui qui n’aura pas cru sera condamné.
Pape Léon XIII, Immortale Dei (Encyclique)
Relativement à la religion, penser qu’il est indifférent qu’elle ait des formes disparates et contraires équivaut simplement à n’en vouloir ni choisir, ni suivre aucune. C’est l’athéisme moins le nom. Quiconque, en effet, croit en Dieu, s’il est conséquent et ne veut pas tomber dans l’absurde, doit nécessairement admettre que les divers cultes en usage entre lesquels il y a tant de différence, de disparité et d’opposition, même sur les points les plus importants, ne sauraient être tous également bons, également agréables à Dieu.
Pape Pie XI, Mortalium animos (Encyclique)
Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée.
Pape Léon XIII, Custodi di quella fede (Encyclique)
Que chacun évite toute liaison, toute familiarité avec des personnes soupçonnées d’appartenir à la franc-maçonnerie ou à des Sociétés affiliées. Qu’on les reconnaisse à leurs fruits et qu’on s’en éloigne, et ainsi qu’on laisse toute relation familière non seulement avec les impies et les libertins déclarés qui portent au front le caractère de la secte, mais encore avec ceux qui se déguisent sous le masque de la tolérance universelle, du respect pour toutes les religions.
Pape Pie XII, Mystici Corporis Christi (Encyclique)
Par conséquent, comme dans l’assemblée véritable des fidèles il n’y a qu’un seul Corps, un seul Esprit, un seul Seigneur et un seul Baptême, ainsi ne peut-il y avoir qu’une seule foi, et celui qui refuse d’écouter l’Église doit être considéré, d’après l’ordre du Seigneur, comme un païen et un publicain. Et ceux qui sont divisés pour des raisons de foi ou de gouvernement ne peuvent vivre dans ce même Corps, ni par conséquent de ce même Esprit divin.
Pape Léon XIII, Satis cognitum (Encyclique)
On ne peut croire que vous gardiez la véritable foi catholique, vous qui n’enseignez pas qu’on doit garder la foi romaine.
Congrégation Sacrée du Saint Office, Instruction Ecclesia Catholica (20 décembre 1949)
C’est pourquoi toute la doctrine catholique doit être présentée et expliquée : il n’est en aucun cas permis de passer sous silence ou de voiler en termes ambigus la vérité catholique concernant la nature et la voie de la justification, la constitution de la Église, la primauté de juridiction du Pontife romain, et la seule véritable union par le retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ. Il faut leur faire comprendre qu’en retournant à l’Église, ils ne perdront rien de ce bien qui, par la grâce de Dieu, a été implanté en eux jusqu’à présent, mais qu’il sera plutôt complété par leur retour. Cependant, il ne faut pas en parler de telle manière qu’ils s’imaginent qu’en retournant à l’Église, ils lui apportent quelque chose de substantiel qui lui manquait jusqu’ici. Il faudra dire ces choses clairement et ouvertement, d’abord parce que c’est la vérité qu’eux-mêmes recherchent, et ensuite parce qu’en dehors de la vérité, aucune véritable union ne peut jamais être atteinte.
Syllabus de Pie IX Proposition condamnée :
À notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État, à l’exclusion de tous les autres cultes.
Pape Grégoire XVI, Mirari vos (Encyclique)
Cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, qu’on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération. »
Syllabus de Pie IX Proposition condamnée :
On doit des éloges à certains pays de nom catholique, où la loi a pourvu à ce que les étrangers qui viennent s’établir puissent jouir de l’exercice public de leurs cultes particuliers.
Pape Pie XI, Mortalium animos (Encyclique)
Il n’est pas permis de procurer la réunion des chrétiens autrement qu’en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, puisqu’ils ont eu jadis le malheur de s’en séparer.
Pape Pie IX, Iam vos omnes (Lettre apostolique)
Or, quiconque examinera et considérera attentivement la condition des diverses sociétés religieuses, divisées entre elles, et séparées de l’Église catholique, laquelle, depuis le temps de Notre Seigneur Jésus-Christ et de Ses apôtres, n’a jamais cessé d’exercer et continue d’exercer, par ses pasteurs légitimes, le divin pouvoir conféré par ce même Seigneur ; ne pourra pas manquer de remarquer qu’aucune de ces sociétés, par elles-mêmes, ni dans leur ensemble, ne peut en aucune manière constituer et être cette Église catholique que le Christ a fondé, établi et désiré voir prospérer ; et que ces sociétés ne peuvent en aucune manière être des branches ou des parties de cette Église, puisqu’elles sont visiblement retranchées de l’unité catholique.
François, Discours au centre diocésain de jeunesse (6 juin 2015)
Et la paix se fait entre tous, entre tous : musulmans, juifs, orthodoxes, catholiques et autres religions. Nous sommes tous frères ! Nous adorons tous un Dieu Unique ! Jamais, jamais de séparation entre nous ! Fraternité et union.
Benoît XVI, Message au terme de la concélébration eucharistique (20 avril 2005)
Le Successeur actuel de Pierre se laisse interpeller personnellement par cette question et il est disposé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour promouvoir la cause fondamentale de l’œcuménisme. Dans le sillage de ses Prédécesseurs, Il est pleinement déterminé à cultiver toute initiative qui apparaîtra opportune pour promouvoir les contacts et l’entente avec les représentants des diverses Églises et Communautés ecclésiales.
François, Discours à l’église luthérienne de Finlande (17 Janvier 2020)
Le rapport du groupe de dialogue catholiques-luthériens pour la Suède et la Finlande, appelé La justification dans la vie de l’Église, observe à juste titre que «ceux qui sont déjà baptisés peuvent, avec leurs frères et sœurs, développer leurs opportunités de sainteté, qui viennent de leur justification commune dans le Christ. En tant que membres de l’unique et même corps mystique du Christ, les chrétiens sont unis les uns aux autres et doivent porter les fardeaux les uns des autres.
Jean-Paul II, Ut unum sint (Encyclique)
Les chrétiens d’une confession ne considèrent plus désormais les autres chrétiens comme des ennemis ou des étrangers, mais ils voient en eux des frères et des sœurs. D’un autre côté, même à l’expression frères séparés, l’usage tend à substituer aujourd’hui des termes plus aptes à évoquer la profondeur de la communion liée au caractère baptismal, que l’Esprit nourrit malgré les ruptures historiques et canoniques. On parle des « autres chrétiens », des « autres baptisés », des « chrétiens des autres Communautés ». Le Directoire pour l’application des principes et des normes sur l’œcuménisme appelle les communautés auxquelles appartiennent ces chrétiens des « Églises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique ». Ce développement du vocabulaire traduit une évolution notable des mentalités. La conscience de l’appartenance commune au Christ s’approfondit. Personnellement, j’ai pu le constater à de multiples reprises durant les célébrations œcuméniques qui sont parmi les événements les plus importants de mes voyages apostoliques dans les différentes parties du monde, ou dans les rencontres et dans les célébrations œcuméniques qui ont eu lieu à Rome. La « fraternité universelle » des chrétiens est devenue une ferme conviction œcuménique. Reléguant dans l’oubli les excommunications du passé, les Communautés, un temps rivales, s’aident aujourd’hui mutuellement, dans de nombreuses circonstances; parfois on se prête des édifices du culte ; on offre des bourses d’études pour la formation des ministres des Communautés qui manquent le plus de moyens; on intervient auprès des autorités civiles pour la défense des autres chrétiens accusés injustement; on démontre l’absence de fondement des calomnies dont certains groupes sont victimes. En un mot, les chrétiens se sont convertis à une charité fraternelle qui englobe tous les disciples du Christ. S’il arrive que, en raison de soulèvements politiques violents, une certaine agressivité ou un esprit de revanche apparaissent dans des situations concrètes, les autorités des parties en présence s’attachent généralement à faire prévaloir la « Loi nouvelle » de l’esprit de charité. […] Il faut passer d’une position d’antagonisme et de conflit à une position où l’un et l’autre se reconnaissent mutuellement comme des partenaires.
François, Entretien officiel (26 Juin 2016)
De nos jours, Luthériens et Catholiques, ainsi que tous les protestants, s’accordent sur la doctrine de la justification. Sur ce point très important, Luther n’avait pas tort.
Paul VI, Unitatis redintegratio (Décret)
En effet, ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le baptême, se trouvent dans une certaine communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique. Assurément, des divergences variées entre eux et l’Église catholique sur des questions doctrinales, parfois disciplinaires, ou sur la structure de l’Église, constituent nombre d’obstacles, parfois fort graves, à la pleine communion ecclésiale. Le mouvement œcuménique tend à les surmonter. Néanmoins, justifiés par la foi reçue au baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l’Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur.
François, Discours à la délégation œcuménique de Finlande (17 Janvier 2022)
Quand fera-t-on l’unité ? On se le demande, non ? Un grand théologien orthodoxe spécialiste en eschatologie a dit : « L’unité sera dans l’eschaton ». Mais le chemin vers l’unité est important. Il est très bon que les théologiens discutent, étudient, cela est très bon. Ce sont des spécialistes en la matière. Mais il est également bon que nous, peuple fidèle de Dieu, allions ensemble sur ce chemin. Ensemble. Et que nous fassions l’unité à travers la prière, à travers les œuvres de charité, à travers le travail en commun.
Léon XIV, Allocution (29 juin 2025)
Aujourd’hui encore, il y a dans le monde entier des chrétiens que l’Evangile rend généreux et audacieux, même au prix de leur vie. Il existe ainsi un œcuménisme du sang, une unité invisible et profonde entre les Églises chrétiennes, qui ne vivent pourtant pas encore la pleine communion visible.