Saint Thomas d’Aquin, Questions quodlibétiques
Personne ne peut être libéré de la condamnation que le genre humain encourt en raison du péché du premier père, que par le Christ, qui seul est exempt de cette condamnation, de sorte qu’il lui soit incorporé comme un membre à la tête. Or, cela peut se produire de trois façons. Premièrement, par la réception du baptême, selon Ga 3, 27 : Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Deuxièmement, par l’effusion du sang à cause du Christ, car par cela aussi on est rendu conforme à la passion du Christ, dont le baptême tire son efficacité. C’est pourquoi il est dit des martyrs, Ap 15, 14, qu’ils ont lavé leurs robes dans le sang de l’Agneau. De la troisième façon, par la foi et l’amour, selon ce que dit Pr 15, 27 : Par la miséricorde et par la foi les péchés sont purifiés, et Ac 15, 9 : En purifiant leurs cœurs par la foi, et le Christ habite dans nos cœurs par la foi, comme on le lit en Ep 3, 17. Aussi le baptême lui-même est-il appelé le sacrement de la foi. On dit donc ainsi qu’il existe un triple baptême : [un baptême] d’eau, d’Esprit et de sang, car les deux autres suppléent le baptême d’eau, pourvu qu’on ait le propos de recevoir un tel baptême, de sorte que ce soit l’article de la nécessité, et non le mépris de la religion, qui exclue le sacrement.
Pape saint Pie X, Grand catéchisme
Le défaut du sacrement de Baptême peut être suppléé par le martyre qu’on appelle Baptême de sang, ou par un acte de parfait amour de Dieu ou de contrition joint au désir au moins implicite du Baptême, et ceci s’appelle Baptême de désir.
Rufin d’Aquilée, Commentaire du Symbole des Apôtres
Il est écrit que, lorsque le côté de Jésus a été percé, « de l’eau et du sang se sont écoulés ». Cela a une signification mystique. Puisqu’Il avait dit Lui-même « de son ventre couleront des rivières d’eau vivante ». Mais il s’est également écoulé du sang dont les juifs ont demandé à ce qu’il retombe sur eux et leurs enfants. Il s’est écoulé de l’eau, conséquemment, par laquelle les croyants pouvaient être lavés. Il s’est également écoulé du sang par lequel les incroyants pouvaient être condamnés. Toutefois, cela peut être entendu également comme une préfiguration des deux volets de la grâce du baptême, l’un consiste en ce que la grâce est donnée par le baptême d’eau, l’autre par le martyr en versant son sang, puisque les deux sont appelés baptême.
Saint Ambroise, Oraison funèbre de Valentinien II
Hélas ! me dites-vous, notre frère est mort sans avoir reçu le sacrement de baptême ! Laissez-moi répondre à ce scrupule de votre piété. Qu’est-ce qui dépend de nous, en cette vie, sinon le désir et la volonté ? Or il eut le désir ardent, la volonté ferme de recevoir le baptême. Avant son départ pour l’Italie, il m’avait manifesté son intention ; il l’a renouvelée deux fois depuis. Il m’appelait dans les Gaules pour recevoir de mes mains l’eau régénératrice. Donc la grâce qu’il attendait du baptême sacramental, il l’a reçue par le baptême du désir. « Le juste peut être prévenu par la mort, dit l’Écriture, son âme n’en reposera pas moins dans la paix du Seigneur. » Autrement il faudrait dire que, sans être baptisés, les catéchumènes qui versent leur sang pour Jésus-Christ n’obtiennent point la couronne du ciel ! Vous savez le contraire ; vous savez que le baptême du sang remplace celui de l’eau ; de même que le baptême du désir et de la volonté ouvre les portes des célestes tabernacles !
Saint Alphonse de Liguori, Theologia Moralis
Maintenant, il est de foi que les hommes sont également sauvés par le Baptême de désir, conformément au Canon Apostolicam « de presbytero non baptizato » et au Concile de Trente, session 6, chapitre 4, où l’on y mentionne que nul ne peut être sauvé « sans le bain de la régénération ou le désir de celui-ci.
Concile de Trente (Session 6, Chapitre 4)
Ces paroles font voir que la justification de l’Impie, n’est autre chose que la translation, et le passage de l’état auquel l’homme nait enfant du premier Adam, à l’état de grâce, et d’enfant adoptif de Dieu, par le second Adam Jésus-Christ Notre Sauveur ; et ce passage, ou cette translation depuis la publication de l’Évangile, ne peut se faire sans l’eau de la régénération, ou sans le désir d’en être lavé, suivant qu’il est écrit, que si un homme ne renait de l’eau, et du Saint Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (Jean III, 5).
Pape Pie XII, Discours aux sages-femmes italiennes (29 octobre 1951)
Un acte d’amour peut suffire à l’adulte pour acquérir la grâce sanctifiante et suppléer à l’absence du baptême.
Saint Cyprien de Carthage, Lettre à Jubianus
Mais quelques-uns en cet endroit, comme s’ils pouvaient par des raisonnements humains anéantir la vérité de l’enseignement évangélique, nous opposent les catéchumènes, et nous demandent si, au cas où l’un d’eux, avant d’être baptisé dans l’Église, serait arrêté pour avoir confessé le Nom du Christ, et mis à mort, il devrait renoncer à l’espoir du salut et à la récompense de sa confession, parce qu’il n’aurait pas auparavant puisé dans l’eau une vie nouvelle. Eh bien, qu’ils sachent, ces partisans, ces fauteurs d’hérétiques, que les catéchumènes en question, tout d’abord, ont la foi entière et la vérité de l’Église, et qu’ils partent du camp divin pour combattre le diable, avec une connaissance entière et pure de Dieu le Père, du Christ, et du saint Esprit ; ensuite, qu’ils ne sont même pas privés du sacrement de baptême, vu qu’ils sont baptisés de ce baptême très glorieux et très noble, dont le Seigneur disait qu’il avait un autre baptême à recevoir. Or qu’ainsi baptisés dans leur sang, et sanctifiés par leurs souffrances, ils soient parfaits, et reçoivent la grâce promise par Dieu, c’est ce que le même Seigneur déclare, quand Il parle au larron, qui croyait en Lui et le confessait au milieu de ses souffrances, et qu’Il lui promet qu’il sera avec Lui dans le paradis. Voilà pourquoi nous, qui sommes les gardiens de la foi et de la vérité, nous ne devons point tromper et décevoir ceux qui viennent à la vérité et à la foi, et qui demandent que les péchés leur soient remis, mais plutôt nous devons les corriger, les réformer et les instruire pour le royaume des cieux, en leur apprenant les enseignements célestes. Mais on dira : Quel sera donc le sort de ceux qui, dans le passé, venant de l’hérésie à l’Église, y ont été admis sans baptême ? La Miséricorde du Seigneur est assez puissante pour leur faire grâce, et ne point priver des avantages de son Église ceux qui, admis de bonne foi dans cette Église, sont venus à y mourir.
Père Deviviers, Cours d’Apologétique Chrétienne ou Exposition raisonnée des fondements de la foi (Pages 496-497)
Le baptême d’eau, qui est nécessaire à tous ceux qui en connaissent la nécessité et qui peuvent le recevoir, peut être suppléé par le baptême de sang ou par le baptême de désir. Le baptême de désir y suppléé pour ceux qui, connaissent la nécessité du baptême d’eau et ne pouvant le recevoir, n’importe pour quelle cause, en ont le désir explicite, accompagné de la contrition parfaite des péchés graves actuels.
Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique
Puisque l’homme peut être sanctifié, non seulement par le baptême d’eau, mais encore par le sang du Christ en se conformant à sa passion, en souffrant pour lui et par la vertu de l’Esprit-Saint qui opère intérieurement, il y a dans l’Écriture trois baptêmes, le baptême d’eau, le baptême de sang et le baptême d’amour.
Saint Augustin, La Cité de Dieu
Tous ceux, en effet, qui meurent pour la confession de Jésus-Christ obtiennent, sans avoir reçu le baptême, le pardon de leurs péchés, comme s’ils avaient été baptisés. Il est écrit, à la vérité, que « personne n’entrera dans le royaume des cieux, qu’il ne renaisse de l’eau et du Saint-Esprit ». Mais l’exception à cette règle est contenue dans ces paroles non moins formelles : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ». Et ailleurs : « Qui perdra sa vie pour moi, la trouvera ». Voilà pourquoi il est écrit : « Précieuse est devant le Seigneur la mort de ses saints ». Quoi de plus précieux en effet qu’une mort qui efface les péchés et qui accroît les mérites ? Car il n’y a pas à établir de parité entre ceux qui, ne pouvant différer leur mort, sont baptisés et sortent de cette vie après que tous leurs péchés leur ont été remis, et ceux qui, pouvant s’empêcher de mourir ne l’ont pas fait, parce qu’ils ont mieux aimé perdre la vie en confessant Jésus-Christ, que d’être baptisés après l’avoir renié.
Saint Jean Chrysostome, Panégyrique de Sainte-Lucie
Ne soyez pas surpris que j’appelle le martyr un Baptême, car ici aussi, l’Esprit vient en grande hâte et il y a une rémission des péchés et une merveilleuse purification de l’âme ; et tout comme ceux qui sont baptisés sont lavés dans l’eau, de même ceux qui sont martyrisés sont lavés dans leur propre sang.
Catéchisme du Concile de Trente
Malgré cela, l’Église n’est point dans l’usage d’accorder sur-le-champ le baptême à ces sortes de personnes, elle veut au contraire qu’on le diffère pendant un certain temps. Ce délai n’entraîne point pour eux les dangers qui menacent les enfants comme nous l’avons dit plus haut. Doués qu’ils sont de l’usage de la raison, le désir, la résolution de recevoir de baptême, joints au repentir d’avoir mal vécu, leur suffisent pour arriver à la grâce et à la justification, si quelque accident soudain venait les empêcher de se purifier dans les fonts salutaires.
Monseigneur Félix Dupanloup, Le catéchisme chrétien ou un exposé de la doctrine de Jésus-Christ
Le Baptême peut-il être suppléé ? Oui, quand on a le désir du Baptême et qu’on est dans l’impossibilité de le recevoir, ce sacrement peut être suppléé par le martyre : c’est ce qu’on appelle le baptême de sang ; ou par un acte de parfait amour de Dieu : c’est ce qu’on appelle le baptême de désir.
Saint Augustin, La Cité de Dieu
Le baptême est administré de façon invisible lorsque ce n’est pas le mépris de la religion mais la barrière de la nécessité qui l’exclut.
Catholic Encyclopedia (Page 266)
Le Baptême de désir (baptismus flaminis) est une contrition parfaite du cœur, et tout acte de charité parfaite ou de pur amour pour Dieu qui contient, au moins implicitement, un désir (votum) de Baptême […] ces actes suppléent les principaux effets du Baptême de fait, la rémission des péchés.
Tertullien, Sur le baptême
Il est vrai que nous avons un second baptême, qui est le baptême de sang, mais qui est aussi unique. C’est enfin ce baptême qui supplée au défaut du baptême d’eau, et qui en répare le défaut quand on a eu le malheur de perdre l’effet du baptême.
Saint Basile, Traité sur le Saint-Esprit (Chapitre XV)
Et il y a eu auparavant des champions de la véritable religion qui sont morts pour l’amour du Christ, non pas simplement au sens figuré, mais en fait actuel, et qui ont eu besoin de nul des signes externes de l’eau pour leur salut, parce qu’ils ont été baptisés dans leur propre sang. Ainsi, je ne dis pas de dénigrer le baptême d’eau, mais de renverser les arguments de ceux qui s’exaltent eux-mêmes contre l’Esprit-saint; qui confondent les choses qui sont distinctes d’une de l’autre, et qui comparent celles qui n’admettent pas de comparaison.
Code de Droit Canonique de 1917 (Canon 731, Paragraphe 1)
Le baptême, porte et fondement des autres sacrements, est nécessaire, de fait ou tout au moins de désir, au salut de tous ; il n’est conféré validement que par l’ablution avec une eau vraie et naturelle, accompagnée des paroles prescrites.
Martyrologe Romain, publié par l’ordre de Grégoire XIII, revu par l’autorité d’Urbain VIII et de Clément X, augmenté et corrigé en 1749 par le pape Benoît XIV (Édition de 1959)
– À Rome, sainte Émérentienne, vierge et martyre. Encore catéchumène elle fut lapidée par les païens tandis qu’elle priait au tombeau de sainte Agnès dont elle avait été la sœur de lait. – À Braga, en Lusitanie, saint Victor martyr, n’étant encore que catéchumène, il refusa d’adorer les idoles, confessa le Christ Jésus avec une fermeté inébranlable et, après beaucoup de tourments, eut la tête tranchée, méritant ainsi d’être baptisé dans son sang. – À Alexandrie, dans la même persécution de Sévère, les saints martyrs Plutarque, Sérène, Héraclide catéchumène, Héron, néophyte, un autre Sérène, avec les saintes femmes Rhaide catéchumène, Potamienne, vierge, et Marcelle sa mère. Entre ces saints brilla d’un plus grand éclat la vierge Potamienne, qui, ayant soutenu de fréquents et de rudes combats pour sa virginité, endura pour la foi des tourments inouïs, et fut enfin brûlée avec sa mère.
Révérend Père Jean Le jeune, Le missionnaire de l’oratoire (Page 268)
Il y a trois sortes de baptême : baptême d’eau, baptême d’esprit et baptême de sang ; Fluminis, flaminis, sanguinis. Le baptême d’eau est celui dont j’ai parlé jusqu’à présent, qui est absolument nécessaire aux petits enfants ; le baptême du Saint-Esprit est la parfaite contrition ou amour de Dieu pur et désintéressé. Le baptême de sang, c’est le martyre ; car quiconque donne sa vie pour la querelle de Dieu, ou pour la foi de Jésus est baptisé en son sang.
Abbé François Spirago, Catéchisme catholique populaire (Page 471)
Quand le baptême d’eau est impossible, il peut être supplée par le désir du baptême (baptême de désir) ou par le martyre pour Jésus-Christ.
Père Noël Barbara, Catéchèse catholique du mariage
Chez ceux qui ont l’usage de leur raison, le baptême d’eau peut être suppléé par le baptême de sang ou par le baptême de désir.
Abbé Ambroise Guillois, Explication historique dogmatique morale liturgique et canonique du catéchisme avec la réponse aux objections tirées des sciences contre la religion
Le baptême peut être suppléé, dans les enfants, par le martyre, et, dans ceux qui ont l’usage de la raison, par le martyre ou par un acte de charité, avec le désir d’être baptisés aussitôt qu’ils le pourront. Explication : Le baptême peut être suppléé, c’est-à dire que quelque chose peut en tenir lieu. Un enfant qui ne serait pas baptisé, mais qui serait mis à mort pour la cause de Jésus-Christ, serait sauvé ; la mort qu’il endurerait pour Jésus-Christ ou à l’occasion de Jésus-Christ, ce qu’on appelle souffrir le martyre, lui tiendrait lieu de baptême. C’est d’après ce principe que l’Église fait la fête des enfants qu’Hérode fit mourir à Béthléem et dans les environs, et qu’on appelle les Saints innocents. Ils règnent dans le ciel pour avoir, ici-bas, confessé Jésus-Christ, non par leurs discours, mais par leur mort et l’effusion de leur sang, comme le chante l’Église. Dans les adultes, le baptême peut être suppléé : l° par le martyre . Celui qui meurt pour Jésus-Christ est baptisé dans son propre sang, obtient une entière rémission de tous ses péchés, et entre sur-le-champ en possession du bonheur du ciel. Aussi l’Église honore-t-elle d’un culte public saint Genès d’Arles, qui n’était encore que catéchumène lorsqu’il fut décapité, sur les bords du Rhône, pour avoir refusé de souscrire à un édit de Maximilien Hercule, qui ordonnait de persécuter les chrétiens ‘. 2° Par le désir sincère d’être baptisé, si on le pouvait, joint à un acte de charité parfaite. Une personne qui se trouve dans l’impossibilité de recevoir le baptême, mais qui le désire avec ardeur, et qui s’excite en même temps à une douleur sincère de ses péchés et à un grand amour de Dieu, reçoit, si elle meurt dans ces dispositions, l’effet du baptême, et le ciel devient aussitôt son partage. Le jeune empereur Valentinien mourut sans baptême, dans le temps même qu’il se préparait à aller à Milan pour se faire baptiser par saint Ambroise. Ce saint docteur, en faisant son oraison funèbre, n’hésita point à le regarder comme sauvé, et dit qu’on ne pouvait pas douter qu’il n’eût obtenu de Dieu l’effet du baptême, qu’il avait ardemment désiré. Il y a donc trois sortes de baptême ? Oui, il y a trois sortes de baptême : le baptême d’eau, le baptême de sang et le baptême de désir, et cependant il n’y a qu’un seul sacrement de baptême. Explication : Le baptême d’eau, c’est celui que l’on administre en versant de l’eau sur la tête de la personne que l’on baptise. Le baptême de sang, c’est le martyre enduré pour Jésus-Christ. Le baptême de désir, c’est le désir sincère d’être baptisé, joint à un acte de charité et de repentir. Ce désir ou vœu du baptême qui, d’après le concile de Trente, suffit dans celui qui ne peut recevoir le sacrement, peut très-bien s’entendre du vœu implicite, tel qu’il se trouve dans celui qui, sans avoir connaissance du baptême, est dans la disposition de faire tout ce que Dieu prescrit comme moyen de salut. C’est l’opinion de plusieurs docteurs, parmi lesquels on distingue saint Thomas et saint Alphonse de Liguori. Il n’y a que le baptême d’eau qui soit un véritable sacrement et qui imprime un caractère; mais les deux autres produisent les mêmes effets, quant à l’infusion de la grâce et à la rémission des péchés. L’Écriture ne laisse aucun doute à ce sujet : « Quiconque, dit l’Apôtre, aura invoqué le nom du Seigneur, sera sauvé » voilà pour le baptême de désir. « Celui, dit Jésus-Christ, qui aura perdu la vie à cause de moi, la retrouvera » voilà pour le baptême de sang.
Pierre Lombard, Les Quatre Livres des Sentences (Quatrième livre, Distinction IV, Chapitre IV)
Que le martyre remplit l’office du baptême. En effet, ceux qui répandent leur sang pour le nom de Jésus, même s’ils ne reçoivent pas le signe sacramentel, reçoivent pourtant la réalité. – Au livre XIII de La cité de Dieu. D’où Augustin : « Il y a tous ceux qui meurent pour la confession du Christ, sans avoir reçu le bain de la régénération : ce qui pour la rémission des péchés a autant de valeur pour eux, que s’ils avaient été lavés dans les fonts sacrés du baptême. » Entendons que le martyre, reçu pour le nom de Jésus, supplée à l’office du baptême. Que non seulement le martyre, mais la foi et la contrition, remplissent l’office du baptême. – Augustin, au livre IV sur Le baptême. Et il n’y a pas seulement le martyre qui remplit l’office du baptême, mais encore la foi et la contrition, là où la nécessité exclut le signe sacramentel, comme l’enseigne clairement Augustin, lorsqu’il dit que « le martyre remplit parfois l’office du baptême, à propos de ce larron, qui n’avait pas été baptisé, auquel il a été dit : Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ; leçon que le bienheureux Cyprien prend au sérieux. Ce que considérant encore et encore, je trouve que non seulement le martyre pour le nom du Christ peut suppléer au baptême qui faisait défaut, mais aussi la foi et la conversion du cœur, si la célébration du rite du baptême ne peut d’aventure être assurée au milieu des difficultés des temps. Et, en effet, ce larron n’a pas été crucifié pour le nom du Christ, mais à proportion de ce qu’ont mérité ses crimes ; et il n’a pas non plus souffert, parce qu’il a cru, mais parce qu’il croit dans le même temps qu’il souffre. Que cela ait autant de valeur, par conséquent, même sans le sacrement visible du baptême, comme l’affirme l’Apôtre : La foi du cœur obtient la justice, tandis que la confession de la bouche obtient le salut, a été montré en la personne de ce larron. Mais il est alors accompli invisiblement quand, non pas le mépris de la religion, mais l’imminence de la nécessité exclut le baptême. » « Et, il est certain que le baptême peut aussi exister, là où a fait défaut la conversion du cœur ; d’un autre côté, la conversion du cœur peut évidemment avoir lieu sans qu’ait été reçu le baptême, mais elle ne le peut pas en ayant méprisé le baptême. Et, en aucune façon, il ne faut parler de conversion du cœur vers Dieu, quand on méprise le sacrement de Dieu. » – Comme on le voit, nous avons ici que non seulement le martyre, mais encore la foi et la contrition confèrent la rémission, là où on ne méprise pas le sacrement, comme il est montré en la personne de ce larron : lui qui a été sauvé sans le baptême, non pas par le martyre, mais par la foi. Augustin, au livre II des Révisions. Oui, mais certains disent qu’Augustin a révisé cela. Il a certes révisé l’exemple, mais pas la sentence. Il affirme, en effet, ainsi : « Au quatrième livre sur Le baptême, lorsque je disais que le martyre peut faire office de baptême, je n’ai pas exposé un exemple bien approprié, celui de ce larron, car il n’est pas certain qu’il n’ait pas été baptisé. » Ambroise. On constate donc que certains seront justifiés et seront sauvés sans le baptême. D’où Ambroise, au sujet de Valentinien : « Mon ventre, je souffre, pour utiliser la parole prophétique, car j’ai perdu celui que j’allais régénérer ; néanmoins, celui-ci n’a pas perdu la grâce qu’il réclamait . » Ce qui semble s’écarter des choses susdites. D’autre part, semble s’écarter de ces choses, ce qu’affirme le Seigneur : Si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, il ne peut entrer dans le royaume des cieux. Puisque, si cela est vrai d’une manière générale, ce qui a été exposé plus haut ne semble plus vrai. La détermination. Mais il faut entendre cela à propos de ceux qui peuvent recevoir le baptême et qui le méprisent. Ou bien, on doit le comprendre ainsi : Si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint, c’est-à-dire de cette régénération qui a lieu par l’eau et par l’Esprit- Saint, il ne sera pas sauvé. Et puis que cette régénération n’a pas lieu seulement par le baptême, mais encore par la pénitence et par le sang. – Sur la Lettre aux Hébreux. C’est pourquoi l’autorité dit que l’Apôtre a pour cette raison parlé « plusieurs fois » du fondement des baptêmes, « car il y a le baptême : dans l’eau, dans le sang, dans la pénitence .» D’autre part, il ne dit pas cela pour la raison que le sacrement du baptême n’aurait lieu que dans l’eau, mais parce que sa vertu, c’est-à-dire la sanctification, est donnée non seulement par l’eau, mais par le sang ou par la pénitence. La raison [nous] en persuade aussi. Si, en effet, le baptême suffit aux petits enfants qui ne sont pas en mesure de croire, beaucoup plus la foi suffit-elle aux adultes qui le veulent, mais ne peuvent pas être baptisés. – Dans le livre L’unique baptême. D’où Augustin : « Tu demandes ce qui est plus grand : la foi ou l’eau ? Je ne doute pas que tu répondes la foi. Si, donc, ce qui est plus petit peut sanctifier, ce qui est plus grand ne le peut-il pas, c’est-à-dire la foi, dont la Christ affirme : Celui qui aura cru en moi, même s’il est mort, vivra ? » L’opinion de certains : que nul ne peut être sauvé sans le baptême, sauf celui qui souffre pour le Christ. Mais certains disent que, sans le baptême, nul adulte ne croit dans le Christ, ni n’a la charité, sauf s’il ne répand son sang pour le Seigneur. Ils introduisent les témoignages qui suivent. Augustin, dans le livre La foi à l’adresse de Pierre. Augustin affirme : « Dès ce temps où le Seigneur a dit : Si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint etc., sans le sacrement du baptême, mis à part ceux qui répandent leur sang pour l’Église, personne ne peut recevoir la vie éternelle . » Dans [le Livre] des dogmes de l’Église, tiré des paroles d’Augustin. De même : « Nous croyons qu’aucun catéchumène, même mort dans les bonnes œuvres, a la vie éternelle, excepté par le martyre, là où tous les mystères du baptême sont accomplis . » Au même endroit. De même : « Nous croyons que le chemin du salut est seulement pour les baptisés . » La réponse. Mais, le peu qu’il a dit en ces paroles, il l’a complété dans les autres textes exposés plus haut ; et, pour cette raison, ainsi faut-il les comprendre, à savoir que seuls ceux qui en ont le temps, y sont disposés. Car, si quelqu’un, ayant la foi et la charité, voulait être baptisé, et qu’il ne le peut pas, surpris par la nécessité, (Augustin 🙂 « la bonté du Tout-puissant supplée à ce qui avait manqué au sacrement. » Tant qu’il peut s’acquitter, en effet, à moins qu’il ne s’acquitte, il est tenu ; mais lorsqu’il ne le peut déjà plus et qu’il le veut néanmoins, Dieu, qui n’a pas lié sa puissance aux sacrements, ne le lui impute pas.