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Fideon

Infaillibilité pontificale

Acte de foi

Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Église, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper.

Concile Vatican I, Pastor Æternus (Constitution dogmatique)

Car le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi.Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les Pères vénérés, révérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes. Ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : « J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères. »

Catéchisme de saint Pie X

Nous sommes certains que la doctrine chrétienne que nous recevons de l’Église catholique est la vraie, parce que Jésus-Christ, auteur divin de cette doctrine, l’a confiée par ses Apôtres à l’Église qu’il fondait et constituait maîtresse infaillible de tous les hommes, lui promettant son assistance divine jusqu’à la fin des siècles.

Saint Alphonse de Liguori, Le suprême pontificat considéré dans sa nécessité, son autorité et son infaillibilité.

Je l’affirme avec assurance : ceux-là introduisent la peste et la ruine dans l’Église, qui nient que le Pontife Romain soit le successeur de Pierre quant à l’autorité en matière de foi et de doctrine, ou qui affirment que le suprême Pasteur de l’Église, quel qu’il soit d’ailleurs, peut errer dans ses jugements sur la foi.

Dom Guéranger, L’année liturgique

Jésus avait dit : “Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise” ; mais Pierre devait mourir. La promesse n’avait donc pas pour objet sa personne seulement, mais toute la suite de ses successeurs jusqu’à la fin des siècles. Quelle étonnante et énergique action du divin Esprit produit ainsi, anneau par anneau, cette dynastie de princes spirituels arrivée à son deux cent cinquantième Pontife, et devant se poursuivre jusqu’au dernier jour du monde !

Dictionnaire de Droit Canonique, tome IV, colonne 1159

Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, il ne serait pas privé de sa charge par un jugement des hommes, mais par son propre fait, puisque l’adhésion à une hérésie l’exclurait de sein de l’Église.

Mgr de Ségur, Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion

Ce n’est pas non plus, à proprement parler, l’homme qui est infaillible dans le Pape, c’est Jésus-Christ, c’est Dieu qui le revêt de sa vérité pour qu’il ne puisse enseigner l’erreur aux peuples chrétiens.

Pape Léon IX, In terra pax (Lettre)

Quelqu’un sera-t-il donc assez fou pour oser penser que la prière de celui pour qui vouloir c’est pouvoir, puisse être sans effet sur un point ? Le Siège du prince des apôtres de l’Église romaine, n’a-t-il pas, soit par Pierre lui-même, soit par ses successeurs, condamné, réfuté et vaincu toutes les erreurs des hérétiques ? N’a-t-il pas confirmé les cœurs des frères dans la foi de Pierre, qui jusqu’à maintenant n’a pas failli et qui, jusqu’à la fin ne faillira pas ?

Pape Benoît XV, Principi Apostolorum Petro (Encyclique)

Et ces Pontifes, qui osera dire qu’ils aient failli, même sur un point, à la mission qu’ils tenaient du Christ, de confirmer leurs frères dans la Foi ?

Pape Saint Grégoire VII, Ad Patriarcham Constantinopolitanum

L’Évangile nous apprend que le Seigneur a prié pour Pierre, lorsqu’il a dit au moment de sa Passion : J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; à ton tour, confirme tes frères. Par là il insinuait manifestement que les successeurs de Pierre ne dévieraient pas un seul instant de la foi catholique, mais que bien plutôt ils y ramèneraient les autres, qu’ils y affermiraient les esprits vacillants ; et en lui accordant ainsi la puissance de confirmer ses frères, il imposait à ceux-ci l’obligation d’obéir à Pierre.

Catéchisme de Saint Pie X

L’infaillibilité du Pape fut définie par l’Église au Concile du Vatican, et si quelqu’un osait contredire cette définition, il serait hérétique et excommunié.

Lionel Lindsay, Catéchisme de controverse (Pages 27-31)

C’est une impiété, s’écriait dernièrement un protestant, membre de je ne sais quelle secte, c’est une impiété et un blasphème que de dire qu’un homme, Pape ou autre, peut être infaillible. Ne sait-on pas que tout homme est sujet à l’erreur ? Il faut être arrivé aux dernières extravagances de l’orgueil pour s’attribuer l’infaillibilité. — Sans doute, c’est folie de croire qu’un homme puisse être infaillible par lui-même et sans l’assistance de Dieu ; mais si cette assistance lui a été évidemment promise dans l’accomplissement de ses fonctions de pasteur universel, c’est sagesse de reconnaître qu’il ne peut se tromper et c’est folie de nier son infaillibilité. Vous dites que tout homme est sujet à l’erreur. Mais, dites-moi, vous qui professez tant de respect pour la Bible et qui ajoutez foi à chacune des paroles qu’elle contient, est-ce que Moïse, est-ce que David, est-ce que les Prophètes, les Évangélistes, les Apôtres et tous les écrivains sacrés n’étaient pas des hommes ? Oui, sans aucun doute. Est-ce qu’ils n’étaient pas infaillibles lorsqu’ils écrivaient les sublimes enseignements renfermés dans votre Bible ? Oui, encore. Est-ce qu’ils ont pu se tromper et vous jeter dans l’erreur ? Non, certes ; car alors vous n’auriez pas plus de respect pour leurs paroles que pour celles du Roi ou de tout autre personnage honnête. Mais s’ils étaient infaillibles en écrivant ces livres, à qui le devaient-ils ? À Dieu, sans doute, puisque la Bible, même selon vous, renferme la parole de Dieu. Si donc ces écrivains sacrés, qui n’étaient que des hommes ordinaires, ont pu ne dire que la vérité, grâce à l’inspiration divine, pourquoi les Papes ne pourraient-ils pas, en vertu de l’assistance du Saint-Esprit, posséder le privilège de ne jamais enseigner, comme Papes, une erreur quelconque en matière de doctrine révélée ? Il y a égale possibilité dans les deux cas. Or Dieu a promis d’être avec son Église jusqu’à la fin des siècles ; il lui a promis son Esprit-Saint pour enseigner toute vérité et il a prié pour que la foi de Pierre ne dé- faille jamais. Oserez-vous soutenir que la prière du Sauveur n’a pas obtenu son effet ? Vous n’auriez pas le courage de le dire. Il vous faut donc reconnaître que les Papes peuvent, avec le secours de Dieu, ne jamais enseigner l’erreur et être en réalité infaillibles. Pour que cette conclusion fût vraie, il faudrait, répliqua-t-il, que les promesses de Jésus-Christ eussent été faites non seulement aux Apôtres et à saint Pierre, mais encore à leurs successeurs : ce qui ne pourra jamais être prouvé. — Il est facile, au contraire, de démontrer que les promesses du Sauveur ont été faites pour toujours : Jésus promet, en effet, d’être avec ses Apôtres jusqu’à la fin des siècles ; il leur répète plusieurs fois que le Saint-Esprit demeurera toujours (in œteinum) avec eux pour leur enseigner toute vérité ; il affirme que les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre son Église qui est bâtie sur Pierre. Il est évident que Jésus-Christ fondait une Église qui devait durer aussi longtemps qu’il y aurait des hommes à sauver, c’est-à-dire jusqu’à la fin du monde ; ses promesses d’assistance s’étendaient donc de la même manière jusqu’à la consommation des siècles et par conséquent elles ne pouvaient se restreindre à saint Pierre et aux Apôtres personnellement, puisqu’ils devaient bientôt mourir, mais elles com- prenaient nécessairement tous ceux qui devaient leur succéder dans les mêmes fonctions. Aussi telle a été la croyance constante de l’Église universelle jusqu’à la naissance de votre fausse Réforme au seizième siècle. À d’autres vous ferez admettre l’infaillibilité des Papes, répliqua ce protestant. Pour moi, jamais je ne pourrai croire que des hommes pervers, corrompus, comme l’ont été certains Papes, aient été infaillibles. — Vous pensez avoir trouvé un argument irréfutable, mais vous vous trompez étrangement. Vous confondez l’infaillibilité et l’impeccabilité : deux choses pourtant bien différentes. Et d’abord disons de suite que vous exagérez affreusement les vices des Papes : si vous étudiiez l’histoire ailleurs que dans les auteurs qui sont hostiles au catholicisme, vous verriez de suite que ces Papes, considérés par vous comme si criminels, sont encore infiniment supérieurs dans leur conduite morale à tous vos grands réformateurs du seizième siècle et peuvent leur servir de modèles. De plus, en supposant même que tout ce que vous rapportez sur leur compte fût vrai, il ne s’ensuivrait encore rien contre leur infaillibilité. Vous semblez ne pas comprendre qu’un même homme puisse être en même temps pécheur et infaillible. Mais, dites moi, comprenez-vous qu’un homme puisse être excellent professeur de littérature ou de mathématiques, ne jamais enseigner d’erreur sur ces matières à ses élèves et cependant être un homme scandaleux et corrompu ? Son enseignement et sa conduite privée sont deux choses bien différentes : comme professeur, il peut être toujours dans le vrai, et comme individu être cependant très pervers ; il sera professeur infaillible et toutefois grand pécheur. Ainsi en est-il des souverains Pontifes : ils sont à la fois hommes et chefs de l’Église. Comme hommes, comme particuliers, ils sont soumis aux mêmes misères que les autres hommes ; ils peuvent être pécheurs ou justes, méchants ou édifiants comme les autres. Comme chefs de l’Église ou comme Papes, ils ont le privilège de ne jamais enseigner l’erreur en matière de doctrine révélée : ce privilège, ils le doivent non pas à leurs propres forces, mais à l’assistance particulière que leur communique le Saint Esprit. L’infaillibilité est donc chose bien distincte de l’impeccabilité.

Saint Cyprien, Sur l’unité de l’Église

La chaire de Pierre est cette Église principale d’où est sortie l’unité sacerdotale auprès de laquelle l’erreur ne peut avoir d’accès.

Pape Saint Léon I, Sermon 98

Aucune hérésie ne peut souiller celui qui est assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui l’enseigne.

Monseigneur Filippi, Le triomphe de l’Église au Concile du Vatican (Pages 229-230)

Mais, d’une part, l’Église ne peut périr ; d’autre part, elle n’est l’Église de Jésus-Christ que parce qu’elle est fondée sur Pierre. Pierre donc, comme fondement de l’Église, ne peut défaillir. Si le Pontife Romain pouvait enseigner l’erreur, il pourrait arriver ou que l’Église le suivrait, et alors elle cesserait d’être l’Église de Jésus-Christ, parce qu’elle se séparerait de la foi du Christ, qui est son aliment vital, et le lien nécessaire entre tous les membres du corps mystique, dont Jésus-Christ est la tête invisible, et le Pontife Romain la tête visible : ou bien elle ne le suivrait pas, et alors elle ne reposerait plus sur le fondement sur lequel Jésus-Christ l’a établie, et elle perdrait le caractère de vraie Église de Jésus-Christ, puisqu’elle ne serait plus qu’un amas de membres séparés et sans tête qui les retienne dans l’unité. Or, l’une et l’autre hypothèse étant contraire aux promesses du divin Sauveur, il suit de ses paroles que le Pontife Romain, alors qu’il enseigne l’Église touchant la doctrine révélée de Jésus-Christ, est personnellement infaillible.

Saint Augustin, De la correction et de la grâce (Livre VIII Chapitre 17)

Si, défendant le libre arbitre non selon la grâce de Dieu, mais contre elle, tu dis qu’il appartient au libre arbitre de persévérer ou de ne pas persévérer dans le bien, et que si l’on y persévère, ce n’est pas par un don de Dieu, mais par un effort de la volonté humaine, que machineras-tu pour répondre à ces paroles du Maître : « J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas » ? Oseras-tu dire que malgré la prière du Christ pour que la foi de Pierre ne défaille pas, cette foi eût défailli néanmoins, si Pierre avait voulu qu’elle défaillît, c’est-à-dire s’il n’avait pas voulu persévérer jusqu’à la fin ? Comme si Pierre eût pu vouloir autre chose que ce que le Christ demandait pour lui qu’il voulût ! Qui ignore que la foi de Pierre devait périr, si sa propre volonté, la volonté par laquelle il était fidèle, défaillait, et qu’elle devait demeurer jusqu’au bout, si sa volonté restait ferme? Mais puisque la volonté est préparée par le Seigneur, la prière du Christ pour lui ne pouvait être vaine. Quand il a prié pour que sa foi ne défaille pas, qu’a-t-il demandé en définitive, sinon qu’il ait une volonté de croire à la fois parfaitement libre, ferme, invincible et persévérante ? Voilà comment on défend la liberté de la volonté, selon la grâce, et non contre elle. Car ce n’est pas par sa liberté que la volonté humaine acquiert la grâce, mais plutôt par la grâce qu’elle acquiert sa liberté, et pour persévérer, elle reçoit, en outre, de la grâce le don d’une stabilité délectable et d’une force invincible.

Catéchisme de Saint Pie X

En définissant que le pape est infaillible, l’Église n’a point établi une nouveauté dans la foi ; mais, pour s’opposer à de nouvelles erreurs, elle a défini que l’infaillibilité du pape, contenue déjà dans l’Écriture Sainte et dans la Tradition, est une vérité révélée de Dieu et que, par conséquent, il faut la croire comme un dogme ou un article de foi.

Pape Paul IV, Cum ex apostolatus officio (Bulle)

Il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Sei­gneur Jésus-Christ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes.

Dom Guéranger, De la Monarchie Pontificale

La première charge du Pasteur est d’enseigner le troupeau ; car le troupeau ne peut vivre que de la vérité. Si le Pasteur qui paît les agneaux et les brebis au nom du Maître, enseignait l’erreur, ou il pervertirait les agneaux et les brebis qui sont sous sa garde, et le troupeau périrait ; ou les brebis repousseraient le Pasteur, et l’unité ne serait plus dans la bergerie. Or, les promesses de Jésus-Christ nous assurent que ni l’un ni l’autre de ces malheurs n’est possible, puisqu’il s’ensuivrait le renversement de l’Église ; il faut donc conclure que le Pontife romain, par cela même qu’il est le Pasteur universel, jouit de l’infaillibilité personnelle dans la doctrine.

Jacques-Bénigne Bossuet, Œuvres (Volume 3 Page 729)

Qu’importe, qu’il y ait peut-être dans cette belle suite deux ou trois endroits fâcheux : la foi de Saint Pierre n’a pas défailli, encore qu’elle ait souffert quelque éclipse dans le reniement qui lui a été particulier, et dans l’incrédulité qui lui a été commune avec ses frères les Apôtres. Il en est ainsi de Saint Pierre considéré dans ses successeurs : tous ses successeurs sont un seul Pierre. Quelque défaillance qu’on croie remarquer dans quelques-uns, il suffit que la Vérité de l’Évangile soit demeurée dans le total, et qu’aucun dogme erroné n’ait pris racine, ni fait corps dans la succession et la Chaire de Saint Pierre. Si bien que la foi Romaine, c’est-à-dire la foi que Pierre a prêchée et établie à Rome, et qu’il a scellée de son sang, n’a jamais péri, et ne périra jamais.

Mgr de Ségur, Le pape est infaillible

Tout le monde est donc obligé, sous peine de péché mortel, sous peine d’hérésie et d’apostasie, de croire, du fond du cœur, sans aucune restriction, que le Souverain Pontife ne peut errer lorsqu’il enseigne l’Église. On doit le croire, parce que c’est une vérité divine et révélée, une, vérité définie par l’Église. On doit le croire de cœur, et le professer de bouche, comme on croit toutes les autres vérités de la foi : la Trinité, l’Incarnation, la présence réelle, etc.

Pape Léon XIII, Libertas praestantissimum (Encyclique)

Mais, pour la foi et la règle des mœurs, Dieu a fait participer l’Église à son divin magistère et lui a accordé le divin privilège de ne point connaître l’erreur.

Bibliographie

  • Antoine Blanc de Saint-Bonnet, L’infaillibilité
  • Mgr de Ségur, Le pape est infaillible
  • Dom Prosper Guéranger, De l’infaillibilité papale
  • Adrien Abauzit, L’infaillibilité pontificale
  • Abbé B.-M. Constant, L’histoire et l’infaillibilité des papes (Lien)
  • Léon Gautier, L’infaillibilité devant la raison, la foi et l’histoire
  • Abbé Benjamin-Marcellin Constant, L’histoire et l’infaillibilité des papes
  • Cardinal Thomas de Vio Cajétan, Le successeur de Pierre