R.P. Théodore Ratisbonne, La question juive
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Cependant ceux d’entre les israélites qui ont secoué beaucoup de leurs préjugés, se heurtent encore devant une autre vérité qu’ils ne comprennent pas. Ils reconnaissent que Jésus-Christ a été le plus sage des philosophes et le plus saint des hommes ; ils admirent la sublimité de Sa morale ; mais ils n’admettent pas Sa divinité. Cette dénégation renferme une contradiction flagrante ; car, si en effet on rend hommage à la sainteté de la vie et des enseignements de Jésus-Christ, comment supposer qu’Il ait pu autoriser l’adoration de Sa personne ? C’eût été une idolâtrie plus funeste que celle qu’Il est venu abolir. Et s’Il a enseigné au monde une morale toute divine, comment croire qu’Il a fondé cette morale sur l’illusion et le mensonge ? Il n’y a pas de milieu : Jésus-Christ est ce qu’Il nous a révélé ; Il est le Fils de Dieu incarné dans la nature humaine ; vérité qui fait la base de tout le christianisme ; ou bien Il n’est qu’un imposteur, et il faut déchirer l’Évangile. Du reste, l’Ancien Testament manifeste clairement la divinité du Messie. Les textes abondent dans les psaumes de David et dans les prophètes. C’est de lui qu’Isaïe a dit au chapitre VII : « Une Vierge concevra et enfantera un Fils qui sera appelé Emmanuel », c’est-à-dire Dieu avec nous. Cette prophétie s’accorde avec les suivantes : « Dieu viendra Lui-même pour vous sauver» (Isaïe, XXXV, 4). « Une voix crie dans le désert : dites à Jérusalem, dites aux villes de Juda : voici votre Dieu » (Isaïe, XL, 3). « En ce jour, continue le même prophète, Mon peuple connaîtra Mon Nom, car Je serai Moi-même présent, Moi qui lui parlais autrefois » (Isaïe, LII, 6). Et le prophète Zacharie s’exprime en ces termes : « Filles de Sion, chantez des cantiques de louange, et soyez dans la joie, parce que Je viens Moi-même habiter au milieu de vous, dit le Seigneur » (Zacharie, II, 10). Les juifs en général ne lisent pas les saintes Écritures ; ou bien, ils s’en rapportent aux interprétations de leurs rabbins qui ne veulent pas ouvrir les yeux. Mais comment ne serait-on frappé de ces témoignages, quand on les écoute avec un cœur droit ? Il est probable qu’au temps où Jésus-Christ est venu sur la terre, les docteurs de la Loi ne méconnaissaient pas le caractère divin que les Écritures attribuent au Messie ; leur aveuglement consistait à dénier ce caractère à Jésus-Christ. Cela est si vrai, que le grand-prêtre, en s’adressant au Christ, lui dit : « Je Vous adjure au nom du Dieu vivant, de nous dire si Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu ? » Et dans une autre circonstance, Jésus-Christ Lui-même demanda à Ses apôtres ce que les hommes pensaient de Lui ; et quand Simon-Pierre Lui répondit : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant », cette profession de foi ne causa aucune surprise parmi les disciples, chez lesquels était répandue la tradition relative à la divinité du Messie.
R.P. Henri-Dominique Lacordaire, Discours sur la vocation de la nation Française (14 février 1841)
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L’arianisme mit en question le fond même du christianisme, car il niait la divinité de Jésus-Christ, et la divinité de Jésus-Christ, c’est tout le christianisme. Si en effet l’arianisme dit vrai, Jésus-Christ n’est plus qu’un grand homme qui a eu des idées, et qui est mort pour ses idées. Or, cela s’est vu, et pour l’honneur de l’humanité, cela se verra encore ; c’est l’histoire de Socrate. Mais, mourir quand on est Dieu, quand on peut ne pas mourir, quand on a la toute-puissance pour faire régner ses idées ; mourir afin de susciter l’amour dans les cœurs, voilà ce que les hommes ne font pas, ce qu’a fait Jésus-Christ, et ce qui constitue le mystère du christianisme, mystère né de l’amour pour produire l’amour.
Bibliographie
- Mgr de Ségur, La divinité de Jésus-Christ
- Vidéothèque
- Olivier Bonnassies – La divinité du Christ est affirmée de 1000 manières par le Nouveau Testament