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Peinture

Jacques-Nicolas Paillot de Montabert, Traité complet de la peinture (Tome 4)

Quelles sont les diverses conditions de la peinture ? Quand, sans avoir égard aux livres, mais en suivant le seul bon sens, on se demande quelles sont les principales conditions de la peinture ou d’un tableau, on reconnaît aisément qu’il existe quatre bien distinctes : 1- la vérité dans le choix, ce qui suppose nécessairement et comprend le possible et le vraisemblable ; 2- la convenance ou le beau pour l’esprit ; 3- le beau optique ou pour la vue, et 4 – la justesse de représentation.

Jean-Jacques Stormay, Abécédaire mal-pensant (Page 79)

Pablo Picasso, stalinien sur le Guernica duquel on s’extasie parce qu’il s’agissait d’une ville détruite par Franco, auteur de Les Demoiselles d’Avignon qui n’est qu’une scène de maison close, confessait en 1952, dans l’ouvrage Libro Negro de Giovanni Papini : « Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya ; je suis seulement un amuseur public, qui a compris son temps et a épuisé le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains. »

Pierre Drieu la Rochelle, Notes pour comprendre le siècle

Les peintres du XIXème étaient des fils de bourgeois pour la plupart, mais les bourgeois alors n’étaient pas loin des paysans et vivaient encore dans un air paysan ou artisan. L’artiste était encore près des choses et des choses en train de se faire, de mûrir. Il entendait encore dans la rue le cri varié des marchands des quatre saisons, du vitrier, du conducteur de chèvres, du réparateur de porcelaines, du marchand d’habits ; il pouvait voir la cuisinière préparer des gâteaux et des pâtés. Une certaine éducation de l’oreille et de l’œil lui était encore assurée. Au début du XIXème siècle, dessiner était encore une nécessité vitale pour l’homme, et non un luxe, une survivance, puisqu’il n’y avait pas encore ou à peine la photographie. Et il n’y avait pas si longtemps que les livres étaient écrits à la main. Et la machine à écrire individuelle ne s’était pas superposée à l’imprimerie. Aujourd’hui à quoi servent les mains ? Mains, pauvres mains, qui pendent mortes à nos côtés. Comment voulez-vous que naissent encore des peintres, alors que les mains sont mortes ?