Pape Pie VII, Post tam diuturnitas (Lettre apostolique)
Par cela même qu’on établit la liberté de tous les cultes sans distinction, on confond la vérité avec l’erreur, et l’on met au rang des sectes hérétiques et même de la perfidie judaïque l’Épouse sainte et immaculée du Christ, l’Église hors de laquelle il ne peut y avoir de salut. En outre, en promettant faveur et appui aux sectes des hérétiques et à leurs ministres, on tolère et on favorise, non seulement leurs personnes, mais encore leurs erreurs. C’est implicitement la désastreuse et à jamais déplorable hérésie que saint Augustin mentionne en ces termes : « Elle affirme que tous les hérétiques sont dans la bonne voie et disent vrai, absurdité si monstrueuse que je ne puis croire qu’une secte la professe réellement. »
Pape Saint Pie X, Notre charge apostolique (Encyclique)
La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelques sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel.
Pape Pie VIII, Traditi humilitati nostrae (Encyclique)
[…] Voilà où tend cette horrible conspiration des sophistes de ce siècle, qui n’admettent point de différence entre les diverses professions de foi ; pensent que chaque religion offre à tous un port de salut, et flétrissent d’une tache de légèreté et de folie ceux qui abjurant la religion dans laquelle ils ont été élevés en embrassent une autre, fût-ce même la religion catholique. Prodige horrible d’impiété, qui confond dans les mêmes hommages la vérité et l’erreur, la vertu et le vice, l’honneur et l’infamie ! Les seules lumières de la raison suffisent pour renverser ce système mortel d’indifférence en matière de religion, et nous avertissent que si deux religions diffèrent, et que l’une soit vraie, l’autre est nécessairement fausse, et qu’il ne peut exister aucun accord entre les ténèbres et la lumière. Ayez soin, vénérables Frères, de vous opposer à ces faux docteurs, et enseignez aux peuples que la foi catholique est la seule véritable, qu’ainsi que le dit l’Apôtre, Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi, qu’un baptême : que l’on est profane, suivant la parole de Saint Jérôme, si l’on mange l’agneau hors de cette maison, et que quiconque n’entrera pas dans l’arche de Noé périra dans le déluge ; car excepté le nom de JÉSUS « il n’est point de nom accordé aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. Celui qui aura cru sera sauvé ; celui qui n’aura pas cru sera condamné.
Article du journal La Croix (Avril 1942)
L’Église a condamné – et elle condamnera toujours – la liberté illimitée de la pensée, de la presse, de l’enseignement, des cultes, reconnue comme un droit absolu de l’individu ou comme un bien essentiel de la société : le libéralisme est une erreur.
Pape Pie XI, Mortalium animos (Encyclique)
Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l’athéisme. La conclusion est claire: se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée.
Syllabus de Pie IX Propositions condamnées :
– Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. – Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura été amener à regarder comme vraie, par les seules lumières de la raison.
Pape Léon XIII, Immortale Dei (Encyclique)
Si l’intelligence adhère à des opinions fausses, si la volonté choisit le mal et s’y attache, ni l’une ni l’autre n’atteint sa perfection, toutes deux déchoient de leur dignité native et se corrompent. Il n’est donc pas permis de mettre au jour et d’exposer aux yeux des hommes ce qui est contraire à la vertu et à la vérité, et bien moins encore de placer cette licence sous la tutelle et la protection des lois.
Pape Grégoire XVI, Mirari vos (Encyclique)
Nous venons maintenant à une cause, hélas ! trop féconde des maux déplorables qui affligent à présent l’Église. Nous voulons dire l’indifférentisme, ou cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, qu’on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. Mais dans une question si claire et si évidente, il vous sera sans doute facile d’arracher du milieu des peuples confiés à vos soins une erreur si pernicieuse. L’Apôtre nous en avertit : « Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême » ; qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ; qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur lui-même : « qu’ils sont contre le Christ dès lors qu’ils ne sont pas avec le Christ » ; qu’ils dissipent misérablement par là même qu’ils n’amassent point avec lui, et que par conséquent, « ils périront éternellement, sans aucun doute, s’ils ne gardent pas la foi catholique et s’ils ne la conservent entière et sans altération. »
Pape Pie XII, Allocution du 6 décembre 1953
Ce qui ne répond pas à la vérité et à la loi morale n’a objectivement aucun droit à l’existence, ni à la propagande, ni à l’action.
Abbé Baudrand, L’âme affermie dans la foi (Pages 80-83)
Jésus-Christ veut une épouse sans rides et sans taches : le moindre nuage toléré obscurcirait son éclat ; la moindre erreur dissimulée détruirait sa vérité, sa sainteté, son infaillibilité ; et vouloir ainsi tolérer toutes les religions, toutes les sectes, tous les partis, ne serait-ce pas, au lieu de former une Église sainte, faire une infâme tour de Babel, où tous les serpents et tous les reptiles pourraient impunément répandre leur détestable poison, et infecter tous ceux qui y seraient malheureusement exposés ? Au reste, le système du tolérantisme n’est point un système nouveau. Au rapport d’Eusèbe, les anciens sectaires l’ont adopté avec empressement ; l’hérésiarque Apelles en particulier s’est déclaré hautement en sa faveur : « Il ne faut inquiéter personne, disait-il, sur sa façon de penser, mais laisser chacun vivre tranquillement dans la croyance qu’il a embrassée ; et tous ceux qui mettront leur confiance en Jésus-Christ, seront sauvés, pourvu qu’ils vivent dans l’exercice des bonnes œuvres. » La tolérance était également commune et familière aux hérétiques du temps de Tertullien : voici comme ils en parlent. Ils ont, dit-il, la paix avec tout le monde ; car, quoiqu’ils soient de sentiments différents, l’unique chose qui leur importe, est de conspirer tous ensemble à la destruction de la vérité ; c’est le seul point ou ils ont d’accord entr’eux. Tout catholique qui reconnaît dans l’Église une autorité infaillible, établie par Jésus-Christ, doit en conséquence regarder comme hors de la voie du salut tous ceux qui n’y sont pas soumis. Il n’en est pas ainsi des hérétiques ; en se tolérant les uns les autres, ils agissent conséquemment : tout hérétique intolérant qui refuse de se soumettre à l’autorité de l’Église, s’attribue la liberté de penser ; et quiconque s’attribue ce privilège, ne doit le refuser à personne chacun a autant de droit que lui d’en user. Mais Jésus-Christ proscrit ce tolérantisme de la manière la plus expresse et la plus formelle, lorsqu’il commande aux fidèles de regarder comme des païens et des publicains tons ceux qui n’écoutent pas l’Église : Sit tibi sicut ethnicus et publicanus. L’apôtre saint Jean, instruit à l’école de son divin Maître, condamne la tolérance avec la même force : Si quelqu’un, dit-il, vient vers vous , et ne fait pas profession de cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, ne le saluez point ; car celui qui le salue, participe à ses mauvaises actions. De tout ce que nous venons de dire, il s’ensuit que la tolérance est dans un sens la plus dangereuse de toutes les hérésies : parce qu’elle les renferme toutes, en permettant de les soutenir toutes également, et en donnant aux consciences une fausse paix. Et comment des sociétés différentes de sentiments, qui soutiennent des dogmes tout opposés, pourraient-elles former l’Église de Jésus-Christ, qui s’est nommé lui-même la vérité ? Or, la vérité est essentiellement une ; il n’y a qu’un Dieu, un Christ, une Église, une chaire fondée sur Pierre, par la parole du Seigneur ; on ne peut donc élever un autre autel, ni établir un nouveau sacerdoce. Ainsi, ou une seule Église, ou point d’Église ; toute secte qui approuve les autres, est reprouvée : et quiconque ne les anathématise pas, est lui-même frappé d’anathème. En un mot, dire qu’on peut se sauver dans toute les sectes chrétiennes, c’est la dernière ressource d’un pari poussé à bout par ses propres principes ; c’est le remède extrême appliqué à un mal désespéré, et qui ne sert qu’à le rendre absolument incurable.
Léon XIII, Libertas Præstantissimum
Et d’abord, à propos des individus, examinons cette liberté si contraire à la vertu de religion, la liberté des cultes, comme on l’appelle, liberté qui repose sur ce principe qu’il est loisible à chacun de professer telle religion qu’il lui plaît, ou même de n’en professer aucune. Mais, tout au contraire, c’est bien là sans nul doute, parmi tous les devoirs de l’homme, le plus grand et le plus saint, celui qui ordonne à l’homme de rendre à Dieu un culte de piété et de religion. Et ce devoir n’est qu’une conséquence de ce fait que nous sommes perpétuellement sous la dépendance de Dieu, gouvernés par la volonté et la Providence de Dieu, et que, sortis de lui, nous devons retourner à lui.
Paul VI, Dignitatis humanae (Encyclique)
Le concile du Vatican déclare que la personne humaine à droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience, ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’a fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil.
Benoît XVI, Discours (1er janvier 2011)
Toute personne doit pouvoir exercer librement le droit de professer et de manifester individuellement ou de manière communautaire, sa religion ou sa foi, aussi bien en public qu’en privé, dans l’enseignement et dans la pratique, dans les publications, dans le culte et dans l’observance des rites. Elle ne devrait pas rencontrer d’obstacles si elle désire, éventuellement, adhérer à une autre religion ou n’en professer aucune.
Paul VI, Discours aux Nations Unies (4 octobre 1965)
Ce que Vous proclamez ici, ce sont les droits et les devoirs fondamentaux de l’homme, sa dignité, sa liberté, et avant tout sa liberté religieuse. Nous sentons que vous êtes les interprètes de ce qu’il y a de plus haut dans la sagesse humaine. Nous dirions presque : son caractère sacré. Car c’est, avant tout, de la vie de l’homme qu’il s’agit et la vie de l’homme est sacrée : personne ne peut oser y attenter.
Paul VI, Ecclesiam Suam (Encyclique)
Le dialogue du salut ne contraignit personne à l’accueillir ; il fut une formidable demande d’amour, qui, si elle constitue une redoutable responsabilité pour ceux à qui elle était adressée les laissa libres d’y correspondre ou de la refuser. […] De même, si notre mission est annonce de vérités indiscutables et d’un salut nécessaire, elle ne se présentera pas armée de coercition extérieure mais par les seules voies légitimes de l’éducation humaine, de la persuasion intérieure, de la conversation ordinaire, elle offrira son don de salut, toujours dans le respect de la liberté personnelle des hommes civilisés.
Jean-Paul II, Discours aux cardinaux (22 décembre 1980)
Je renouvelle mon appel à toutes les nations du monde […] pour le respect, loyal et constructif, de la liberté religieuse à laquelle tous les hommes ont droit. […] Dans ce domaine, l’Église a tracé les principes de son comportement dans la déclaration fondamentale Dignitatis humanae du concile Vatican II et il faut toujours s’y référer pour une véritable et durable paix spirituelle à l’intérieur des nations.
Jean XXIII, Pacem in Terris (Encyclique)
Chacun a le droit d’honorer Dieu suivant la juste règle de la conscience et de professer sa religion dans la vie privée et publique.
Paul VI, Discours en la solennité de l’Épiphanie (6 janvier 1964)
Nous ne demandons rien, sinon la liberté de professer et de proposer à qui veut bien, en toute liberté, l’accueillir, cette religion, ce lien nouveau instauré entre les hommes et Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur.
Jean Potin, La Croix (7 novembre 1994)
Par sa déclaration sur la liberté religieuse, le concile Vatican II a fait basculer l’Église dans le monde moderne.
Bibliographie
- Abbé Matthias Gaudron, La liberté religieuse contre le Christ-Roi
- Mgr Lefebvre, Mes doutes sur la liberté religieuse