Abbé Baudrand, L’âme affermie dans la foi (Pages 137-159)
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Avant que de commencer, voici des vérités qui doivent être regardées comme incontestables et universellement reçues. 1.° Il y a une certitude métaphysique fondé sur l’évidence des premiers principes et des conséquences qui en résultent immédiatement : par exemple il est évident que deux et deux font quatre, que le tout est plus grand que les parties, et c’est là l’évidence proprement dite. 2.° Il y a une certitude physique fondée sur le témoignage des sens : par exemple, il est certain qu’il y a des corps qui nous environnent, que nous voyons, que nous touchons, etc. 3.° Il y a une certitude morale fondée sur le témoignage des hommes : par exemple, il est certain qu’il existe à présent une ville de Rome, et qu’il a existé autre fois un César, un Alexandre, etc. on n’est pas tenté d’en douter. On comprend assez que quand il s’agit des faits qui sont arrivés, des évènements qui se sont passés, on ne peut pas exiger une certitude, une évidence métaphysique ; les faits n’en sont pas susceptibles, ils ne peuvent être prouvés que par le témoignage des hommes qui les rapportent, ou des monuments qui existent et qui les attestent. Cependant, quoique le témoignage des hommes ne puisse pas donner une évidence métaphysique, ce témoignage peut être si constant, être revêtu de caractères si marqués, et porter sur des preuves si fortes, qu’il équivaut à une certitude métaphysique. Par exemple, quoique l’existence d’une ville de Rome à présent, et d’un César, d’un Alexandre autrefois, ne puisse être prouvée que par le témoignage des hommes, on regarderait comme un insensé quiconque en douterait, et s’inscrirait en faux contre cette existence. Mais quels doivent être les caractères du témoignage des hommes, pour qu’ils doivent engager à l’acquiescement tout esprit raisonnable et impartial qui ne cherche que la vérité ? Je réponds : si ce témoignage est rendu par des témoins oculaires, nombreux, désintéressés, d’une probité reconnue ; uniformes entre eux et invariables dans leur déposition ; enfin inébranlables malgré les promesses et les menaces, la preuve sera complète. Tout témoignage qui sera revêtu de ces caractères, doit être regardé comme infaillible, et tout esprit raisonnable doit s’y rendre ; se refuser à l’acquiescement, ce serait s’obstiner contre la vérité connue, et ne vouloir croire que ce que l’on voit de ses propres yeux ; ce qui, dans la société et en fait de morale, serait le comble de l’absurdité et de la déraison. Dieu ne peut permettre que la fausseté et l’erreur soient jamais revêtues de tels caractères ; nous n’aurions aucun moyen de nous en préserver et d’en sortir ; Dieu en serait lui-même l’auteur. Au reste, quand nous citons ici les livres du nouveau Testament, nous ne les citons qu’en qualité de livres purement historiques : ce n’est pas à présent le lieu d’en prouver la vérité et l’authenticité ; elle a été prouvée par les saints Pères et divers auteurs ; on peut donc en faire usage avec sûreté et les citer avec confiance. Pour entrer à présent dans le sujet proposé, je dis : Il est évident que toute la religion chrétienne est fondée sur la divinité de son auteur, et que la preuve de sa divinité est fondée principalement sur la vérité de la résurrection ; c’est la grande preuve qu’il en a donnée constamment lui-même, et à laquelle il a voulu qu’on s’en rapportât. L’Évangile est rempli des déclarations expresses qu’il faisait, non-seulement des opprobres de sa mort mais de ses suites glorieuses ; et surtout de sa résurrection au troisième jour. Vous me demandez , disait-il aux Juifs, par quel miracle je vous montre que j’ai droit d’user de l’autorité absolue que je m’attribue ; le voici : c’est qu’après que vous aurez détruit par une mort violente ce temple visible qui est mon corps, je le rétablirai dès le troisième jour. Cette nation infidèle, disait-il ailleurs, demande des miracles en preuve de ce que je suis ; et ce miracle que je leur montrerai, sera celui dont le prophète Jonas a été la figure : c’est-a-dire, qu’après avoir été enferme trois jours dans le sein du tombeau, j’en sortirai plein de vie, comme Jonas sortit du sein de la baleine. Jamais les apôtres ne prêchaient Jésus-Christ, qu’ils ne produisissent sa résurrection comme une preuve authentique de sa divinité : tant ils la regardaient comme constante. Faut-il s’associer un nouveau disciple à la place du perfide Judas ? Tout ce qu’on demande de lui, c’est que, comme eux, il ait été le témoin de cette résurrection glorieuse. En effet, la vérité de cette résurrection est la preuve évidente de toutes les autres vérités de la foi et la démonstration de tous les autres mystères. Si Jésus-Christ s’est ressuscité lui-même, comme il l’a annoncé, il est Dieu : s’il est Dieu, son Évangile est divin, sa morale est divine, sa religion est divine et par conséquent la seule véritable, la seule qui conduit à la vie : ainsi, avoir prouvé la vérité de cette résurrection, c’est avoir incontestablement prouvé la vérité de toute la religion. Or, examinons quels sont les caractères du témoignage et des témoins qui attestent la vérité de cette résurrection ; et voyons s’ils sont effectivement tels que selon les principes que nous avons établis, nul esprit raisonnable et impartial ne puisses s’y refuser. 1.° Ce sont des témoins oculaires ; en annonçant la résurrection de Jésus-Christ, ils attestent qu’ils annoncent ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux ; que Jésus ressuscité leur a apparu ; qu’il s’est montré à eux ; qu’il a conversé, bu, mangé avec eux ; qu’ils ont eu tout le temps de s’assurer de la vérité du miracle, jusqu’à toucher son corps, jusqu’à mettre les mains dans ses plaies. Étant appelés devant les juges, on leur défend d’annoncer la doctrine, et surtout la résurrection de ce Jésus. Eh ! Comment répondent-ils avec modestie, mais avec fermeté. Comment pourrions-nous ne pas annoncer ce que nous avons vu de nos yeux et entendu de nos oreilles ? 2.° Ces témoins sont en grand nombre. S’étant montré souvent à quelques-uns en particulier, Jésus ressuscité se montre encore à plus de cinq cents de ses disciples assemblés, longtemps après la publication de cette résurrection ; plusieurs d’entre eux vivaient encore et continuaient de la publier comme en ayant été témoins, et témoins assemblés en nombre. Ceux-là l’ont annoncée dans la suite à d’autres en plus grand nombre ; ces autres a leur successeurs. Ainsi d’âge en âge, et comme de main en main, s’est transmise et perpétuée jusqu’à nous la vérité de cette résurrection. Quand un grand nombre de gens assurent avoir été témoins oculaires d’un fait, qu’ils déclarent en être aussi sûrs que de leur existence, il n’y a point d’homme sensé qui ne doive se croire obligé de le croire, ou s’attendre à être regardé comme un esprit singulier et d’une espèce différente des autres hommes. 3.° Les témoins attestent la résurrection de Jésus dans le lieu même, et le plus tôt qu’il se peut. Ils ne parlent pas d’un fait arrivé dans un pays éloigné et qui se soit passé depuis bien du temps. Les apôtres rendent leur témoignage dans le lieu où la chose s’est passée, dans Jérusalem même ; ils ne renvoient pas les Juif autre part que chez eux ; ils n’attendent point, pour publier la résurrection de leur maître que la mémoire de sa personne et de sa mort soit effacée : dès le jour même et sur les lieux ; on a encore en main tous les moyens de les confondre, si ce qu’ils disent est faux. On y était intéressé pour arrêter la séduction, la vérité du prodige dut être bien claire et bien constante, pour se soutenir et n’être pas démentie. En même temps, ces témoins donnent à leur témoignage le plus grand éclat, et l’annoncent de la manière la plus solennelle ; ils ne se contentent pas de parler de la résurrection de Jésus-Christ en secret et à l’oreille, ils la prêchent publiquement, à haute voix : ils la prêchent dans les rues, dans les places publiques, dans les plus nombreux auditoires, choisissant pour cela un temps où Jérusalem etait remplie d’étrangers de toutes les nations ; ils vont dans les synagogues ; ils se présentent au temple, dans les maisons, sur les toits, partout et à tous ils publient hautement la résurrection de leur maître. Ni la crainte, ni le respect humain ne leur fait ni baisser le ton, ni fermer la bouche ; au contraire, ils ne cherchent qu’a donner à leur témoignage la plus grande authenticité et le plus grand éclat. 4.° Ces témoins furent d’une probité reconnue et non suspecte. Jamais leur vertu ne fut mise en doute, même par leurs plus grands ennemis. On leur dit des injures, on les accable d’opprobres ; mais personne n’entreprit jamais de les décrier pour leurs mœurs : pour peu qu’ils eussent donné de prise, on ne les aurait pas épargnés. On trouve même une preuve bien frappante de leur candeur dans la manière dont ils parlent d’eux-mêmes et de leurs collègues : ils rapportent sans déguisement leurs propres faiblesses et celles de leurs compagnons ; s’ils ne les eussent découvertes eux-mêmes, on les aurait entièrement ignorées. Des imposteurs se seraient bien gardés de faire ces aveux. Celle franchise, cette fidélité historique marquent une simplicité, un amour de la vérité qui mérite une confiance entière à tout ce qu’ils rapportent. 5.° Ces témoins n’avaient aucun intérêt temporel à rendre ce témoignage à la résurrection de Jésus-Christ ; rien, au contraire, ne pouvait être plus opposé à tous leurs intérêts. Que pouvaient-ils attendre du côté du monde, que les suites les plus capables de les intimider ? Ils viennent annoncer aux juifs qu’ils se sont rendus coupables d’un sang innocent : que ce sang crie vengeance contre eux : ils annoncent aux gentils que la sagesse de leurs philosophes n’est que folie ; qu’il n’y a désormais d’autre vraie sagesse que dans la pratique de la religion qu’ils publient. Dès-lors ils comprennent bien qu’en annonçant de pareilles vérités, ils s’exposent à toute la haine, toute la fureur des Juifs, et en même temps à tout le mépris et à toute l’indignation des gentils. Il est donc évident, et d’une évidence de démonstration, que ces témoins ne purent se proposer pour fin, ni les honneurs, ni les richesses, ni les plaisirs de ce monde ; et qu’aucun intérêt ne pouvait les animer, que celui de la vérité reconnu. 6.° Ces témoins quoique nombreux, furent tous uniformes dans leur témoignage. Tous annoncent la même vérité, tous s’accordent dans le témoignage solennel qu’ils lui rendent. Une imposture peut être un accord entre quelques personnes ; mais il est difficile, et moralement impossible que dans un fait grave et de conséquence, plusieurs personnes concertent ensemble cette imposture jusqu’ aux moindres particularités : que tous les débitent avec le même air d’assurance ; qu’ils s’accordent toujours entre eux, sans se couper jamais : cet accord universel, cette uniformité générale dans le témoignage rendu en pareilles circonstances ne peut être que le langage de la vérité la plus authentique, et de la persuasion la plus intime. 7.° Ces témoins se sont toujours soutenus : ils ont été inébranlables, malgré toutes les promesses et toutes les menaces qu’on a pu leur faire pour les ébranler. Quand un témoignage n’est appuyé que sur le mensonge et sur l’imposture, il ne saurait se soutenir longtemps ; l’entêtement, l’opiniâtreté, la cabale peuvent bien pendant quelque temps se roidir contre certains assauts ; mais enfin l’iniquité se dément d’elle-même et dévoile son déguisement. Quand le témoignage, au contraire, est fondé sur la vérité et la probité, il est imperturbable et incapable de se démentir. Tel est celui des apôtres ; ce qu’ils ont publié dans les commencements, ils le publient jusqu’à la fin : sans que jamais ni l’appât des promesses, ni la terreur des menaces puissent leur faire changer ni de langage ni de sentiments. On les cite devant les tribunaux ; et en sortant, ils annoncent la résurrection avec plus de force ; on leur fait endurer une flagellation cruelle et ignominieuse ; ils la souffrent avec fermeté, et ils s’estiment heureux de souffrir pour le nom et la gloire de leur divin maître : déjà un des principaux d’entre eux a été immolé par le glaive ; déjà le premier et le prince de tous est chargé de chaînes dans un cachot, pour être bientôt mis mort ; tous les autres se mettent en prières pour sa délivrance, mais ils ne cessent pas d’annoncer la vérité de la résurrection : en un mot, jamais ni la crainte des tourments, ni la fureur des tyrans, ni l’attente et la vue de la mort et de mille morts ne peuvent ébranler la fermeté et la constance de leur témoignage ; et loin qu’aucun se soit démenti, tous l’ont signé de leur sang. Qu’est-ce que l’incrédulité la plus obstinée peut demander de plus pour se rendre ! Qu’on consulte les monuments de l’histoire, trouvera-t-on un seul exemple de quelqu’un qui pour soutenir un mensonge, ait porté la folie jusqu’à sacrifier à cette imposture sa tranquillité, ses biens, sa réputation, sa liberté et sa vie ? Je dis plus, et j’ose assurer que, dans tous les monument de l’histoire, dans toute la durée des siècles, on ne trouvera aucun fait mémorable, si solidement prouvé, si invinciblement attesté que le fait de la résurrection de Jésus-Christ ; et par conséquent lui refuser son acquiescement, c’est ne pas croire, uniquement parce qu’on ne veut pas croire, et qu’on se fait un point d’honneur de son incrédulité. RÉPONSE AUX OBJECTIONS. Après avoir établi les preuves de la résurrection de Jésus-Christ, il est temps à présent de répondre aux objections. La principale, c’est de dire que ses disciples ont enlevé par force le corps de leur maître. C’est la première et la plus ordinaire réponse que font les Juifs et tous les incrédules. Quelle preuve en ont-ils ? Quels actes publics, quels monuments antiques peuvent les en assurer ! C’est sur quoi vous n’aurez de leur part aucune réponse. Nous allons leur donner des preuves du contraire et des preuves sensibles. Les disciples ont enlevé le corps, disent les Juifs : mais ces Juifs, que font-ils en conséquence, pour découvrir la fraude des disciples et pour convaincre leur imposture ? Ils les citent à leur tribunal, ils leur font des menaces, ils leur défendent de prêcher cette résurrection. Était-ce donc là la seule manière dont il fallait s’y prendre ? N’y avait-il pas des moyens plus sûrs el plus efficaces ? Tous les disciples sont entre leurs mains ; s’ils les croyaient coupables, pourquoi ne pas les faire tous arrêter, les conduire dans les prisons, les interroger séparément chacun en particulier ; leur faire subir, s’il est nécessaire les questions les plus rigoureuses, pour arracher la vérité de leur bouche et les contraindre à dévoiler le mystère d’iniquité ? Où est ce corps qu’on a enlevé ? Quelque part qu’il soit, à quelque prix que ce soit, il faut qu’il se trouve. Les Juifs y étaient essentiellement intéressés, et tout les engageait à prendre tous les moyens pour cela. C’etait ici la cause la plus grave qui pût arriver dans l’État ; il ne s’agissait pour eux de rien moins que de la désertion de leur temple, de l’abolition de leur loi, de la destruction de la synagogue, d’une révolution générale dans toute la nation ; si cette résurrection est avérée, ils doivent s’attendre à tous les malheurs ; ils leur sont prédits. Que font-ils donc ? Que n’agissent-ils ? Ils ont les moyens et le pouvoir en main ; que n’en usent-ils ? Ah ! C’est qu’ils sentent bien eux-mêmes que cette résurrection n’est que trop avérée : ils craignent que les moyens qu’ils prendront pour en découvrir la fausseté, ne servent qu’à la rendre plus certaine et plus authentique. Non, je ne crains pas de le dire, pour tout bomme qui réfléchit, cette conduite, cette inaction des Juifs dans une affaire aussi essentielle, est une preuve évidente, et d’une évidence plus que morale de la vérité de la résurrection de Jésus-Christ : s’ils n’en ont pas démontre la fausseté c’est qu’ils n’ont pu le faire ; et malgré tout ce qu’ils ont fait, cette résurrection est restée incontestable et en possession de la vérité. Les disciples ont enlevé le corps ; et à qui le persuaderait-on ? Quoi ! Ces disciples, jusqu’alors si timides, qui s’enfuient au premier abord de l’ennemi, qui abandonnent lâchement leur maître, que la seule parole d’une servante fait trembler, sont devenus tout-à-coup des hommes intrépides et courageux, jusqu’à oser attaquer des soldats armés, jusqu’à forcer une sentinelle publique, jusqu’à affronter tous les dangers et tous les tourments, et tout cela uniquement pour enlever le corps d’un homme mort et le faire passer pour vivant ! En vérité, avancer de pareilles absurdités, c’est vouloir ou s’aveugler soi-même, ou prendre les autres pour des aveugles ; surtout, quand, pour prouver ce qu’on avance, on ne cite que des témoins endormis : qu’il soit permis de le dire ; parler ainsi ce n’est pas raisonner, c’est rêver. D’ailleurs, les discıples, dit-on, ont enlevé le corps de leur maître : et quel intérêt avaient-ils à le faire, et que pouvait-il leur en revenir ? Quoi ! Les apôtres ne seraient-ils pas les plus aveugles et les plus insensés de tous les mortels, de vouloir s’obstiner à assurer une résurrection qu’ils sauraient évidemment être fausse ; de vouloir soutenir la réputation et la gloire d’un homme qui les aurait trompés, qui dès-lors ne devait paraître à leurs yeux que comme un fourbe, un imposteur et un impie ; de s’exposer par-là à toute la haine, à toute la fureur des Juifs, et en conséquence à toutes les persécutions et à tous les tourments ? N’était-il pas plus naturel au contraire d’aller se présenter aux chefs de la synagogue, de reconnaître qu’ils avaient été trompés et séduits, qu’ils en faisaient l’aveu solennel et public. Ils auraient été reçus avec empressement, et récompensés avec largesse ; au lieu qu’en persistant dans leur imposture, ils ne pouvaient s’attendre qu’aux supplices et à la mort. Outre cela, il faudrait supposer que les apôtres étaient eux-mêmes autant d’impies et de scélérats, sans foi, sans religion et sans mœurs ; ennemis de Dieu, qu’ils offensent par l’horreur de mille crimes ; ennemis de leur patrie, qu’ils jettent dans la confusion ; ennemis de leur conscience qu’ils trahissent par un parjure ; ennemis de tous leurs intérêts temporels et éternels. Or comment supposer une telle scélératesse dans des hommes qui jusqu’alors n’ont été, non-seulement accusés d’aucun attentat, mais encore soupçonnés d’aucun crime ? Gens d’ailleurs simples, grossiers, ignorants, peu faits à nouer de telles intrigues et à former de pareils complots ; moins propres encore à les suivre et à les soutenir. Non, personne ne peut les croire capables de ces forfaits, sans leur prêter l’affreuse méchanceté qu’il a dans son propre cœur. Voici une nouvelle réponse également convaincante contre cette objection. II fallait bien que ce prétendu enlèvement fût reconnu pour faux, et que cette résurrection fut reconnue pour constante parmi les Juifs mêmes, puisque un très grand nombre d’entr’eux se rendirent disciples de Jésus-Christ, et embrassèrent la religion. Car enfin, c’est à Jérusalem même que la religion chrétienne a commencé, et c’est des Juifs qu’elle a été d’abord composée : si cet enlèvement avait été regardé comme assuré, et en conséquence la résurrection comme fausse, est-il à présumer, peut-on même s’imaginer que des Juifs qui étaient sur les lieux, en état d’être instruits de tout, eussent embrassé religion dont le fondement eût été ruineux, l’auteur reconnu imposteur, et les apôtres séducteurs et séduits ? N’est-il pas plus évident que le jour, au contraire, que puisque les Juifs mêmes se rendirent disciples de cet auteur de la loi nouvelle, il fallait qu’ils se fussent bien assurés tout à la fois et de la fausseté de l’enlèvement, et de la vérité de la résurrection, c’est-à-dire, qu’ils vissent, qu’ils comprissent bien qu’une nouvelle religion qui était scellée par un miracle de cet éclat, ne pouvait être qu’une religion divine, et la seule dans laquelle se trouvait désormais le salut et la vie. Allons plus loin encore, et pour mettre le comble à la preuve, montrons dans quelles absurdités on tombe nécessairement en continuant d’assurer que le corps de Jésus-Christ a été enlevé, et que sa résurrection ne fut qu’imposture et que fourberie. Il faut croire que douze pêcheurs, gens de la lie du peuple, sans lumières, sans éloquence, sans talents, l’emportent sur tout l’esprit et la science du monde ; et que, prêchant une religion opposée à toutes les passions, ils la répandirent tellement, que dans la suite il n’y eut aucune nation dans l’univers qui en tout ou en partie ne la reçût comme ne révélation divine et l’unique voie du salut. Il faut croire qu’une des plus grandes et des plus mémorables révolutions qu’il y ait eu dans le monde, fut produite et sans aucun moyen naturel (les apôtres n’en avaient pas) et sans aucun moyen surnaturel, Dieu ne pouvait autoriser l’imposture. Voilà donc la révolution la plus surprenante qui se fait dans le monde, sans que rien la produise : où est l’absurdité, si elle n’est pas là ? Il faut croire que ces douze pêcheurs simples, ignorants et grossiers, furent capables de nouer si bien leur intrigue, de tramer si bien leur complot, que ni leur siècle, ni tous les siècles suivants n’ont jamais pu découvrir l’imposture, et que tout ce qu’il y a eu de grands esprits, de profonds génies, n’ont jamais pu démontrer la fausseté malgré toutes leurs recherches et tous leurs efforts. Il faut croire que les apôtres s’étaient tellement dépouillés de tout intérêt, qu’ils méprisèrent tous les biens de la vie, s’exposèrent à toutes les misères, à tous les opprobres, à tous les tourments, à la mort, à la damnation éternelle elle-même, et cela, sans motifs, sans raison, sans espérance de récompense en ce monde ; et cela, avec un courage, une fermeté qui ne se démentit jamais. En vérité, de tels hommes, s’ils existaient, seraient incompréhensibles à tout le reste des hommes. Je dis plus encore, il faut croire que des gens qui ne pouvaient être que des imposteurs et des scélérats du premier ordre, donnèrent aux hommes le système le plus parfait de morale qui fût jamais, et des leçons de vertu supérieures à tout ce qu’ ont donné les plus grands philosophes. Que de gens dont l’unique but était de tromper et de séduire le monde, établirent sur les fondements les plus solides la paix et la tranquillité, tant publique que particulière ; que d’infâmes hypocrites passèrent toute leur vie au milieu des plus grands travaux et des plus grands dangers, uniquement occupés, tout méchants qu’ils étaient, à rendre les hommes sincèrement vertueux, dénonçant toutes les peines de l’éternité contre les hypocrites, étant coupables eux-mêmes de tout ce que l’hypocrisie a de plus détestable. En vérité, quiconque est capable de croire toutes ces absurdités, ne mérite plus qu’on raisonne avec lui ; et tout incrédule qui refuse de donner créance à la vérité de la résurrection de Jésus-Christ, est obligé de croire des choses sans comparaison plus prodigieuses et plus incroyables que ne peuvent le paraître tous les mystères que croient les chrétiens. Il reste une objection que font quelques-uns sans grand fondement. Pourquoi, disent-ils, Jésus-Christ ne rendit-il pas sa résurrection plus publique ? Pourquoi ne la rendit-il pas aussi publique que sa mort ? Pourquoi ne se montra-t-il pas aux yeux de tout le peuple ? Alors tout le monde l’aurait crue, et personne n’aurait pu en douter, ni se refuser à son évidence. Parler ainsi, ce n’est pas faire une objection en règle, mais tout au plus proposer une question. Quand même nous ne saurions dire pourquoi la résurrection de Jésus-Christ ne fut pas aussi publique que sa mort, cela ne prouverait point que cette résurrection ne fut pas véritable. Dieu peut avoir en cela des raisons qui, pour nous être inconnues, ne sont pas moins dignes de sa sagesse. Mais pour répondre plus directement, je dis que Dieu en manifestant cette résurrection, comme il l’a manifestée, en a assez fait pour obtenir la fin qu’il se proposait, qui était de donner assez de motifs, et des motifs assez forts pour faire croire cette résurrection. En effet, elle a été crue dans le monde ; et les motifs ont été suffisants pour autoriser la foi de cette résurrection. Dieu en pouvait faire davantage, mais ce surplus n’était pas nécessaire, puisque ce qu’il a fait a suffi pour remplir son objet. Dieu a voulu en même temps et autoriser notre croyance, et exercer notre foi. Nous n’avons pas sur la résurrection un degré d’évidence géométrique, dont les faits ne sont pas susceptibles, comme nous l’avons dit ; mais nous en avons assez pour appuyer notre adhésion et notre acquiescement à cette résurrection. Pourquoi Jésus-Christ ne l’a-t-il pas manifestée avec plus d’éclat ? Pourquoi ? pour punir parmi les Juifs ces esprits superbes qui voulaient tout juger au poids de leur faible raison ; ces esprits envenimés qui avaient sacrifié à leur jalousie l’innocence la plus reconnue ; ces esprits obstinés qui s’étaient rendus sourds à la voix des miracles les plus étonnants : ne méritaient-ils pas que Dieu les laissât dans leur aveuglement volontaire, tandis que tant d’autres plus dociles ouvraient les yeux à la lumière et le cœur à la grâce qui leur était offerte ? J’ajouterais même que de la part de certains incrédules, l’objection n’est rien moins que sérieuse, c’est-à-dire, que, quand même la résurrection de Jésus-Christ aurait été revêtue d’une plus grande publicité, ils ne s’y seraient point rendus : et se rendent-ils à l’attestation de ses autres miracles opérés a la vue de tout un peuple ? Ils diraient de la résurrection de Jésus-Christ ce qu’ils disent de ses autres miracles : ce sont des fictions, ce sont des visions ; peut-être même attribueraient-ils tout à la magie et au prestige. Que si on continue encore à dire : Pourquoi Dieu n’a-t-il pas rendu cette résurrection plus publique ? pourquoi ne l’a-t-il pas manifestée avec plus d’éclat ? Je dirai : Homme mortel ! qui êtes-vous pour interroger Dieu sur sa conduite, pour lui tracer la marche qu’il doit suivre, pour lui demander compte de ses desseins et de ses ouvrages ? Arrêtons-nous : oserions-nous citer au tribunal de notre faible raison, la raison souveraine? Et ne tremblerions-nous pas à la seule pensée de nous croire plus sages que Dieu ? Contentons- nous d’adorer ce qu’il a fait, et de nous y soumettre. Il est encore une réflexion qui peut se présenter, et qu’il faut prévenir. On demandera peut-être pourquoi, s’il y a dans la résurrection de Jésus-Christ autant d’évidence morale que dans tant d’autres faits constants ; par exemple, dans l’existence actuelle de Rome, et dans l’existence passée d’un César et d’un Alexandre ; pourquoi, dis-je, on ne croit pas le fait de cette résurrection aussi universellement qu’on croit les deux autres ? Je réponds : Si pour croire la résurrection de Jésus-Christ, il n’y avait rien dans le cœur de l’homme qui y répugnât, et qui s’y opposât , on la croirait comme les autres faits ; mais en croyant la résurrection de Jésus-Christ, il faut en même temps croire à sa religion, il faut vivre selon son Évangile, il faut soumettre les lumières de l’esprit, dominer les inclinations du cœur, réprimer toutes ses passions, et on y répugne, on y résiste. Il ne faut rien prendre sur soi pour croire qu’il y a actuellement une Rome, qu’il y a eu autrefois un César et un Alexandre ; mais il faut combattre et s’armer contre soi-même et tous ses penchants, en croyant à la résurrection de Jésus-Christ ; quand même l’esprit se rendrait et serait convaincu, le cœur et les passions résistent : on est convaincu, mais on n’est par converti. Qu’on examine bien, qu’on sonde son cœur et ses sentiments, et on verra la vérité de ce que je dis. On refuse sa soumission à la foi, parce qu’on craint la réformation de ses mœurs. C’est là le grand point de difficulté, et le grand obstacle à l’hommage qu’on rendrait à la religion, si elle ne mettait un frein aux passions : on prétextera au dehors bien des raisons mais la véritable est cachée dans le fond du cœur. CONCLUSION. Il semblerait manquer quelque chose à cet ouvrage, si, après avoir solidement établi les preuves de la résurrection de Jésus-Christ, nous ne présentions les avantages qu’elle nous procure. Ils sont trop grands et trop précieux, pour ne pas nous en occuper et leur donner toute notre attention. La résurrection de Jésus-Christ établit et assure notre foi ; elle en est le fondement et la base ; et quand les fondements sont solides, tout l’édifice qui s’élève, devient immuable. Dès-lors, dans notre certitude, nous pouvons nous écrier avec saint Paul : Je sais à qui j’ai confié le dépôt de ma foi, et je suis assuré qu’étant tout-puissant, il conservera ce dépôt précieux jusqu’au grand jour de la révélation, ou les obscurités jour de la foi feront place aux splendeurs de la gloire. Elle donne des fondements également solides à notre confiance en la miséricorde de Dieu. Nous avons auprès du Père céleste un avocat et un médiateur qui intercède pour nous. Sans lui, nos péchés crieraient vengeance contre nous ; mais nous savons que comme ce médiateur est mort pour nos péchés, il est ressuscité pour notre justification. La résurrection de Jésus-Christ est spécialement un gage et une preuve de l’heureuse résurrection des fidèles. Le Christ, dit saint Paul, est devenu les prémices de ceux qui se sont endormis pour un temps dans le sommeil de la mort : les prémices sont le commencement d’un grand ouvrage qui doit avoir sa perfection. La résurrection du Sauveur est un triomphe dont la notre sera la suite. Nous croyons, continue l’Apôtre, que comme Jésus est mort et ressuscité, de même Dieu rappellera à lui les membres qui se sont endormis dans leur chef. L’attente de notre résurrection, fondée sur celle de Jésus-Christ, est une source abondante de consolation au milieu de toutes les afflictions de la vie. Que ne doit pas produire dans un chrétien qui souffre, l’espoir de la résurrection promise en celle de Jésus-Christ, et du bonheur qu’elle nous assure ? Que sont en comparaison toutes les consolations de ce monde ? Cette vie et tous ces plaisirs sont des ombres qui passent ; leur courte durée, loin de soulager le cœur, le remplit d’amertume. Quelle est au contraire la douceur et la solidité des espérances chrétiennes ! Nous souffrons en ce monde avec Jésus, mais nous régnerons un jour avec lui dans l’autre. Est-il affliction si grande qui ne soit adoucie par l’attrait d’une telle espérance ? Cette résurrection du Sauveur est encore un puissant motif pour nous rassurer contre les frayeurs de la mort. Nous avons peu de jours à vivre ; bientôt nos yeux vont se fermer a la lumière du jour ; bientôt arrachés à la société des vivants nous allons entrer dans la région de l’oubli, c’est un sort qui nous menace à tous les instants : quels objets ! Qu’ils sont tristes aux yeux de la nature ! Ils cessent de l’être pour le chrétien fidèle ; il peut considérer ces objets sans en être alarme ; soutenu et animé par les sentiments de la foi, il se dira intérieurement avec Job : Je sais que je dois mourir ; mais je sais aussi que mon Rédempteur est vivant, et qu’un jour je sortirai du sein de la terre et des ombres du tombeau : mon âme et mon corps ne se sépareront pour un temps, que pour se réunir et former une union qui sera désormais éternelle ; la mort sera absorbée dans la victoire. Quoi de plus consolant, de plus capable de nous rassurer, que de pouvoir envisager la mort comme le port assuré de la liberté, comme la fin de tous les travaux, comme le commencement d’une vie nouvelle et à jamais heureuse ? Enfin l’attente de la résurrection fondée sur celle de Jésus-Christ, est surtout d’une grande efficacité pour nous animer à la vertu et à la pratique de toutes les œuvres de la justice. C’est la touchante exhortation que faisait saint Paul aux fidèles. Mes frères, leur disait-il, soyez fermes, immuables et abondants en l’oeuvre du Seigneur, puisque vous savez que votre travail ne sera pas inutile. Tous nos devoirs se rapportent à une autre vie comme à leur fin : ce ne sont ici que des préparatifs pour le ciel ; en vivant en chrétiens, nous faisons dans le temps un apprentissage de ce qui doit faire notre occupation dans l’éternité. Semons dans ce temps si court, pour recueillir dans cette éternité à jamais immuable. Les œuvres de la grâce sont le chemin pour aller à la gloire qui nous attend. Mais à qui sommes-nous redevables de tant de biens, si ce n’est au Dieu Sauveur qui, par ses souffrances, nous a tracé le chemin, et par sa résurrection, nous appelle au terme où il est allé nous préparer une place ? Ô Foi divine, ô espérances sublimes, augustes promesses de la religion, lumières si douces et si consolantes de l’Évangile ! pourriez-vous ne pas détacher nos esprits de tous les faux biens de ce monde, ne pas soutenir nos cœurs dans toutes les afflictions de la vie, ne pas animer notre ardeur dans la pratique de toutes les vertus à la vue de la couronne et des récompenses qu’un Dieu Sauveur nous a préparées dans sa gloire ? L’incrédule a-t-il de si doux motifs et des espérances si consolantes à se proposer dans divers évènements où il se peut trouver dans le cours de la vie ? Quel malheur pour lui de se priver de ces motifs et de ces espérances ; et par son incrédulité de se réduire au triste état de n’avoir pour partage à la mort, qu’un de ces deux grands abimes, ou l’abime affreux du néant, ou l’abime désespérant des enfers !
Jean Daujat, La face interne de l’histoire (Pages 108-109)
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Mort et mis au tombeau l’après-midi du Vendredi Saint et malgré les soldats placés pour garder ce tombeau, Jésus-Christ est ressuscité au matin de Pâques : de nombreux disciples en ont été les témoins. Ce témoignage a été le fondement de la prédication du christianisme dont les premiers propagateurs se sont présentés comme témoins de la résurrection de Jésus-Christ. Celle-ci a été le miracle majeur : saint Paul va jusqu’à dire que sans elle notre foi et notre espérance seraient vaines. Cette résurrection ne peut être réduite à des apparitions comme certains saints ont pu en faire après leur mort. Le Christ ressuscité a mangé et bu devant ses disciples pour leur montrer qu’Il n’était pas un fantôme, et saint Thomas a touché de ses mains la cicatrice des plaies sur son corps ressuscité. Il s’agit donc d’une véritable résurrection : c’est le cadavre mis au tombeau le soir du Vendredi saint qui a repris vie au matin de Pâques, mais bien sûr d’une vie nouvelle et glorieuse bien différente de sa vie antérieure puisqu’on le voit traverser des parois, surgir tout d’un coup, ne pas se faire reconnaître au premier contact. Ce qui nous prouve la réalité du fait de la résurrection de Jésus-Christ est que ceux qui en ont été les témoins ne s’y attendaient nullement, ont commencé par ne pas y croire et en ont été totalement surpris : ils ne l’ont admis que parce que le fait s’est imposé à eux. Quand les saintes femmes, premiers témoins de la résurrection, sont venues l’annoncer aux Apôtres, ceux-ci ont pensé que ces femmes avaient été sujettes à une illusion et n’y ont pas cru : il a fallu pour qu’ils l’admettent qu’eux-mêmes voient, entendent et touchent le Christ ressuscité. Saint Thomas n’a pas voulu admettre la résurrection du Christ sur le témoignage des autres Apôtres, il a fallu que lui-même voie et touche la cicatrice des plaies sur le corps ressuscité de Jésus-Christ. Les pèlerins d’Emmaüs n’avaient pas la moindre idée que le Christ ressusciterait, leur surprise a été totale quand ils l’ont reconnu. Quant à saint Paul, il était adversaire de Jésus-Christ, et combattait et persécutait les premiers chrétiens : comment aurait-il changé si ce n’était pas que le Christ ressuscité s’est vraiment montré à lui sur le chemin de Damas ? Et quand dans ses lettres il affirme la résurrection de Jésus-Christ, il précise que sont encore vivants un grand nombre de ceux qui en ont été les témoins.
Antonin-Gilbert Sertillanges, Bréviaire du combattant (Pages 115-116)
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Et puis il y a la Résurrection. C’est le miracle du Christ par excellence, et qui réunit la même somme d’attestations que tous les autres ; mais au surplus l’attestation des faits. J’entends cette longue suite de conséquences qui se poursuit sous nos yeux et qui est la vie chrétienne. Ignorez-vous que vingt siècles d’effets sociaux rattachés aux faits religieux procèdent ainsi de la Résurrection. J’aime à citer un texte d’Ernest Lavisse, le « sorbonnard » que le cher Péguy a si fort houspillé, mais qui est une autorité reconnue dans sa science : « Moi, historien, je ne sais pas ce qui s’est passé le matin de Pâques ; mais ce que je sais, c’est que ce jour-là est née une humanité qui ne meurt pas. » Voilà un fait, et qui compte. Ce fait se rattache directement aux apôtres ; mais les apôtres n’appuient leur action qu’à cet autre fait qui est la Résurrection. Ils sont les témoins de la Résurrection. Ils déclarent eux-mêmes que si le Christ n’est pas ressuscité leur prédication est vaine. Et comment serait-elle vaine, quand vingt siècles déjà s’y trouvent suspendus, vingt siècles liés à cette affirmation de pérennité ultérieure qui serait bien audacieuse, si elle n’avait pour l’appuyer un tel passé, avec une prodigieuse conscience de soi-même.