Pierre Marçais et Denise Rey, Aperçus sur la géométrie sacrée
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L’appréhension de l’art contemporain nécessite désormais – c’est établi – l’appel à l’intellect. L’art a, de ce fait, quitté le domaine de l’esthétique pour rejoindre celui de la cérébralité. Ce n’est donc plus de l’Art. C’est devenu un effort intellectuel de compréhension des formes, (non significatives par elles-mêmes), la recherche d’un « message ». Or, une oeuvre d’art signifie par ce qu’elle représente. Elle ne délivre de message autre que ceux de beauté, d’équilibre, de proportion. Aucun Égyptien, aucun Grec, aucun Romain, aucun grand sculpteur orthodoxe, roman ou gothique (sauf Gislebert) n’a signé son oeuvre de façon systématique, au point que nombre d’œuvres admirables sont demeurées anonymes. On les attribue à… En sont-elles moins belles pour autant ?
Jean Baudrillard, Libération (20 mai 1996)
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L’art contemporain joue de cette incertitude, de l’impossibilité d’un jugement de valeur esthétique fondé, et spécule sur la culpabilité de ceux qui n’y comprennent rien, ou qui n’ont pas compris qu’il n’y avait rien à comprendre.
Adrien Arcand, Du communisme au mondialisme
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L’effroyable dégringolade des dogmes, des principes, des conceptions, des formulations et des postulats concernant l’idée de Dieu, l’origine et l’essence de l’homme, dans la société civile saturée de libéralisme, déchaîna une rafale de révolte non seulement contre toute forme et toute espèce d’autorité, mais encore contre toute tradition esthétique. Si les arts sont ce qui illustre le mieux une civilisation, on n’a qu’à écouter la majorité de nos politiques modernes à la radio pour voir quels nains sont les descendants des Cicéron ; on n’a qu’à visiter une exposition pour réaliser dans quel sauvagisme sont tombés les descendants de de Vinci, Vermeer, Rembrandt et Rubens, ou encore ceux de Phydias, Michel-Ange, Bellini et Rodin ; on n’a qu’à écouter quelque peu la musique moderne pour réaliser la snobiste barbarie des descendants de Bach, Haydn, Haendel, Mozart, Beethoven et Franck ; on n’a qu’à assister à une pièce de théâtre ou lire un « chef-d’œuvre » moderne pour voir quels avortons sont issus des Virgile, des Rabelais, des Shakespeare, des Corneille, des Goethe ou des Dante.
Michel Clouscard, Refondation progressiste (Page 86)
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L’art est abstrait quand il ne peut prendre un contenu. Ce n’est pas un style, c’est un manque.
Andreï Tarkovski, Le Temps scellé (Page 49)
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L’art existe et s’affirme là où il y a une soif insatiable pour le spirituel, l’idéal. Une soif qui rassemble tous les êtres humains. L’art contemporain a fait fausse route quand il a remplacé la quête du sens de la vie par l’affirmation de l’individualité pour elle-même. Cette prétendue création prend un air suspect avec sa proclamation de la valeur intrinsèque de l’acte personnel. Car l’individualisme ne s’affirme pas dans la création artistique. Elle est au service de l’idéal. L’artiste est un serviteur, éternellement redevable du don qu’il a reçu comme par miracle. Mais l’homme contemporaine ne veut pas du sacrifice, alors qu’il est l’unique vrai moyen de s’affirmer. Il l’a oublié et perd de ce fait peu à peu le sens de sa vocation d’être humain.
David Veysseyre, Écrits de Paris (Juillet-Août 2018)
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L’art moderne n’exige aucune connaissance en histoire de l’art, n’importe qui peut s’improviser amateur d’art. L’art moderne est une des grandes escroqueries et impostures de notre temps, c’est le plus pur produit de la culture marchande et du vide actuel, il a pour vocation principale de donner un supplément d’âme à de riches ignorants qui font accroire au bon peuple que ce sont des hommes de culture.
Nicolas Bonnal, Mal à droite (Lettre ouverte à la vieille race blanche et à la droite, fille de joie)
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L’art moderne, passé son âge d’innocence, s’il en eut jamais un, s’est avéré une escroquerie digne des tisserands d’Andersen. Mais là aussi, il faut l’apprécier, c’est obligatoire. L’impératif publicitaire est comminatoire : « Aime cela. Va le voir. Prosterne toi devant l’œuvre de génie, l’œuvre d’escroquerie à 100 millions d’euros. Et perds-en le goût. Par ailleurs, sache que tu es un imbécile. De la même manière que tu ne sais pas pourquoi nous sommes en Irak, tu ne peux comprendre pourquoi Rothko est si génial. C’est Pinault qui l’a dit, en entassant ses cochonneries dans un des plus beaux palais vénitiens. Il faut l’éduquer, le public ! »
Bibliographie
- Marc Fumaroli, Paris-New York et retour
- Salvador Dalí, Les cocus du vieil art moderne
- Christine Sourgins, Les mirages de l’Art contemporain
- Aude de Kerros, L’imposture de l’art contemporain
- Jean Baudrillard, Le complot de l’art