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Fideon

Ignorance invincible

Pape Pie IX, Singulari Quidem (Encyclique)

L’Église déclare ouvertement que l’unique espérance de salut pour l’homme est placée dans la foi chrétienne, qui enseigne la vérité, dissipe les ténèbres de l’ignorance par l’éclat de sa lumière et opère par la charité, et que cette espérance est placée dans l’Église catholique, qui, en maintenant le vrai culte, est le solide asile de cette foi et le temple de Dieu, hors duquel personne, à moins d’avoir l’excuse d’une ignorance invincible, ne peut avoir l’espoir de la vie et du salut.

Jean Daujat, La face interne de l’histoire (Pages 61-62)

[…] Reste le cas de ceux qui n’ont pas été instruits ou n’ont pas été complètement ou bien suffisamment instruits de cela. S’ils n’ont jamais opposé de refus volontaire à la vérité, s’ils adhèrent, même à travers des formulations défectueuses ou erronées, à ce qu’ils ont reçu intérieurement de lumière de Dieu, si leur liberté consent à l’action intérieure de la grâce, même sans savoir ce qu’elle est ni d’où elle vient, et est portée par là à aimer par-dessus tout le Bien absolu et infini, même si elle ne sait pas lui donner le nom de Dieu, ils appartiennent à l’Église parce que ce qu’il y a de grâce et de charité en eux ne peut venir que du Christ Rédempteur, mais c’est une appartenance invisible qui ne peut être connue que de Dieu seul qui voit à l’intérieur des âmes et que rien ne manifeste visiblement : l’Église s’étend ainsi invisiblement bien au-delà de ses frontières visibles partout où la grâce rédemptrice de Jésus-Christ pénètre à l’intérieur des âmes pour les sauver et les sanctifier.

Monseigneur Cauly, Le catéchisme expliqué

Ceux auxquels l’Évangile n’a pas été annoncé n’appartiennent pas au corps de l’Église ; mais ils seront néanmoins sauvés s’ils appartiennent à l’âme, c’est-à-dire s’ils aiment, désirent et recherchent la vérité, s’ils suivent leur conscience éclairée par la lumière naturelle et observent d’ailleurs la religion qu’ils croient bonne. Dans ces conditions, le salut peut leur être difficile, mais il n’est pas impossible.

Pape Pie IX, Quanto conficiamur (Encyclique)

Nous devons de nouveau rappeler et blâmer la très grave erreur où se trouvent malheureusement quelques catholiques, qui adoptent la croyance que les personnes vivant dans les erreurs et en dehors de la vraie foi et de l’unité catholique peuvent arriver à la vie éternelle. Cela est péremptoirement contraire à la doctrine catholique. Nous savons et vous savez que ceux qui ignorent invinciblement Notre très sainte religion, et qui, observant avec soin la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le cœur de tous, et disposés à obéir à Dieu, mènent une vie honnête et droite, peuvent, avec l’aide de la lumière et de la grâce divine, acquérir la vie éternelle ; car Dieu, qui voit parfaitement, scrute et connaît les esprits, les âmes, les pensées et les habitudes de tous, ne permet pas, dans sa souveraine bonté et clémence, que celui qui n’est pas coupable de faute volontaire soit puni par les supplices éternels. Mais il est aussi très connu, ce dogme catholique : que personne ne peut se sauver hors de l’Église catholique, et que ceux-là ne peuvent obtenir le salut éternel qui sciemment se montrent rebelles à l’autorité et aux définitions de l’Église, ainsi que ceux qui sont séparés de l’unité de l’Église et du Pontife romain, successeur de Pierre, à qui a été confiée par le Sauveur la garde de la vigne.

Lionel Lindsay, Catéchisme de controverse (Pages 81-82)

Sans aucun doute, il n’y a pas de salut possible, lorsqu’on est hors de l’Église par sa faute et volontairement car alors on méprise l’autorité divine de l’Église, on se montre rebelle à Jésus-Christ et il est impossible de se sauver dans l’état de révolte contre Dieu. Mais il est faux de dire qu’il n’y a pas de salut hors de l’Église, lorsqu’on y est involontairement ou par ignorance car là où il n’y a point de volonté, il n’y a point de péché. Il y a aussi chez les hérétiques et les schismatiques des hommes qui sont absolument dans la bonne foi ; souvent ils auront été élevés en dehors de la véritable Église par des parents qui n’ont jamais aperçu le flambeau de la vérité, ou bien ils auront été séduits dès leur jeune âge par de trompeuses apparences ; l’erreur aura pris à leurs yeux des couleurs séduisantes : alors il peut se faire qu’ils ne soient pas réellement coupables, étant dans une ignorance invincible de la vérité ; ils ne sont même pas hérétiques formellement, puisque pour cela il faut soutenir l’erreur avec opiniâtreté, contrairement aux enseignements connus de l’Église, aux lumières de la foi et de sa conscience. Sans vouloir prévenir les jugements de Dieu, nous croyons que leur bonne foi les excuse et qu’ils peuvent êtres sauvés. Quant aux infidèles, qui n’ont jamais connu les lumières de l’Évangile, il est évident que leur ignorance de la foi, si elle est involontaire et invincible, ne peut pas être punissable. Dieu demandera beaucoup à ceux qui auront reçu beaucoup et moins à ceux qui auront moins reçu ; il ne cherche pas à recueillir là où il n’a pas semé. Maître juste et équitable, il ne réclamera de chacun que proportionnellement aux grâces et aux lumières qu’il lui aura données, et nul doute que les infidèles qui auront correspondu fidèlement aux bienfaits de Dieu, pourront arriver au ciel, puisqu’ils appartiennent, ainsi que les protestants de bonne foi, à l’âme de l’Église du Christ.