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Fideon

Propriété privée

Pape Léon XIII, Quod Apostolici Muneris (Encyclique)

Tandis que les socialistes présentent le droit de propriété comme étant une invention humaine, répugnant à l’égalité naturelle entre les hommes, tandis que, prêchant la communauté des biens, ils proclament qu’on ne saurait supporter patiemment la pauvreté et qu’on peut impunément violer les possessions et les droits des riches, l’Église reconnaît beaucoup plus utilement et sagement que l’inégalité existe entre les hommes naturellement dissemblables par les forces du corps et de l’esprit, et que cette inégalité existe même dans la possession des biens ; elle ordonne, en outre, que le droit de propriété et de domaine, provenant de la nature même, soit maintenu intact et inviolable dans les mains de qui le possède ; car elle sait que le vol et la rapine ont été condamnés par Dieu, l’auteur et le gardien de tout droit, au point qu’il n’est même pas permis de convoiter le bien d’autrui, et que les voleurs et les larrons sont exclus, comme les adultères et les idolâtres, du royaume des cieux.

Pape Pie XII

La nature a lié intimement la propriété privée à l’existence de la société humaine et de sa vraie civilisation, mais dans un degré éminent à l’existence et au développement de la famille.

Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique

Deux choses conviennent à l’homme au sujet des biens extérieurs. D’abord le pouvoir de les gérer et d’en disposer ; et sous ce rapport il lui est permis de posséder des biens en propre. C’est même nécessaire à la vie humaine, pour trois raisons : 1° Chacun donne à la gestion de ce qui lui appartient en propre des soins plus attentifs qu’il n’en donnerait à un bien commun à tous ou à plusieurs ; parce que chacun évite l’effort et laisse le soin aux autres de pourvoir à l’œuvre commune ; c’est ce qui arrive là où il y a de nombreux serviteurs. 2° Il y a plus d’ordre dans l’administration des biens quand le soin de chaque chose est confié à une personne, tandis que ce serait la confusion si tout le monde s’occupait indistinctement de tout. 3° La paix entre les hommes est mieux garantie si chacun est satisfait de ce qui lui appartient ; aussi voyons-nous de fréquents litiges entre ceux qui possèdent une chose en commun et dans l’individu.

Pape Léon XIII, Rerum Novarum (Encyclique)

Il est incontestable que, quand un homme s’engage dans un travail rémunérateur, la raison et la motivation qui le poussent à son travail est d’en obtenir la propriété et de la tenir par la suite comme son propre bien.

Dom Jean de Monléon, Les instruments de la perfection

Le vol est un péché grave qui lèse à la fois la justice et la charité. La justice d’abord : l’Église, par l’organe des Souverains Pontifes, a maintes fois condamné les doctrines sociales qui refusent à la propriété une existence légitime. Elle tient le droit de posséder pour un droit sacré : droit non pas illimité, soumis au contraire à de sages réserves, mais droit nécessaire pour assurer au monde une vie normale, dans la paix. Sans doute, la terre appartient à tous les hommes, et sa destination est de servir à l’entretien de l’humanité tout entière ; sans doute, le droit de possession souverain et absolu n’appartient qu’à Dieu : mais, dans la mesure où l’homme se conforme au plan établi par la Sagesse divine, à cet « Ordre », à ce « Cosmos » dont le maintien, nous l’avons dit, est la loi suprême de la perfection, l’homme a, sur les fruits de la terre, sur les animaux, sur le sol lui-même, un droit réel, véritable, légitime, de possession et d’administration. C’est ce droit que le vol outrage et méconnaît.

Père Emmanuel, Examen de conscience à partir du Catéchisme de la famille chrétienne

Qu’est-ce que le vol ? C’est le fait de celui qui s’approprie le bien d’autrui. Pourquoi Dieu défend-Il le vol ? Parce qu’Il veut garder à chacun ce qui est à lui, et c’est justice. Or Dieu est juste, et Il nous le fait voir en défendant le vol. Le vol est donc toujours un péché ? Oui, et le péché est plus ou moins grave, selon la valeur de l’objet volé, et aussi selon les dispositions de celui qui vole. Pourquoi dites-vous selon les dispositions de celui qui vole ? Parce que celui qui volerait un objet de peu de valeur avec la volonté d’en voler un plus grand, s’il le pouvait, commettrait tout de même un péché mortel. À qui le vol fait-il du mal ? A celui qui vole et à celui qui est volé : au premier parce qu’il perd la grâce de Dieu, au second parce qu’il perd son bien. Y a-t-il plusieurs manières de faire tort au prochain ? Il y en a plusieurs, bien qu’elles n’aient pas toute l’apparence du vol. Quelles sont les plus ordinaires ? Elles se rencontrent souvent dans les ventes et les achats, car chacun veut vendre cher et acheter bon marché, ce qui n’est pas toujours selon la justice. Comment pèche-t-on en voulant vendre cher ? En ce que souvent on vend au-dessus du prix, ce qui est injuste. Comment pèche-t-on en voulant acheter bon marché ? En cherchant à acquérir quelque objet au-dessous de son prix, et en profitant pour cela ou de l’ignorance au de l’inattention du vendeur. N’y a-t-il pas d’autres moyens de faire tort au prochain ? Il y en a à l’infini : par exemple, en l’empêchant de faire un gain légitime, en lui faisant une concurrence déloyale, en vendant à faux poids, en trompant sur les qualités d’une marchandise, etc. Toutes ces manières de faire tort au prochain sont donc autant d’atteintes à la propriété ? Incontestablement : et la propriété est un droit sans lequel la société ne saurait subsister. Qu’est-ce donc que la propriété ? C’est le droit que chacun a d’avoir et de conserver ce qui est à lui, et d’en user selon son besoin et sa volonté. Quelle est l’origine de ce droit ? L’origine de la propriété est dans la volonté même de Dieu, laquelle est la règle de toute justice. Comment Dieu a-t-il manifesté Sa volonté à ce sujet ? Il l’a manifestée quant au commencement Il a soumis la terre au domaine de l’homme, et quand Il a fait à tous et à chacun le commandement de ne point prendre le bien d’autrui. Quelle est la raison de la propriété ? Dieu ayant constitué la famille, a créé d’abord pour elle le droit de propriété, et de la famille ce droit passe à l’individu. Adam était-il propriétaire de la terre entière ? Non, il possédait seulement ce que Dieu lui en avait donné, mais avec le droit d’accroissement par son travail. Ainsi la propriété peut venir à l’homme de plusieurs manières ? Oui, d’abord par l’héritage et ensuite par le travail. Ne peut-elle pas s’accroître encore autrement ? Oui, à savoir par voie d’achat ou de donation. Ceci ne nous découvre-t-il pas bien des moyens d’injustice ? Assurément ; car celui qui, sans raison légitime, empêcherait les héritages, le travail, les achats et les donations, pécherait contre le commandement de Dieu. La propriété n’est-elle point un droit sacré ? Oui, parce qu’elle est une participation du souverain domaine de Dieu. Expliquez-nous cette doctrine ? Dieu étant le Créateur de toutes choses, en est le souverain maître, et Son domaine souverain est inaliénable : dans Sa bonté, Il a créé l’homme à Son image et à Sa ressemblance, et comme Il lui a donné la raison et la liberté, image des perfections divines, Il lui a donné aussi la propriété, image de Son suprême domaine sur toutes choses. Que suit-il de là ? Il s’ensuit que l’homme ne doit user de la propriété que selon la volonté et l’ordre de Dieu, de même qu’il doit user de la raison selon la vérité de Dieu et de sa liberté selon la loi de son Créateur. Que remarquez-vous à ce sujet ? Que si la propriété est tant attaquée aujourd’hui, c’est que l’on ne veut pas reconnaître le souverain domaine de Dieu. On nie la propriété dans d’homme, parce qu’on veut la nier en Dieu. Est-ce possible ? On n’arrivera pas à ôter à Dieu Sa suprême puissance mais on peut travailler à en offusquer la connaissance. L’infortuné qui a dit : Dieu, c’est le mal, est celui-là même qui a dit : La propriété, c’est le vol.

Arcand Adrien, Exposé des principes et du programme du Parti National Social Chrétien

Le socialisme nie le droit de propriété et tend à le faire disparaître complètement. La démocratie affirme le droit de propriété sans reconnaître aucun devoir social correspondant. Pour le premier, la propriété c’est le vol ; pour le second, c’est une chose avec laquelle on peut faire indistinctement ce que l’on veut. Le P.N.S.C. ne reconnaît aucune de ces deux formules. Il reconnaît la propriété comme un droit, mais reconnaît en même temps que ce droit entraîne des devoirs sociaux. Nous reconnaissons que l’idéal est que tout citoyen possède quelque chose, qu’il se serve de sa propriété pour son avantage personnel, mais nous ne reconnaissons pas qu’il puisse user de sa propriété de façon nuisible à ses semblables ou à son pays. Tout acte du citoyen ayant une répercussion sociale, il est indispensable que ses actes soient dirigées par des devoirs soiaux qu’il doit respecter et bien remplir. Si le fait de posséder, soit des capitaux, soit une industrie, est pour le possesseur un moyen de faire souffrir ses semblables, ou leur nuire, ou leur faire tort, nous prétendons que l’État a le droit et le devoir d’intervenir, sans injustice, comme il intervient contre un porteur d’arme ou de narcotiques qui nuit d’autre façon à ses semblables. Trop de crimes sociaux ont été commis au nom du droit de propriété pour ne pas délimiter fermement ce droit par les devoirs qui en découlent. C’est pour ne pas l’avoir compris que la démocratie a occasionné tant de révolutions de luttes de classes et qu’elle nous a fait cadeau du socialisme et du bolchevisme.

Bibliographie

  • Hilaire Belloc, La Restauration de la Propriété