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Modernisme

Pape Saint Pie X, Pascendi Dominici Gregis (Encyclique)

Ainsi, Vénérables Frères, la doctrine des modernistes, comme l’objet de leurs efforts, c’est qu’il n’y ait rien de stable, rien d’immuable dans l’Église. Ils ont eu des précurseurs, ceux dont Pie IX, notre prédécesseur, écrivait : ces ennemis de la révélation divine exaltent le progrès humain et prétendent, avec une témérité et une audace vraiment sacrilèges, l’introduire dans la religion catholique, comme si cette religion n’était pas l’œuvre de Dieu, mais l’œuvre des hommes, une invention philosophique quelconque, susceptible de perfectionnements humains.

Pape Léon XIII, Exeunte Iam Anno (Encyclique)

Or, toute la vie chrétienne peut se résumer dans ce devoir capital : ne point céder à la corruption des mœurs du siècle, mais lui opposer une lutte, une résistance constante.

Jacques Monsabré, Gouttes de vérité (Page 192)

Ne vous troublez pas si vous entendez dire que votre prédication manque de modernité. Cela prouve tout simplement que vous n’avez pas cessé d’être évangélique. La modernité que prônent nos critiques, n’est, en fin de compte, qu’un ensemble de lâches et funestes concessions faites à l’opinion, aux préjugés, au relâchement, au mauvais goût du siècle.

Syllabus de Pie IX Proposition condamnée :

Le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.

Pape Saint Pie X, Allocution (17 avril 1907)

Et rebelles ne sont que trop ceux qui professent et répètent, sous des formes subtiles, des erreurs monstrueuses sur l’évolution du dogme, sur le retour au pur Évangile (c’est-à-dire à l’Évangile émondé, comme ils disent, des explications de la théologie, des définitions des Conciles, des maximes de l’ascétisme), sur l’émancipation de l’Église, à leur manière nouvelle, sans se révolter afin de ne pas être chassé, sans se soumettre néanmoins pour ne point manquer à ses propres convictions ; enfin, sur l’adaptation aux temps présents, en tout, dans la manière de parler, d’écrire et de prêcher une charité sans foi, très indulgente envers les incroyants, mais qui ouvre à tous la voie de la ruine éternelle.

Abbé Louis Coache, Jésus Trahi par les siens (Page 21)

Quand vous dites : « il pleut », va-t-on comprendre : « il pourrait pleuvoir » ou bien « il pleut en Chine » ou bien encore « il fait beau, mais je plaisante » ; évidemment, non, ou alors le contexte éclaire très vite le sens de votre affirmation. Mais lorsqu’un Moderniste affirme « La Messe est d’abord un repas » ou bien « tous les hommes sont sauvés » vous trouverez toujours des esprits chagrins ou des Prêtres, ou des Evêques, pour se récrier devant vos protestations : « Attention ! c’est à nuancer, ne généralisez pas, comprenez ce qu’on a voulu dire… ». L’ennui c’est que toujours le contexte est en faveur de l’erreur, malgré parfois des affirmations contraires, procédé dénoncé par St Pie X dans l’Encyclique Pascendi : « Telle page de leur ouvrage pourrait être signée par un catholique ; tournez la page, vous croirez lire un rationaliste. Écrivent-ils l’histoire : nulle mention de la divinité de Jésus-Christ ; montent-ils dans la chaire sacrée, ils la proclament hautement ». C’est d’ailleurs dans le même document, voire dans la même page que souvent se retrouvent ces contradictions voulues pour troubler le fidèle. Ainsi tout un chapitre sera à la gloire de l’homme et de l’évolution du monde comme si n’existaient ni le ciel ni le surnaturel, mais vous trouverez noyée dans ce laïus la mention de l’existence de Dieu ; ainsi veulent-ils rassurer le lecteur timide qui finalement sera pris par le doute et fermer la bouche aux dénonciateurs.

Monseigneur Marcel Lefebvre, Ils l’ont découronné

Selon les modernistes, pour convertir ceux qui ne croient pas au surnaturel, il faut faire abstraction de la révélation de Notre Seigneur, de la grâce, des miracles… Si vous avez affaire à des athées, ne leur parlez pas de Dieu, mais mettez-vous à leur niveau, à leur diapason, entrez dans leur système ! Moyennant quoi vous allez devenir marxiste-chrétien : ce seront eux qui vous auront converti !

Pape Pie XI, Mortalium animos (Encyclique)

En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d’opinions, la voie vers l’unité de l’Église pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d’un magistère unique, d’une règle unique de foi et d’une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion et vers ce qu’on nomme le modernisme, dont les malheureuses victimes soutiennent que la vérité des dogmes n’est pas absolue, mais relative, c’est-à-dire qu’elle s’adapte aux besoins changeants des époques et des lieux et aux diverses tendances des esprits, puisqu’elle n’est pas contenue dans une révélation immuable, mais qu’elle est de nature à s’accommoder à la vie des hommes.

Pape Saint Pie X, Serment anti-moderniste

Je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Église a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Épouse du Christ, pour qu’elle le garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir. […] Je professe n’avoir absolument rien de commun avec l’erreur des modernistes qui tiennent qu’il n’y a rien de divin dans la tradition sacrée, ou, bien pis, qui admettent le divin dans un sens panthéiste, si bien qu’il ne reste plus qu’un fait pur et simple, à mettre au même niveau que les faits de l’histoire.

Cardinal de Cabrières, Lettre (10 mai 1907)

Les nouveautés, les formules indécises, l’espérance chimérique de baptiser, de canoniser même des opinions très éloignées de la foi véritable, tout cet ensemble de notions confuses au sein desquelles se débattent les intelligences, ce modernisme, en un mot, sorte de Protée insaisissable, dont les formes sont multiples, mais dont l’essence ne varie pas, doivent nous inquiéter profondément, parce qu’ils menacent la Religion des plus grands périls.

Denis Clabaine, Le Yoga face à la Croix

Le Modernisme est l’art de garder toutes les apparences de la doctrine catholique la plus pure tout en vidant complètement celles-ci de la substance qu’elles sont censées contenir, et qu’il remplace par la substance du paganisme, ce qui est évidemment un chef-d’œuvre accompli de pharisaïsme. Le grand « truc » pour ce faire est très simple : on admet, les yeux fermés, n’importe quel dogme du Magistère de l’Église, comme n’importe quel passage de la Bible, et on vous explique que vous n’avez rien compris si vous le comprenez comme on l’a toujours compris dans l’Église de toujours. On vous explique que jadis on ne pouvait pas comprendre autrement, tandis que maintenant on est « adulte », on comprend enfin vraiment – et encore, soyons modestes, si nous comprenons mieux qu’hier, nous comprenons moins bien que demain. Mais c’est quand même toujours vrai : chaque époque a sa vérité. D’ailleurs, on montre l’exemple : on se gêne de moins en moins pour prêcher carrément des vérités diamétralement opposées à l’enseignement d’hier et de toujours. Par exemple on nie la Présence Réelle, l’Enfer, le Péché Originel, par omission ou même négation formelle. Quand le moderniste enlève son masque de pharisien. il montre son vrai visage, qui est celui d’un païen. Et quand enlève-t-il son masque ? Quand il y a suffisamment de gens que cela ne choquera pas : donc quand il y a suffisamment de gens paganisés, qu’il n’a plus qu’à achever de paganiser. Et comment a-t-il fait pour les paganiser « clandestinement » ? En leur prêchant un « christianisme » dédifférencié : un catéchisme de plus en plus pauvre (et tendancieux), une doctrine de plus en plus vague (et tendancieuse), une morale de plus en plus « souple » (et tendancieuse), une religion de plus en plus floue (et tendancieuse), etc. On efface peu à peu toutes les différences entre le Christianisme et le paganisme, entre la vérité et l’erreur, entre la lumière et les ténèbres.

Abbé Gabriel Lenert, Moderniste sans le savoir !

Moderniste ou modernisant, celui qui fait reposer la religion et la foi dans la seule sensibilité, ne regarde pas comme immuable le dogme catholique et donne à toutes les religions une égale sympathie objective. Moderniste ou modernisant, celui qui admet entre la foi et la science une contradiction possible, lors même qu’il prétendrait retenir comme croyant ce qu’il rejetterait comme savant. Moderniste ou modernisant, celui qui dénature ou restreint l’inspiration des Livres saints, rejetant, avec une étrange désinvolture et une joie mal contenue, l’interprétation traditionnelle. Moderniste ou modernisant, celui qui, de la même manière que le précédent, ne tient aucun compte des traditions historiques dans l’étude de la vie des saints et rejette a priori tons les faits miraculeux ou surnaturels, à l’exception de quelques-uns qu’il explique d’une manière toute personnelle et parfaitement insuffisante. Moderniste ou modernisant, celui qui, s’en prenant à la personne adorable de Notre-Seigneur, voudrait qu’il n’eût eu conscience de sa divinité qu’à son baptême, au début de sa vie publique. Moderniste ou modernisant, celui qui ne voit dans l’Église que le côté humain et la subordonne entièrement au bon vouloir de l’État. Moderniste ou modernisant, celui qui, exagérant et dénaturant la loi de l’évolution, en rend tributaires le dogme, l’Église, le culte, les Livres saints et la foi. Moderniste ou modernisant, celui qui critique la solennité et la pompe qui entourent les offices et la majesté pontificale. Moderniste ou modernisant, celui qui flirte sans cesse avec les non catholiques, leur prodigue son admiration et réserve ses critiques acerbes pour les catholiques et surtout leur Chef suprême.

Abbé Louis Coache, Jésus Trahi par les siens (Page 34)

L’ambiguïté d’abord. C’est la grande méthode du Modernisme puisque son jeu consiste à inculquer l’erreur sous couleur de vérité ou encore à cacher l’hérésie sous des protestations d’orthodoxie. Le Modernisme se prétend hautement croyant, catholique, attaché à l’Église…, en réalité il déforme la foi et détruit la Vérité sous prétexte de la rendre plus actuelle ou de mieux l’expliquer. Pour mieux comprendre le pourquoi de ce procédé d’ambiguïté, revenons encore sur le grand principe, inavoué, du Modernisme : la foi objective n’existe pas ; en d’autres termes les Vérités n’existent pas en elles-mêmes, ou, à tout le moins, on ne peut les atteindre avec certitude, ce qui détruit déjà la notion de « Foi catholique » ; ainsi le Ciel, la divinité de Jésus, la Résurrection, la grâce etc.. ne sont pas des réalités existantes (ou, en tout cas, il est impossible de le savoir). Pour eux seule compte la foi subjective, c’est-à-dire un sentiment de croyance qui apporte à l’homme et à la société un certain ordre ; c’est l’homme qui fait sa foi ; mieux encore : c’est la foi de l’homme qui établit les vérités ; ainsi le fidèle ne croit pas à la Présence réelle dans l’Eucharistie parce qu’il doit donner son adhésion à une réalité extérieure à lui, non! mais c’est sa foi qui provoque la présence de Dieu ; c’est du vrai protestantisme. Comme si l’on disait : que Charlemagne ait existé, on n’en sait rien, mais il faut y croire car autrement tout le système historique s’écroule et ce serait un grand dommage pour l’intelligence humaine. Tout est pour l’homme, tout est à l’intérieur de l’homme. On comprend mieux alors pourquoi et comment le Modernisme c’est la Religion de l’homme, l’homme à la place de Dieu.

Bibliographie

  • Pape Saint Pie X, Pascendi Dominici Gregis (Lien)
  • Abbé Gabriel Lenert, Moderniste sans le savoir ! (Lien)
  • Cardinal Mercier, Le modernisme
  • Abbé Augustin Aubry, Contre le modernisme
  • Cardinal Louis Billot, Tradition et Modernisme
  • Abbé Louis Coache, Jésus Trahi par les siens