José Ortega y Gasset, Le Mythe de l’homme derrière la technique (Pages 28-29)
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La raison en est évidente : l’architecture n’est, ne peut, ne doit pas être un art exclusivement personnel. C’est un art collectif. L’architecte authentique est tout un peuple. Il donne les ressources pour la construction, lui donne sa finalité et son unité. Imaginons une ville construite par des architectes “géniaux”, mais laissant libre cours, chacun de leur côté, à leur style personnel. Chacun de ces bâtiments pourrait être magnifique, l’ensemble n’en resterait pas moins bizarre et désagréable. Dans de telles circonstances, on accuserait inconsidérément et à grands cris une composante de tout art sur laquelle nous ne nous sommes pas assez arrêtés : ce qui relève du caprice. La capriciosité se manifesterait nue, cynique, indécente, intolérable.
Giancarlo Consonni, La beauté civile